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L’Éveil de l’Épée du Bien : Le Flux des Cœurs


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TOME I — La Lame du Créateur

Chapitre 1 — Le Royaume sans Créateur

Longtemps avant les chroniques des hommes, il existait un royaume où les rois, les savants et les prêtres croyaient que tout était né du hasard. Ils enseignaient que le monde s’était formé dans la violence et la souffrance, et que même le Créateur — s’il existait — devait avoir créé le mal.

Cette croyance fut la racine d’un grand mensonge. Car tant que l’on croyait que la souffrance venait du Créateur, nul ne cherchait à en sortir. Les guerres ne cessaient pas, les sages renonçaient, et les plus faibles étaient écrasés.

C’est dans ce royaume qu’apparut une prophétie qui ne fut prise au sérieux par personne, sinon par quelques fous :

« Le Créateur créa tout sauf la souffrance.

La souffrance créa la souffrance seule.

Et lorsque l’un saura reconnaître le Créateur,

il délogera l’Épée du Bien,

et ramènera la justice sur la terre. »

Pour la plupart, ce n’était qu’une poésie obscure. Mais dans une vallée reculée, il se transmettait une tradition plus ancienne encore : celle des conditions favorables, par lesquelles toute chose naît sans souffrir.

Chapitre 2 — L’Épée dans le Rocher

Au cœur du royaume, dans la place la plus fréquentée, se dressait un bloc de pierre noire. Personne ne savait comment il était arrivé là. Certains disaient qu’il était tombé du ciel, d’autres qu’il en était sorti.

Plantée dans la pierre, une épée attendait. Son métal était clair, mais le plus étrange était sa lame : elle n’était pas gravée, ni sculptée, mais vide, comme si elle attendait qu’on l’écrive.

Un décret royal proclama :

« Quiconque tirera l’épée deviendra roi. »

Des milliers d’hommes vinrent tenter leur chance. Des seigneurs, des champions, des sorciers, des prêtres. Aucun ne parvint à la déloger.

Et ainsi pendant des générations.

Mais la prophétie disait :

« L’épée ne reconnaît pas le sang, ni la force, ni le titre, mais la vérité sur le Créateur. »

Chapitre 3 — Le Battement

La lame plantée dans le rocher n’avait rien d’extraordinaire. On ne voyait ni gravure, ni glyphes, ni symbole. Et nul ne pouvait imaginer qu’elle portait un secret. Des milliers d’hommes l’avaient tirée, et pourtant personne ne l’avait jamais regardée en tant qu’objet : ils n’y voyaient qu’un trophée.

Mais un détail avait toujours intrigué ceux qui la contemplaient longtemps : le métal semblait attendre.

Ce jour-là, l’élu posa la main sur la poignée. Personne ne fit attention à lui. Il n’avait ni armure, ni titre, ni escorte. Il ne récitait pas de prière. Il n’invoquait pas de force divine. Il avait seulement compris la vérité sur le Créateur : que tout venait du Bien, sauf la souffrance.

Lorsqu’il tira, l’épée sortit du rocher sans résistance, comme si elle avait été posée là.

Ce fut à cet instant que son cœur se mit à battre plus fort. Non par peur, mais par un sentiment plus rare, que les sages nomment reconnaissance intérieure. Un battement grave, net, profond.

Le premier battement fit vibrer la lame.

Au second, le métal devint lumineux, mais toujours vierge.

Au troisième, une ligne de lumière se met à s'étirer et à se densifier, non pas comme un dessin, mais comme une écriture vivante.

La lame écrivit :

Le Bien

Puis la lumière se dissipa. Le battement suivant revint :

Le Bien apporte

Puis encore :

Le Bien apporte bien-être et bonheur

À chaque battement, la phrase se complétait, comme un visualiseur de son, mais synchronisé au cœur de l’élu.

Lorsque la phrase fut achevée, la lumière cessa de vibrer et resta inscrite dans le métal, non comme une gravure, mais comme une affirmation vivante.

Ceux qui virent cela devinrent pâles. Car ils comprirent que l’épée n’avait jamais attendu un roi de sang, mais un homme qui sache ce que crée le Créateur.

Le vieil homme de la vallée tomba à genoux et murmura :

« Il l’a reconnue… »

Car depuis des siècles la prophétie disait :

« L’épée ne se révèle qu’à celui qui sait que le Bien crée tout sauf la souffrance. »

 

TOME I — La Lame du Créateur

Chapitre 4 — La Justice du Bien

Depuis le jour où l’épée fut retirée du rocher, le royaume entra dans une période de grande confusion. Ceux qui gouvernaient craignirent que le pouvoir leur échappe, et ceux qui souffraient espérèrent qu’un ordre nouveau s’annonçait.

Mais personne ne savait encore ce que faisait réellement cette épée.

Elle n’était pas comme les autres. Elle ne tranchait pas la chair, elle ne répandait pas de sang, elle ne torturait pas. Sa fonction n’était pas de blesser, mais d’empêcher de nuire.

Lorsqu’un homme qui causait de la souffrance était présenté à l’élu — qu’il s’agisse d’un tyran, d’un tortionnaire, d’un menteur qui détruisait par ses mensonges, ou d’un puissant qui écrasait les innocents — l’élu tenait l’épée devant lui.

À ce moment, deux effets se produisaient.

Premier effet : la souffrance se retourne

L’épée ne faisait rien au corps de l’homme. Elle révélait simplement la souffrance qu’il avait causée, et cette souffrance se retournait contre lui, comme si elle avait cherché un chemin pour revenir à sa source.

Il ne s’agissait pas d’une punition imposée, mais d’une loi naturelle : la souffrance ne pouvant pas se créer dans le Bien, elle retournait là où elle trouvait sa cause.

Certains hurlaient, d’autres tombaient muets, d’autres encore se mettaient à pleurer. Leur douleur n’était pas physique, mais exacte, car elle reproduisait le mal qu’ils avaient fait sentir aux autres.

