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Tout ce qui a été posté par January
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Expertise de CB Une jeune femme qui parle et pleure abondamment, sans résistance, d'allure un peu naïve, avec des propos lénifiants. On sent en revanche ce besoin de capter l'attention de son interlocuteur. Lors de l'entretien, Cécile Bourgeon disait "regretter d'avoir été toujours défoncée" et renvoyait la responsabilité des coups mortels sur son compagnon. Cécile Bourgeon a un discours variable sur Berkane Makhlouf. Tantôt violent, tantôt protecteur. Là non plus, "pas de maladie mentale". Cécile Bourgeon parle "brièvement" à l'expert de sa relation avec Fiona: "Que du bonheur". "Un peu comme pour un bon film". Sur l'amnésie: "On n'en retrouve pas objectivement, il n'y a pas d'éléments pour ça. On a plutôt l'impression qu'elle cherche à éviter de se confronter à une certaine réalité." "Capable de dire une chose et son contraire, ce qui donne à ses propos une impression de faible consistance." "Cécile Bourgeon a eu du mal à se construire une identité stable. Elle a cherché ensuite à se donner l'image d'une femme libre, autonome et émancipée". La rencontre avec Makhlouf aurait agi, disait-elle à l'époque, comme une "révélation". Prsdt : Est-ce que Mme Bourgeon est intelligente? Dr Bissuel: Elle n'est pas d'un niveau intellectuel supérieur, mais nous n'avons pas trouvé de déficit. Elle a du langage, elle comprend le sens des mots.
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Me Luciani, pour la défense : Avez-vous rencontré des personnes qui sont, d'un point de vue psychiatrique, incapables de s'en prendre à des enfants ? Témoin : La réponse est négative. Assurer que quelqu'un ne s'en prendra jamais à un enfant... C'est impossible à dire. La violence à l'intérieur de chaque être humain peut surgir à tout moment. Le président revient sur les manifestations de tendresse de Fiona envers Makhlouf à l'école, dans la rue. Question: ce comportement peut-il être compatible avec des violences exercées dans le huis clos familial ? Expert : C'est un peu étonnant. Après, on peut aimer un enfant et le battre.
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Docteur Yves Bissuel, psychiatre, à la barre. Il a procédé à l'examen séparé des deux accusés avec l'un de ses confrères. Lors des deux premiers entretiens, ce dernier faisait valoir "un sentiment aigu de persécution", accusant par exemple les surveillants pénitentiaires de vouloir "l'empoisonner". Lors du troisième entretien, Makhlouf est hospitalisé dans une unité spéciale pour détenus. "Complète transformation", note alors l'expert. Et fin du sentiment de persécution antérieur. Témoin : Berkane Makhlouf ne possède pas de maladie mentale susceptible d'altérer son discernement mais il est plutôt immature, avec des carences et l'impossibilité de se construire une personnalité. Il se donne alors l'image d'un homme irréprochable. Un discours très maîtrisé. Il cherche toujours à donner la bonne réponse pour dire en somme que les problèmes c'étaient les autres. Il décrit Cécile Bourgeon comme brutale, colérique, agressive. L'expert raconte les carences, l'échec scolaire, la toxicomanie, la violence: Berkane Makhlouf "ne dispose que de faibles ressources pour tempérer ses réactions. Témoin : Il ne présente pas de maladie mentale susceptible d'altérer ou abolir son discernement. Mais c'est un homme immature, fruste, mal construit. Nous n'avons pas trouvé de troubles de la mémoire. Et puis pas spécialement d'agressivité de sa part lors de nos rencontres. Prsdt : Il soutient pourtant ne plus savoir où Fiona a été enterrée. A quoi cette amnésie peut être due, si elle est réelle ? Témoin : C'est une question complexe. Il peut arriver, même si c'est relativement rare, que des personnes oublient des choses émotionnellement fortes. Elles peuvent en quelque sorte se protéger par l'oubli. A une nouvelle relance de la cour, le psychiatre dit privilégier l'hypothèse d'une "stratégie de défense". Il est question d'une emprise de Berkane Makhlouf sur Cécile Bourgeon... L'expert : C'est tout à possible avec quelqu'un comme lui. Cécile Bourgeon nous a d'ailleurs dit qu'elle avait recherché "l'homme fort". Sur les enfants et BM, témoin : On peut considérer (comme le fait l'accusé) que les enfants sont sacrés et à un moment perdre le contrôle. M. Makhlouf a certainement une déficience de ce côté-là. Me Fribourg: La drogue peut-elle favoriser la survenue de gestes violents ? Réponse: Oui. Comme l'alcool, elle agit par perte de repères.
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Joel Sollier égrène la litanie des déclarations contradictoires et des fluctuations de l'accusé tout au long de l'enquête. "Vous comprenez pourquoi on a des doutes que vous ne levez pas..." Dans le "huis clos" décrit par le couple, Joël Sollier déduit que le "drame" n'a pu être provoqué que par deux personnes: Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf. "Si on écarte la chute de trottinette un temps évoquée et la thèse de l'empoisonnement à laquelle le ministère public ne croit pas si on en reste aussi sur ce que vous avez dit précédemment à savoir que les coups portés par CB n'étaient pas de nature à tuer Fiona.. Finalement, qui reste-t-il ? BM : Ben oui... L'avocat général revient sur l'improbable scène de l'enterrement et rappelle les propos tenus à l'audience par l'ancien patron de la PJ de Clermont-Ferrand ("Si le corps aurait été à Aydat, on l'aurait trouvé", avait-il dit). BM : Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Qu'on a menti, qu'on l'a enterrée ailleurs ? Je sais même pas si c'est Aydat moi ! Je sais pas, je connais pas ! Je n'ai pas le permis, pas la voiture, je suis pas originaire de Clermont. Le magistrat relève que "tout oppose" désormais les deux accusés dans leurs versions, hormis les conditions de l'enterrement. Joel Sollier: "C'est le seul accord que vous avez. Comment cela se fait-il ? Vous comprenez que l'on se pose la question.. Cécile Bourgeon n'a pas toujours dit la vérité, loin de là, mais au moins sa version est cohérente. Quand on vous écoute vous, il n'y a pas de cohérence... BM : Je suis écœuré d'avoir été condamné deux fois de suite (lors des procès précédents) pour des violences sur des enfants. Je suis écœuré. AG, juste avant de se rasseoir: Vous n'êtes pas le seul, M. Makhlouf. BM : Franchement, si je savais où est Fiona, il y a longtemps que je l'aurais dit. Me Luciani pose ses premières questions à Berkane Makhlouf, qu'il défend depuis le début de ce quatrième procès. Une nouvelle fois, Makhlouf confirme le décès de Fiona dans la nuit du 11 au 12 mai et la réalité de la scène de l'enterrement. On tourne en rond.
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AG : Vous avez dit à plusieurs reprises que vous n'étiez pas un monstre. La qualité de vos contacts avec les enfants est avérée, aucun souci là-dessus. Mais est-ce que sous le coup de la drogue, il n'y a pas un risque de se conduire comme un monstre pendant vos moments de colère ? - C'est vrai, j'ai des colères monstres mais pas au point de m'en prendre à des enfants. Je m'en prends à des adultes mais jamais aux enfants. J'ai des limites quand même dans ma vie. Dès qu'il y a un enfant, je me calme. Rien que de parler, c'est un effort énorme pour moi. Mais je me bats pour montrer mon innocence. En tout cas une partie de mon innocence, parce que je suis pas totalement innocent. AG : Pour résumer vous avez commis des violences graves à l'égard de beaucoup de personnes de votre entourage y compris à l'encontre de Cécile Bourgeon Donc vous avez tapé tout le monde sauf Fiona, qui meurt de blessures et de violences ? On est d'accord ? - Oui. L'avocat général reprend le fil de son intervention : Pour reprendre les propos de votre avocat, vous avez le profil de l'emploi, vous êtes le coupable idéal, vous cochez toutes les cases... Ce qui pourrait changer cette position, c'est le récit que vous faites des faits. C'est le deuxième point que je vais aborder.
