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January

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Tout ce qui a été posté par January

  1. Bon... Ali Riza Polat est malade. Il a vomi plusieurs fois, on a appelé les pompiers. Tout le monde est reparti en maison d'arrêt, pas d'audience cet après-midi.
  2. Nabil Y. Comme beaucoup de témoins qui sont passés devant vous, je comprends pas ce que je fais dans une affaire pareille. Je connais très bien un des accusés, Aziz Abbad, et un autre, Miguel Martinez. j'ai fait 4 jours de garde à vue. La Sdat est venue me chercher violemment. Le petit gars de la campagne ardennaise (il se décrit), j'ai eu du mal à gober ce que me disaient les enquêteurs quand ils m'ont dit que j'étais là-dedans. Adbelaziz Abbad, je sais pas ce qu'il fait dans ce dossier. il a rien à faire ici. Comme Miguel, il a rien à faire ici. On m'a jamais dit que c'était un mec radical, qui faisait du trafic d'armes. On est des musulmans comme beaucoup de musulmans en France, on a grandi en France, on a été élevés en France, on a été à l'école en France. Nabil Y. avait confirmé devant les enquêteurs qu'à l'hiver 2014, alors qu'il "travaillait" pour Abdelaziz Abbad dans le trafic de stupéfiants, il avait amené ce dernier chez Sandy C. chez laquelle il "squattait ". Nabil Y. avait dit que "le frère d' Abbad lui avait demandé si des armes pouvaient être entreposées chez Sandy C. Miguel M. et Abdelaziz Abbad avaient retrouvé Nabil Y devant chez Sandy C.avec un sac contenant des armes. Ils étaient montés tous les trois chez Sandy C. et le sac d'armes avait été caché sous la baignoire. Le 1er assesseur interroge le témoin sur ce sac d'armes. Nabil Y. : Aziz m'a donné le sac, je me suis rendu compte que c'était pas du stup. Je lui ai dit :'t'es malade ou quoi." Dans le sac, y'avait des armes, un fusil de chasse et une carabine qui ressemble à un 22 long rifle. Le reste il était bon à jeter à la poubelle. Je m'y connais bien en armes, je joue aux jeux vidéos. Les autres armes elles étaient plus vieilles que mon père. les enquêteurs m'ont forcé à dire que c'était MIguel (Martinez) Je pouvais pas le dire. A ce moment-là je le connaissais que de nom. Le 1er assesseur : aujourd'hui vous nous dites quoi ? Que c'était Martinez ou pas ? Nabil Y. : je sais pas, je vous dit à l'époque je le connaissais que de nom. Pour moi c'était Miguel car c'était un mec costaud, et Miguel (Martinez) il est costaud. Le 1er assesseur lit une des dépositions du témoin. Ce dernier réagit : Dans les Ardennes les radicaux ils ont pas leur place. Dans le quartier il y en a un il a une barbe qui va jusqu'au pectoraux, ça veut pas dire qu'il est radicalisé. Nabil Y. sur sa garde à vue : Je l'ai fait dans de très mauvais terme. J'ai fini aux urgences. J'ai été interpellé assez violemment. Je suis dans la rue, je vais au boulot, on me saute dans le dos. On me dit que j'ai fait de la résistance. Y'a un policier qui est tombé, il s'est cassé l'épaule. Ils ont vu un policier voler. Mais c'est la SDAT ils sont super entrainés, c'est pas des gamins, c'est pas des rigolos. Je me suis fait savaté. J'ai été aux urgences, on m'a mis sous morphine. Mais moi je voulais retourner en garde à vue pour m'expliquer. J'ai rien à faire là-dedans moi.. Le premier assesseur au témoin en visio :"vous avez eu cette formule face aux enquêteurs : "je vais tout vous dire, si je meurs vous aurez ma mort sur la conscience". Nabil Y.: moi j'ai jamais eu peur d'Aziz (Abbad). Miguel je le connais de nom. Au pire je risque quoi, une grande baffe dans la gueule, et alors ? c'est la rue.. On me ramène dans les sous-sol (de la SDAT) à Paris, on me dit que je suis là pour terrorisme. A un moment on dit n'importe quoi.. J'avais le cerveau en vrac, le bide en vrac. On a l'impression d'avoir un couteau qui se promène dans l'estomac. les enquêteurs ils aiment bien rajouter des choses, y'aurait eu dans le sac un sniper, des mitraillettes