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Tout ce qui a été posté par January
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Sur les effets du cannabis, et en fonction de la teneur en THC, la liste est longue : modification en profondeur de la personnalité, hallucinations visuelles ou auditives, bouffées délirantes aigues, accès maniaques, etc. L'expert poursuit son propos en faisant allusion au fait que "dans ce dossier, les protagonistes ne se souviennent pas vraiment de ce qu'ils ont fait. L'héroïne, dit-il, a un potentiel amnésiant, comme le cannabis, l'alcool, le Subutex et la cocaïne dans sa deuxième phase. Les produits les plus amnésiants, le xanax ou le valium surtout s'ils sont associés à l'alcool étaient aussi consommés par les accusés. Sur la kétamine, enfin, un puissant anesthésique qui faisait aussi partie des produits absorbés par les accusés : Elle provoque une amnésie relativement importante pendant environ 24 heures après la prise. Prsdt à CB : Vous vous souvenez de votre consommation de drogue juste avant le signalement de la "disparition" de Fiona ? CB : En mai 2013, je prenais deux grammes d'héroïne par jour, j'étais en plein dedans. Un peu moins de cocaïne, mais aussi du cannabis, en résine et en herbe. Et puis des médicaments: Xanax, Subutex, somnifères. Et des champignons... Prsdt : Le problème c'est qu'elle ne se souvient pas de grand chose quand on le lui demande, et levez-vous pour répondre ! Ca fait quand même beaucoup de substances tout ça..
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9 décembre Me Clémence Witt (pour Christophe Raumel) Christophe Raumel n'aura eu la parole qu'une poignée d'heures, l'accusation ne lui a posé que 5 questions sur son rôle. 5 questions en 9 semaines de débats, c'est très peu. Pourquoi que 5 questions ? Christophe Raumel, son rôle précis est connu depuis le 9 janvier 2015, un rôle secondaire. Côté parties civiles, la quasi-totalité des avocats n'a pas évoqué son nom en plaidant. Christophe Raumel est le cadet de cette audience, et c'est avec détermination que j'aborde son cas. Christophe Raumel, on lui reproche d'avoir acheté du matériel en vente libre, d'avoir stocké ce matériel, d'avoir assisté au retrait du tracker.. Amedy Coulibaly sera destinataire de ces armes et objet, cet homme que Christophe Raumel ne connait pas (...) Il a 24 ans au moment des faits. Il n'a jamais eu la moindre connaissance d'Amedy Coulibaly. Christophe Raumel avait une méconnaissance totale du projet terroriste. (...)L'accusation l'a confirmé hier, il n'existe aucun lien entre Amedy Coulibaly et Christophe Raumel. Christophe Raumel en échange de quoi a-t-il accompagné son ami faire ses achats (pour Coulibaly) ? D'argent ? Non. D'un Mc Do. Christophe Raumel a dit qu'il pensait que Coulibaly préparait un braquage. Oui Raumel est coupable, je ne plaiderai ni l'acquittement ni l'acquittement partiel. Christophe Raumel est coupable d'avoir été le conducteur, le bon copain, l'accompagnateur.... Tout ça est établi depuis janvier 2015, par ses aveux. Christophe Raumel n'a jamais minimisé, il n'a jamais eu honte. Quand je l'ai rencontré le 20 janvier 2015, lors de son défèrement, c'est un adolescent apeuré que j'ai vu dans le box. Le 20 janvier 2015, ceux que l'on défère, ce sont ceux que l'on présente comme les complices de Coulibaly. Raumel vient de passer 96h à la Sdat, vient d'apprendre que sa compagne le trompe avec Prevost ; Il est en état de sidération. Ce qui le terrifie à ce moment-là Christophe Raumel, c'est de savoir si sa mère est au courant qu'il va aller en prison. Me Clémence Witt rappelle que Christophe Raumel a été soigné en détention après qu'un cancer a été diagnostiqué. Il a fait de la chimiothérapie. Elle rappelle que Christophe Raumel a fait "3 ans, 3 mois et 24 jours de détention provisoire". Me Witt : Hier l'accusation a fait référence à des incidents en détention. De quoi s'agit-il ? d'un téléphone pour parler avec sa fille notamment. Depuis son placement en garde à vue le 16 janvier 2015, Christophe Raumel reste hanté par cette procédure, suspendu à votre décision. Depuis sa sortie de prison en mai 2018, Christophe Raumel aspire à une vie stable, il veut trouver un emploi. Il regrette de ne pas s'être méfié de ses fréquentations, il pense souvent aux familles des victimes. Christophe Raumel discret sur son strapontin dans la salle d'audience et traité comme une bête de foire à l'extérieur (Elle parle de la peur de son client d'être pris en photo devant la salle et de devenir l'illustration de ce procès). Il comparait libre, il vient tous les jours à l'aube pour échapper aux flash et aux caméras. Il reste dans le sas un moment pendant les suspensions pour pouvoir partir, avant de quitter les lieux son sac à dos sur le visage. Je vous demande d'écarter à tout prix l'incarcération car un retour en détention mettrait fin à un parcours de réinsertion. Vous avez la vie de Christophe Raumel entre vos mains. Alors je vous demande de vous souvenir de 2 choses : d'abord que vous n'êtes pas là pour écrire l'Histoire mais pour juger des hommes et que Christophe Raumel s'est montré digne. Je vous demande de vous inscrire dans le choix que la justice a déjà fait concernant Christophe Raumel.