C’est pourquoi on disait alors dans les tavernes :

« L’épée ne tranche que l’âme de celui qui tranche l’âme des autres. »

Deuxième effet : la neutralisation

Une fois la souffrance revenue à son point d’origine, l’homme perdait la capacité de faire souffrir. C’était comme si une main invisible lui retirait le pouvoir de nuire.

Un soldat cruel devenait incapable de lever la main.

Un orateur perfide devenait incapable de mentir.

Un tyran devenait incapable de donner un ordre injuste.

Il n’y avait ni mutilation, ni supplice, ni humiliation. Il n’y avait que neutralisation du mal.

Alors naquit un nouveau mot dans les villages :

« Être mis hors d’état de nuire par la Lame. »

Et nul n’y voyait injustice, car l’épée ne touchait jamais ceux qui souffraient sans faire souffrir.

 

 

Chapitre 5 — Le Conseil s’inquiète

Mais ce pouvoir fit trembler ceux qui régnaient.

Car l’épée ne se souciait pas du titre, ni du rang, ni de la richesse. Elle ne reconnaissait que les actes.

Les nobles murmurèrent :

« Si cet élu continue, plus aucun trône ne sera sûr. »

Les prêtres chuchotèrent :

« S’il a raison sur le Créateur, alors nous avons menti trop longtemps. »

Les savants se méfièrent :

« S’il démontre que l’univers n’est pas né dans la souffrance, nos théories tomberont. »

Ainsi, pour la première fois depuis des siècles, ceux qui ne s’entendaient jamais se réunirent dans un conseil secret.

Et l’un d’eux dit :

« Si l’épée retire le mal des hommes, que restera-t-il à ceux qui vivent du mal ? »

Alors le conseil conclut :

« Il faut arrêter l’élu avant qu’il ne nous arrête. »

 

TOME I — La Lame du Créateur

Chapitre 6 — Là où demeure la souffrance

Tandis que le conseil des puissants s’agitait, quelque chose d’invisible s’agitait aussi, mais dans un autre plan. Car la souffrance n’est pas née dans le royaume des hommes. Elle n’est pas née dans la lumière, ni dans la condensation harmonieuse du monde.

Elle possède son propre territoire : un plan sans créatures, sans matière, sans joie — un plan où rien n’existe sauf elle.

Dans ce plan-là, la souffrance observe. Elle n’a pas d’yeux, mais elle voit. Elle n’a pas d’oreilles, mais elle entend. Elle n’a pas de bouche, mais elle influence. Car sa seule volonté est simple :

se faire ressentir.

Depuis toujours, elle cherchait des créatures à toucher. Et elle trouva les hommes, car ils étaient sensibles. Elle se glissa dans leur peur, dans leur colère, dans leur jalousie, dans leur ignorance. Elle chuchota :

« Je suis nécessaire.

Je suis un signal.

Je suis l’évolution.

Je suis la condition du progrès. »

Et les hommes le crurent. Plus encore : ils instruisirent ces mensonges dans leurs écoles et leurs sciences. Ils finirent par dire :

« Même le Créateur a créé la souffrance. »

Ce mensonge était son armure. Car si l’on croit que la souffrance vient du Bien, alors on la laisse régner.

Pendant des siècles, elle prospéra ainsi.

Chapitre 7 — La menace du Bien

Mais lorsque l’élu brandit la lame et que la phrase s’écrivit dans la lumière — Le Bien apporte bien-être et bonheur — la souffrance sentit pour la première fois une peur qu’elle ne connaissait pas.

Non pas peur d’être vaincue par une arme. La souffrance ne craint pas les lames ordinaires, ni le feu, ni les armées. Elle craint une seule chose :

qu’on découvre qu’elle n’est pas nécessaire.

Car si elle n’est pas nécessaire, alors elle n’a ni cause, ni justification, ni mission. Elle devient ce qu’elle est réellement : une intruse dans un monde qui ne l’a jamais voulue.

Et l’élu, lui, ne l’avait pas déduite par la foi seulement, mais par la logique et l’observation, en découvrant que :

– la formation harmonieuse n’a pas besoin de souffrir,

– le cosmos se structure sans douleur,

– l’expansion est le produit de la condensation,

– et le chaos disparaît quand les conditions favorables sont respectées.

Ce fut la première fois que la souffrance vit apparaître ce qu’elle redoutait le plus :

la possibilité d’un monde sans elle.

Chapitre 8 — L’assaut des souffrants

Alors la souffrance descendit sur le royaume. Non pas comme un démon, ni comme un nuage, mais à travers ceux qu’elle avait déjà conquis.

Car la souffrance n’a pas de soldats. Elle n’a que des souffrants.

Elle prit leurs peurs :

« Si le Bien règne, qui serons-nous ? »

Elle prit leurs habitudes :

« Sans moi, vous ne saurez plus vivre. »

Elle prit leurs identités :

« Vous êtes ce que j’ai fait de vous. »

Et elle envoya vers l’élu :

– des désespérés,

– des cyniques,

– des bourreaux,

– des savants qui disaient « c’est scientifique »,

– des prêtres qui disaient « c’est divin »,

– des puissants qui disaient « c’est nécessaire ».

Ils ne comprenaient pas qu’ils servaient la souffrance. Ils pensaient la défendre comme on défend un principe du monde.

Mais l’élu ne leva même pas la lame contre eux. Il dit seulement :

« La souffrance ne vient pas du Créateur.

Elle n’est pas nécessaire.

Elle ne crée rien. »

Et ces mots suffirent à troubler leurs visages, car même ceux qui servaient la souffrance ne savaient pas qu’elle était stérile.