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Le parquet continue de composer en disant:"on a des déclarations" et nous parle d'un témoin central qui n'est pas venu à la barre (Souliman B. qui aurait fui en Espagne, qui était en fait chez ses parents dans le Nord). Le parquet est au stade de l'hypothèse car il n'a rien pour démontrer que ces voyages dans le Nord étaient pour les armes...Rien. Le parquet un peu excédé par le volet armes lillois nous dit : les participants de Lille ont été définitivement jugés, il n'y a pas de lien. Mais les armes, c'est rien ?? Les réquisitions c'est pas un exercice de broderie ! Comment les armes passent de Claude Hermant à Mohamed Fares, on n'a pas d'éléments! Le parquet parle de zones d'ombre mais pardon là on est en pleine opacité. L'accusation est prise au piège de ce dossier lillois. On a des réquisitions fumeuses et indignes de celles que l'on est en droit d'exiger. On sait que les policiers parisiens savent dès le 16 janvier 2015 l'origine des armes et il faudra attendre l'article de Mediapart pour avoir Claude Hermant ! Me Zoé Royaux lit des extraits de conversations téléphonique et sms entre Claude Hermant et des interlocuteurs (Sébastien L. notamment) sur les armes. On vous demande sur une hypothèse decondamner Saïd Makhlouf. On vous demande de broder, de faire rentrer les pièces du puzzle en forçant un peu ! Le parquet pendant toutes ses réquisitions à regarder la salle, pas vous, la salle. On est pas là pour faire des photos, la Une des journaux ! Le parquet ne parvient à à démontrer l'élément intentionnel. Saïd Makhlouf a-t-il adhéré de façon intentionnelle à une AMT ? Non. Connaissait-il la radicalité de Coulibaly? Non? Connaissait-il les projets terroristes de Coulibaly ? Non. Amar Ramdani, tout comme Saïd Makhlouf, compte tenu de sa grande proximité avec Amar Ramadani, ne pouvaient ignorer, en participant notamment à des recherches et fournitures d'armes pour le compte d'Amedy Coulibaly. même s'ils ne connaissaient pas dans le détail son projet, qu'il était susceptible de commettre des crimes terroristes en lien avec son idéologie jihadiste. Ils ont à ce titre participé tous deux à l'AMT. C'est ça l'accusation, on fait de la psychologie de comptoir ?! Makhlouf clame son innocence depuis 5 ans. Après 4 ans d'instruction, le dossier est carencé. l'avocate générale vous a dit : "la défense va terroriser la cour en vous demandant une preuve absolue". Bon alors déjà je ne suis pas sûre du choix du verbe.. Et nous ne demandons pas de preuve absolue, nous demandons juste des preuves. (...) L'intime conviction c'est la certitude de la culpabilité, c'est ce qui protège un homme de l'erreur judiciaire. Je vous demande d'acquitter Saïd Makhlouf, de répondre non aux questions.
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En garde à vue, Berkane disait être "prêt à tout pour (sa) femme" Me Canis, pour les parties civiles, soumet cette déclaration de septembre 2013 à Berkane Makhlouf. BM : On parle d'emprise, mais elle est inversée en fait. C'est elle qui avait une emprise sur moi. Ou peut-être les deux. Je suis resté amoureux d'elle longtemps, même quand on était en prison. - Ce dossier dure depuis 7 ans et c'est aujourd'hui que vous parlez de tout ça ? BM : Je ne souhaite la prison à personne, ni même à Cécile. Mais je ne sais pas comment elle arrive à dormir tranquillement. Elle m'a envoyé en prison pour des choses que je n'ai pas faites. Me Canis : On s'étonne que le corps de Fiona ait pu être mis dans le sac que vous décrivez. L'expert légiste nous parle de rigidité cadavérique, je vous le rappelle... BM : Si si, c'est ça. - C'est vous qui mettez le corps dans le coffre ? - Je ne me souviens pas. Si y en a un qui peut retrouver le corps, c'est Cécile ! - Y avait vraiment une pelle qui se promenait dans les prés ? - Oui oui. Je ne vais pas balader les gens assure Makhlouf Moi je pensais que CB allait donner l'endroit (de l'enterrement) que j'allais reconnaître les lieux et que j'allais pouvoir aider les enquêteurs. Me Canis : Monsieur, vous avez envie visiblement de parler. Il est peut-être le temps de dire davantage de choses ? BM : Si elle est capable de mentir sur ça, elle a peut-être fait pire à Fiona, je sais pas moi ! Pour elle, Fiona, c'était une source de problèmes ! Fiona est morte dans la nuit du samedi au dimanche et on l'a enterrée, c'est sûr et certain. Joel Sollier évoque d'emblée "les violences, une constante de la vie personnelle" de Berkane Makhlouf. BM : je ne conteste pas. j'ai toujours reconnu être quelqu'un qui trempait dans la violence. C'est ça qui m'a joué des tours. Réinterrogé sur le lieu où se trouverait Fiona : Je ne peux pas me repérer. Je ne suis pas originaire de Clermont. Je pensais que Cécile allait dire au moins l'endroit !
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Eric Chalbos tente de démêler le vrai du faux en se basant sur les déclarations des accusés lors de l'instruction et ce qu'ils ont pu indiquer depuis le début de ce procès. Makhlouf rejette la faute sur Bourgeon mais il n'apporte pas d'élément cohérent... Le prsdt demande où était CB le samedi soir, il retente sa chance.. BM : Elle est allée chercher de la drogue - Pendant 3 heures ??! Et quand elle a administré cette correction à Fiona, c'était avant ou après être allée chercher de la drogue ? - Je sais plus. Prsdt : Pourquoi avez-vous été incapable de donner un emploi du temps conforme à la réalité ? - Je n'ai pas la notion du temps ni de l'orientation. J'ai expulsé dans ma tête les mauvais souvenirs Je n'ai gardé que le bon.. le président l'interrompt : Oui, vous l'avez déjà dit, mais c'est quand même une vision un peu 'Bisounours' des choses ! - A côté de ça, j'avais des lacunes. J'étais drogué. Le président rappelle les premières déclarations de BM BM : Je ne voulais pas enfoncer Cécile, je voulais qu'elle revienne s'occuper des enfants.. Prsdt : Elle est où la vérité ?! BM : Moi, je n'ai jamais frappé Fiona, à part peut-être une petite tape sur les fesses. Je ne voulais pas charger Cécile. J'avais des sentiments pour elle. Il martèle une nouvelle fois qu'il n'a jamais frappé les enfants. Le prsdt insiste : Pourquoi, en garde à vue, puis devant le juge, vous n'avez pas parlé de ces coups que Cécile Bourgeon aurait donnés à Fiona ? - Parce que je ne voulais pas l'enfoncer, c'est tout ! C'est elle. Alors pourquoi ne l'avez-vous pas dit dans votre dernière déposition, que sa mère avait corrigé Fiona au point que sa tête cogne contre le mur ? - Je voulais pas la charger.. Makhlouf confirme qu'il lui est arrivé de "dire n'importe quoi". Mais conteste de nouveau avoir "frappé ou appuyé" avec son genou sur le ventre de Fiona le soir du samedi 11 mai comme le soutient CB "Cécile part dans une surenchère qui m'écœure". Prsdt : Maintenez-vous que Fiona a été tuée dans la nuit du samedi au dimanche ? - Oui, oui. Un avocat des parties civiles demande à B. Makhlouf pourquoi il parle d'une "correction" donnée par C. Bourgeon à Fiona. BM : Je l'avais déjà dit au juge d'instruction, c'était des coups de pieds, des claques... Je regrette qu'on ait pas appelé les secours... (c'est galère, il part dans tous les sens..)