je sais pas quoi je l'aurais dit. on habite dans les Ardennes, des fusils de chasse, des 22 long rifle, y'en a partout, les autres armes je vous l'ai dit, elles étaient plus vieilles que mon père. A part le 22 long rifle, le reste c'était bon pour jeter à la ferraille. Sur les armes (du sac), je peux pas être plus précis que ça. A ce moment j'étais pas très bon dealer, j'avais des petites dettes envers Aziz (Abdelaiziz Abbad) mais y'a jamais rien eu de méchant. La SDAT me demande ce que je pense de la radicalisation. J'étais dans mon salon je pissais le sang, l'enquêtrice elle me parlait déjà de Miguel le radicalisé. Moi je vous le dis, dans les Ardennes on a beaucoup de barbus, de très beaux barbus. Mais les radicaux ils ont pas leur place dans les Ardennes. Miguel il aime bien l'islam, c'est tout. Les reconvertis ils sont plus sérieux que nous, les "de souche" comme on dit. La radicalisation, c'est pas un islam de chez nous. Moi j'étais en garde à vue pour attentat, c'est quand même la SDAT, c'est pas la police municipale du coin, ils ont enquêté quoi... Me Margaux Durand-Poincloux, avocate d'Abdelaziz Abbad : Sandy C. a dit qu'elle aurait vu enroulé dans un tapis sous son lit une kalachnikov. Vous avez parlé de cette arme longue, une arme cachée sous le lit. Vous vous souvenez ? Nabil Y.: je vois mal un tapis enroulé sous un matelas de lit. C'était un fusil de chasse dans un drap. Une kalachnikov j'aurais su la reconnaître. S'il y avait eu une kalachnikov, je l'aurais dit, tant pis pour aziz (Abbad). je le connais depuis qu'il est petit, lui c'est les stups; les stups les stups. Il fait pas dans les armes. Me Margaux Durand-Poincloux : vous êtes né à Charleville-Mézières Nabil Y. : Pur Ardennais Me Margaux Durand-Poincloux: vous avez déjà croisé les Kouachi ? Nabil Y.: même si je les avais croisés dans ma vie, je m'en souviendrais pas. Moi avant Charlie Hebdo, les frères Kouachi ça me parlait pas. J'ai jamais entendu parler des frères Kouachi avant ça. Les radicaux qui ont de discours bizarres, ils ont jamais eu d'influence ici dans les Ardennes. Quand j'étais petit, les mecs en khamis on les esquivait, nous les bons musulmans on se cache d'eux parce qu'on a honte. Pour moi un radical c'est même pas un musulman, c'est un fou, comme tout fou qui fait des folies. Un musulman qui a des discours de haine c'est pas un musulman. Me Apelbaum, autre avocat d'Abbad : a la fin de 2014, y avait-il à Charleville-Mézières ou dans les Ardennes, une rumeur disant qu'Abbad avait des armes dans une maison du quartier d'Orzy. - non Me Apelbaum : Un témoin venu à la barre avait dit que tout le monde savait qu'Abbad avait des armes, il a dit que ça se savait que dans une maison à Orzy, il y avait des armes d'Abbad.. Me Pugliese, avocate de Miguel Martinez : pendant votre garde à vue, vous dite que vous avez très peur de Martinez, qu'il est radicalisé... Nabil Y. : Vu les enquêteurs comment qu'ils arrêtaient pas de me poser de questions sur Martinez j'ai dit ce qu'ils voulaient entendre. C'est pas facile les gardes à vues de la SDAT. Martinez, je le connais que de nom, c'est un mec balèse, tout le monde le sait, il fait 2m de haut, tout le monde sait qu'il faut pas chercher Miguel. S'il te met une claque dans la gueule Miguel, le mec en face il est calmé. Me Pugliese : les enquêteurs se rendent compte en vous posant des questions plus précises que vous ne connaissez pas Martinez. Quand ils vous demandent pourquoi vous dites qu'il est radicalisé, vous répondez : je sais pas c'est mon nez qui me le dit.. Nabil Y. : Je leur ai dit ce qu'ils voulaient entendre (les enquêteurs de la SDAT), je vous l'ai dit, j'avais un couteau dans le ventre.... Me Coutant-Peyre interroge le témoin qui répète de toute façon la même chose. Ali Riza Polat traite Nabil Y. de "témoin à deux francs". Il ajoute : "J'attendais les confrontations moi ! Casse-toi !" Me Coutant-Peyre à son client Ali Riza Polat : Laissez-moi faire !