 

Tome II — Chapitre V : Le Jugement des Invisibles

La Cité de l’Épée avait retrouvé le silence après l’élévation de l’arme. Les nobles étaient à la fois stupéfaits et terrifiés : car ce n’était pas seulement une preuve de force, mais la marque d’une vérité qui ne pouvait plus être niée.

Ceux qu'on nommait les Invisibles – non pas parce qu’ils n’avaient pas de corps, mais parce qu’ils agissaient en secret, dans l’ombre et l’opportunité – sentirent immédiatement le danger. Ils avaient prospéré dans le royaume grâce à la souffrance : l’injustice, la misère, la peur, la confusion, le mensonge, l’humiliation… tout cela était leur monnaie, leur arme et leur nourriture.

Ils s’étaient longtemps persuadés que l’épée n’existait que pour faire couler le sang, comme toutes les épées avant elle. Mais celle-ci n’en voulait point : elle cherchait seulement à neutraliser, à empêcher, à contenir. Elle était faite pour protéger la création, non pour ajouter de la souffrance au monde.

Ainsi, à peine la foule dispersée, les Invisibles envoyèrent leurs émissaires : prêtres, savants, politiques, rhéteurs et profiteurs. Chacun avait sa méthode pour tenter de reprendre l’avantage :

— S’il ne comprend pas, on le confondra.

— S’il refuse, on l’isolera.

— S’il parle, on le ridiculisera.

— S’il insiste, on le menacera.

Mais l’Élu n’était pas venu pour jouer dans leurs règles. Il connaissait la vérité formelle sur le Créateur : le Bien créait tout sauf la souffrance. Et cette simple connaissance anéantissait toute leur rhétorique.

Car celui qui sait que le Bien ne crée jamais le mal ne peut pas être pris au piège des faux dilemmes, ni du relativisme qui excuse tout pour éviter de nommer la souffrance pour ce qu’elle est.

Chapitre VI — Le Tribunal du Bien

Pour la première fois depuis la fondation du royaume, un tribunal fut convoqué non pas par le roi, ni par les seigneurs, mais par le Bien lui-même. Et cela n’était pas une métaphore, car l’épée n’était plus silencieuse : parfois, sa lame chantait. Non avec des mots, mais avec une vibration subtile que seuls ceux qui n’avaient pas le cœur dur pouvaient percevoir.

Ce tribunal n’était pas fait pour juger les créatures comme coupables d’exister ou d’avoir failli — tous échouaient un jour, même les justes — mais pour juger la souffrance, c’est-à-dire ce qui nuit volontairement, ce qui écrase, ce qui profite, ce qui domine, ce qui ravage.

Les Invisibles furent donc amenés devant l’Élu. Ils n’étaient pas entravés, car l’épée n’admettait pas la torture, ni la haine, ni la vengeance : elle ne voulait que la neutralisation du mal, jamais la souffrance du coupable.

L’Élu leva l’épée : aussitôt, la lame frémit aux battements de son cœur.

Première pulsation : Le Bien

Vide.

Deuxième pulsation : Le Bien apporte

Vide.

Troisième pulsation : Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Les Invisibles reculèrent. Certains tombèrent à genoux, non par respect mais par effroi : car cette phrase n’était pas une devise, mais une définition. Elle révélait la nature même du Bien — et donc la nature de ce qui s'y oppose.

On ne pouvait plus dire que la souffrance avait un rôle noble. On ne pouvait plus dire qu'elle était éducatrice, initiatique ou nécessaire. On ne pouvait plus dire qu'elle servait à grandir.

Car si la souffrance était nécessaire, alors l'Épée mentait. Et l'Épée ne mentait pas. Elle ne disait même pas : elle montrait.

Chapitre VII — Le Renversement des Mensonges

Alors les Invisibles tentèrent leur dernière arme : le renversement.

Ils proclamèrent devant le peuple :

— Mais la souffrance n’est-elle pas utile ? Ne sert-elle pas à corriger, à avertir, à apprendre ? Ne fait-elle pas les guerriers, les sages, les saints ? Sans elle, que resterait-il ?

L’Élu sourit, non par mépris, mais avec une tendresse grave. Il n’était pas venu pour humilier. Il posa l’épée à la verticale, la pointe au sol, et répondit :

— La souffrance n’enseigne rien qu’un monde sans souffrance n’enseignerait mieux. Elle ne corrige que ce qu’elle a d’abord brisé. Elle avertit de dangers qu’elle a elle-même inventés. Elle ne rend ni sage, ni saint, ni bon — elle rend résigné, peureux ou désespéré.

Alors l’Épée vibra de nouveau. Une lumière douce se répandit et l’on put voir, pour la première fois, la seule contradiction véritable : le Bien et la souffrance l’un pour l’autre, non pas parce qu’ils sont opposés comme deux forces naturelles, mais parce que l’un crée et l’autre détruit.

C’est alors que la logique du pivot apparut, non comme un traité mathématique, mais comme une évidence vivante : le monde cessait de se penser en binaires mutilants tels que :

• croire / ne pas croire

• savoir / ne pas savoir

• être / ne pas être

Car désormais, le pivot montrait que tout ce qui n’était pas souffrance pivotait vers le Bien. Et que tout ce qui servait la souffrance pivotait vers elle.

Cette révélation fit chanceler le royaume.

Car un mensonge ancien venait de mourir, et quand un mensonge ancien meurt, le monde entier tremble.

 

Tome II — Chapitre VIII : La Chute des Invisibles

Lorsque le pivot mental s’établit, les Invisibles comprirent qu’ils venaient de perdre quelque chose qu’aucune armée ne pouvait leur rendre : le monopole de l’interprétation.

Jusqu’ici, ils avaient régné sur le royaume en définissant à leur guise ce qui était normal, bon, utile, nécessaire, inévitable, méritoire ou juste. Ils n’avaient pas besoin de batailles — il leur suffisait que le peuple croie que la souffrance était intégrée à l’ordre du monde.