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Sur l'ADN découvert sur le taser de Coulibaly retrouvé dans l'Hyper Cacher, dès sa garde à vue Makhlouf a contesté avoir vu ce taser. Pourquoi le cacherait-il ? Un taser n'est pas une arme létale et c'est en vente libre. De quel élément objectif on dispose ? Il n'est pas établi de rencontre postérieure au 27 décembre. Le taser est acheté par Prevost en présence de Raumel le 27 décembre. Prevost a dit que le taser restera chez Raumel jusqu'au 6 janvier, date à laquelle il sera remis à Coulibaly. Nous n'avons aucune rencontre entre Coulibaly et Makhlouf entre le 6 et le 9 janvier. La question c'est comment l'ADN de Makhlouf se retrouve sur le taser de Coulibaly. Ramdani nous dit qu'il a été chez Malkhouf en son absence, que Coulibaly l'y a rejoint. Amar Ramdani a, dès son premier interrogatoire, trouver une explication à la présence de l'ADN de Saïd Makhlouf sur la poignée du taser en possession d'Amedy Coulibaly. Ramdani a expliqué que le 6 janvier 2015 au soir il a rencontré Amedy Coulibaly à Gentilly puir l'a fait rentrer dans l'appartement de Makhlouf dont il détenait les clés,en l'absence de celui-ci, pour trouver 200€ pour rembourser Coulibaly. Ramdani a dit ensuite que Coulibaly s'était "affalé" sur le canapé où dort habituellement Saïd Makhlouf, qui, de forte corpulence,"transpire" et "bave". Cela pouvant expliquer le transfert d'ADN et la présence de l'ADN de Maklhouf sur le taser de Coulibaly. les experts l'ont dit, le transfert d'ADN est possible. L'accusation dit que des témoins ont indiqué que Makhlouf dormait dans son lit et pas dans le canapé, même quand il avait des invités. Déjà, c'est pas des témoins mais un témoin. Et alors C'est ça l'accusation ? C'est la literie de M. Makhlouf ?? Le droit au silence quand on l'exerce c'est forcément louche, alors que c'est peut-être de l'épuisement. On leur reproche tout (aux accusés), des sourires supposés sous les masques, jusqu'aux silences. Ce silence est très difficile pour les avocats. On lui a dit : vous ne pouvez pas vous taire jusqu'aux assises. Donc M. Makhlouf a écrit un courrier, en novembre 2018, et il s'est expliqué. Entre temps un courrier anonyme a dénoncé Fares, qui a été interpellé et qui a parlé. Makhlouf reconnait le trafic de stups, on le sait qu'il fait dans les stups. Fares dit qu'il a vu Ramdani et Makhouf à Roubaix. Ramdani a dit à l'audience qu'ils y allaient pour les stups. Du cannabis qu'il cherche de meilleure qualité et moins cher. Le parquet refuse le d'entendre que certains voyages étaient pour le trafic de stups et les escroqueries.
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L'accusé raconte le déplacement pour aller enterrer la fillette. "C'était un cauchemar !" BM : c'était une décision "conjointe". Cécile conduisait, moi je ne regardais même pas les panneaux. On a pris plein de drogue avant de partir.. Berkane Makhlouf évoque de nouveau la pelle trouvée en route, le trajet "à l'aveuglette". Le président reprend l'emploi du temps du couple dans les jours et les heures précédant le drame. La correction du samedi soir, c'est avant ou après que Cécile Bourgeon aille chercher de la drogue ? - C'est dans la soirée, je ne sais plus quand. Mais elle a frappé Fiona. Elle a frappé Fiona ! C'est Cécile qui a inventé l'histoire du parc. Je lui disais "Tu crois quoi, tu crois que la crim', c'est des charlots ? Cécile, c'est pas non plus la pauvre victime qui prend des coups sans rien dire. Elle frappe, elle griffe, elle mord. Le prsdt recadre : Même si vous n'êtes pas d'accord, vous allez participer à cette mise en scène, pourquoi vous ne l'avez pas dénoncé ? C'est vous qui creusez le trou.. - Parce qu'elle ne voulait pas qu'on se fasse enlever les gamins. Et moins non plus. Prsdt Ce qui s'est passé laisse penser que vous avez voulu dissimuler quelque chose de plus grave.. - Mais j'étais laminé... Prsdt : Est-ce que ce n'était pas pour cacher des traces de coups lors d'une éventuelle autopsie ? - Je sais pas. Moi, j'avais rien à cacher. - Mais on peut penser que vous y avez un intérêt aussi ? - Je ne les ai pas protégées. Je n'ai pas eu le bon sens. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps pour Fiona ! Le président de la cour doute de ces propos : C'est pas ce que les policiers ont constaté le dimanche soir, le soir de la mort de Fiona. (Tout ça est très décousu... Et je crois que c'est mort, on n'aura pas la vérité, et on ne retrouvera jamais Fiona)
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Prsdt qui recadre : De quoi est morte Fiona ? BM : Cécile, je ne l'accuse pas à tort et à travers (d'avoir porté des coups à Fiona, NDLR). Elle dit n'importe quoi. Comment elle peut être crédible ? Elle dit n'importe quoi, sur les coups de genou. Je n'ai jamais frappé sur les enfants, je le jure sur mon fils. Monsieur le président, je n'ai jamais frappé ni Fiona, ni sa petite soeur. Je n'ai JA-MAIS frappé des enfants. Je m'occupais plus des enfants que Cécile. Elle, elle restait devant la télé à regarder la téléréalité. Moi je connaissais le dessin animé préféré de Fiona, les Simpsons. Prsdt : On sait que vous êtes capables de scènes d'une violence extrême, soit contre les objets, soit contre les personnes. Pourquoi ça ne serait pas passé avec Fiona ? BM : Comment voulez-vous que je m'en prenne à une gamine adorable, raisonnable ? Prsdt : C'est une chose d'aimer les enfants, c'en est une autre de s'en occuper du matin au soir... BM : Je m'en occupais, plus que Cécile en tout cas. Elle, elle ne pensait qu'à se droguer, à regarder la télé ! Prsdt : Mais si vous n'avez pas exercé de violences sur Fiona, de quoi est-elle morte ? Que s'est-il passé ?! BM : La veille de la mort, j'ai demandé à Cécile de s'occuper des enfants. Là, elle est partie dans la chambre. J'ai entendu des bruits et des cris. Je suis allé voir. Elle a dit à Fiona: 'Jen ai ras-le-bol de toi !' J'ai vu les cheveux de Fiona qui partaient sur le côté. Je crois qu'elle a tapé le mur.. Fiona est allée au lit, et puis elle est revenue nous voir vers 23 heures pour nous faire un bisou. Elle a dit qu'elle avait mal au ventre. Elle était nauséeuse. Dans la nuit, on a entendu son lit grincer. Et puis plus rien. On s'est pas plus inquiétés que ça. Le lendemain matin, j'ai commencé à préparer le petit-déjeuner. Je vais dans la chambre de la petite. Et là, le cauchemar. Fiona était recroquevillée sur elle-même. Je lui disais "Réveille-toi, réveille-toi!' Elle avait un filet de bave à la bouche. Je touche son pouls, il n'y avait rien..
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Audition de Berkane Makhlouf Une photo de Fiona est diffusée sur l'écran géant de la salle d'audience. "C'est pour illustrer le feu d'artifice (de ses yeux bleus)", souligne le président Chalbos, qui lit quelques déclarations de codétenus de Berkane Makhlouf avant de commencer l'interrogatoire. Il y a quelques semaines, un autre codétenu s'est manifesté dans un courrier écrit au parquet de Villefranche-sur-Saône. Celui-ci soutient que Makhlouf s'est "confié à lui" sur les faits. Il y est question d'un "pacte" que l'accusé aurait conclu avec Cécile Bourgeon pour ne pas dévoiler l'emplacement de la sépulture improvisée de Fiona. Le déténu dans sa lettre : "Makhlouf m'a dit que Fiona avait été rouée de coups et que c'est lui qui a mis le dernier coup. La nuit, ils sont partis dans la forêt de Clermont pour enterrer le corps". Prsdt : M. Makhlouf, levez-vous s'il-vous-plaît. Le moment est venu de vous expliquer sur les faits qui vous sont reprochés. Expliquez-nous ce qui s'est passé. BM : Je suis écoeuré de ce qu'à dit Cécile hier, j'ai tout fait pour Cécile, elle m'avait dit je parlerai jamais. Ca fait sept ans que je me bats pour essayer de faire reconnaître une partie de mon innocence. Avant la garde à vue, Cécile m'a dit: 'J'espère que tu parleras jamais, parce que je ne parlerai pas'. Au début, c'est vrai, je me suis calqué sur ses déclarations. Elle n'a jamais pleuré pour la mort de Fiona. Le fait qu'elle me fasse passer pour un monstre, je suis écoeuré. Fiona, je l'aimais de tout mon cœur, je jouais avec elle. Je n'ai jamais frappé les enfants, jamais. Jamais elle jouait avec Fiona, Cécile. Moi je jouais au Mikado avec elle. Elle (CB) cherche à se dédouaner sur moi, elle veut me faire porter le chapeau. J'ai reconnu toutes mes violences sur mes ex. Pour le reste, je parle franchement, sincèrement. Je suis écœuré, je suis écoeuré.. L'accusé reconnaît des scènes de violences avec Cécile Bourgeon uniquement à partir du moment où le couple a déménagé à Perpignan : Mais c'était des bagarres ! Moi aussi elle me mettait des coups, mais je n'ai jamais fait constater mes blessures ! Elle joue les victimes mais ce n'est pas le genre de fille à se laisser faire.