  3. Le président indique que d'autres témoins ne seront pas entendus, dont un qui étaient en lien avec Saïd Makhlouf, un certain Abdelaziz S. "Ce dernier avait été mis en examen dans cette procédure mais a fait l'objet d'un non lieu" précise Régis de Jorna. Le président lit l'ordonnance de mise en accusation concernant Abdelaziz S. Ce dernier a d'abord été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle le 7 juillet 2017 et placé en détention provisoire avant de bénéficier donc d'un non-lieu. Abdelaziz S. était un ami de Coulibaly, sur les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher il a déclaré: " En aucun cas je n'adhère à tout cela, et si j'avais eu le moindre soupçon qu'Amedy allait commettre de tels actes (..) je l'aurais dénoncé ". L'ADN d'Abdelaziz S. a été retrouvé sur un pistolet semi-automatique Tokarev retrouvé à Gentilly dans le logement conspiratif loué par Amedy Coulibaly. Il a vu pour la dernière fois Coulibaly le 6 janvier. Abdelaziz S. a reconnu avoir cassé son téléphone le vendredi 9 janvier 2015 après avoir appris à la télévision les assassinats commis par Amedy Coulibaly. Il a déclaré aux enquêteurs : "quand je l'ai vu (Coulibaly) à la télé, j'étais paniqué. Je me suis senti violé, j'ai fait rentrer chez moi, sans savoir que c'était un terroriste, un terroriste qui a assassiné des innocents. J'étais complètement paniqué, j'étais choqué quand j'ai vu ça. Franchement c'était énorme, il (Coulibaly) était chez moi peut-être deux jours avant et après il a tué." Abdelaziz S. dit n'avoir jamais manipulé le pistolet semi-automatique Tokarev retrouvé à Gentilly dans le logement conspiratif loué par Amedy Coulibaly, mais que Coulibaly lui a emprunté des gants et un chiffon. Le président précise : L'instruction n' a pas permis d'établir un quelconque rôle de d'Abdelaziz S. dans la fourniture d'armes. Le président reprend avec les témoins qui devaient être entendus mais qui ne le seront finalement pas. Pour certains d'entre eux, des lectures seront faites, pour d'autres, ce sera le passer outre sans lecture. Le président lit donc maintenant plusieurs procès-verbaux des témoins qui ne seront pas entendus à l'audience. Il y a une certaine agitation dans la salle. Les personnes sur les bancs discutent entre elles et n'écoutent pas vraiment les lectures. Au planning figurait aujourd'hui une confrontation entre les accusés, mais dans le mail envoyé à 6 heures ce matin aux avocats, la confrontation ne figure plus. Certains avocats pensent que Régis de Jorna a renoncé à la confrontation entre accusés (après le flot d'insultes déjà entendu hier entre les accusés ?) d'autres disent que "Ce n'est pas mentionné au planning mais de là à dire qu'il n'y en aura pas..." (A suivre) Le président sur ce fait : Je n'estime pas nécessaire de confronter tout le monde à tout le monde.
  4. Le président : il conviendra de passer outre certains témoins qui avaient été cités. Djamel Beghal, qui a fait l'objet d'une reconduite à la frontière en Algérie. Une commission rogatoire internationale a été adressée. La commission rogatoire internationale n'est pas arrivée aujourd'hui. Les dernières informations que nous avons et qui datent du 22 octobre... (En off le magistrat de liaison a dit qu'il ne serait pas possible de d'entendre Beghal) Le président : il faut être réaliste, les autorités algériennes n'entendent pas répondre à cette demande. Il conviendra de passer outre. Me Metzker indique qu'il avait donné les coordonnées de son avocate en France. Prsdt : Son avocate a d'abord opposé un refus de principe, il est en Algérie. Me Metzker qui a fait citer ce témoin : Oui et il est libre.