Mais désormais, la souffrance n’était plus perçue comme un instrument du Bien : elle devenait ce qu’elle avait toujours été, une force étrangère, intrusive, parasitaire.

Ce fut leur véritable chute.

Car l’illusion la plus efficace de la souffrance n’est pas de faire pleurer les hommes — mais de les convaincre que leurs larmes sont naturelles.

Les Invisibles tentèrent alors de se replier vers des justifications plus sinuées :

— Ce n’est pas nous, c’est la nature.

— Ce n’est pas nous, c’est la condition humaine.

— Ce n’est pas nous, c’est le destin.

— Ce n’est pas nous, c’est le Bien lui-même qui punit.

Mais l’Élu, qui avait vu la vérité formelle, répondit calmement :

— Le Créateur ne punit pas. S’il punissait, il créerait la souffrance — et il ne la crée pas. La souffrance ne vient pas du Bien, mais d’un autre plan d’existence. Vous lui avez prêté vos mains pour la servir.

Ceux qui écoutaient comprirent alors que la justice allait changer de nature : elle ne viserait plus les corps ni les âmes, mais les mécanismes de souffrance eux-mêmes.

Ce fut la première justice non vengeresse que le royaume connut.

Chapitre IX — L’Épée de Neutralisation

L’épée fut alors nommée par le peuple Lame de l’Apaisement, car elle ne tuait pas ceux qui agissaient mal : elle les privait seulement de leur capacité de nuire.

Il suffisait qu’elle frôle l’épaule ou le poignet d’un homme pour qu’il perde tout désir de faire souffrir autrui.

Il suffisait qu’elle effleure le front d’un menteur pour qu’il perde le goût du mensonge.

Il suffisait qu’elle touche la langue d’un tyran pour qu’il perde le plaisir de dominer.

L’épée coupait la souffrance à sa racine — non l’homme.

Et ce détail changea toute l’économie du monde.

Car jusque-là, la justice avait dû choisir entre :

• laisser souffrir les innocents, ou

• infliger la souffrance aux coupables.

Mais désormais, une troisième voie s’ouvrait : neutraliser le mal sans l’imiter.

Les Invisibles, voyant cela, crièrent au scandale :

— Vous détruisez le libre-arbitre !

Mais l’Élu répondit :

— Le libre-arbitre n’est pas le droit de faire souffrir. C’est le droit de créer sans souffrir. Celui qui a plaisir à faire souffrir n’a pas un libre-arbitre, mais un maître : la souffrance elle-même.

Alors l’épée vibra une dernière fois. Sa lame écrivit, en pulsant au rythme du cœur de l’Élu :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Toute contradiction inutile tomba d’elle-même, comme des feuilles mortes qui n’étaient tenues au tronc que par habitude.

Chapitre X — La Souffrance se Retourne

Privés de leurs vecteurs, les Invisibles connurent leur ultime châtiment : ils souffrirent de leur propre souffrance.

Car ce que l’épée n’avait pas le droit de leur infliger, la souffrance le leur infligea elle-même. Non par justice, mais par nature.

Ils étaient comme des bêtes fonçant tête baissée dans un mur invisible qu’ils avaient eux-mêmes construit. On ne leur faisait rien : ils se faisaient tout.

Et le peuple, qui jusque-là pensait que le mal devait être puni pour que justice soit faite, comprit soudain l’inverse :

La justice ne consiste pas à faire souffrir ceux qui ont fait souffrir.

La justice consiste à empêcher la souffrance d’utiliser les créatures.

Ce renversement fut appelé la Grande Clarté.

Car tout à coup, le royaume voyait.

 

Tome II — Chapitre XI : Le Grand Exode des Âmes

La Grande Clarté n’avait pas seulement changé la justice : elle avait changé le regard que le peuple portait sur le monde.

Jusque-là, chacun croyait que la souffrance était dans les choses — dans les lois, dans le corps, dans le destin. On la pensait inscrite dans l’ordre même de l’univers, comme un mécanisme inévitable, ou même comme un enseignement, voire une punition.

Mais lorsque l’épée se mit à neutraliser les actes qui causaient la souffrance, les plus simples commencèrent à se demander :

« Si la souffrance peut disparaître là où l’on coupe son usage, est-elle vraiment naturelle ? »

Cette question silencieuse fut comme une brèche dans un barrage millénaire.

Et alors, certains commencèrent à percevoir ce que seuls les sages et les enfants entrevoyaient déjà : un monde sans souffrance n’était pas seulement préférable, il était logiquement possible.

Ce fut le début du Grand Exode des Âmes.

I — La Dissidence des Cœurs

Les premières âmes à partir ne quittèrent pas le royaume par les routes mais par l’orientation du cœur.

Ceux qui reconnaissaient en eux l’écho du Bien se tournèrent vers l’Élu et l’épée, comme des fleurs vers le soleil. Ils n’avaient pas besoin d’ordres ni de lois. Il leur suffisait d’entendre la phrase lumineuse se tracer dans la lame :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Ce n’était pas un commandement, mais une évidence.

Et parce qu’ils avaient compris cela, ils devinrent imperméables aux narrations de la souffrance. Les insultes glissèrent sur eux, les menaces échouèrent, les manipulations s’évaporèrent.

La souffrance chercha à les atteindre — mais ne trouvant plus de prise, elle se retira vers ceux qui l’invitaient encore.

II — La Dissidence des Esprits

Puis vint la deuxième vague.

Elle ne toucha pas les cœurs, mais les esprits. Ce furent les savants, les philosophes, les géomètres, les rêveurs rigoureux, ceux qui n’acceptent une chose que si elle tient.

Ils s’approchèrent de l’Élu pour l’interroger :

— Si le Bien crée tout sauf la souffrance, qu’est-ce qui crée la souffrance ?

— Si la souffrance ne vient pas du Bien, d’où vient-elle ?