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11 décembre Me Zoé Royaux pour Saïd Makhlouf La douleur et la souffrance des victimes est universelle. Elles attendent beaucoup de vous les victimes, les accusés aussi. (...) Votre décision n'apaisera pas la douleur, ne sèchera pas les larmes. Bien sûr nous n'avons pas les auteurs de ces crimes et ça c'est inacceptable pour les victimes car ces crimes ne peuvent pas rester impunis. Saïd Makhlouf est innocent et il ne doit pas payer pour les crimes des frères Kouachi et de Coulibaly. Claude Hermant vous dit que les armes d'Amedy Coulibaly ce sont bien les siennes, et il est a pris 8 ans ! Elle est formidable la justice du Nord ! Après 4 ans d'instruction, deux mois d'audience, on ne peut vous démontrer quel est le soutien logistique. Alors on propose et c'est une évidence. Mais vous savez il y a une différence entre les indices, les hypothèses et les preuves. L'accusation a été discrète et silencieuse à l'audience et je l'ai trouvée très prolixe dans ces réquisitions. Le parquet vient soutenir que Saïd Maklhouf a vu Coulibaly plusieurs fois jusqu'à quelques jours avant les attentats. Mais elles sont où les preuves de cela. Même les enquêteurs disent le contraire ! Makhlouf a vu une fois Coulibaly dans un restaurant chinois avenue Raspail à Gentilly par l'intermédiaire d'Amar Ramdani et une autre fois dans la rue où ils se sont serrés la main. Mais ils ne se sont pas vus régulièrement et ne se connaissaient pas.
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Désolée pour le retard, je ne m'y suis remise que cette nuit. La plume est bonne, la structure du bouquin c'est no fil rouge, donc un peu "désorientant". Je pense que j'ai affaire à une coquille d'escargot qui va se refermer sur elle-même à la fin pour tout éclairer. Je reviendrai quand j'aurais fini.
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Me Hugo Lévy pour Willy Prevost Les procès historiques sont les procès d'une histoire qui s'est faite. Dans le procès qui nous occupe les faits que vous jugez, s'ils ont eu lieu,n'ont pas épuisé tous les ressorts. Ce procès n'est pas historique il est dans le lit du torrent. Aucun de ceux qui sont ici n'a pris la décision de donner la mort, aucun de ceux qui sont ici n'a choisi de cible. Aucun d'eux n'a proclamé que la mort valait plus que la vie. Willy Prevost a versé des larmes pendant le proocès et après le réquisitoire. WIlly Prevost n'a ni haine ni rancoeur. Il attendait sa peine avec fatalisme, ce fatalisme décelé dans le rapport du QER. WIlly Prevost n'a souhaité la mort de personne. Coulibaly s'est servi de lui et l'a trahi. Prevost n'adhère à rien. L'islamisme ne lui parle pas. Il fume il boit des flashs. Il ne connait pas le mot antisémite. WIlly Prevost, où est chez lui la volonté d'en découdre avec l'ordre public ? Où a-t-il cherché à terroriser ? Suffirait-il d'avoir connu Coulibaly et d'avoir été son ami pour avoir voulu tuer des juifs et des policiers ? cela suffirait à faire d'une ville entière une assemblée de suspects ? Coulibaly, à tous ceux qu'il connaissait, il a mis un couteau dans le dos. Un témoin l'a dit ici, Max F. Avec le terrorisme, point de loyauté. La loi du quartier, elle aussi, se brise dans le terrorisme. C'est certain, Prevost a aidé l'instruction. Willy Prevost a fait le choix, au cours de cette instruction, de faire des déclarations de façon à faire progresser les investigations. C'est ainsi que dans le but de se démarquer des auteurs des faits, Willy Prevost a évoqué un transport d'armes en août 2014 en provenance de Charleroi pour le compte d'Amedy Coulibaly. On voudrait faire porter à Willy Prevost la responsabilité exclusive de ce qu'il n'a pas vu, et que la DGSI n'a pas vu ! Prevost n'a commis aucun crime ou aucun délit lors de ces actes préparatoires. Et c'est important du point de vue intentionnel. Il n'y a ni vol, pas d'escroquerie, pas de transports d'armes. Acheter des couteaux dans une armurerie, c'est autorisé, acheter une voiture sur Le bon coin, c'est autorisé, enlever un tracker c'est autorisé. Les agissements de Willy Prevost ne sont pas punissables. Pour les mêmes faits, l'avocate générale a requis 5 ans pour Christophe Raumel et 18 ans pour WIlly Prevost, 18 ANS ! Se contenter de la formule "il ne pouvait pas ne pas savoir que Coulibaly avait ce projet terroriste" serait une violation de la loi, vous le savez. Me Lévy, avocat de Willy Prevost rappelle qu'Amedy Coulibaly a frappé violemment Prevost dans un bois et décrit les blessures relevées sur la victime. Puis il commente :"Et on en fait un ami". A chaque fois c'est Coulibaly qui relance Prevost (...) Il évoque le témoin Max. F. qui lui aussi redoutait Coulibaly et qui avait fini par faire tout ce que Coulibaly lui avait demandé pour être tranquille. Pourquoi Prevost ne s'est pas présenté spontanément aux services de police. Cette question là il se la posera toute sa vie. Prevost regrettera tout au long de sa vie de ne pas être allé à la police. Compte tenu de ce qu'il savait qu'il avait fait, Willy Prevost ne s'est pas senti en danger vis-à-vis de l'accusation. Il n'a pas fui. Il est resté à Grigny avec toutes les preuves qui l'accablaient. Pourquoi Prevost était-il utile à Coulibaly ? Coulibaly est un organisateur expérimenté. Il savait que Prevost serait beaucoup plus discret (pour les achats notamment de couteaux, gilets...). Willy Prevost, ce n'est pas un frère d'armes, ce n'est un frère de religion. WIlly Prevost c'est le souffre-douleur sur lequel on peut écraser tous ses mégots. Prevost ne connaissait pas les projets de Coulibaly et il n'existe aucune preuve du contraire. L'accusation s'est demandé comment Prevost n'avait pas vu voir la radicalisation de Coulibaly ? Mais dans l'univers de Grigny, qu'est ce qu'un signe tangible de radicalisation ? WIlly Prevost aurait du voir ce que la DGSI n'a pas vu. L'enquêteur venu ici a parlé de 'trous dans la raquette". Et pour la même erreur Willy Prevost devrait lui être condamné à 18 ans de prison ! La réputation djihadiste de Coulibaly ne franchit pas Grigny selon l'accusation. Raumel n'est pas de Grigny donc il ne connait pas la radicalisation de Coulibaly. 5 ans requis. Prevost est de Grigny : 18 ans requis ! Concernant la radicalisation de WIlly Prevost. A défaut de pouvoir établir qu'il était radicalisé, ce qu'ont exclu la juge et le rapport du Qer, l'accusation dit qu'il est rigoriste. Willy Prevost ne mange plus de porc depuis qu'il a 14 ans. On ne passe pas à 'on ne mange plus de porc' pour faire comme ses copains à 'on ne mange plus de porc' pour commettre des attentats terroristes. Cette thèse d'amitié entre Prevost et Coulibaly commence à la foret de la sapinière où Prevost est tabassé par Coulibaly et finit au centre hospitalier avec des blessures terribles. et 4 ans après ce passage à tabac, Coulibaly et Prevost sont meilleurs amis du monde à tel point que Prevost adhère au projet terroriste ?? On vous a construit une image de WIlly Prevost qui n'est pas conforme à la réalité, fait à partir de préjugés... Vous ne pourrez pas juger Willy Prevost sans évaluer au plus près la distance qui le sépare des auteurs de ces actes terroristes,la distance qui le sépare de cette idéologie mortifère,de la vanité de ceux qui se croient juste au-dessous du prophète. Prevost n'a pas été dans la planque de Gentilly (...) Rien ne rattache Prevost à la volonté de médiatiser ces attentats. Comment peut-on soutenir que WIlly Prevost est dans le 'haut du spectre de l'association de malfaiteurs terroriste 'alors qu'il est en détention normale ? S'il est dans le 'haut du spectre', alors je m'inquiète. Je vous demande l'espoir d'une véritable reconstruction, un moyen de tourner la page pour Willy Prevost. Pour les victimes, pour la société, il faut que Willy Prevost puisse admettre et comprendre le sens de la peine. Sanctionner l'erreur commise mais laissez à Prevost la possibilité d'aimer la vie.