  5. 28 octobre La confrontation entre les accusés risque d'être mouvementée. Mardi déjà, les insultes entre plusieurs d'entre euxx avaient fusé dans les box. Parmi les mots choisis : "Grosse merde", "Gros porc"... Un policier dans la salle : "Ca promet encore aujourd'hui, je sais pas combien de fois il a dit hier : 'Wesh ma gueule' Polat'" Me Clémence Witt avocate de Christophe Raumel accusé, prend la parole : "Je voudrais donner des informations sur les suites de l'audition de l'ex-compagne de M. Raumel. , Aminata S. Elle avait dénoncé les violences de son compagnon qui l'avait menacée, selon elle, deux jours avant l'audience. Une enquête préliminaire a été ouverte. La décision est tombée: aucune infraction n'ayant été commise, la procédure ouverte contre M. Raumel pour subornation de témoin a été classée sans suite lundi. Face à ces allégations mensongères d'une telle gravité, nous venons déposer auprès du parquet d'Evry une triple plainte pour : 'faux témoignage', 'faux et usage de faux' (...) car tout laisse à penser qu'une ou plusieurs pièces ont été fabriquées pour nuire délibérément à Christophe Raumel. Et 'harcèlement moral' car notre client qui est taiseux, pudique et qui voulait protéger sa fille, a fini par révéler les intimidations, menaces et violences par son ex-compagne Aminata S., dont lui et ses proches ont été victimes. L'avocat général confirme avoir été informé lundi du classement sans suite de la plainte de l'ex-compagne de Christophe Raumel pour "Infraction insuffisamment caractérisée". Les questions à Ali Riza Polat reprennent maintenant: "Je n’ai aucun intérêt pour l’Etat islamique, le djihad ou Al Qaïda ou autre" répète l'accusé à un avocat qui l'interroge notamment sur les éléments retrouvés dans son ordinateur. Il répète qu'il "doit servir de bouc émissaire" et que "les frères Kouachi", il les a "jamais vus". "Les 2 je les connaissais vraiment pas". "C'est impossible que j'ai été l'intermédiaire entre Hermant et Coulibaly". Me Coutant-Peyre demande à son client s'il trouve normal que les personnes du volet armes lillois ne soient pas inquiétés, qu'elles ne soient pas dans cette procédure. Ali Riza Polat : C'est pas normal, c'est une impunité. C'est très grave ce qui arrive. ces gens (Claude Hermant, notamment, ancien indicateur des gendarmes et des douanes ) sont dehors, on sait que c'est lui qui a remilitarisé les armes. Me Coutant-Peyre,avocate de Polat : La DGSI, la SDAT ont des informations.. Ca serait imaginable que vous soyez tellement secret, que vous soyez un membre à la fois, vous êtes poursuivi pour complicité logistique des Kouachi et de Coulibaly ce serait imaginable que vous soyez le maître d'oeuvre, que vous ayez les cartes Etat islamique et Aqpa entre les mains ? Ali Riza Polat à son avocate: Maitre je n'ai aucune carte ni de l'Etat islamique,ni d'Al-Qaida, je ne suis pas un terroriste. Moi tout part en vrille quand j'ai su que c'était Coulibaly. On me fait payer mes liens amicaux avec lui. Moi je n'ai rien fait. Me Coutant-Peyre demande à son client s'il a quelque chose contre les juifs. Ali Riza Polat : Je n'ai commis aucun acte de base et je n'ai rien contre les juifs, je ne suis pas antisémite. je vais me calmer, vous l'avez vu je suis impulsif. (...) Je suis pas un criminel, je suis pas un sanguinaire, je n'ai pas de sang sur les mains. J'ai dit que je voulais aller sur des braquages. c'était pour faire le malin, je vais me calmer. Je n'ai jamais eu d'armes pour de vrai. Je vais me calmer sur ça aussi, les magouilles... Me Coutant-Peyre : vous êtes prêt en tout cas... Polat l'interrompt :"A me calmer, oui bien sûr. " Polat avait dit qu'à sa sortie de prison il reprendrait ses délits, ses magouilles, pour se faire de l'argent. Aujourd'hui il dit qu'il "va se calmer"...
