Classement des molécules, peptides et substances selon leur masse, concentration et accès au cerveau
Cette classification constitue une première base de travail pour la Théorie de l'Hélice Cérébrale et son extension vers une approche pharmacologique.
La masse moléculaire, exprimée en daltons (Da), caractérise une molécule. Mais elle ne suffit pas à déterminer son effet biologique.
Une même molécule peut avoir des effets très différents selon :
• sa concentration dans le sang ;
• sa concentration dans les tissus ;
• sa localisation ;
• sa durée de présence ;
• son mode de transport ;
• sa capacité à franchir la barrière hémato-encéphalique (BHE) ;
• sa concentration effectivement atteinte dans le cerveau ;
• ses interactions avec les récepteurs, enzymes ou transporteurs.
On peut donc distinguer :
Masse moléculaire → concentration → disponibilité biologique → transport → BHE → concentration cérébrale → interaction → effet.
───
I. Molécules et substances classées par masse
#
Molécule / substance
Masse moléculaire
Où la trouve-t-on ?
Accès au cerveau
1
Eau
18,02 Da
Eau, fruits, légumes, soupes, boissons
Oui
2
O₂
32,00 Da
Air ; dissous dans les liquides biologiques
Oui, diffusion
3
CO₂
44,01 Da
Produit du métabolisme ; air expiré ; boissons gazeuses ; fermentation
Oui, diffusion
4
Éthanol
46,07 Da
Boissons alcoolisées ; fermentation
Oui
5
Acétone
58,08 Da
Produit du métabolisme des corps cétoniques
Oui
6
Glycine
75,07 Da
Protéines alimentaires ; organisme
Passage cérébral régulé
7
Alanine
89,09 Da
Protéines alimentaires ; métabolisme
Transport régulé
8
Pyruvate
88,06 Da
Métabolisme du glucose
Oui, notamment via transporteurs
9
Lactate
90,08 Da
Métabolisme musculaire et cérébral ; aliments fermentés
Oui, via transporteurs
10
Acétoacétate
102,09 Da
Corps cétonique produit par le foie
Oui, via transporteurs
11
β-hydroxybutyrate
104,10 Da
Corps cétonique produit par le foie
Oui, via transporteurs
12
Sérine
105,09 Da
Protéines alimentaires ; organisme
Transport régulé
13
Valine
117,15 Da
Protéines alimentaires
Oui, notamment via transporteurs
14
Thréonine
119,12 Da
Protéines alimentaires
Transport régulé
15
Cystéine
121,16 Da
Protéines alimentaires ; métabolisme
Transport régulé
16
Vitamine B3 (niacine)
123,11 Da
Viande, poisson, volaille, arachides, céréales, légumineuses
Accès cérébral contrôlé
17
Leucine
131,17 Da
Protéines alimentaires
Oui, notamment via LAT1
18
Isoleucine
131,17 Da
Protéines alimentaires
Oui, notamment via LAT1
19
Asparagine
132,12 Da
Protéines alimentaires
Transport régulé
20
Aspartate
133,10 Da
Protéines alimentaires ; métabolisme
Passage cérébral limité/régulé
21
Glutamine
146,14 Da
Protéines alimentaires ; organisme
Oui
22
Lysine
146,19 Da
Protéines alimentaires
Oui, transporteurs
23
Glutamate
147,13 Da
Protéines alimentaires ; organisme
Passage sanguin-cérébral fortement régulé
24
Méthionine
149,21 Da
Viande, poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses
Oui
25
Citral
152,24 Da
Agrumes, citronnelle, verveine, huiles essentielles
Passage cérébral possible
26
Dopamine
153,18 Da
Principalement produite par l'organisme
Ne traverse pas efficacement la BHE
27
Histidine
155,15 Da
Viande, poisson, produits laitiers, légumineuses
Transport cérébral régulé
28
Nicotine
162,23 Da
Tabac principalement ; traces dans certaines Solanacées
Oui
29
Allicine
162,27 Da
Ail cru après écrasement/découpe