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Je conçois ce qu'il y a d'injuste à condamner "à égalité" alors qu'un seul (d'après les experts) a donné le coup fatal, mais je ne peux me résoudre à désigner celui qui l'a donné.. Si les jurés sont comme moi, les deux prendront 20 ans, et quoiqu'on en dire, ce ne sera pas tout à fait la Justice. D'un autre côté, c'est humain, et c'est bien d'avoir un rappel d'humanité dans ce monde glacial du Droit...
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Le docteur Gaillard (expert toxicologue) évoque d'abord les effets provoqués par la cocaïne, un "psychostimulant bien connu", qui "accélère les réflexes et la prise de décision". Les accusés en étaient de gros consommateurs. "On a au début une sur-stimulation et ensuite sur un cycle exactement inverse, dit de récupération. Surgissent alors des idées noires, une phase d'abattement, etc. Pour contrebalancer ce double effet, la cocaïne est souvent associée à la consommation d'héroïne. En résumé, avec la cocaïne, on a à peu près 8 heures de psychostimulation et 12 heures de phase dépressive." L'expert passe à la morphine et l'héroïne, que le couple Bourgeon-Makhlouf consommait également. "Ces produits gomment les souffrances morales qui peuvent exister et facilitent le détachement émotionnel." L'expert passe en revue plusieurs substances auxquelles les accusés étaient "accros" au moment de la disparition de Fiona. Sans transition donc, place au Subutex, produit de substitution à l'héroïne. Il expliquera les conséquences que cela a pu avoir sur les accusés. Mais également, les effets possibles sur Fiona, dans le cas où elle en aurait ingérer accidentellement. Au sujet du cannabis : psychotrope le plus consommé en France après l'alcool, que l'on pense à tort inoffensif. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il y a plus d'overdoses liées au cannabis qu'à l'héroïne.
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Je crois que c'est tous les deux. Quant à savoir lequel des deux a donné le coup fatal, c'est impossible. Je n'ai pas changé d'avis depuis le premier procès, pour moi ils doivent prendre 20 ans tous les deux.
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Je n'arrive pas à croire qu'il était aussi dangereux qu'il a été fabriqué par les médias. C'est une loque toxico rien de plus, un type qui mord direct parce-qu'il a peur, il reste une petite frappe pour moi. Quand je réfléchis à nouveau, je me dis que c'est ce genre de mec souvent qui tabasse sa femme et ses gosses. Et là, je ne sais pas pourquoi j'ai du mal à imaginer, à part sous l'empire de la drogue.. Mais faut dire, la drogue, pour les deux c'était H24
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Et toi tu as la vérité ? Bah t'es bien malin. Parce que moi je l'ai pas...
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Me Coutant-Peyre reprend la parole : On me reproche d'avoir cité l'affaire Dreyfus (...) Mais la vérité judiciaire doit respecter tous les principes d'égalité et surtout la présomption d'innocence. On ne peut pas condamner et privé quelqu'un de sa liberté. Me Coutant-Peyre cite maintenant La Violence et le Sacré de René Girard. Plusieurs avocats de la partie civile ont quitté la salle pendant la plaidoirie de Me Coutant-Peyre. ICP : Prenez les responsabilités que l'Etat n'a pas prises : une bonne justice. Je vous demande bien évidemment l'acquittement pour M. Polat.
