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Gouvernance

Reo

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Notre développement, si c’est bien celui d’un monde pour l’homme que nous prétendons rechercher, ne diffère nullement, dans son principe, du développement biologique de l’être vivant : comme lui, il consiste à tendre sans cesse à une meilleure adaptation mutuelle avec le milieu et c’est, semble-t-il, le but que les hommes, où qu’ils soient, ont toujours pensé poursuivre en se donnant leurs institutions. Vu l’extension planétaire de nos moyens de communication et d’échange, ce principe, loin de s'arrêter aux frontières, ne peut dès lors que s'appliquer à la société humaine dans son ensemble.

Car les Etats comme les organisations internationales, si tant est que demeure leur vocation originelle, apparaissent aujourd’hui désarmés devant l’imbrication croissante de leurs responsabilités, qui les dessaisit de plus en plus brutalement de leurs prérogatives.
Une telle situation, faute d’être aménagée, remet en question, au-delà de leurs développements respectifs, celui de leur mandant et fondateur, la personne humaine. Aussi ce développement conjugué, actuellement anarchique et soumis à tous les aléas, réclame-t-il une gouvernance, qui prenne le relais à l’échelon mondial.

Cependant une autorité supranationale ne peut tirer sa légitimité que d’une prise de conscience générale de cette interdépendance planétaire et de la nécessité de la prendre en charge.
Ce qui revient à dire que, parmi les communautés de notre planète, aucune, quels qu'en soient l’origine et le statut, ne puisse encore ignorer les autres et se comporter comme si certaines d’entre elles n'existaient pas.
Condition indispensable pour la découverte de cette souveraineté commune et l’adhésion à son exercice.

Si l’option d’une gouvernance mondiale devait être retenue, son premier objectif, préalable naturel à de nouveaux choix de développement, serait, pour évacuer les désordres écologiques et socio-économiques et les crises qui en dérivent, de rechercher au plus tôt un premier équilibre de solvabilité entre l’offre et la demande des prestations de services, et un équilibre correspondant dans la distribution des missions et des charges.

Avec la fragilisation, puis la rupture de ces équilibres, entraînée par une mondialisation inéluctable, l’armature de droit international politique et économique, telle qu’elle est perçue et appliquée, est devenue _ sans doute définitivement _ inadaptée au développement des personnes et des populations.

En effet, au lieu de les soulager des charges confiées _ comme naguère dans chaque Etat _ à différentes institutions, elle a, dans sa configuration actuelle, incité la plupart de celles-ci à s’en débarrasser, en les autorisant à poursuivre _ au grand large _ leurs propres objectifs. Aujourd’hui revendiqués comme prioritaires, ces derniers s’avèrent _ paradoxalement _ de moins en moins compatibles avec la poursuite du développement.

Dès lors, en reprenant à son compte les vocations chancelantes des puissances continentales, avec cette part de souveraineté qu’elles sont désormais incapables d’assumer, l’institution d’une gouvernance mondiale aurait comme objectif essentiel de libérer la planète et ses occupants de cette situation d’assujettissement.
Et pour cela, de faire en sorte de restituer :
- aux instances locales, régionales, nationales, un réel pouvoir de décision _ attestant la part respective de souveraineté qui leur est dévolue _ en leur permettant d’y voir plus clair sur les problèmes généraux et de faire bénéficier les citoyen(ne)s de cette transparence,
- aux citoyen(ne)s, grâce à cela, la possibilité à tous les échelons de responsabilités, techniques et territoriaux, de se déterminer sur des options concrètes et de compléter les informations sur les problèmes particuliers qui se posent sur le terrain.

En retour, il reviendrait à chacun(e) _ dûment informé(e) _ de se prononcer sur :
- le contenu de la mission de régulation à proposer pour assurer cette gouvernance,
- la structure de droit la mieux appropriée à sa réalisation.

De ce fait, les mesures spécifiques, parmi les plus urgentes, éventuellement adoptées contre… le chômage, les diverses pollutions, les anomalies de la finance, le gaspillage de l’énergie, etc. …pourraient retrouver quelque efficacité dans la mesure où, insérées dans une politique générale, elles ne risqueraient plus d’entrer en conflit.




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