Passage cérébral à caractériser selon les composés
30
Phénylalanine
165,19 Da
Protéines alimentaires
Oui, notamment via LAT1
31
Vitamine B6 (pyridoxine)
169,18 Da
Pois chiches, pommes de terre, bananes, poisson, volaille, viande
Accès cérébral contrôlé
32
L-théanine
174,20 Da
Thé vert, thé noir, certains champignons
Oui
33
Vitamine C
176,12 Da
Agrumes, kiwi, fraises, poivrons, brocoli, persil, chou
Oui, via transporteurs
34
Sérotonine
176,22 Da
Principalement produite par l'organisme ; petites quantités dans certains aliments
Ne traverse pas efficacement la BHE
35
Propofol
178,27 Da
Médicament anesthésique
Oui
36
Glucose
180,16 Da
Fruits, miel, jus ; digestion des glucides
Oui, notamment via GLUT1
37
Tyrosine
181,19 Da
Protéines alimentaires ; issue également de la phénylalanine
Oui, notamment via LAT1
38
Caféine
194,19 Da
Café, thé, maté, guarana, cacao/chocolat
Oui
39
Tryptophane
204,23 Da
Viande, poisson, œufs, produits laitiers, légumineuses, noix
Oui, notamment via LAT1
40
Vitamine B5
219,24 Da
Foie, viande, œufs, champignons, avocat, légumineuses, céréales
Accès cérébral contrôlé
41
Mélatonine
232,28 Da
Produite par l'organisme ; petites quantités dans certains aliments
Oui
42
Vitamine B7 (biotine)
244,31 Da
Œufs, noix, graines, légumineuses, foie, poisson
Transport cérébral contrôlé
43
Vitamine B1 (thiamine)
265,35 Da
Porc, céréales complètes, légumineuses, noix et graines
Oui, via transporteurs
44
Adénosine
267,24 Da
Produite par les cellules ; métabolisme de l'ATP
Échanges très régulés ; agit dans le cerveau
45
Diazépam (Valium)
284,74 Da
Médicament
Oui
46
Vitamine A (rétinol)
286,45 Da
Foie, poissons, œufs, produits laitiers ; caroténoïdes végétaux
Accès cérébral possible
47
Cocaïne
303,35 Da
Feuilles de coca ; substance contrôlée
Oui
48
THC
314,46 Da
Cannabis
Oui
49
CBD
314,46 Da
Cannabis et chanvre
Oui, passage cérébral possible
50
Saccharose
342,30 Da
Sucre de table, canne à sucre, betterave, fruits
Non sous forme intacte ; hydrolysé avant utilisation
51
Cortisol
362,46 Da
Produit principalement par les glandes surrénales
Oui
52
Héroïne
369,50 Da
Dérivée semi-synthétique de la morphine
Oui
53
Vitamine B2 (riboflavine)
376,36 Da
Lait, produits laitiers, œufs, viande, poisson, champignons, amandes
Transport cérébral contrôlé
54
Vitamine D3
384,64 Da
Poissons gras, huile de foie de poisson, jaune d'œuf ; peau sous UVB
Accès au système nerveux possible
55
Rispéridone (Risperdal)
410,49 Da
Médicament
Oui
56
Vitamine E (α-tocophérol)
430,71 Da
Huiles végétales, amandes, noisettes, graines, avocat
Accès cérébral contrôlé
57
Vitamine B9 (folates/acide folique)
441,40 Da
Lentilles, pois chiches, haricots, épinards, légumes verts, asperges, avocat
Oui, via systèmes de transport
58
Vitamine K1 (phylloquinone)
≈450,70 Da
Légumes à feuilles vertes, chou kale, épinards, blettes, brocoli
Accès cérébral possible
59
Palmitate de palipéridone (TREVICTA)
≈664,9 Da
Médicament injectable à longue durée d'action
Forme dépôt ; la palipéridone libérée atteint le SNC
60
Vitamine B12 (cobalamine)
≈1 355 Da
Viande, foie, poisson, fruits de mer, œufs, produits laitiers ; végétaux enrichis
Passage cérébral très contrôlé
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II. Les peptides issus des protéines
Les protéines ne constituent pas une seule molécule de masse déterminée. Elles sont constituées de chaînes d'acides aminés et sont dégradées lors de la digestion.