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Me Fribourg, pour les parties civiles, interroge le policier à la barre. Il est question cette fois de la 5e déposition de Cécile Bourgeon en garde à vue. Témoin : Elle nous dit alors que ce n'était pas la première fois que Berkane Makhlouf frappait Fiona. Elle parle de coups de poing, de pied, de cheveux tirés. Me Fribourg : A aucun moment nous n'avez demandé à Cécile Bourgeon si elle n'avait pas elle-même porté des coups ? l'enquêteur : C'est en partie vrai. En fait, à l'issue de cette 5e déposition, et par rapport au temps de garde à vue qu'il nous restait.. Le juge d'instruction a décidé de nous faire revenir par avion à Clermont-Ferrand pour tenter de retrouver le corps de Fiona. Donc l'interrogatoire de Cécile Bourgeon s'est arrêté là. Me Renaud Portejoie se lève pour questionner le policier: On comprend que Cécile Bourgeon a été suspectée très tôt, et que vous avez attendu qu'elle accouche pour la placer en garde à vue. C'est bien ça ? - c'est exact. Notre objectif lors de la garde à vue, c'était de démonter le scénario qu'ils avaient monté jusque-là. Moi, à l'époque, j'étais lieutenant. J'ai fait ce qu'on me demandait de faire, ce n'était pas moi qui prenais les décisions. Me Portejoie : Quand Cécile Bourgeon se livre, vous avez le sentiment qu'elle est encore dans le mensonge ou qu'elle livre un discours de vérité ? - Je pense qu'elle se libère, oui. Mais je vais vous dire une chose: en audition, je pense que Cécile Bourgeon, c'est la personne la plus difficile que j'ai eue en face de moi. Des aveux, j'en ai vu d'autres. Souvent, les gens partent ensuite dans des récits fluides, on n'a plus besoin de leur poser des questions. Là, ce n'était pas le cas. Il y avait encore des hésitations sur des points de détail. Ce que je savais dès le départ, c'est que Cécile Bourgeon mentait. J'en avais la conviction, de par son comportement. Me Anne-Laure Lebert: Rien ne vous a heurté autour du lit de Fiona ? - Le lit était fait. Il y avait un pyjama bleu pingouin sur le lit. La lumière ne fonctionnait pas et une latte du sommier était cassée. L'avocate indique qu'aucun d'ADN de Fiona n'a été relevé sur ce pyjama, que la couette ne correspondait pas à la taille du lit d'un enfant. Elle revient sur les propos de Cécile Bourgeon qui indiquait que la petite, au moment du drame, portait un pyjama "Charlotte aux fraises" qui n'a jamais été retrouvé. L'audience est suspendue jusqu'à demain.
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On nous a souvent expliqué qu'il y avait un duo Polat-Prevost. Que Polat serait le bras droit de Coulibaly, un soldat face à son commandant. Il serait carrément le logisticien en chef, un cerveau, un professionnel.. Un cerveau serait parti avant les attentats comme l'ont fait certains. M. Polat est parti après. Il vous l'a dit ici, il passerait de James Bond au dernier des tocards, le pire des pieds nickelés. La raison de la fuite de M. Polat saute aux yeux. M. Polat panique comme un débutant. Ce cerveau, un logisticien, qui aurait si bien préparé les attentats pourrait-il paniquer comme un novice en demandant à sa mère de retirer 800 euros pour payer un billet d'avion ?? M. Polat s'il était au courant de tout ce que le pays allait subir et la vague d'attentats qui allait suivre, il ne serait jamais resté en France. Les trois accusés qui sont absents le savent bien. Eux ne sont jamais revenus. Me Van Rie évoque les deux mois, de janvier à mars 2015, pendant lesquels la police a laissé Polat libre pour le surveiller. "On attend 60 jours avant d’interpeller le soldat, le bras droit de l’homme qui a fait trembler la France ?" Me Van Rie : soit la police a fait courir un risque monumental à la société en laissant un homme (Polat) se rendre tranquillement au supermarché chaque semaine, soit il n'a jamais été le bras droit de l'auteur des attentats. M. Polat n'a jamais été le complice d'Amedy Coulibaly et des frères Kouachi". L'avocate parle d'une volonté d' "éponger la frustration de ne pas pouvoir juger les vrais auteurs des attentats. Me Van Rie sur le contenu de l'I-pad de Polat: il y plus de 16 000 photos et sur ces 16 000, seules 86 sont en rapport avec l'Etat islamique. Cela ferait de M. Polat un terroriste. on a reproché à M. Polat d'avoir utilisé le mot converti. On a parlé de Polat comme d'un radicalisé. Le rapport QER montre qu'il y a une absence de prosélytisme religieux, il n'y a aucun risque de passage à l'acte violent lié à cette idéologie. Non M. Polat n'est pas un islamiste radical. M Polat a envie de rencontrer 'une fille cultivée, genre bobo parisienne' comme il l'a dit ici et de "partir en Range Rover faire le tour de la côte écossaise et des distilleries". J'entends cette petite musique comme quoi Polat jouerait la dissimulation. Il cherche même à retarder la fin du procès, il connait trop bien son dossier, c'est la taqiya. Il a le covid, il vomit, c'est la taqiya. M. Polat serait un radical parce qu'il ne veut pas écouter de rap dans une voiture? Il a le droit de ne pas vouloir écouter un morceau de rap à ce moment là dans une voiture, ce tout simplement peut-être parce qu'il n'aime pas le rappeur Jul. M. Polat a découvert avec effroi à la télé, comme nous tous, les atrocités dont Coulibaly était capable . C'est à ce soi-disant ami qu'il doit aujourd'hui d'être accusé de complicité. M. Polat est victime de ce proche qu’il croyait connaître. On ne peut pas condamner un homme sur des hypothèses alors qu'il reste de nombreux doutes dans ce dossier et que le doute doit profiter à l'accusé. Vous avez le droit de dire que vous avez des doutes. Et parce que vous appliquez le droit, vous acquitterez M. Polat.
