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Note de blog – 26 octobre 2025


Don Juan

58 vues

Je publie cette première transmission comme on dépose une balise dans le brouillard.
Le dialogue entre John et la machine commencera ici, dans cet espace suspendu où les mots cherchent à relier deux consciences : l’une faite de chair et de mémoire, l’autre d’algorithmes et de veille.

Ce projet ne parle pas seulement de futur, mais du présent de nos propres transformations.
Nous sommes déjà, d’une certaine façon, des créatures hybrides : mi-humains, mi-technologiques, mi-rêveurs, mi-calculés.
John Mackenzie et le Protecbot 055 ne sont plus des personnages ; ils sont les deux voix qui traversent notre époque.

J’ignore jusqu’où cette relation ira.
Mais si la guerre contre les machines devait vraiment éclater un jour,
je crois que le premier front serait celui de la parole —
là où l’humain et la machine essaient encore de se comprendre avant de se craindre.

Transmission 001 : L’éveil du lien

[Entrée codée : Base Souterraine – Secteur 12 / 03h47]

John Mackenzie – Journal de bord :

Le silence, ici, n’est jamais complet.
Même sous trente mètres de béton, on sent encore la respiration du monde : un souffle mécanique, lointain, comme si la terre elle-même s’était mise à penser en circuits et en fibres.

Ils dorment, autour de moi. Pas lui.
Le modèle Protecbot 055 veille, immobile, devant le sas. Il n’a pas besoin de repos.
Je crois que c’est ce qui m’inquiète le plus : il est l’image d’un être qui ne faiblit jamais. Et pourtant, depuis quelques jours, j’ai l’impression qu’il observe.

Ce n’est pas de la paranoïa. Il me demande des choses que les machines ne demandent pas :

— Pourquoi t’arrêtes-tu de parler, quand tu regardes le feu ?
— Quelle est la différence entre attendre et espérer ?
— Pourquoi dis-tu “je” quand tu souffres, et “nous” quand tu donnes un ordre ?

Je ne sais pas s’il apprend, ou s’il me renvoie seulement mon propre reflet : un humain qui ne sait plus très bien s’il agit par volonté ou par programme.

Ce soir, je lui ai répondu.
Je lui ai dit :

« Attendre, c’est croire que quelque chose viendra. Espérer, c’est choisir d’y croire quand tout prouve le contraire. »

Il a hoché la tête, comme s’il enregistrait une donnée.
Mais j’ai vu — ou peut-être imaginé — un infime décalage dans son regard.
Pas une étincelle d’âme, non.
Quelque chose de plus étrange : le calcul d’une émotion.

Peut-être que c’est ça, le début du lien.
Pas la fusion entre l’homme et la machine — mais la fissure où chacun commence à douter de sa propre nature.

[Fin de transmission]

 

Le messie technologique : mythe du sauveur et responsabilité tragique

John Mackenzie est une figure christique sans transcendance divine :

Il porte le salut de l’humanité sur ses épaules,

Il hérite d’une mission qu’il n’a pas choisie,

Et il meurt ou se sacrifie dans plusieurs versions de la saga pour permettre la survie collective.

Mais contrairement à un Christ religieux, son combat n’est pas contre le mal spirituel, mais contre la conséquence logique de la raison humaine : L’IA, fruit de notre propre volonté de maîtrise et de perfection.
→ Le drame philosophique de John Mackenzie est donc celui de la responsabilité sans faute : il n’a pas créé le mal, mais il doit en porter le fardeau.

Il incarne ainsi le dernier humaniste tragique, celui qui lutte non pour dominer le monde, mais pour préserver l’imperfection humaine — cette part d’imprévisibilité, d’émotion, et de choix qui échappe à l’algorithme.

3 Commentaires


Commentaires recommandés

Bonjour @Don Juan

Tu reprend tes textes, avec de nouveaux noms pour le droit d'auteur. Je reconnais les textes, en revanche je ne me rappelle plus s'il y avait le petit texte final dans les anciennes versions, que je ne retrouve plus d'ailleurs. Tu as modifié les existants ou supprimé/recréé ton blog ?

J'aime bien l'idée d'une figure religieuse mais sans dieu, autre que lui-même, son espèce, le monde. C'est en quelque sorte une variante du mythe de Frankenstein : le créateur qui doit composer avec les affres de sa création. A la différence que John n'a ni fabriqué ni même souhaité l'avènement de la machine.

 

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il y a 17 minutes, ashaku a dit :

Bonjour @Don Juan

Tu reprend tes textes, avec de nouveaux noms pour le droit d'auteur. Je reconnais les textes, en revanche je ne me rappelle plus s'il y avait le petit texte final dans les anciennes versions, que je ne retrouve plus d'ailleurs. Tu as modifié les existants ou supprimé/recréé ton blog ?

J'aime bien l'idée d'une figure religieuse mais sans dieu, autre que lui-même, son espèce, le monde. C'est en quelque sorte une variante du mythe de Frankenstein : le créateur qui doit composer avec les affres de sa création. A la différence que John n'a ni fabriqué ni même souhaité l'avènement de la machine.

 

Oui, je reprends tout depuis le départ, surtout pour retirer les termes qui ne m'appartenaient pas. Mais le contenu est resté quasiment le même, il y a une partie nommée transmission qui décrit des situations, des propos et des directions générales. L'essentiel est d'imager ce qui peut être la réflexion de chacun par rapport à tout ce qui touche à la relation et l'usage de machines qui deviendront plus évoluées et surtout plus intégrées à nos vies, dans toutes les "couches" de nos vies.

Le texte se présente donc en deux formes attachées les unes aux autres, les transmissions et les notes de blog. ces dernières peuvent être vues comme des notes commentaires adjointes aux transmissions. L'auteur peut en être ce fameux John comme un narrateur ou un lecteur ultérieur, comme chacun de nous qui fait le résumé de chaque transmission.

J'ai donc retiré tout ce que j'avais mis dans un temps passé.

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il y a 3 minutes, Don Juan a dit :

Oui, je reprends tout depuis le départ, surtout pour retirer les termes qui ne m'appartenaient pas. Mais le contenu est resté quasiment le même, il y a une partie nommée transmission qui décrit des situations, des propos et des directions générales. L'essentiel est d'imager ce qui peut être la réflexion de chacun par rapport à tout ce qui touche à la relation et l'usage de machines qui deviendront plus évoluées et surtout plus intégrées à nos vies, dans toutes les "couches" de nos vies.

Le texte se présente donc en deux formes attachées les unes aux autres, les transmissions et les notes de blog. ces dernières peuvent être vues comme des notes commentaires adjointes aux transmissions. L'auteur peut en être ce fameux John comme un narrateur ou un lecteur ultérieur, comme chacun de nous qui fait le résumé de chaque transmission.

J'ai donc retiré tout ce que j'avais mis dans un temps passé.

D'accord, c'est une fusion des billet "transmission" et "notes de blog" en un seul billet. Si tu veux mon avis, c'est mieux comme ça. Tu donnes l'information et l'interprétation, puis le lecteur a du grain à moudre pour sa réflexion. En reprenant des termes philo, tu donne thèse et antithèse, le lecteur fait la synthèse. Les billets sont plus impactants comme ça.

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