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Bonne année 2016


echoo

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L’année 2015 tire sa révérence pour laisser place à une nouvelle.

Elle a emporté avec elle bon nombre d’âmes innocentes dont le seul tort est d’être au bon endroit mais à un mauvais moment face à des « tangos » barbares sans foi ni loi.

Beaucoup d’autres, dans leur fuite éperdue vers l’exil forcé, seront rattrapés par le mauvais sort pour payer le tribut de la bêtise humaine. Bon nombres seront engloutis par les flots et , ceux qui auront la chance d’échapper au naufrage seront marqués à vie du sceau de la fatalité.

Rien ne va plus en ce bas monde ! Telle est la décision irrévocable prise par « ceux d’en haut », le tout financé sur fonds des « pétro-péteux »gardiens autoproclamés du temple, auto-investis d’une mission sacro-sainte consistant à faire chier« ceux d’en bas ».

Une nouvelle page vierge s’ouvre devons nous et s’offre toute blanche pour recueillir d’autres faits inattendus,d’autres histoires inédites, d’autres bêtises humaines toutes faites pour contrarier nos aspirations au bonheur. Beaucoup paieront le non dû, parfois sous l’œil indifférent d’un « pseudo humanisme » qui a perdu ses principes les plus basiques.

Au douar, nous sommes toujours là, qui debout,qui assis parfois sur des pierres ou autres sièges de fortune, scrutant l’horizon bouché à attendre quelque chose qui tarde à venir et qui ne viendra surement jamais : cette chose virtuelle à laquelle les déprimés s’accrochent en dernier ressort quand rien ne va plus : l’espoir.-

« L’espoir fait vivre »,dit-on ! Certes, mais à condition d’être porté par un combat juste et mené sans relâche. Et la partie est loin d’être gagnée !

Certains désespèrent de rencontrer un jour « l’espoir », ce petit mot inventé par l’homme pour lui permettre de tenir le coup en attendant de voir plus clair. Une sorte de bouée de sauvetage que l’on tire du fond de soi-même pour éviter de sombrer corps et âme et continuer à survivre dans ce « douar merdique », les yeux rivés sur le rivage brumeux.

Au fur et à mesure que s’estampent les dernières lueurs du soleil pour passer le relai à cette soirée du 31 décembre,nos sombres silhouettes se détachent en contre-jour pour renforcer encore plus les traits de notre misérable condition de « douariens »frustrés évoluant au gré de la « médiocratie »régnante. Ici, même le père Noel, ce personnage virtuel de circonstance, inventé pour offrir des rêves aussi virtuels, est interdit de citer. Il est strictement interdit de rêver, seuls les cauchemars sont tolérés !

Pour « tuer le temps » qui finira tôt ou tard à avoir notre peau,nous discutons sur n’importe quoi et ,dans notre « tchatche », le sujet favori porte toujours sur « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas ».

- « Ceux d’en haut » ont bloqué l’ascenseur pour nous empêcher de monter ! – disent certains.

-Non !, pire encore !, comme promis dans leurs mensonges, ils nous ont bien lancé une corde pour monter, mais ils ont mis plein de graisse !

-Même Dieu le « très-haut » est avec «ceux d’en haut », puisque son siège est en haut dans les cieux !

-Oui, on monte bien au paradis et, on descend aux enfers ! C’est clair, net et précis !

Ils sont très nombreux à travers le monde «ceux d’en bas » et leur nombre ne cesse d’augmenter d’une manière exponentielle, eux qui s’octroient le privilége d’être en accointance avec la misère constante et persistante.

Les conditions sociales et les préoccupations communes qui les animent déclenchent en eux cet instinct grégaire qui fait rapprocher les êtres de même espèce.

L’instinct communautaire se renforce et trouve toute son expression, la force de sa dynamique, dans le principe : se fondre dans le groupe pour mieux accepter sa condition et assurer sa survie.

Un jeu d’équilibre entre les forces du « mal-être » et celles sous-tendues par l’espérance légitime au « bien- être ».

Malgré les vicissitudes de la vie,certains trouvent toujours un palliatif pour rire de leur propre malheur ;doux paradoxe imposé par le souci de trouver un « placébo » dans la formule: rire du malheur des autres pour mieux supporter le sien. Supporter le fardeau et s’accrocher à la vie en se persuadant qu’il y a pire et plus pire que pire.

Dans ce jeu, Ils s’inventent des sobriquets quelquefois cocasses.