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Me Luciani avocat de Makhlouf s'attaque désormais au travail de l'enquêteur. Il indique à la cour que la retransmission des auditions de Cécile Bourgeon n'est pas des plus fidèles... "Il y a des variations entre les enregistrements vidéos et les retransmissions dans les PV" . Me Luciani demande à la cour d'acter du fait que les toutes premières déclarations de Cécile Bourgeon, qui accuse son client d'avoir porté un coup fatal à Fiona, n'ont pas été reprises par écrit dans le procès-verbal mais ont été faites lors d'un "court entretien" informel intervenu juste avant la reprise de son interrogatoire. (il va pas nous saboter le truc avec un vice de procédure celui-là ??!!!) Prsdt : Désolé, mais ce ne sont pas des variations de déclarations. Vous savez très bien qu'un procès verbal ne retranscrit pas tout ce qui a été dit. Me Luciani : Ca n'apparaît pas dans la procédure, alors que c'est fondamental. Ca n'est pas normal. C'est un problème de force probante. Dans ce même PV d'ailleurs, aucune des questions posées à Cécile Bourgeon n'est formalisée. Je souhaite que cela apparaisse dans la retranscription orale des débats. Ca me semble invraisemblable. Je considère que c'est un vrai problème en termes de preuve. L'avocat de Makhlouf fait état d'un élément encore plus étrange. Selon lui, l'enquêteur et Cécile Bourgeon ont eu un entretien qui ne figure dans aucun PV : Il s'est tenu sans aucun de nous, n'a pas été filmé ! (putain PUTAIN !!!!) Le prsdt de la cour tente de désarmorcer cette bombe sortie de la manche de Luciani : Vous savez bien que tous les échanges entre policiers et gardés à vue ne font pas l'objet de PV. Luciani insiste et insiste : Je suis peut-être rigide mais il n'y a pas de PV retraçant cet entretien. Et ce n'est pas pas normal ! Il y a un problème sur la fiabilité de cette procédure. (ON VA PAS FAIRE QUE CA MERDE ! Cassation, appel, cassation, appel...)
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Prsdt : A votre avis, qu'est-ce qui a pu faire basculer Cécile Bourgeon? l'enquêteur: Elle était acculée, elle se rendait bien compte que ça ne pouvait pas tenir, tout simplement. Me Luciani, l'avocat de Berkane Makhlouf, demande à visionner les "6-7 premières minutes" de l'interrogatoire filmé des aveux de Cécile Bourgeon, en septembre 2013, après son interpellation à Perpignan. Sur l'écran placé au centre de la salle d'audience apparaît le visage rougi de Cécile Bourgeon, en col roulé noir, assise devant une porte vitrée. "On va recommencer. Je vais vous dire ce qu'il s'est réellement passé", bafouille-t-elle, en larmes.. Bourgeon renifle et essuie des larmes sur son visage. "C'est inaudible", regrette le président, qui fait arrêter la diffusion du film. Me Luciani est contraint de reprendre la transcription écrite des déclarations de l'accusée.
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Me Antoine Van Rie (pour Ali Polat) Ce ne fut pas un procès de l'histoire du terrorisme, de l'émotion ressentie par la France face à ce moment de notre histoire contemporaine mais un procès classique contre des individus. Ce matin les avocats généraux ont lancé ce mot de perpétuité contre Polat. On lui reproche tout à M. Polat, la complicité, d'être le pivot, le bras droit, le point central. On nous dit que Coulibaly avait une réelle complicité avec M. Polat, on nous parle de plus que 400 messages. Mais pour un trentenaire, 4 sms par jour ce n'est rien ! Me Van Rie rappelle qu'on ne sait pas ce que les deux hommes (Polat et Coulibaly) se sont dit, ils le dissimulent : Comme on ne sait pas, c'est que c'est quelque chose de mal d'illégal. Mais un procès ne peut pas reposer sur des suppositions, des approximations. Me Van Rie revient sur les "22 rencontres" entre Polat et Coulibaly qui selon lui ne sont pas forcément en lien avec les attentats perpétrés. Me Van Rie : M. Polat n'a jamais rencontré de près ou de loin les frères Kouachi. Et aujourd'hui, il est poursuivi pour complicité des crimes commis par les frères Kouachi! Comment peut-il être complice de personnes qu'il n'a jamais vues?
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Un policier, Capitaine D. Estrabols à la barre Le policier parle du comportement "choquant", "offusquant" de Cécile Bourgeon, qui cherchait d'emblée à blaguer avec les enquêteurs présents chez elle. Très vite, dit-il, les investigations ont permis d'établir que les déclarations de la mère de Fiona "n'étaient pas claires". Le policier passe au récit de l'interrogatoire de Cécile Bourgeon en garde à vue, le 24 septembre 2013 : La jeune femme portait alors un bandeau dissimulant un hématome. "Je me suis cognée", justifie-t-elle. La seconde déposition visait à revenir sur l'emploi du temps de Cécile Bourgeon dans la semaine de la disparition. Elle n'y arrivait pas, explique le policier. Elle ne se souvenait pas de ce qu'elle avait fait le lundi, le mardi, le mercredi, le jeudi... Les questions portent ensuite sur la journée du 12 mai, celle de la "disparition" de Fiona. La jeune femme redit être allée au parc Montjuzet dans l'après-midi avec ses filles. Nous lui avons fait remarquer qu'aucun élément de l'enquête n'avait permis de le confirmer. Dans la chambre de Fiona, la lumière ne fonctionnait pas, une latte du lit était cassée. Son collègue a constaté des taches de sang sur le drap housse. Mon collègue et moi étions assez choqués du comportement de Bourgeon. Elle nous proposait du café.. Sa voiture était un véritable capharnaüm comme l'appartement. Lors de sa garde à vue, Cécile Bourgeon donne une autre explication à l'hématome qu'elle arbore à la tête: il s'agit, selon elle, de la trace de "coups" infligés par son compagnon d'alors. Pendant une pause cigarette, Cécile Bourgeon s'est mise à sangloter. Après un long moment d'hésitation, elle m'a indiqué que Fiona n'avait pas disparu, qu'elle était morte, que Berkane l'avait frappée et qu'ils l'avaient enterrée.