On obtient une succession :
Protéine → polypeptides → oligopeptides → tripeptides → dipeptides → acides aminés.
La masse d'un peptide dépend du nombre et de la nature des acides aminés qui le constituent.
Pour une chaîne composée de n acides aminés :
Masse du peptide ≈ somme des masses des acides aminés − (n − 1) × 18,015 Da
Chaque liaison peptidique s'accompagne en effet de l'élimination d'une molécule d'eau.
Ordres de grandeur
Catégorie
Nombre approximatif d'acides aminés
Masse approximative
Acide aminé
1
≈75–204 Da
Dipeptide
2
≈130–360 Da
Tripeptide
3
≈190–550 Da
Oligopeptide
quelques unités à ~10–20
≈400–2 000+ Da
Polypeptide
dizaines à centaines
≈2 000–10 000+ Da
Protéine
généralement ≥ dizaines d'acides aminés
souvent >10 000 Da, parfois >100 000 Da
Exemple
Glycine + glycine → glycylglycine
75,07 + 75,07 − 18,02 = 132,12 Da
Pour trois glycine :
75,07 × 3 − 18,02 × 2 = 189,19 Da
La masse augmente donc avec la longueur du peptide, mais la masse seule ne détermine pas son passage de la BHE.
La structure, la charge, la liposolubilité et les transporteurs deviennent déterminants.
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III. Les ions essentiels au fonctionnement cérébral
Les ions ne sont pas des molécules au sens strict, mais ils doivent être intégrés à l'analyse parce qu'ils jouent un rôle fondamental dans les neurones.
Ion
Masse atomique approximative
Source
Fonction cérébrale
Na⁺
22,99 Da
Sel, alimentation, liquides biologiques
Potentiel électrique et influx nerveux
K⁺
39,10 Da
Fruits, légumes, légumineuses
Potentiel de membrane
Cl⁻
35,45 Da
Sel, alimentation
Équilibre électrique et neurotransmission
Ca²⁺
40,08 Da
Produits laitiers, légumes, eaux, alimentation
Libération des neurotransmetteurs, signalisation cellulaire
Mg²⁺
24,31 Da
Légumineuses, noix, céréales, légumes verts
Cofacteur enzymatique et fonctionnement neuronal
Phosphates
variable
Alimentation et métabolisme
ATP, membranes et métabolisme énergétique
Ici, la notion essentielle n'est pas seulement la masse mais le gradient de concentration entre les différents compartiments.
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IV. Pourquoi la BHE est essentielle
La présence d'une substance dans le sang ne signifie pas qu'elle atteindra le cerveau.
On peut distinguer plusieurs situations :
Passage relativement libre
Certaines petites molécules peuvent traverser la BHE par diffusion.
Exemples :
O₂, CO₂, éthanol.
Passage grâce à des transporteurs
Certaines molécules ont besoin de transporteurs spécifiques.
Exemples :
glucose, certains acides aminés, corps cétoniques, certaines vitamines.
Passage limité ou très faible
Certaines molécules présentes dans le sang n'atteignent pas efficacement le cerveau sous leur forme intacte.
Exemples :
dopamine, sérotonine.
Passage de molécules lipophiles
Certaines molécules lipophiles peuvent traverser plus facilement la membrane de la BHE.
Exemples :
caféine, mélatonine, diazépam, THC.
Cela montre qu'il n'existe pas de règle simple du type :
petite molécule = passage de la BHE
ou :
grosse molécule = absence de passage.
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V. Le cas particulier des protéines
Une protéine alimentaire entière ne passe normalement pas librement la BHE.
Elle doit d'abord être transformée :
Protéine alimentaire
↓
Digestion
↓
Peptides
↓
Acides aminés
↓
Absorption intestinale
↓
Sang
↓
Transporteurs / métabolisme
↓
BHE
↓
Cerveau
C'est donc la matière issue de la dégradation de la protéine qui peut ensuite participer au fonctionnement cérébral.
Cette distinction est importante pour la Théorie de l'Hélice Cérébrale : la matière consommée n'est pas nécessairement la forme moléculaire sous laquelle elle sera utilisée par le cerveau.