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A la reprise d'audience, le président prend la parole : Des conclusions ont été déposées. Je souhaiterais qu'il y ait un débat. C'est la cour qui par un arrêt contentieux statuera si ces questions doivent être posées. La Licra et différentes parties ont demandé que pour les faits de séquestration, ils soient requalifiés en tentative d'assassinat en raison de l'appartenance de la victime à une religion déterminée. j'estime que cette question pose difficulté sur un plan juridique et qu'il doit y avoir un débat pour voir si cette question est posée en question subsidiaire. Me Klugman : Lors de votre audience, plusieurs otages de l'Hyper Cacher ont déposé, et il nous est apparu clairement que les personnes qui ont été retenues sous le joug de Coulibaly pendant plus de 4h l'ont été parce qu'elles étaient de confession juive. Lorsque Coulibaly se rend armé dans l'Hyper Cacher, lorsqu'il tue dès qu'il rentre dans le magasin, lorsqu'il a 20 bâtons de dynamite avec lui, est-ce une séquestration ?? Il ne nous semble pas M. le président que ce soit un fait nouveau que je soulève, c'est un fait auquel je veux que soit portée la qualification juridique exacte. (...) La qualification juridique de départ est tronquée. Nous avons un intérêt. Et cet intérêt c'est quand même quelque chose quand on y a survécu. Puisqu'on ne peut pas comprendre par le criminel, c'est au juge de le dire. Nous avons eu le sentiment que le ministère public n'avait retenu que son rôle d'accusation. Je pensais que l'avocat général était celui de la société. Le parquet nous a manqué et en nous manquant, il a peut-être manqué une pièce essentielle de ce procès. J'ai pris dans ce manquement une sorte de mépris de justice. Vous la retiendrez cette question on vous ne la retiendrez pas. Nous ne cherchons pas ici à tordre le droit, nous cherchons l'exactitude. Me Scemama (pour la Licra) : Il n'y a aucun fait nouveau, distinct ou de celui qu'a porté l'accusation. Il n'y a aucune volonté de tordre le droit mais de redonner à ces faits leur juste qualification. Cette requalification permettrait d'ajouter la qualification antisémite (...) Nous regrettons de ne pas avoir été épaulés par le ministère public sur ce point. La Licra oeuvre jour après jour dans tous les prétoires de France pour porter la voix de ceux qui sont victimes d'actes racistes ou antisémites. Dans ce procès dit historique, la Licra regrette que l'accusation n'ait pas apporté son oeuvre à cette question, même pour la rejeter. C'est cette déception que je voulais communiquer au nom de la Licra. En retenant la simple question de la séquestration, il y aurait une grande déception et frustration des victimes et de ceux qui les représentent. Me Elie Korchia (avocat des caissières de l'Hyper Cacher, notamment Zarie Sibony) revient sur les circonstances de l'assassinat de Philippe Braham, tué après avoir donné à Coulibaly son nom de famille : Concernant Zarie SIbony, la tentative d'assassinat était liée au fait qu'elle était juive"(Coulibaly lui a dit :'t'es pas encore morte toi' puis il a dit aux otages "Vous êtes ce que je déteste le plus: 'vous êtes Français et vous êtes Juifs'." AG (Me Bourlès) : on considère que juridiquement ça tient pas. On vous l'a dit ! Alors qu'on vienne dire aujourd'hui qu'on n'a pas été soutenu par le parquet antiterroriste !! on vous l'a dit, la seule question qui mérite que l'on s'interroge, c'est Zarie Sibony, la balle tirée par Coulibaly passe juste à côté d'elle et se loge dans la caisse et lui dit :"t'es pas encore morte toi ". Me Akorri, avocate de la défense : Donc on est en train de nous expliquer que toute prise d'otages est une tentative d'assassinat. Dans ce cas requalifions toutes les prises d'otages qui ont existé dans l'Histoire de la France ! Me Coutant-Peyre: les parties civiles ont décidé de perturber les plaidoiries de la défense. C'est une ingérence (...) Il ne s'est rien passé de plus à l'audience. Ca ne vient pas des débats ! Le président : l'arrêt sera rendu au moment de la lecture des questions.
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Parole à Me Portejoie (Renaud, Gilles-Jean est absent) - Je vous avais prévenue que ce serait compliqué, long. Mais toutes ces questions sont bien normales. Vous avez menti à la France entière. vous comprenez que l'on vous pose ces questions ? CB : Oui Me Portejoie : Pourquoi décidez-vous, à un moment donné (lors de la garde à vue) de dire que vous avez menti ? CB : Si j ai parlé c'est que je voulais protéger mes autres enfants, ils étaient en danger ! Peut-être qu'aujourd'hui, l'un et l'autre vont bien. - Vous avez aussi fait des recherches "femmes battues" ? - Oui c est vrai. Me Portejoie: Etiez-vous à la fois éperdument amoureuse et victime de violences ? - Oui. - Le médecin qui vous ausculte en garde à vue remarque plusieurs lésions et établit au moins trois scènes de violences sur les dix jours précédents. Eva aussi est en danger, et vous ne faites rien. Et lors d'une confrontation, devant le juge d'instruction, vous tombez dans ses bras. Vous comprenez les questions ? CB : Je l'aimais malgré tout. Me Portejoie : Lors de nos échanges, je vous ai moi-même dit plusieurs fois qu'un procès sans corps, c'est catastrophique. Que le vide alimente le fantasme. Ca fait 7 ans que je vous exhorte à dire où est Fiona. Pour elle, comme pour vous. Cécile Bourgeon: Oui, c'est vrai. Mais je n'y suis jamais arrivée. - Vous avez répondu aux questions pendant des heures, donnant l'impression de soupeser chaque mot. On ne sent pas de réponses spontanées. Je ne sais pas si vous sentez l'image que vous renvoyez... R Portejoie demande à CB de parler de Fiona. D'évoquer ses souvenirs.... CB : Je peux parler un peu de Fiona, bien sûr. Quand elle est née et qu'ils me l'ont mise dans les bras, elle était toute belle, toute mignonne. Elle venait toujours vers moi en me disant "Tu sais maman, je t'aime. Tu es ma copine ?" Mais je n'ai pas réussi à la protéger. (elle sanglote) Renaud Portejoie: Est-ce que vous l'avez frappée ? - Non.
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AG : On essaie d'établir la vérité car elle nous intéresse, au-delà des poursuites.. Le magistrat interroge CB sur sa "passivité" alléguée lors des violences commises par BM. Et y oppose le maquillage des traces, les absences de Fiona à l'école etc : C'était plutôt actif comme attitude, non ? Le ministère public tente de démontrer, pas à pas, qu'il y aurait bien eu une "coaction" entre les deux accusés, et non une simple emprise de l'un sur l'autre."Le 12 mai, vous êtes active, et même super-active !" Sur l'attachement revendiqué de Cécile Bourgeon à ses enfants : il y a aussi des petites choses qui dérangent.. Il rappelle par exemple que la jeune femme consommait des quantités importantes de drogue -et notamment de l'héroïne- pendant sa grossesse de début 2013. AG : Vous avez eu des alertes, votre conscience n'était pas dans l'obscurité la plus totale. Alors, cette amnésie ? Vous avez la mémoire de tout, absolument tout, sauf la localisation du lieu d'enterrement. CB : j'ai toujours dit ce que je pouvais, je vous assure que ce que je dis c est vrai ! AG : Ce qui étonne, c'est la précision de tout ce que vous faites, de tout ce que vous dites, sauf sur ce point qu'une mère ne peut pas oublier ! (c'est bon c'es plié Joël Sollier va requérir 20 ans, sûr) Parole à Jean Félix Luciani, avocat de Berkane Makhlouf. Il a plusieurs questions à poser à C Bourgeon. Il est vrai que son client se fait "torpiller" depuis le début. Me Luciani: Vous êtes née à Clermont vous y avez toujours vécu. Vous partez un dimanche avec le corps de Fiona C'est vous qui conduisez, dans un secteur que tous les Clermontois connaissent, et vous ne savez pas où vous allez ? CB : Oui. C'est la vérité. Me Luciani : C'est votre vérité, et je vais la démonter. Parce que moi, j'ai un homme à défendre, madame. CB : Votre client, s'il a fait des dégâts à ma fille et à ma famille, j'y suis pour rien. Berkane m'incitait à frapper Fiona ! Me L. : Pas un seul des témoins n'a dit ça Madame ! Pourquoi il s en prenait à Fiona ? CB : Dehors très gentil... A la maison, dans un huis clos fermé vous ne savez pas ce qu il se passe.. Me Luciani égrène tous les témoignages rapportés lors de l'audience, qui concordent sur le fait que son client "adorait les enfants". Il relève aussi qu'aucune trace de violence n'a jamais été remarquée sur Fiona. Me Luciani : Personne n'a rien constaté, personne ! Il y a dans ce dossier une vérité qui a été trop vite établie ! CB : C'est parce qu'à ces moments-là, il n'y avait strictement rien à voir. Cela serait fini en drame familial, si ça avait continué à Perpignan. Me Luciani : Vous parlez des violences de Berkane sur Fiona lors de votre 5e interrogatoire de garde à vue, pas une seule fois avant. On est loin du déchaînement que vous allez décrire par la suite. Une explication ? CB : Ca doit être ça, si je l'ai dit. Me Luciani : Sur la scène du "punching ball", qui serait survenue un mois avant le décès et se serait répétée deux ou trois fois. Comment se fait-il que personne n'a jamais rien repéré, juste une fois ? CB : Mais parce qu'on restait enfermés dans la maison ! Une fois, on n'est pas sortis pendant deux semaines, vous ne me ferez pas dire autre chose.