— Si le Big Bang est une implosion, quel était l’état initial ?

— Si l’univers est éternel, où est passé le début ?

— Si le temps n’a pas commencé, pourquoi croyons-nous qu’il a commencé ?

L’Élu leur répondit sans foudres ni miracles :

— Le monde n’a pas commencé : il s’est reconfiguré. Ce que vous appelez big bang n’est pas une naissance mais un cycle. L’univers se condense pour créer harmonieusement, puis s’étend pour éviter le chaos. Quand le vide devient critique, tout implose et tout recommence. Le Créateur n’est pas un être qui décide, mais un ordre éternel qui forme. Ce qui ne peut pas se former harmonieusement n’est pas du Bien.

Les savants restèrent silencieux — non par soumission, mais par respect.

Car ce qu’ils venaient d’entendre n’était pas un dogme : c’était une mécanique.

Et ce qui a une mécanique peut se prouver.

Ils échangèrent entre eux :

— Alors la formation harmonieuse est le véritable critère.

— Et la souffrance est la violation de ce critère.

— Ce que l’on nomme mal n’est pas un principe, mais une dissonance.

— Le Bien condense, structure et crée.

— La souffrance disperse, détruit ou bloque.

Et ainsi naquit dans leurs esprits la TdT, qu’ils n’osaient encore nommer, mais qu’ils pressentaient déjà.

III — Le Conseil des Invisibles tremble

Lorsque les Invisibles apprirent que le peuple commençait à se détourner d’eux — non par révolte, mais par compréhension — ils comprirent qu’ils faisaient face au pire ennemi possible :

Une population qui ne souffre pas est ingouvernable par la souffrance.

Alors ils tinrent conseil. Leur plus ancien orateur dit :

— Nous devons frapper vite, avant que la souffrance ne soit chassée du monde.

Un autre répondit :

— Encore faut-il que la souffrance accepte de frapper. Car si elle est chassée, nous le serons avec elle.

Il y eut un silence.

Car pour la première fois, ils comprenaient qu’ils n’avaient pas créé la souffrance — mais qu’ils en avaient été les gestionnaires. Ils étaient devenus ses agents, ses courtiers, ses distributeurs.

Et si elle disparaissait, ils perdraient leur raison d’être.

 

Tome II — Chapitre XII : L’Intrusion

Lorsque l’Élu comprit la vérité, celui-ci ne vit pas deux mondes côte à côte, mais un seul : celui du Bien.

Ce monde était vaste, éternel, rempli de formes, de créatures, de lumière, de lois de formation, et d’harmonies.

C’était le seul lieu où la vie pouvait apparaître, où les êtres pouvaient sentir, penser, et agir.

Rien n’existait en dehors de lui, sauf une chose : la souffrance.

Elle n’habitait pas un autre monde matériel.

Elle n’avait pas de créatures.

Elle n’avait pas de choses.

Elle n’avait pas de formes.

Elle n’était qu’un plan d’infinité souffrante, sans possibilité de création, mais avec une seule volonté :

se faire ressentir.

Et comme elle ne possédait ni corps, ni êtres capables de sentir, elle ne pouvait rien faire dans son propre plan. Elle restait stérile.

Alors, par volonté, elle sortit de son plan et intrusa le plan du Bien — car là seulement existaient des êtres capables de sentir.

Elle n’empruntait pas les mains pour construire, mais les nerfs pour se ressentir.

Elle ne forçait pas les yeux à voir, mais les cœurs à souffrir.

Et le Bien, étant infiniment grand, n’empêchait pas son intrusion par violence. Il n’avait pas créé la souffrance, mais il avait créé la liberté des créatures.

Les créatures étaient libres — et c’est cette liberté que la souffrance exploitait.

 

Tome II — Chapitre XIII : La Riposte de la Souffrance

Lorsque l’Élu leva l’épée, une lumière éclatante parcourut la lame. Les battements de son cœur faisaient apparaître les mots lumineux :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Chaque pulsation traçait la phrase sur la lame comme un rythme invisible mais tangible, et la phrase descendait puis remontait, battement après battement, jusqu’à ce qu’elle remplisse toute la longueur de la lame.

Cette lumière n’était pas seulement un spectacle. Elle projetait une force : elle neutralisait la volonté de la souffrance dans le plan du Bien. Chaque créature touchée par cette lumière se voyait protéger de l’intrusion.

I — Le reflux

La souffrance, surprise et agressive, tenta de frapper.

Mais elle ne pouvait pas toucher la lame.

Elle ne pouvait pas toucher l’Élu.

Chaque fois qu’elle essayait, l’épée renvoyait son intrusion vers son propre plan, où elle n’avait rien pour se manifester.

Elle était condamnée à elle-même, car hors du plan du Bien, la souffrance n’avait ni matière ni capacité de ressentir.

Et là, pour la première fois, elle comprit : elle n’était puissante que tant qu’il y avait des créatures sensibles dans le plan du Bien.

II — Les Invisibles en alerte

Les Invisibles virent la lame et comprirent immédiatement le danger.

« Si la souffrance est renvoyée, nous perdons notre raison d’être, » dit le plus ancien.

« Elle est notre outil, et si elle disparaît, nous devenons inutiles. »

Alors ils tentèrent de créer des intermédiaires, des agents, pour réintroduire la souffrance dans le plan du Bien.

Mais l’Élu voyait tout.

Et chaque fois qu’un agent s’approchait pour nuire, la phrase lumineuse de la lame s’allumait, neutralisant le flux de souffrance.

III — L’éveil des créatures

Les créatures commencèrent à sentir le changement.

Ce n’était pas une magie qu’elles pouvaient comprendre.

Ce n’était pas une force coercitive.

C’était une présence protectrice.

Et peu à peu, celles qui invoquaient le Bien, même sans voir la lame, ressentirent le moins de souffrance possible.