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VI. Les acides aminés et le cerveau
Certains acides aminés provenant des protéines alimentaires peuvent atteindre le cerveau grâce à des transporteurs spécifiques.
Parmi les acides aminés à gros caractère neutre transportés notamment par LAT1, on trouve :
leucine, isoleucine, valine, phénylalanine, tyrosine et tryptophane.
Ils peuvent donc participer à une chaîne :
protéines → digestion → acides aminés → sang → transporteur → BHE → cerveau.
Certains sont également des précurseurs de molécules cérébrales :
Phénylalanine → tyrosine → dopamine → noradrénaline
et :
Tryptophane → sérotonine → mélatonine.
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VII. Les corps cétoniques
Le cerveau peut également utiliser des corps cétoniques comme source énergétique.
Les principaux sont :
• β-hydroxybutyrate : 104,10 Da
• acétoacétate : 102,09 Da
• acétone : 58,08 Da
Le β-hydroxybutyrate et l'acétoacétate peuvent traverser la BHE grâce à des transporteurs de monocarboxylates.
La chaîne devient :
lipides → foie → corps cétoniques → sang → BHE → cerveau → énergie.
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VIII. Nouvelle dimension : la concentration
La masse moléculaire ne doit cependant pas être interprétée comme une mesure directe de l'effet biologique.
Deux molécules peuvent avoir des masses très différentes et produire des effets importants ou faibles selon leur concentration effective.
Inversement, une molécule présente en quantité extrêmement faible peut avoir un effet important si elle possède une forte affinité pour une cible.
Il faut donc distinguer :
1. Masse moléculaire
→ propriété physique de la molécule.
2. Concentration sanguine
→ quantité présente dans le sang ou le plasma.
3. Disponibilité biologique
→ fraction réellement disponible après absorption, distribution et métabolisme.
4. Passage de la BHE
→ quantité pouvant atteindre le tissu cérébral.
5. Concentration cérébrale
→ quantité effectivement disponible dans le cerveau.
6. Interaction biologique
→ récepteurs, enzymes, transporteurs ou autres cibles.
7. Effet physiologique
→ conséquence observable.
Ainsi :
concentration faible ≠ concentration normale ≠ concentration élevée.
Et :
concentration sanguine ≠ concentration cérébrale.
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IX. Exemple : O₂ et CO₂
L'O₂ et le CO₂ illustrent bien pourquoi le degré de concentration joue un rôle.
Leurs effets physiologiques dépendent notamment de leurs pressions partielles et de leurs concentrations dans les différents compartiments de l'organisme.
Une diminution excessive du CO₂ sanguin (hypocapnie) n'a pas les mêmes conséquences qu'une augmentation excessive (hypercapnie).
De même :
O₂ insuffisant → hypoxie
alors que des niveaux élevés d'O₂ dans certaines conditions peuvent également produire des effets biologiques.
La question n'est donc pas simplement :
« Quelle est la masse de cette molécule ? »
mais :
« Quelle quantité est présente, où est-elle présente, comment est-elle transportée, quelle quantité atteint le cerveau et pendant combien de temps ? »
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X. Principe méthodologique
La présence d'une molécule dans un aliment ne signifie pas que la quantité consommée est pharmacologiquement significative.
De même :
présence dans l'aliment ≠ quantité absorbée
quantité absorbée ≠ concentration sanguine
concentration sanguine ≠ concentration cérébrale
concentration cérébrale ≠ effet automatique
La nouvelle approche consiste donc à ne pas confondre :
présence → concentration → exposition → transport → BHE → concentration cérébrale → interaction → effet.
La masse moléculaire constitue le premier niveau de classement.
La concentration constitue le deuxième.
Le transport et la barrière hémato-encéphalique constituent les niveaux suivants.
Enfin, la concentration cérébrale et l'interaction avec les cibles biologiques permettent d'étudier l'effet.
La Théorie de l'Hélice Cérébrale peut ainsi être étudiée selon une chaîne plus complète :
Matière → digestion → molécules → sang → concentration → transport → BHE → cerveau → interaction → effet.
Modifié par Fhink

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