Celui-ci est surnommé « le vélo » ;un sobriquet qui lui colle bien, vu sa « carcasse » arc-boutée qui rappelle celle d’un cycliste. A le voir venir de loin, il donne l’impression de chevaucher un vélo invisible. La réalité est que la « carcasse » du « pôv-type » n’arrive plus à supporter le fardeau du chômage. Usé moralement et biologiquement par le désespoir, il est bon pour la retraite anticipée avant même d’avoir goûté au labeur d’un job. C’est aussi très pénible de ne pas travailler !

Celui-là a été baptisé « le sphinx » à cause de sa position inerte, toujours au bar assis devant une bouteille de bière pour noyer ses chagrins, les avants bras tendus, paumes des mains bien à plat sur la table. Lui, sa « carcasse » est là, bien installée, mais son esprit vagabonde ailleurs pour visiter les contrées lointaines, hors des frontières du« douar » ; ses yeux brouillés par les vapeurs éthyliques vous regardent sans cligner, mais lui, il ne vous voit pas. Il ne bouge occasionnellement que pour chasser une mouche devenue trop agaçante ou pour appeler le serveur pour « remettre çà ». Il peut rester des heures durant dans cette position sans brancher et sans dire mot.

« Le sphinx » ne fume pas, ne chique pas et surtout ne crache pas. UnD.E.S en poche, çà fait presque deux ans qu’il se « roule les pouces » et survit de petits boulots occasionnels. A voir sa « tignasse » ébouriffée, il commence à déprimer et ne tardera pas à disjoncter.

Un autre a été surnommé « le lion de la soupente ». Je ne sais où ils sont allés chercher ce sobriquet pour le coller sur un « gusse » dont l’allure générale n’a rien à voir avec celle d’un félin, plus particulièrement le lion, le roi des animaux.

Il passe son temps adossé au mur, debout sur une jambe, l’autre pliée à angle droit pour prendre appui pour mieux renforcer sa posture. Coiffée d’une casquette flambant neuve griffée d’une « virgule », sa cervelle est restée intacte et n’a jamais fonctionné depuis qu’elle a été éjectée de l’école primaire. Et, Il tient absolument à la préserver de l’usure et la maintient jalousement tout le temps en veilleuse. De temps en temps, il détache son pied du mur pour assurer la relève de son autre jambe et profite de cet « entre acte » pour jeter un coup d’œil sur la « virgule » apposée sur sa casquette « made in china » contre faite pour imiter une grande marque. Il en tire une grande fierté et toute sa vision des choses s’arrête à sa casquette.

Il siffle sans cesse un refrain interminable connu de lui seul et, quand il parle, il ne termine jamais ses phrases…..ilbug ! Ses neurones se déconnectent et, à vous de déchiffrer la suite dans la gestuelle.

A le voir de loin dans ses fringues, il donne l’impression d’un grand « sprinter » en attente du coup de starter pour débouler en trombe sur le parcours olympique du «douar »,tracé par la seule et unique ligne droite entre l’épicier et la mosquée. Plus loin, la piste poussiéreuse plonge directement dans un oued assoiffé.

A regarder notre félin de plus prés, la déprime vous envahit soudainement et une sorte de morosité s’installe face à la réalité amère : notre champion a marqué son petit territoire par un tas de mégots et la dernière bouffée de sa cigarette encore fumante est accompagnée d’une « quinte », signe évident de mauvais présage pour la santé de notre « lion de la soupente ».

Il n’a jamais travaillé, ni songé à travailler et, il est pour lui, hors de question de trimer tant que la pension de sa « vieille mère » couvre ses besoins vitaux. Il ne quitte son mur que pour se diriger directement vers la « mangeoire »,assurer le plein et revenir illico-presto « faire le pied de grue » dos au mur.

Un tas de projets lui tient à cœur pour la nouvelle année 2016 :

-conserver sa cervelle plombée intacte,

-astiquer la « virgule » de sa casquette,

- vivre pour manger aux frais de « la vieille »,

-se « délester » et tirer la chasse !

-Rien d’autre !

-Et la boucle est bouclée !

A l’allure où vont les choses au « douar » comme ailleurs de par le monde, point de salut pour les règnes animal et végétal et, pour berner une fois de plus nos illusions, nous nous adressons mutuellement nos meilleurs vœux pour souhaiter une bonne année 2016 , alors que les 2015 séquelles qui ont ravagé nos quotidiens ont déjà hypothéqué l’espoirde voir un jour l’humanité toute entière baigner dans le bonheur sans exclusion aucune .

Dans l’attente de réaliser ce rêve insensé, rien ne nous empêche d’offrir juste un petit sourire, une petite caresse ou tout simplement une douce petite parole.

Si non, faisons semblant de vivre en paix sur nos vœux pieux !

Sur ce, à vos souhaits et « bounannie » 2016 !

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