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Me Portal : Si on en croit la téléphonie, vous étiez en pleine possession de vos moyens ce dimanche matin là, qu-en pensez vous ? - Je ne sais pas quoi vous dire.. Me Portal souligne que les téléphones du duo Bourgeon -Makhlouf ont été "simultanément éteints et coupés le dimanche 13 au matin : C'est forcément plus compliqué de savoir où vous êtes, où vous allez... C'est une simple coïncidence ? CB : Je vois ce que vous voulez dire. - On n'a pas l'impression que vous êtes en sidération ce matin-là, mais plutôt en pleine maîtrise de ce qui se passe. - Je ne sais pas vous dire. Si le téléphone est éteint, c'est qu'il est éteint. Me Portal évoque une scène rapportée par Cécile Bourgeon pendant l'instruction, dans laquelle Berkane Makhlouf aurait frappé Fiona "comme un punching-ball", un mois avant le décès de l'enfant. CB : C'est le mot que j'ai pu dire, oui. Mais je ne me souviens plus. Me Crespin, toujours pour les parties civiles, debout face à Cécile Bourgeon: J'ai l'impression que vous n'avez pas tout dit, que vous avez encore des choses à dire. Est-ce que je me trompe ? - Je peux dire que ce que je vous confirme. J'ai tout dit ce que j'ai à dire. On essaie de montrer qu'on ne l'a pas enterrée, mais c'est la vérité. Je suis vraiment désolée pour ma fille, de ne pas avoir su la protéger. Je regrette tout ça du plus profond de mon coeur. Avant cette relation-là (avec Makhlouf), je donnais tous les soins à mes enfants, je les protégeais. Après, j'avais peur. Me Costantino : J'en aurais tellement des questions à vous poser. J'avais la naïveté de penser que je rentrerai ce soir avec les idées claires sur votre version du moment. Mais même sur ce point, je repars avec des questions.. A vous entendre, tous les coups portés seraient le fait de Berkane Makhlouf ? - Oui. - Ne croyez vous pas que votre regret devrait être d' avoir permis à Monsieur Makhlouf de frapper Fiona jusqu'à ce que mort s en suive ? - Vous avez raison ! - Les violences ont commencé un mois plus tôt, c'est bien ce que vous dites ? - Oui - Vous parlez d'un "boum" entendu une semaine avant le décès de Fiona. - Si je l'ai dit en 2013 devant le juge, oui.
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Me Canis, pour les parties civiles, revient sur la "fausse disparition" dans les allées du parc Montjuzet et remet en doute la supposée emprise qu'exerçait Makhlouf. "A cette époque, relève l'avocat, vous avez rencontré des avocats, des magistrats, des enquêteurs, seule. Tous étaient bienveillants envers vous. Ils vous tendent la main et pourtant vous ne la prenez jamais. Pourquoi vous ne parlez pas si vous n'avez pas grand chose à vous reprocher? Ou alors, c'est que vous avez un autre rôle... Me Fribourg, sur les raisons de la mort de Fiona: On essaie d'obtenir des réponses depuis quatre procès, mais c'est chaque fois la même chose, la même déception ! Pour une fois Madame Bourgeon, arrêtez de nous servir ces histoires ! Pour la dernière fois, est-ce que vous pouvez nous dire la vérité ? L'enterrement à Aydat, c'est une farce. Tout ceci n'est qu'invention ! CB : Maitre Fribourg, je comprends ce que vous dites, mais je vous assure que c'est autour du lac d'Aydat.. Me Fribourg : Vous ne vous rendez pas service, Mme Bourgeon. C'est un nouveau mensonge, une nouvelle manipulation. Me Lebert réclame elle aussi la vérité.. On a compris que c'est la dernière chance là.. Le président s'énerve. A CB : Faites un effort ! Me Lebert : C'est quoi la dernière image vivante que vous avez de Fiona ? CB : C'est quand elle était en train de vomir Anne-Laure Lebert continue son travail de sape, mais peine à avancer, les fondations sont très solides. CB est rompue à l'exercice.. Le ton monte. - Qui a nettoyé le vomi ? CB : C'est moi. - Pourquoi trouve-t-on ensuite son lit refait avec une couette de taille adulte, sans oreiller, avec un pyjama non déplié qui ne comporte pas non plus l'ADN ? Qui a refait cette literie ? - Je viens de vous le dire, c'est moi ! AL Lebert revient sur le trajet emprunté pour l'enterrement présumé : Ce trajet ne nous parait pas émaner de la part de quelqu'un de désorienté.. CB s'agace, à Portejoie : Elle m'énerve ! Me Lebert interroge l'accusée sur la description qu'elle a fait du trajet supposé jusqu''à Aydat. Elle lit les déclarations précises de Cécile Bourgeon en garde à vue. Il est question d'une route qui monte, de graviers, d'une pelle trouvée au sol, d'une maison à droite, d'un champ de vache, de l'orée d'un bois, etc. Me Lebert : est-ce exact ou s'agit-il d'une invention ? CB : Je me suis mis une pression pas possible pour donner les indications les plus exactes. Ce ne sont pas des informations fausses, ce sont des choses vraies, pas inventées ! Portejoie : Calmez-vous.. CB : Non mais ELLE M'ENERVE LA !! AL Lebert évoque la laiterie de Gerzat "un site industriel qui comporte des conteneurs (poubelles))". Le tél de Bourgeon borne là-bas. Il s'agit d'une hypothèse du lieu où a pu être déposé le corps de Fiona. CB : C'est n'importe quoi ! ALL : Je vous rappelle que vous connaissez les lieux. Vous avez travaillé dans cet usine et cette usine a des conteneurs.. CB : Vous êtes en train de dire n'importe quoi. C'est complètement fou ce que vous dites ! Votre déduction est fausse, c'est tout !
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Prsdt : Il y a un élément nouveau dans ce procès, c'est que vous comparaissez libre. A peine sortie de prison, vous êtes allée sur un site de rencontre, vous êtes tombée enceinte et vous vous êtes mariée. Pourquoi vous êtes-vous engagée de cette façon, sachant que vous deviez être rejugée ? CB : Je sais pas... Mon mari, il m'apporte tout ce dont j'ai besoin. Il m'aide chaque jour. Il me tire toujours vers le haut. - C'est un besoin d'avoir quelqu'un dans votre vie à tout prix ? - Un besoin, je sais pas. Le président a fini. Les questions. Cécile Bourgeon répond à l'une d'entre elles : A Perpignan, j'ai voulu partir (quitter Berkane) mais je n'y suis pas parvenue, c'était à un moment où il voulait tous nous tuer ! Assesseur : Pourquoi Berkane Maklhouf frappe Fiona ? - Même moi je n'ai pas la réponse. Une contrariété sûrement, un pétage de plombs. Il n'y a pas vraiment de raisons en fait. Il faisait des crises, oui ! - Est-ce que Berkane Makhlouf a tué Fiona ? - Je ne peux pas vous le dire, je ne sais pas. - Le matin où Fiona est décédée, est-ce que vous rentrez dans la chambre ? - Je suis restée à l'entrée je crois. Mais je l'ai vue, oui. - Il y avait de la lumière alors ? (sachant que l'ampoule de la chambre de l'enfant était cassée) - Votre thèse, c'est que Fiona a été tuée par Berkane Makhlouf ? - Je ne peux pas dire qu'il a tué Fiona. Je sais qu'il l'a tapée, oui, mais je ne suis pas sûre à 100%. Je ne l'ai jamais dit jusque-là, mais je dois de profondes excuses à Fiona. Elle ne méritait pas ça. Elle avait la vie devant elle. Je m'excuse aussi devant M. Chafoulais. De ne pas avoir su protéger sa fille.