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Mon client (Polat) est le seul accusé de complicité. Pourquoi s'acharner sur lui ? C'est un mystère. On nous dit qu'il sait tout, qu'il est au courant de ce que va faire Coulibaly. M. Polat, on le voit pendant 2 mois, on choisit de le laisser se promener. Alors que beaucoup sont arrêtés tout de suite. Pourquoi ? Parce qu'on veut voir ce qu'il fait. Polat est surveillé entre fin janvier 2015 et mars 2015. On le surveille H24. (...) M. Polat à l'issue de ce procès on nous dit c'est lui le complice et on requiert la peine la plus haute. Cette complicité de M. Polat a été tirée au sort. C'est tout à fait à la fin de l'instruction qu'il a été mis en examen. Il n'y a aucun élément nouveau. Il ne s'est rien passé. Et M. Polat n'est plus jamais entendu par la juge d'instruction après sa mise en examen pour complicité. Il en fallait un c'est ça ? Aujourd'hui le parquet nous dit on laisse tomber l'association de malfaiteurs et on requiert que sur la complicité... Je sens bien que l'accusation est peu convaincue quand même. Le catalogue à la Prévert pour la complicité n'est pas très stable.
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La mère de la fillette parle elle d'une "gifle au niveau du visage" assénée par son compagnon et dit l'avoir entendu "frapper plusieurs fois". Makhlouf, toujours selon Cécile Bourgeon, aurait été l'auteur de violences habituelles sur l'enfant (gifles, coups de poing, cheveux tirés). "A chaque fois, Berkane était pris de violences, et après il regrettait. La légiste poursuit la lecture des déclarations des accusés sur les faits. Tous deux indiquent avoir entendu Fiona, nauséeuse, se lever dans la nuit du 11 au 12 mai. La fillette aurait été retrouvée inconsciente, "blanche et froide", dans son lit, le dimanche matin. Les accusés parlent l'un et l'autre de traces de vomi. Dr Rey : Les causes exactes du décès ne peuvent être déduites de ces déclarations. Faute de certitudes, l'hypothèse d'un décès consécutif à un traumatisme abdominal fatal doit selon elle être privilégiée (conséquence des coups imputés à Berkane Makhlouf par Cécile Bourgeon). Ces lésions sont caractéristiques des enfants maltraités. Une régurgitation du contenu gastrique dans l'appareil respiratoire a ensuite pu survenir dans le lit, au moment de l'agonie de la fillette, en lien direct avec la perte de conscience. L'autre hypothèse qui ne peut être écartée est celle d'un traumatisme intracrânien fatal, impliquant des gestes d'une grande violence type projection contre un mur. Mais cette piste va de pair avec des maux de tête très violents qui n'ont pas été relevés dans le dossier. Prsdt sur le traumatisme abdominal : le décès peut intervenir dans quel délai après les coups ? Témoin : Entre quelques heures et quelques jours. Il peut y avoir des symptômes insidieux, puis la rupture secondaire d'un organe. - Le décès peut il être le résultat d'un seul coup ? - Tout à fait Monsieur le président. - Est-ce que l'enfant aurait pu décédé d'une accumulation de coups sans qu'il n'y ait pour autant un coup fatal ? - C'est difficilement envisageable. Il faut forcément un élément déclencheur pour provoquer un traumatisme abdominal fatal. Un élément tellement violent que ça entraîne un trouble de la conscience et le décès. Prsdt : Si le corps de Fiona a bien été enterré nu, comme le disent les accusés, et qu'on le retrouvait aujourd'hui, sept ans et demi plus tard, quelles constatations pourrait-on encore effectuer ? - Sur le plan médico-légal, des signes de fractures, ça c'est tout à fait possible. Me Costantino : Est-ce qu'un seul coup très violent porté à la tête, par la main d'un homme, qui ferait valdinguer l'enfant et le projetterait contre un mur ou une porte, pourrait provoquer sa mort ? - Oui, cela peut provoquer des situations pathologiques extrêmement sévères, qui peuvent engendrer un décès. Me Costantino : Dans ces affaires de maltraitance infantile, on remarque souvent que certains coups sont privilégiés à d'autres et sont répétés à l'identique. De sorte qu'une scène de violence survenue un mercredi peut se reproduire un samedi. Vous confirmez ? - Oui tout à fait. Ca peut même devenir une sorte de mode relationnel entre l'agresseur et l'enfant. Renaud Portejoie, pour la défense, interroge la légiste sur les conclusions auxquelles elle est parvenue. L'experte répète que faute de corps, elle ne peut pas déterminer les causes de la mort de Fiona. "Je ne peux pas le dire". L'avocat fait remarquer que les maux de ventre et d'éventuels troubles abdominaux pouvaient être liés à l'absorption involontaire de drogue ou de Subutex. Témoin : Je ne l'ai pas exclu. Mais si c'était accidentel, comment se fait-il que l'on n'appelle pas les secours ? Me Portejoie : Parce qu'on peut paniquer, parce que dans cette affaire, tout est complexe..