  6. Je pensais à Will Hunting mais ça n'est pas un livre ..
  7. Les piliers de la terre - Ken Follet ?
  8. Ni Tolkien, ni Dune Indice n°3 : Eddard...
  9. Eh non Indice n°2 : Une engouement mondial pour un monde imaginaire
  10. Ca marche. Indice n°1 : Presque dix ans de saga
  11. January

    Le défi lecture 2020

    Il y a des périodes comme ça, j'en ai aussi
  12. January

    Le défi lecture 2020

    J'ai l'impression qu'avec ce qui se prépare une fois de plus, on aurait pu mettre 150 catégories dans ce défi cette année Je lis toujours autant mais ce que je lis n'entre pas dans le tableau.. En ce moment je lis ça : C'est pas mal ! Edit : bouquin terminé. bon.. c'est du facile quand même... Trop.
  13. Ca commençait juste à décoller un peu.. Si ça s'arrête un mois le boulot ne reviendra pas avant janvier, février ! La boîte va crever, mon emploi avec, j'vois pas autrement.
  14. AG : j'en reviens à cette liste d'armes que vous avez écrite. Vous nous dites que c'était un renseignement pris sur des munitions. Polat : Karasular il va te vendre du rêve mais il arrive pas à sortir 12000 euros pour un véhicule. Mais Karasular pour de vrai c'est pas un trafiquant d'armes. Moi je cherchais des armes pour faire un braquage. Lui Coulibaly, il a sa filière, vous avez remonté la personne (Claude Hermant), moi j'ai rien à voir là-dedans. (Il ne répond à aucune question de l'AG et continue à soliloquer sur tout et n'importe quoi) Monsieur Polat, on se concentre ! répète l'avocate générale. L'accusé est intarissable. Certains quittent la salle, d'autres lisent les infos sur le possible reconfinement, le président et le premier assesseur regardent l'heure sur la pendule en face d'eux.. Me Lévy, avocat de la défense, s'adresse à Polat. "Vous dites n'importe quoi", lui crie Polat. Me Lévy agacé : "Ne commencez pas par me dire que je dis n'importe quoi". Le ton monte, puis redescend. Me Lévy à Polat : Je pense que vous avez raté votre carrière, vu votre connaissance du dossier, je pense que vous auriez été 1 redoutable avocat et je vous remercie d'avoir tout à l'heure pris la défense de mon client. Polat: c'est normal faut rétablir la vérité Me Lévy, avocat de WIlly Prevost, a bien du mal lui aussi à interroger Polat. L'accusé encore une fois part dans sa logorrhée, crie, déploie une gestuelle impressionnante. On souffle et on soupire dans la salle.Tout le monde est épuisé. Brouhaha maintenant... Le président menace l'accusé de couper son micro et demande à Polat de s'exprimer calmement. Polat : Sil vous plait, c'est ma journée, je peux parler. Ok calmement.. Me Lévy pose une nouvelle question à Polat. Polat : je peux avoir le micro s'il vous plait ? "Non non non " implorent les parties civiles. (Il parle suffisamment fort pour qu'on l'entende sans micro) Le président sur un commentaire de Polat : On l'a déjà dit ça Polat : Vous dites vous êtes là pour juger, vous dites que vous voulez que la vérité elle sorte, mais à chaque fois que je parle on me dit que je l'ai déjà dit. Je parle dans le vent en fait. je vais m'acheter un ordinateur, je vais tout reprendre de A à Z, il faut qu'on règle cette journée (du 6 janvier 2015). Le président à Polat qui repart dans des explications sans fin: Je pense que vous êtes fatigué et que chacun est fatigué. Quels sont les avocats qui souhaiteront poser les question à Ali Polat ? Pour qu'on sache le timing. C'est peut-être mieux que l'on fasse ça demain matin ? (vu l'ambiance et la fatigue). Tout le monde est d'accord. L'audience est levée, il est 19h45.