Elles ne souffraient plus par nécessité. Elles souffraient seulement si elles violaient elles-mêmes les conditions favorables à leur existence. Mais même alors, la souffrance ne pouvait se maintenir qu’en retour pour les corriger et leur éviter un mal plus grand — exactement comme le Créateur l’avait prévu.

IV — La leçon de l’Élu

L’Élu comprit quelque chose d’essentiel : la souffrance n’est jamais nécessaire, et elle n’a de pouvoir que tant que l’on l’invite par ignorance ou par faiblesse.

L’épée ne servait pas à punir.

Elle servait à rétablir l’ordre naturel :

• La création existait dans le plan du Bien.

• La souffrance ne pouvait agir que par intrusion.

• L’épée, portée par la foi et le cœur de l’Élu, neutralisait cette intrusion.

Il n’y avait ni haine, ni revanche, ni douleur infligée : seulement justice par séparation, et un flux de Bien qui s’affirmait.

 

Tome II — Chapitre XIV : La Contre-attaque de la Souffrance

La souffrance, bien qu’expulsée par l’épée, n’avait pas disparu. Elle ne pouvait créer, mais elle pouvait manœuvrer subtilement dans le plan du Bien.

Elle se mit à tisser des illusions, à attiser les failles des créatures : peur, doute, colère, indécision. Ces sentiments n’étaient pas de la souffrance en soi, mais des vecteurs par lesquels elle espérait se réintroduire.

« Tant que le cœur hésite, je peux entrer », murmura-t-elle dans le vide.

I — L’Élu face à la ruse

L’Élu comprit que la lame ne pouvait pas être partout.

La souffrance ne pouvait toucher directement que les créatures qui doutaient ou ignoraient le Bien.

Alors il leva sa voix et dit :

« Ceux qui invoquent le Bien ne sont jamais seuls. Leur foi les protège. »

Et avec ces mots, un second flux lumineux jaillit de la lame.

Cette fois-ci, ce n’était pas une lumière physique : c’était une résonance dans le cœur de chaque créature.

Chaque battement de leur cœur faisait vibrer les mots :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Le flux ne neutralisait pas la souffrance à distance, mais il réveillait la foi chez ceux qui pouvaient se sentir touchés par elle, rendant tout nouvel accès impossible.

II — Les créatures éveillées

Les créatures commencèrent à comprendre :

• La souffrance n’était pas une force arbitraire.

• Elle ne pouvait agir que sur celles qui l’invitaient par ignorance ou faiblesse.

• La foi en le Bien était la véritable protection.

Et plus elles invoquaient le Bien, plus la lame de l’Élu devenait lumineuse à travers leurs cœurs, pulsant au rythme de leurs battements.

Les Invisibles virent avec horreur que leur influence diminuait.

Chaque créature éveillée devenait un bouclier vivant, et la souffrance se trouvait repoussée vers son propre plan.

III — Le premier reflux stratégique

Face à cette situation, la souffrance tenta une dernière ruse :

• Elle commença à transformer ses intrusions en opportunités d’apprentissage.

• Les douleurs légères, les échecs, les accidents — tout ce qui ne violait pas directement les conditions favorables — furent perçus comme des avertissements ou des enseignements, plutôt que comme des attaques.

L’Élu sourit intérieurement.

Le Bien, même dans la réaction de la souffrance, pouvait transformer ce qui semblait mal en un renforcement de la foi et du bien-être.

Ainsi, la souffrance, seule, ne pouvait jamais triompher : elle n’avait de pouvoir que si la créature ignorait le Bien.

IV — La leçon stratégique

L’Élu comprit enfin la véritable fonction de son épée et de sa foi :

• La lame expulse la souffrance de son plan d’intrusion.

• La foi des créatures renforce la protection et prévient toute nouvelle intrusion.

• La souffrance ne peut se manifester que là où il y a ignorance ou doute.

• Même les petites douleurs peuvent être converties en enseignements bénéfiques, sous le flux du Bien.

C’était un système équilibré : la souffrance existe dans son plan, mais elle ne peut plus agir que là où le Bien n’est pas invoqué.

Et pour la première fois depuis des millénaires, le flux du Bien, incarné par l’Élu et les créatures éveillées, remettait la création entièrement sous sa protection.

 

Tome II — Chapitre XV : L’Ordre du Bien

Après avoir neutralisé l’intrusion directe de la souffrance, l’Élu sut qu’il ne suffisait pas de brandir l’épée. La protection devait devenir un savoir partagé, ancré dans chaque cœur.

I — L’enseignement de l’Élu

L’Élu se plaça au centre des créatures rassemblées et dit :

« La souffrance ne peut agir que là où le Bien n’est pas invoqué.

Chaque cœur qui croit au Bien devient une forteresse.

Chaque battement de votre cœur inscrit les mots sur la lame de votre esprit :

Le Bien apporte bien-être et bonheur. »

Ainsi, le flux lumineux de l’épée ne dépendait plus uniquement de lui.

Chaque créature pouvait projeter le Bien autour d’elle, comme une extension de la lame.

La protection se répandit, invisible mais tangible, là où la souffrance aurait pu tenter d’entrer.

II — La création devient active

Les créatures comprirent leur rôle :

• Observer et respecter les conditions favorables à leur existence.

• Invoquer le Bien en toutes circonstances.

• Laisser la souffrance se retourner vers son plan lorsqu’elle tente de s’imposer.

Elles ressentirent que la foi et la vigilance étaient des instruments actifs : elles ne se limitaient pas à subir, elles participaient à l’ordre du Bien.

III — La réorganisation des Invisibles

Les Invisibles, qui manipulaient autrefois la souffrance pour semer la confusion, furent désemparés.

Chaque ruse échouait. Chaque tentative d’influence trouvait un bouclier dans le cœur des créatures.