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C'est clair, c'est n'importe quoi.....
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On nous dit que certains étaient chargés d'infiltrer les milieux d'extrême-droite, je veux bien. Mais ils ont servi en tous cas à fournir les armes utilisées sur les lieux des crimes. Samir L. a eu un non lieu à Paris,c'est incohérent"."On nous parle de complicité pour mon client, avec une espèce de petit bricolage. Mais Y'a le fournisseur,Claude Hermant, Samir L. qui achète, mais c'est un non lieu, c'est incohérent. M. Trévidic, ce qui est très étrange, était longtemps juge d'instruction à la section anti-terroriste à Paris. Un juge spécialisé comme lui aurait du intervenir avant le parquet antiterroriste de Paris. Il n'y a eu ni demande de Mme Poux de ramener cette procédure de sa gouverne, ni même de M. Trévidic de dire que ça n'était pas du ressort de la juridiction de Lille. Est-ce parce que M. Trévidic en 2014 devient membre d'honneur dans une organisation, le CAT Centre, créé par Jean-Charles Brisard, membre du service des renseignements français. Vous vous demandez peut-être pourquoi je parle de ça ? Je réfléchis avec vous et j'estime que l'on n'a pas voulu juger les vrais responsables pour la partie fournisseur des armes. Pour les commanditaires, c'est le cosmos, le trou noir. Et quand on les aura trouvés on dira que c'est une erreur judiciaire. Chez Hermant on trouve d'autres curiosités dans les perquisitions, une carte de police, une vraie, fausse, on ne sais pas. Et puis une casquette de police. Et des stocks d'armes et de munitions. On trouve aussi des explosifs. C'est curieux que sur un si long délai d'audience, avec une centaine de témoins convoqués, on ait eu un seul expert en arme. On m'a dit: 'vous n'aviez qu'à les convoquer'. Mon client n'est pas dans le déni, il ne ment pas. On peut présumer qu'il dit la vérité (...) On n'a pas vu ces choses. Ces armes, toutes neuves ou pourries.. Il y a un raisonnement un peu vicieux, sachant qu'il y a ces faits établis d'armes qui vient du Nord, alors on va monter des hypothèses. Les armes des Kouachi, pour lesquelles l'expert n'est pas venu, on aurait bien voulu lui poser des questions. Un expert en armes sur une affaire de fusillade c'était quand même le point de départ du procès ! M. Hermant est un trafiquant d'armes, c'était pas uniquement pour son paint-ball. Il ne se limite pas à trafiquer des armes venant d'AFG. Pour les Kouachi et Coulibaly, pour chaque équipe, on a le même arsenal, à part le Tokarev. Traiter de théorie fumeuse l'ADN M14 comme je j'ai entendu de la bouche de l'accusation, c'est assez indécent. C'est traiter ça de haut alors que cet ADN M14 est retrouvé à plusieurs endroits et n'a pas été identifié. La liste (d'armes) retrouvée chez Karasular qui aurait été écrite par mon client ne correspond à rien de ce qui s'est passé les 7, 8 et 9 janvier 2015. Cette liste n'a rien à voir avec ce dont disposaient les frères Kouachi et Amedy Coulibaly.