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PRsdt : Si c'est Berkane qui a donné les coups à votre fille pourquoi vous continuez à vivre avec lui ? - Parce que ma vie est foutue à ce moment-là. Prsdt : Un esprit mal tourné peut penser que vous aviez intérêt à ce qu'on ne retrouve pas le corps de Fiona, au départ, afin d'empêcher des constatations médico-légales. CB : .... Prsdt : Sept ans et demi plus tard, seules des traces de fractures pourraient encore être relevées sur le cadavre. N'est-ce pas de nature à nous dire maintenant où elle est ? CB : ... Prsdt : Vous êtes sûre que Fiona est décédé dans la nuit du samedi au dimanche ? - Oui - Alors pourquoi cette visite chez le docteur, le vendredi matin pour demander un certificat d'absence d'une durée de 21 jours, que personne ne vous réclamait ? Fiona était encore vivante à ce moment-là ? - Oui. - Pourquoi était-elle absente chez le médecin alors ? C'est parce qu'elle présentait des marques ? - Oui c'est ça. Prsdt : Si vous ne commettez aucune violence, que vous êtes sous emprise, comment expliquez-vous que vous vous associez à ce qu'il s'est passé ensuite, à savoir le transport et l'enterrement ? - C'est pas possible d'expliquer, de verbaliser. Personne ne peut comprendre de toute façon - Est-ce exact, comme vous l'aviez dit à l'époque, que Fiona se faisait vomir pour vous imiter ? - Non, c'est faux. Le président égrène une à une les innombrables contradictions dans les déclarations antérieures de Cécile Bourgeon. Il n'élève jamais la voix, déroule l'interrogatoire de façon quasi-robotique. mardi ou mercredi.
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Le magistrat revient sur l'avis de recherche des deux enfants disparus dans un parc de Marseille, exhumé par l'expert informatique entendu hier, et consulté sur l'ordinateur de Cécile Bourgeon le soir du 11 mai 2013. CB : Je ne me souviens pas comment c'est arrivé là. Sur Facebook, vous avez des tas de partages d'informations. (BEN VOYONS ! P! mais j'en peux plus de cette gonzesse !! Elle s'adapte, elle s'adapte !! On croit qu'elle dort dans son box, mais PAS DU TOUT, elle est très attentive au contraire !) Prsdt : La similitude des scénarios est quand même troublante. On est la veille du jour où vous dites avoir enterré Fiona CB : Comme je vous ai dit, j'étais tout le temps sur Fb à l'époque. Ca a pu se mettre là. - Sans recherche de votre part ? Quel hasard malencontreux dans ce cas ! Non mais il n'y pas un millier de disparitions d'enfants dans les mêmes circonstances que ce qui s'est passé le lendemain ! Le président insiste et l’avocat de CB. conteste, rien ne prouve qu’elle a cliqué. Visiblement les explications de l’expert informatique n’ont pas été comprises de la même manière par tout le monde. Il sera de nouveau interrogé précise le président (ça, clairement ça veut dire : toi, tu te tais) Prsdt : Concernant les effets personnels de Fiona, rien n'a été déménagé à Perpignan et rien n'a été retrouvé dans votre appartement de Clermont. Il n'y avait absolument rien en sa mémoire ? CB : J'aurais aimé, mais je ne savais même pas si j'avais des photos d'elle Je rêve.. Le président continue son interrogatoire sur les événements du samedi 11 mai. Cécile Bourgeon évoque la drogue, sa consommation, et notamment ce samedi 11 mai. La cour revient aux aveux de Cécile Bourgeon lors de sa garde à vue, à Perpignan. Le président reprend le déroulé des dernières heures avant la mort de Fiona. L'accusée a des souvenirs fluctuants, imprécis. Dans la soirée du samedi 11 mai, son téléphone borne à Chamalières. Elle a un contact par texto avec son dealer. Prsdt : Vous dites que votre concubin a frappé Fiona juste avant, et vous sortez sans vous inquiéter ? CB : J'étais un peu inquiète, oui, mais il fallait que je sorte prendre des stupéfiants. Prsdt : Comment avez-vous constaté le décès de votre fille dans son lit, le matin du 12 mai ? CB : Je l'ai pas vraiment constaté. C'était le choc. La sidération. J'ai voulu appeler les pompiers..mais Berkane est venu vers moi. Il avait peur d'aller en prison, que les enfants soient placés... - Donc vous avez renoncé ? - Oui. L'accusée confirme que son concubin a "lavé Fiona dans la baignoire" de l'appartement. CB : Moi, je devais être avec sa petite sœur.. - C'est donc celui qui est son beau-père, depuis très peu de temps d'ailleurs, qui s'en occupe ? Ca peut surprendre, non ? Vous trouvez votre fille morte au petit matin et vous ne la touchez pas, vous ne la prenez pas dans vos bras, vous ne faites rien ? CB : C'était trop compliqué. Toujours selon Cécile Bourgeon, le choix d'enterrer le corps de la fillette a été impulsé par son compagnon. Prsdt : Vous confirmez que Fiona est nue et que vous la mettez dans un sac de voyage ? - Oui.. Prsdt : Si vous êtes sidérée, comment faites-vous pour prendre le volant et partir vers Aydat ? - C'était vraiment au petit bonheur la chance... Il n'y avait pas de direction, rien. (WTF ? Seriously ? Au p'tit bonheur la chance ??) Prsddt : Vous partez faire un enterrement sans savoir où et sans outils ? - Oui, je vous assure que c'est ça. Le président évoque un trou de 50 cm de profondeur, creusé avec une pelle en 10 minutes selon les déclarations de l'accusée. Le président fait part de ses doutes. "Tous ceux qui ont fait un peu de jardinage savent que c'est compliqué !" Prsdt : En général, il faut une pioche pour faire un tel trou. Et ça prend plus de dix minutes, contrairement à ce que vous dites... CB : Moi, c'est ce que j'ai estimé. Prsdt : D'autant que la pelle se serait cassée... Il n'avait aucune force ! On a du mal à comprendre. Pourquoi l'avoir sortie du sac pour l'enterrer ? - Je sais pas.. - Vous êtes sa mère. Vous auriez pu improviser une sépulture pour qu'il y ait un minium de décence. Mais là, vous l'enterrez comme un animal ! - Je sais pas (elle se remet à pleurer) C'aurait été mieux que quelqu'un nous voie.. Cécile Bourgeon assure qu'elle était "certaine, au début, de pouvoir retrouver le corps de Fiona". Elle confirme le scénario de l'enterrement et réfute les autres pistes que lui soumet le président : le cadavre jeté dans un container, brûlé ou noyé. Le président ne comprend pas non plus comment le corps sans vie de l'enfant (Fiona mesurait alors 1m15) a pu être placé dans un simple "sac de voyage". Sac dont les protagonistes se seraient ensuite débarrassés et qui n'a jamais été retrouvé. CB : Pourtant c'est bien ça.. Les allers-retours se poursuivent. On revient sur les scènes de violences que Cécile Bourgeon impute à Berkane Makhlouf. Elle ne dit rien spontanément, se contente de réagir aux éléments que lui soumet le président. Prsdt : Vous n'aviez pas des raisons de craindre pour la santé, pour la sécurité de votre fille ? CB : Jamais je me suis imaginée qu'elle pouvait mourir un jour. Je me suis toujours mis des œillères, en minimisant les choses. J'ai rien fait, si vous voulez savoir. Quand vous êtes dans une spirale comme ça, pour réagir, Prsdt qui la coupe: D'autant que BM vous frappait vous aussi, selon vos déclarations, même quand vous étiez enceinte ? CB reparle de l'emprise qu'aurait exercé son concubin sur elle : Les femmes battues, c'est toujours comme ça. J'étais seule, j'étais enceinte en plus.. Prsdt : Mais où est l'emprise quand vous êtes au parc Montjuzet et que vous inventez toute cette histoire ? CB : Le soir, je rentre où ? Je rentre chez moi...