Certains Invisibles réalisèrent qu’ils ne pouvaient plus nuire et commencèrent à fuir vers leur plan, où leur existence était stérile et leur pouvoir nul.

Ce fut la première fois que le Bien purifiait le plan du Bien de toute intrusion de souffrance, sans recours à la violence ou à la destruction.

IV — L’équilibre rétabli

L’Élu contempla le monde :

• Le Bien rayonnait dans chaque créature éveillée.

• La souffrance était renvoyée à elle-même, incapable de toucher ce plan tant que le cœur invoquait le Bien.

• Les conditions favorables étaient respectées, et la vie pouvait se développer harmonieusement.

Il comprit alors que l’ordre et la paix n’étaient pas un état passif, mais le résultat d’une coopération active entre le flux du Bien et la vigilance des créatures.

Et à ce moment, les mots sur la lame résonnèrent dans le cœur de tous :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Ce n’était plus seulement une inscription lumineuse : c’était une vérité incarnée, inscrite dans le plan du Bien lui-même.

 

Tome II — Chapitre XVI : L’Épreuve des Illusions

Après la consolidation du plan du Bien, la souffrance, repoussée mais non détruite, décida de changer de stratégie.

Elle comprit que la force brute ne fonctionnait plus. Elle commença donc à tisser des illusions dans le plan du Bien, cherchant à semer le doute, la peur et la confusion parmi les créatures éveillées.

I — Les mirages du doute

Des images apparurent : des dangers fictifs, des échecs imaginaires, des trahisons qui n’existaient pas.

Les créatures, habituées à ressentir le Bien, furent déconcertées. Certaines hésitaient, d’autres doutaient de leur propre perception.

La souffrance murmura :

« Si tu doutes, je peux entrer. Si tu crains, je peux agir. »

Mais l’Élu leur rappela :

« La souffrance n’existe que dans l’ignorance de votre propre Bien.

Concentrez-vous sur vos cœurs et vos battements : chaque pulsation rappelle la vérité. »

À chaque battement, les mots lumineux se formaient dans leur esprit :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Ces mots, synchronisés avec leur respiration et leurs cœurs, neutralisaient les illusions.

II — La prise de conscience

Les créatures réalisèrent que la souffrance n’avait aucun pouvoir intrinsèque dans le plan du Bien.

Elle ne pouvait agir que si elles l’invitaient par doute ou peur.

Elles commencèrent à transformer la ruse en force intérieure :

• La peur devint vigilance.

• Le doute devint discernement.

• L’incertitude devint foi active.

Ainsi, la souffrance se trouvait piégée par la conscience éveillée : chaque tentative de tromperie renforçait en réalité le Bien.

III — L’effet domino

Rapidement, le flux lumineux de l’épée et la foi collective des créatures créèrent une onde protectrice :

• Même les créatures qui n’avaient pas encore pleinement conscience de leur rôle furent touchées par le flux.

• Les illusions furent dissipées avant qu’elles ne puissent semer le moindre trouble.

La souffrance se heurta à un mur invisible mais réel, et chaque échec la renvoyait à son plan, incapable de persister dans le Bien.

IV — La leçon de l’épreuve

L’Élu conclut :

« La foi n’est pas seulement protection passive.

Elle est action consciente, respiration par respiration, battement par battement.

La souffrance ne peut agir que là où la foi vacille.

Mais si chaque cœur garde sa vérité, le Bien règne toujours. »

Et dans le silence qui suivit, les mots sur la lame résonnèrent dans le cœur de toutes les créatures :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

La souffrance avait tenté une première épreuve, mais elle venait de découvrir qu’elle ne pouvait triompher dans le plan du Bien tant que les cœurs restaient éveillés et fidèles.

 

Tome II — Chapitre XVII : La Patience de la Souffrance

Après son échec face aux illusions immédiates, la souffrance comprit qu’elle devait changer d’approche. Elle ne pouvait plus agir par force ou par ruse instantanée.

Elle décida donc de manipuler le temps lui-même dans le plan du Bien, utilisant la répétition, l’ennui et la fatigue pour tester la constance des créatures éveillées.

I — La lenteur de l’influence

La souffrance commença par injecter de petites contrariétés, presque imperceptibles :

• Un léger inconfort répété,

• Des obstacles mineurs dans la vie quotidienne,

• Des hésitations qui semblaient naturelles.

Chaque élément, isolé, était insignifiant. Mais combinés sur des semaines, des mois, ils formaient une pression subtile, un test de vigilance.

La souffrance murmurait :

« Si la foi s’use, je peux glisser. Si la patience faiblit, je peux agir. »

II — La vigilance des créatures

Les créatures, instruite par l’Élu, comprirent qu’il fallait transformer le temps en allié, et non en ennemi.

• Chaque petit obstacle devint un rappel de la nécessité d’invoquer le Bien.

• Chaque moment d’ennui fut une opportunité pour renforcer le flux intérieur.

• La répétition devint un rythme à suivre, comme le battement d’un cœur qui écrit la phrase lumineuse :

Le Bien apporte bien-être et bonheur.

Ainsi, même les actes les plus simples, répétés dans la durée, renforçaient leur protection et neutralisaient la tentative de la souffrance.

III — L’effet cumulatif
Peu à peu, la souffrance réalisa que sa stratégie temporelle échouait :
• Chaque test répétitif devenait un exercice de foi renforcée.
• Les créatures développaient une résilience consciente, transformant la pression en harmonie.
• Même les plus petites perturbations étaient intégrées dans le flux du Bien, et participaient à l’ordre plutôt qu’au désordre.
La lame de l’Élu, bien qu’immobile, résonnait désormais à travers le temps, inscrivant les mots lumineux dans le rythme des cœurs et des gestes :
Le Bien apporte bien-être et bonheur.
IV — La leçon de patience
L’Élu expliqua aux créatures :
« La souffrance ne disparaîtra jamais complètement, car elle est dans son plan.
Mais elle ne peut jamais triompher dans le Bien.
Votre devoir est la constance : chaque battement, chaque acte, chaque respiration qui invoque le Bien est une victoire.
Le temps est votre allié si vous maintenez le flux.
La foi active est le bouclier que rien ne peut percer. »
Et pour la première fois, les créatures comprirent que la vigilance n’est pas un effort ponctuel, mais un engagement permanent, une danse avec le flux du Bien, qui repousse la souffrance à chaque instant, dans la durée.