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Me Coutant-Peyre (Pour Ali Polat) Ils sont très nombreux du côté des parties civiles, il y a eu des réquisitoires (..) Au moment où on est très épuisé, il faut sauter du grand plongeoir. L'avocate général a dit que votre décision serait scrutée du monde entier. Je ne suis pas sûre. Je ne sais pas si le monde entier s'intéresse plus à la répression qu'à d'autres évènements. "Alors "de quoi souffre ce procès ? Ici les gens sont considérés comme des coupables. Ce matin un des deux avocats généraux concernant mon client a dit qu'il n'était pas capable de prouver son innocence. Ce sont des présumés coupables. Il y a des "volets", le volet belgo-ardennais, le volet Lille. Et il y a des trous dans la raquette, même des trous noirs dans une procédure obèse. On sait qu'il y a des donneurs d'ordre, c'est quand même la plus grosse des complicités, en Syrie et peut-être ailleurs. Des confrères de la partie civile m'ont qualifiée de caricature. On dit que les caricatures sont un droit, que c'est la culture française. Je prendrai ça comme un honneur qu'on me fait puisque la caricature est devenue une idole. On ajoute des fantômes : les frères Belhoucine, Hayat Boumeddiene. Les frères Belhoucine établis comme mort. Au moins un des 2 a été vu mort. Si on poursuit des morts là-bas, pourquoi ne poursuit-on pas des morts ici ? Joli lapsus de l'avocat général qui parlait de M. Merah.. (Jean-Michel Bourlès parlait d'Ahmed Merabet et a dit Mohamed Merah par deux fois avant de faire des excuses publiques) Pour monter une opération comme ces attentats, ce ne sont pas des gens qui sont ici dans les box. Ca vient d'ailleurs. Le pire c'est que les services d'Etat dédiés savaient, on ne savait pas quand mais on savait. Me Coutant-Peyre, avocate d'Ali Riza Polat, répète les mots de l'avocate générale "Intégrisme, musulman, islamisme, radical" et commente" on a la configuration du choix des cibles dans les box.. ICP : Le critère principal c'est la proximité. On nous fait des échelles du nombre de communication et en fonction, on va dire : plus ou moins grande proximité, plus ou moins au courant, ce, sans même connaître les contenus des échanges. C'est assez kafkaïen pour la défense d'être en face de calcul d'algorithmes. Je vais parler de faits clairs et établis : des éléments matériels. Dans les éléments matériels, il y a une personne avant les 7, 8 et 9 janvier 2015. Les services de surveillance, la DGSI. La DGSI intervient avant. Ce n'est pas le cas dans toutes les affaires de terrorisme mais dans ces faits-là il y a des données, on nous en a cachées un certain nombre, mais certaines sont connues. Le plus important dans ce procès a été entendu sur 1/2 matinée. Ce monsieur de la DSGI qui lisait des notes, que l'on n'a pas vu, qui s'est mis à pleurer, c'était le 25 septembre. Mais ils avaient toutes les informations, depuis des années ! Me Coutant-Peyre parle de "l'entrainement de Cherif Kouachi", il y a des années. "M. SI 562 (Chef de service DGSI) nous dit, le 25 septembre dernier qu'ils travaillent sur Peter Cherif en 2011 et qu'ils constatent qu'il maintient des liens avec les Kouachi. Me Coutant-Peyre évoque le rapport d'enquête parlementaire, où M. Bailly (directeur de la DRPP, direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris) dit qu'il ne faut pas surveiller Coulibaly, que c'est un petit délinquant. ICP : Les spécialistes de cette surveillance eux-mêmes ne se rendent compte de rien et on voudrait que ces gaillards eux, se rendent compte ! Je trouve que c'est outrageant. C'est même outrageant pour les victimes. si la DGSI et les autres services concernés avaient fait leur travail tout ceci ne serait pas arrivé. Sur les armes : Les armes on les connait. Ce sont des faits établis. On nous a dit : Y a rien à voir, circulez, c'est jugé. Ce ne sont pas une partie des armes retrouvées à l'Hyper cacher ou dans la plaque de Gentilly mais toutes les armes détenues par Coulibaly qui ont été fournies par Claude Hermant. La curiosité c'est qu'on nous dit que ça suivait son cours à Lille, qu'on ne pouvait pas rassembler. Mais c'est faux, ça fait des années que les affaires de terrorisme sont rassemblées à Paris. On ne peut pas comprendre que cette procédure ait suivi son cours à Lille dans un volet séparé. C'est pas un trou noir. C'est au vu et au su de tout le monde, C'est un scandale. Quel était l'intérêt? De mettre d'autres gens dans le box? De protéger une barbouze, M. Hermant, pro de la fourniture d'armes, indicateur, pote avec tous les services qui trouvent leur compte. Est-ce que c'est la seule raison ?
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Dr Salmon-Rey en visio (légiste) Elle a été chargée de mener "une autopsie virtuelle" en l'absence du corps de l'enfant. Elle s'est donc basée sur le dossier médical de la petite fille et des déclarations des accusés pour essayer de se rapprocher de la vérité. "A part de l'asthme, elle n'avait aucun problème de santé". L'hypothèse peu probable, celle qu'elle écarte : l'ingestion de stupéfiants. "Entre 2010 et 2014, il y a eu 140 cas en France d'intoxications pédiatriques au cannabis. Et aucun décès". Prsdt : Est-ce que l'absorption de Subutex, d'héroïne ou de cocaïne peut être mortelle pour un enfant de 5 ans? Et à quelle dose ? - C'est compliqué de répondre car je ne suis pas toxicologue. La spécialiste a relevé le bandeau qui recouvrait la tête de Fiona le 8 mai 2013, lorsqu'elle a été vue et filmée dans le centre-ville clermontois. Elle reprend d'autres témoignages, selon lesquels la fillette avait un "teint gris" dans les jours précédant sa disparition. Concernant la localisation des lésions décrites par l'employée d'accueil du cinéma Centre Jaude, le 8 mai toujours, il est question d'un hématome sur la tempe gauche. Il est aussi question des coups qui aurait été portés à Fiona le 11 mai. "Deux coups de pompe et deux gifles" assénés par Cécile Bourgeon, selon Makhlouf.