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Prsdt : Madame Bourgeon levez-vous, le moment est venu de vous expliquer sur les faits qui vous sont reprochés. Alors faites un effort, parlez distinctement. Dites-nous ce qui s'est passé, ce que vous avez fait ou pas. (boum !) CB : Avant les dernières vacances Fiona a manqué l'école, son beau-père l'avait tapée. Je l'avais soignée... Ensuite Fiona allait bien et puis son beau-père l'avait retapé au même endroit. Fiona devait être fatiguée à ce moment-là. Dans la nuit du samedi au dimanche (11 mai), c'est ce soir là où ...elle a eu des vomissements. Je ne sais pas qui était là, moi ou son beau-père. Elle est retournée dans sa chambre, le lendemain matin elle était décédée. (elle pleure) Prsdt : Quelles violences a-t-elle subi ? CB poursuit son récit de façon chaotique, et ne répond pas : J'avais besoin de rassurer Fiona que son père l'aimait. Fiona et Eva, elles étaient inséparables.. Prsdt : Vous ne répondez pas à ma question ! CB : Elle a pris un coup à la tête. Il était incontrôlable en fait.. Je pense qu'il lui a mis un coup au niveau de la tempe. Prsdt : C'était dû à quoi ? CB : le manque de drogue je ne pense pas Prsdt : Vous avez assisté à quoi exactement ? CB : Le coup de genou à l'abdomen dans le salon. En fait les explications de Cécile Bourgeon sont floues : En fait une pression forte sur le thorax de Fiona, ça n'entraine pas de lésions visibles... Le discours de l'accusée semble moins sûr... - Elle a pris un coup de genou à l'abdomen Prsdt : Et ça, ça intervient quand ? - Je ne sais pas - C'était peu de temps avant le 12 mai ? - ... Ouais. C'était dans le salon, sur le canapé bordeaux. Il a refait exactement pareil à Perpignan sur la petite soeur de Fiona. Après, Makhlouf s'est mis à pleurer. Dans la foulée, Fiona a exprimé de la peur. Prsdt : Mais vous l'avez dit ce coup de genou avant ? - Bah oui, je l'ai dit sachant qu'il a fait, plus tard, la même chose sur E., la petite sœur. Je me souviens du coup sur le canapé bordeaux. Je dis la vérité. - Vous avez changé tellement de fois de version des faits ! Y-a-t-il eu d'autres épisodes de violences ? - Après, je ne vais pas vous inventer d'histoires... Le magistrat soupire profondément. Il reprend le contenu des différentes déclarations de Cécile Bourgeon pendant l'instruction. Sur question, CB parle d'un hématome au niveau de l'oeil : Je pense qu'il (Makhlouf) lui a mis un coup au niveau de la tempe, mais je ne l'ai pas vu. Questionnée sur le coup de genou en question : Il avait mis son genou comme ça sur son thorax. - C'est pas un coup ça alors, c'est une pression. Me Portejoie s'agace : Répondez aux questions, elles sont simples, dites les choses ! Le président évoque le bandeau jaune que portait Fiona les 7 et 8 mai 2013. CB : C'était pour cacher un coup, oui. J'ai masqué la trace avec du fond de teint pour qu'on aille en ville. Elle était bien fatiguée. La pauvre, quand même, elle devait pas être au meilleur... Elle était dans un sale état à cause de son bleu...Je n'ai jamais maltraité mes enfants, Fiona et sa petite soeur. Prsdt : Il y a des éléments dont vous ne parlez pas et qui sont dans le dossier - Je ne me rappelle plus, j'ai dit quoi déjà ? Prsdt : Finalement Berkane Makhlouf aurait été violent à trois reprises ? - Oui je pense.. Prsdt : Pourquoi n'avez-vous pas appelé le médecin ? - Par honte, par peur.. Prsdt : Parce-qu'elle était amochée, pas présentable ? - Oui. Prsdt : Donc à vous entendre aujourd'hui, Berkane Makhlouf a été violent à trois repries avec Fiona ? CB : Oui. Je vous parle des principales. Prsdt : Avez-vous été vous même violente avec Fiona ? - Non je n’ai jamais maltraité mes enfants. Le président revient sur la disparition supposée de Fiona et la mise en scène qui a suivi. Prsdt : pourquoi n'avoir pas répondu à votre mère quand elle cherchait à la joindre au moment de la disparition de Fiona ? Vous aviez quelques chose à cacher ? Cécile Bourgeon assure qu’à ce moment-là elle était trop droguée. Prsdt : Ce n’est pas ce que nous ont décrit les témoins ! - Mais pourquoi j'vous mentirais ?! - Parce-que vous avez déjà tellement menti ! Prsdt : Comment avez-vous eu le cran de donner le change aux médias, aux enquêteurs, à vos avocats, pendant tout ce temps ? CB : Je sais pas. C'est totalement dégoûtant.
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Une ATSEM Dès son arrivée à la barre, elle se met à pleurer... Prsdt, bienveillant : Reprenez votre souffle.. Le témoin a travaillé 3 ans au contact de FIona. Témoin : Elle était une petite fille comme les autres, elle était gentille. Le mardi 7 mai au soir, l'une de mes collègues m'a interpellée en me disant que Fiona n'était pas bien. Elle avait le teint blanc, avec des cernes. Pas de fièvre, pas de douleur. On s'est dit qu'elle devait être fatiguée. Prsdt : Vous l'aviez déjà vue dans cet état ? - Non.. Sur questions : Elle parlait bien, n'était pas du tout timide. Quand ses parents se sont séparés (Cécile Bourgeon et Nicolas Chafoulais,), on a senti que ça lui avait fait mal au coeur. Le témoin se souvient que Fiona se jetait souvent dans les bras de Berkane Makhlouf à la sortie de l'école : Elle l'aimait bien, tout se passait bien avec lui. Elle n'a jamais remarqué de problèmes. Quand Makhlouf venait la chercher à l'école, Fiona "lui sautait au cou". Elle n'a jamais vu de traces de coups sur l'enfant "mais en même temps, je ne la déshabillais pas". Pas de traces visibles au visage non plus. Il n'y a que le lundi 7 mai, qu'elle a remarqué que Fiona n'avait pas l'air dans son assiette. "Quand on lui demandait si ça allait, elle répondait oui alors qu'on voyait qu'elle n'était pas en forme. Elle confirme d'une voix pleine de chagrin que l'enfant avait "un teint gris" et "des cernes". C'était le 7 mai, dernier jour où Fiona s'est présentée à l'école. Elle "n'a pas remarqué de traces sur son visage et n'avait pas de bandeau". La démonstration est faite que ce jour-là, Fiona "n'était pas Fiona". Me Canis : Quand vous lui avez demandé si elle allait bien, elle est restée silencieuse. C'est ça le contraste. Cela n'allait pas avec sa volubilité habituelle... Le président lit des dépositions d'encadrants de Fiona à l'école. Mêmes versions. Fiona pleine de vie, sociable, ne s'est jamais plainte de mauvais traitements. On entend maintenant une enseignante-directrice d'école à Perpignan Elle n’a connu C. Bourgeon et B. Makhlouf qu’après les faits quand le couple est parti s’installer à Perpignan. Le couple était venu inscrire E. la petite sœur de Fiona. "J'ai accueilli cette famille pour faire l'inscription de la petite sœur de Fiona, explique le témoin. Ils étaient inquiets de venir dans mon école, craignaient des problèmes de violences. Je les ai rassurés. Ils sont ensuite venus tous les deux à une réunion de parents d'élèves, fin septembre. C'est M. Maklhouf qui parlait plus que la maman. Nous n'étions pas au courant de la situation de la famille. Le prénom de Fiona apparaissait même dans la case 'fratrie' de la fiche de renseignements. Très vite, les absences se sont multipliées. La petite fille de 3 ans "pleurnichait" régulièrement, ne parlait pas, fuyait les autres enfants. Elle se calmait en prenant une poupée dans les bras et en la berçant. E. pleurait beaucoup. Ce qui en soi ne m'a pas plus surpris car on était en petite section de maternelle. Mais après, mes collègues m'ont dit que ces pleurs ne relevaient pas de la grosse crise.. Je n'ai pas constaté de traces de coups ou de blessures sur la soeur de Fiona. Monsieur Makhlouf s'était proposé pour être parent délégué, ce qui est très rare. Ca nous a surpris, parce qu'on manquait toujours de volontaires et qu'on n'avait jamais eu de papa élu. Avant de questionner CB, le président veut que la cour visionne une douzaines de photos de Fiona...
