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Des bonbons ou la vie !

Marioons

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L'élan vers l'Autre, qu'il soit perçu comme simple curiosité, affection, compassion, attirance, sensualité, sexualité... ne pourrait-il pas être bien mieux géré, magnifié et mis à l'honneur par notre si belle espèce humaine ?

Sur beaucoup de points encore, il semblerait que le règne animal soit plus ouvert et intègre plus sainement (bien que pas toujours moins violemment), cette question de l'élan vers l'autre dans la vie quotidienne.

[Documentaire assez parlant : "animaux trop humains"...]

L'espèce humaine y a greffé une infinité de carcans, de tabous, sous prétextes de principes, de règles sociales sensées promouvoir le bien commun, mais finalement empêchant la libre diffusion de l'amour, qui dès lors n'a plus droit qu'à un cadre d'expression extrêmement restreint, rigide et obscur.

Loin de canaliser sainement l'élan vital - ce qui serait alors une excellente justification de cette tentative de structuration - ces codes mènent plutôt à un étouffement de ce dernier, à la discrimination, à la confusion, au repli sur soi, à l'incompréhension mutuelle, perpétuée par une dépréciation de la curiosité envers ce qui est Autre.

Ces règles morbides, souvent contradictoires, nous habituent aux injonctions paradoxales (ou doubles contraintes), qui subies sans prise de recul, mènent à la folie. Suivies aveuglément, c'est le déclin de l'être qu'elles encouragent, et non son épanouissement. Elles proviennent d'une société qui a érigé ses principes selon un mental déconnecté de sa source primaire d'énergie, de sa fonction essentielle d'amour, de lien et d'expression de ce lien, et qui dès lors perçoit cette énergie comme un danger, une inconnue menaçante dans l'équation, une vague potentiellement mortelle pour l'ego et à qui il faut s'empresser de faire barrage. Quitte à finir, dans une escalade folle, par construire un barrage qui cache à ce point la vue que l'on ne se souvient plus vraiment de ce qu'il garde. L'anxiété, peur diffuse, n'en est que renforcée...

Or demi-mesure et véritable amour ne font pas bon ménage (pour ne pas dire pas ménage du tout), et cela devient flagrant chez les personnes plus proches de leurs ressentis que la moyenne, qui ne peuvent encaisser les faux-semblants et les restrictions sans un sursaut de l'âme, souvent étiquetées de cœurs d’artichauts, hyper-sensibles, "à fleur de peau", passionnées,  idéalistes, immatures, ou tout simplement, bizarres.

Ces personnes ne font pourtant que révéler de façon flagrante la dichotomie morbide dans laquelle s'est enfermée la société, et qui concerne chacun de ses membres : soit elles aiment et peuvent l'exprimer librement et spontanément, soit elles sombrent dans le pôle opposé, qui est la peur. (L'état neutre n'existant à priori que dans l'imaginaire d'un cerveau « gauche » fonctionnant en circuit fermé).

Un "phobique social" ressent peut-être, entre autre, plus fortement que la moyenne ce besoin viscéral, urgent, vital, du lien authentique et libéré avec l'autre. Ne pouvant l'exprimer pleinement dans des sociétés telles que la nôtre, comprenant dès l'enfance qu'il lui est nécessaire pour survivre de se conformer à des règles qui ne lui sont pas naturelles, il se retrouve tantôt en position de maladresse extrême et de frustration (lorsqu'il tente d'appliquer ces règles dont la logique lui échappe), tantôt en décalage avec les mœurs habituelles (lorsqu'il lâche les brides et aborde l'autre avec ce que l'on jugera être un trop plein de familiarité), tantôt, à l'autre extrême, en position de repli, d'inhibition, de peur panique (lorsque la confiance et l'estime personnelle son réduites à néant à force du peu d'occasions d'expressions saines de l'amour et de l'échec de la plupart des tentatives de communication affective).

Passivité – agressivité – maladresse, trois positions qui se renvoient la balle, trois pôles du triangle de notre enfer personnel et inter-personnel.

Pouvons-nous sortir de cette dynamique énergivore, l'inverser, la transcender ?

Et s'il suffisait de commencer par se recentrer ? Littéralement, revenir au centre, accepter d'être le nombril du monde, de notre monde…

Puis laisser s'arrondir les angles, et enfin entrer dans la sphère amoureuse...

Hors de la rondeur de l'amour, point de salut.

Ultime bonbon tout rond, qui ne gâte même pas la dentition.


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