  15. Un avocat de la partie civile s'adresse à Polat : Les attentats ont été revendiqués par Aqpa pour celui des Kouachi et Daech pour ceux commis par Coulibaly. Vous en pensez quoi ? Polat : Je ne connais rien de ces organisations, et Coulibaly ne m'a jamais dit qu'il était de l'Etat islamique, et les Kouachi je les connais pas. Ils ont retrouvé une prestation d'allégeance de Coulibaly à Daech, d'après le dossier, il aurait fait les attentats pour le compte de Daech.C'est tout ce que je peux vous dire. Je ne sais pas qui a pu aider pour coordonner les attaques. Avocat (partie civile) : Coulibaly a un premier cercle, vers qui il va se tourner selon vous pour se fournir ? Polat : Coulibaly je le fréquente en tant qu'ami de 2007, pas en tant que membre de l'Eta islamique. La Syrie, Coulibaly en parle avec les Belhoucine, Omar T.... La vidéo, les boîtes mails, ça vient d'eux ça vient pas de moi. Moi j'ai jamais été de l'état islamique. Qui a fourni les armes, je ne peux pas vous dire. Je ne lui ai rien fourni. Coulibaly, je le connais en tant qu'ami. Quand il avait ses rendez-vous avec les radicaux, c'était dans le 93, avec les Belhoucine... je ne fréquente pas ces gens là, jamais de la vie il va me ramener devant eux. je ne connais pas sa branche de l'EI à Coulibaly. Moi les Belhoucine je ne les connais pas jusqu'à temps qu'ils en parlent à la télé. Sa femme (Hayat Boumeddiene) moi je sais pas qu'elle est partie en Syrie. Le donneur d'ordre, je le connais pas. Avocat de la partie civile : vous qui partagez ses croyances à Amedy Coulibaly, qui êtes proche de lui. Il n'a jamais tenté de vous recruter ? Polat : mais jamais de la vie, il me connait depuis longtemps. Il sait très bien qu'il faut pas me parler de ça ! Moi faut me parler d'argent. Moi j'ai pas envie de mourir. Vous avez envie de mourir vous ? L'avocat : non Polat : je suis du même avis que vous. Il sait que je veux pas mourir L'avocat : donc vous en avez parlé avec lui..? - non, pourquoi il va en parler avec moi puisqu'il sait que je suis pas de l'EI. L'Etat islamique ils ont beaucoup de combattants, peut-être qu'ils allaient lui envoyer quelqu'un, j'en sais rien. Je vais pas vous envoyer sur des fausses pistes. Avocat de la partie civile : "Peter Cherif a dit devant cette cour qu'il ne reconnaissait que Dieu, qu'il n'avait que de comptes à rendre qu'à Dieu. Qu'en pensez-vous ? Polat : j'ai déjà fait une déclaration comme ça dans ma vie ? Non ? Non ! Il fait ce qu'il veut Peter Cherif. C'est un terroriste lui. C'est vraiment un terroriste. Il a prêté allégeance à Al-Qaïda. c'est lui qui devrait être là à ma place. Les Kouachi, Peter Cherif, il les connaissait. Il a appris à Kouachi à manipuler les armes là-bas, je comprends pas pourquoi il est pas dans le box. Avocat : il y sera un jour. Polat : Peter Cherif, c'est vraiment un terroriste, il ne s'en cache pas. Est-ce que j'ai la même logorrhée que ces gens là ? (alors il a vraiment utilisé le mot "logorrhée" et provoquer une exclamation "Ohhh" du côté des avocats de la partie civile) Polat : Coulibaly quand il est sorti de prison il a été vague là-dessus. Sur le terrorisme. Il m'a dit j'ai rien à voir là-dedans. L'avocate générale à Polat : Vous saviez que c'était une tentative d'évasion pour un terroriste et vous attendez benoitement sa sortie de prison (à Coulibaly) pour avoir des explications ? Polat : Madame, il est passé devant une cour d'assises Coulibaly, il n'a pas été condamné pour terrorisme L'avocate générale Ils le savaient ça à la Cité ? Polat : Ouais L'avocate générale à Polat : votre conversion en 2014. Mai 2014, vous dites que vous vous convertissez, c'est une époque où vous reprenez contact avec Coulibaly, il vient de sortir de prison (en mars) (...)Il y a la proclamation du califat en juin 2014. On sait que M. Coulibaly va prêter serment d'allégeance, c'est une coÏncidence ? (l'AG ne s'en sort pas, c'est compliqué d'interroger l'accusé qui digresse) AG : M. Polat ,vous savez j'ai tout un tas de questions vous allez pouvoir vous exprimer. Restez concentré sinon je vais finir par croire que vous voulez entretenir un flou sur certaines questions. L'avocate générale tente en vain d'obtenir des réponses claires de Polat. Il parle encore de l'homicide de l'enfant, de Madi N. d'appartements.... Le président à l'air à bout.. AG : M. Polat vous êtes encore avec moi ?