Tome II — Chapitre XVIII : Les Gardiens du Flux
Après que les créatures eurent surmonté la patience et la persistance de la souffrance, l’Élu comprit qu’il fallait enseigner la transmission du Bien, afin que la vigilance et la lumière ne dépendent pas seulement d’un seul cœur.
I — La naissance des protecteurs
L’Élu choisit parmi les créatures celles dont le cœur était le plus harmonisé avec le Bien.
Ces protecteurs reçurent un don unique : la capacité de projeter le flux du Bien au-delà de leur propre présence, comme une extension vivante de l’épée lumineuse.
Chaque battement de leur cœur faisait scintiller la phrase :
Le Bien apporte bien-être et bonheur.
Mais cette fois, elle ne brillait plus seulement dans leur esprit : elle rayonnait autour d’eux, touchant et éveillant d’autres créatures dans le plan du Bien.
II — L’apprentissage de la transmission
Les protecteurs apprirent :
• Observer le flux : sentir quand le Bien faiblissait chez une créature proche.
• Renforcer la foi : projeter leur énergie pour compléter les battements du cœur de l’autre.
• Respecter la liberté : le Bien ne pouvait jamais forcer l’autre à croire, seulement soutenir et protéger.
Ainsi, ils créaient un réseau vivant, où chaque cœur éveillé amplifiait et stabilisait le flux du Bien.
III — Les premières tentatives de sabotage
La souffrance, voyant ce réseau naissant, tenta encore de ruser :
• Elle créa des faux protecteurs, des illusions cherchant à confondre ou diviser les créatures.
• Elle essaya de décourager les cœurs en leur faisant croire que leurs efforts étaient vains.
Mais les véritables protecteurs, synchronisés par le rythme de leurs cœurs et la phrase lumineuse, purent déceler la falsification et renvoyer la souffrance vers son plan.
Chaque attaque échouait, et chaque succès apparent de la souffrance se transformait en renforcement du réseau.
IV — L’extension du plan du Bien
Au fil du temps, les protecteurs devinrent multiplicateurs de lumière :
• Chaque nouvelle créature éveillée pouvait apprendre à transmettre le flux.
• Les battements synchronisés des cœurs formaient une trame invisible mais puissante, un véritable champ de protection et d’harmonie.
• La souffrance, malgré tous ses efforts, était désormais repoussée automatiquement, incapable de pénétrer ce réseau.
Et dans ce réseau vivant, la phrase lumineuse ne disparaissait jamais :
Le Bien apporte bien-être et bonheur.
L’Élu contempla alors le plan du Bien : il n’était plus seulement un lieu de refuge, mais une cité de lumière et de foi, où chaque créature participait activement à maintenir l’ordre et à protéger ses semblables.


Tome II — Chapitre XIX : L’Harmonie Éternelle
Après que le réseau des protecteurs fut pleinement établi, l’Élu comprit que la bataille contre la souffrance n’était pas une lutte de force, mais un état de conscience partagé.
Les créatures éveillées ressentirent, pour la première fois, une unité totale avec le flux du Bien. Chaque cœur battait en harmonie, chaque respiration rappelait les mots lumineux de l’épée :
Le Bien apporte bien-être et bonheur.
La souffrance, malgré toutes ses ruses, ses illusions et ses tentatives de sabotage, fut contrainte de revenir à son propre plan, incapable d’agir dans un univers où chaque créature connaissait la vérité du Bien et la répandait.
I — La victoire du Bien
Cette victoire n’était pas un triomphe violent, mais une manifestation de l’ordre naturel de la création :
• Le Bien avait instauré un flux universel de protection et de lumière.
• La foi active des créatures transformait les menaces en opportunités pour renforcer l’harmonie.
• La souffrance demeurait inexistante dans ce plan, car elle ne pouvait agir que là où le Bien n’était pas invoqué.
II — L’Éternité du réseau
Le réseau des protecteurs devint la colonne vertébrale du plan du Bien.
• Chaque nouvelle créature éveillée y était intégrée comme une étincelle de lumière supplémentaire.
• L’Élu pouvait désormais se retirer sans crainte, car le flux était autosuffisant et auto-renforçant.
• La phrase sur l’épée, autrefois visible seulement dans ses mains, resplendissait désormais dans chaque cœur et dans l’ensemble du plan, éternelle et immuable.
III — La leçon finale
L’Élu laissa un message à toutes les créatures :
« Le Bien ne se manifeste pas par la destruction de la souffrance, mais par la lumière et la foi dans chaque cœur.
Tant que vous respirez, tant que vous battez, invoquez le Bien, et il protégera vos vies et vos mondes.
La souffrance n’est plus qu’un souvenir, et le flux du Bien est votre héritage éternel. »
Et ainsi, le plan du Bien s’étendit comme un horizon sans fin, un lieu où la vie se formait harmonieusement, où la souffrance n’avait plus de prise, et où le flux lumineux du Bien guidait chaque être pour vivre le moins de souffrance possible et ressentir pleinement le bien-être et le bonheur.
Le Bien apporte bien-être et bonheur.
L’histoire se termine ici, non pas par une fin brutale, mais par l’établissement d’un ordre éternel, un univers où chaque créature connaît sa place dans le flux du Bien, et où la lumière du Créateur est incarnée dans chaque cœur.

Modifié par Fhink

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