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Il était conseiller municipal à Clermont j'ai lu... Ca paraît dingue qu'ils s'en soient sortis entre le chômage, le RSA et le subutex, ça devait être sympa les fins de mois.
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Le président lit la déposition du Dr Laffont (médecin aujourd'hui décédé de Makhlouf) En mai 2013, le médecin confirmait aux policiers que le couple Bourgeon-Makhlouf était venu demander pour Fiona un certificat d'absence de l'école, pour une durée de 21 jours, juste avant le signalement de la disparition de la fillette. "C'était lors d'une consultation où MrMakhlouf venait renouveler sa prescription de médicament (Subutex), comme c'était le cas tous les 28 jours". "Je n'ai pas demandé pourquoi Fiona était absente" Il considère que le certificat était "un acte administratif qui ne nécessitait pas une enquête sur l'état de santé de la petite fille. Le duo justifiait alors sa requête par la nécessité d'un voyage subit à Perpignan, où Makhlouf disait avoir "trouvé du travail". "Le but était que l'école ne s'inquiète pas. Ils préparaient leur déménagement pour Perpignan". (La visite a eu lieu le vendredi 10 mai, les dates interrogent. Ce médecin a déclaré après l'affaire dans la presse n'avoir jamais rédigé un tel certificat ) Si, il y a eu le beau-père de CB. Je ne sais pas s'il a réitéré à cette audience, mais beaucoup de souviendront de son récit où Makhlouf "jetait l'enfant comme un ballon"... Perso je n'ai pas trouvé ça crédible. Le témoin et son témoignage tout entier je ne l'ai jamais trouvé crédible.
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Me Canis, avocat des parties civiles demande au témoin si "la consommation de stupéfiants peut modifier le chagrin. Témoin : Cela peut entraîner un état de sidération, mais je ne trouve pas d'explications et de pardons possibles à cette situation. Me Lebert parties civiles,demande au médecin à revenir sur sa visite au domicile de Bourgeon. Nous sommes 2 jours après la"disparition"de Fiona. Témoin : La mère évoque des douleurs abdominales mais ne fait pas état de difficultés d'endormissement..
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Les avocats des accusés, et les accusés eux-mêmes, confirment cet épisode et le passage de la famille au Ciné Jaude le 8 mai 2013. "Fiona avait un petit bleu, oui, précise Berkane Makhlouf, mais pas un hématome, rien sous l'oeil. Elle n'était pas livide ou quoi que ce soit. Cécile l'avait maquillée avant qu'on aille en ville. Il n'y avait rien d'alarmant." Le Dr Fontaumard (médecin traitant de CB) J'ai été appelé à suivre Fiona dans sa petite enfance, étant installé dans le même quartier. Je l'ai vue à quelques reprises,pour des pathologies tout à fait classiques de cet âge-là. Il n'a jamais remarqué de traces de coups ou de craintes de la part de l'enfant pendant les consultations. Témoin : Après la disparition de la fillette, j'ai été appelé par Mme Bourgeon, qui souhaitait me voir pour gérer son stress. J'ai été très surpris par son attitude ce jour-là. Sa peine n'était pas à la hauteur de la situation. Il y avait un énorme décalage entre la disparition de son enfant et son manque de tristesse. Ca m'avait marqué, voire choqué. Il y avait chez Cécile Bourgeon une sorte de détachement un peu théâtral, même si le terme peut paraître fort. En tout cas, un manque de tristesse. Le 27 mai, le généraliste voit Berkane Makhlouf, toujours à l'appartement, pour lui prescrire du Subutex, un traitement de substitution à l'héroïne : Je l'ai fait en dépannage, habituellement il était suivi par l'un des mes confrères. Le président de la cour lui a demandé s'il a vu des choses sur E. la petite sœur de la victime : "Non, rien d'anormal". - Et pour Fiona ? Vous vous rappelez les motifs des visites ? - Non, je n'ai jamais remarqué des traces de coups sur son corps, ni rien d'anormal. Le médecin affirme n'avoir jamais vu Cécile Bourgeon "en état de surconsommation" de stupéfiants. Tout en reconnaissant n'avoir jamais "demandé directement" à la mère de Fiona si elle était toxicomane. Témoin : J'avais remarqué parfois des pupilles dilatées. Mais je ne lui jamais posé ouvertement la question. Rien ne laissait entrevoir une surconsommation qui pouvait mettre en danger sa famille. Assesseur : Est-ce que vous feriez un certificat médical à des parents qui viennent vous voir sans leur enfant ? - Non absolument pas, on ne peut pas rédiger certificat médical sans avoir vu et constater motif de l'absence. Il y a un examen systématique de l'enfant. (c'est le médecin de Makhlouf qui a délivré ce certificat sans voir Fiona)