  16. Me Metzker, avocat de la partie civile: dans la nuit du 6 ou 7 janvier, vous avez rendez-vous avec Amedy Coulibaly. Pourquoi Montrouge ? Polat : dans la nuit du 6 au 7 janvier, c'est pas Montrouge, Coulibaly me donne rendez-vous au Chicken Spot de porte de la Chapelle. Il me renvoie un message et il me dit : "viens porte d'Orléans, près de l'hôtel Novotel, dans un petit hôtel" . J'ai fait demi-tour à la station BP et je lui ai donné son argent. Cherif Kouachi, Coulibaly l'a vu avant. Moi je vois Coulibaly à 1h20. Me Metzker à Polat : vous êtes à quelques minutes de Montrouge, près de l'école juive, près du lieu où sera assassinée Clarissa Jean-Philippe Polat : si on va dans votre thèse, pourquoi je lui donne tout cet argent si je sais que Coulibaly va faire un attentat ? Me Metzker : pour sa cavale par exemple Polat: Comment tu peux être dans la confidence que quelqu'un va se faire tuer et lui remettre des fonds ?! Me Metker : pourquoi Karasular vous appelle Ali Kemal ? - Je sais pas moi ! il dit que je suis son cousin, que je m'appelle Ali Kemal. Je n'ai jamais dit je m'appelle Ali Kemal et je viens de Marseille. Ne dites pas c'est mon surnom. J'ai jamais dit J'm'appelle Ali Kemal frère. Certains m'appellent Chichko, c'est mon surnom, ça veut dire "le gros".
  17. Je passe pas souvent j'ai pas le temps en ce moment mais là.. j'étais là Indice n°1 : la coupe du monde
  18. Le dernier jour d'un condamné - Victor Hugo
  19. Me Cechman (partie civile) présente ses excuses après sa "perte de sang froid" ce matin pendant l'interrogatoire d'Ali Riza Polat. Puis elle interroge l'accusé. Sur la liste qu'il a écrite retrouvée chez Karasular. Sur la liste est écrit : Prix de 200 g de C4 ? Prix de1kg de C4 ? Combien de détonateur pour 1 kg ? Balle de kalash 500 pièce ?... Polat : c'est une liste de prix, c'est pas une commande. C'est pour faire péter des portes (il a dit que c'était pour braquer une banque) Me Cechman : M. Polat, le 5 janvier, vous utilisez la ligne "5802", Cherif Kouachi utilise le "58 01" à partir du 6 janvier et échangera avec Amedy Coulibaly. Votre ligne s'arrête le 7 janvier. ces lignes conspiratives, la votre et celle de Cherif Kouachi, elles vont s'arrêter le 7 janvier, et la votre s'arrête à 13h25, après les attentats Ali Riza Polat : Coulibaly achète une flotte, moi je sais pas à qui il donne le 01. ces téléphones c'est pas une flotte conspirative ! Vous voulez des réponses qui vous fassent plaisir. Me Cechman à l'accusé : non je veux des réponses cohérentes. Monsieur qu'est ce que vous faites devant l'Hyper Cacher le 28 janvier 2015 ? Ali Riza Polat : j'ai pas le droit d'y aller, sans indiscrétion ? Je veux savoir pourquoi il a fait ça. J'ai pas nié ça. Le 28 janvier 2015, j'ai été à l'Hyper Cacher, il y avait des mots, j'ai regardé. C'est interdit ? J'ai rayé des mots ? j'ai écrit des choses ? Me Cechman : Vous pensez bien que votre petite visite de courtoisie me pose question.. Polat : Mais vous êtes malades ! Me Szwarc, avocate de la partie civile : si j'ai bien compris, en septembre 2014 vous avez demandé à Karasular le prix de 500 balles de Kalachnikovs, de chargeurs, de balles de 9MM. Ca correspond à combien de fusils ? - Bah ça dépend, si tu vas sur un braquage de fourgon, faut monter à 6 ou 7. Les 500 balles on va les diviser. 500 divisé par 7, ca fait combien ? C'est un renseignement, j'ai pas passé une commande. Cette liste (sur laquelle Polat demandait le prix d'explosifs, de balles et de détonateurs...) elle m'a ramené plus de problème qu'autre chose. Tu demandes un prix. c'est comme un devis. Me Szwarc : c'est vous qui avez accompagné Coulibaly à Darty pour acheter la go-pro le 31/10/2014 ? Ali Riza Polat : La seule chose que j'ai acheté c'est un purificateur d'eau en 2011. Je peux avoir la cote s'il vous plait ? Me Szwarc : je l'ai pas là, je vous la donnerai. Ali Riza Polat à l'avocate: Il me faudrait la cote comme ça ça va justifier comme l'homonyme Ali Polat Me Szwarc demande à Polat pourquoi le 29 janvier 2015, il est allé place de la Bastille à Paris, entre le boulevard Richard Lenoir et le boulevard Beaumarchais, juste pour y acheter et y déguster une pomme d'amour (pomme d'amour qu'adorait Coulibaly). - Vous parlez de l'enquêtrice, l'enquêtrice menteuse là ?? Je l'ai dit, je passais par Bastille, j'ai pris une pomme d'amour c'est tout. Ca c'est la manière de retranscrire de la SDAT. Me Maktouf: vous êtes alévi ? Polat : Amedy ? Me Maktouf : non alévi, votre famille est alévi (...) A quelle religion vous êtes vous converti ? Polat : Musulman je suis passé de non croyant à croyant Polat sur sa consommation de porc: j'avais des boutons, ça fait des trucs blancs sur la tête. Je suis allé voir. Comment ça s'appelle ? La dermatologue. elle m'a dit d'arrêter de manger de la charcuterie que j'aurais plus de boutons blancs. J'ai arrêté. Franck Serfati avocat de la partie civile : vous avez dit au président ne pas être là pour raconter des salades. On nous a dit que vous étiez intelligent. Polat : Je dis ce que j'ai réellement fait. Je vais pas dire des réponses pour vous faire plaisir. A la base, c'est du droit commun. Je ne sais pas ce qui me raccroche aux terroristes, c'est Coulibaly. On ne trouve pas d'ADN, pas d'empreinte. Vous dites que je tourne autour du pot.. Vous voulez que je vous dise quoi ? Que le 3 janvier je suis parti chercher une Kalachnikov ? Vous voulez des réponses qui vous satisfassent. On va reprendre l'histoire du 6 (janvier) Avocats PC, en choeur : Ah noooooon !! Polat : je voulais pas aller à l'Etat islamique. Si j'avais voulu rejoindre l'Etat islamique, j'aurais pris la même route que tout le monde, la Turquie, Gaziantep et voilà. avocate (partie civile) : je voudrais savoir pourquoi vous avez eu l'idée de donner de l'argent à la famille de Coulibaly après son décès ? Polat : C'était pour l'avocat. Je pensais que Coulibaly allait se rendre. Il est mort quand j'étais en Belgique. L'avocate répète sa question. Polat énervé : encore une fois, ma réponse ne vous plait pas ! L'avocate (partie civile) à Polat : Donner de l'argent à la famille de quelqu'un qui est mort après avoir commis un attentat, d'un martyr, c'est une méthode qui existe. Polat : Moi quand j'arrive à Grigny on m'en parle, mais Coulibaly il était pas encore mort, sa famille était allée en garde à vue. Après il est mort il est mort, je m'en fous de sa vie. Pour moi Amedy Coulibaly il allait pas mourir. Je cherche pas sa famille pour donner de l'argent pour un martyr... L'avocate : Oui, comme la pomme d'amour que vous allez manger le 29 janvier à Bastille (Coulibaly adorait les pommes d'amour), ou l'Hyper Cacher où vous allez le 28 janvier 2015 .
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