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Féministe ?

yacinelevrailefou

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Docteur Mahboule est décédé. Marion a vécu à ces côtés ces belles années, celles où elle croyait au prince charmant juste avant de se savoir enceinte. Une illusion morte.

Le père de Docteur Mahboule était un illustre joueur de Rugby. Champion de France et des femmes. Ce séducteur, sa carrière achevée sur le haut trophée national, allait supporter la République à la tribune présidentielle de tous les stades du pays; y rencontrant la république et ces différents fauteuils à travers sa longue et riche retraite. Docteur Mahboule-fils quant à lui fut destiné par son nom aux plus hauts travaux rugbystiques : être entraîneur de l'équipe ministérielle. Très mauvais joueur, il perdit tous les trophées de son père excepté celui de Marion, meilleure assistante administrative. Elle réussit à fonder l'école de Rugby de la deuxième chance. Docteur Mahboule-fils l'y aida en son illustre nom; duquel il fît aussi celui de l'illusion morte de Marion. Docteur Mahboule y était bien-entendue le directeur, laissant les bassesses de l'organisation et de son administration à Marion. Marion trouvait le docteur beau, il était beau comme son illusion morte. Elle récurait du matin au soir et du sol au plafond le parquet de son administration : le sport qu'elle a toujours aimé... "Accordé!"

Docteur Mahboule avait un combat, ou plutôt une revanche : il n'était nullement responsable d'après lui de ses échecs répétés et de ses maladresses stupides vis-à-vis de l'héritage paternel. Se pensant incompris, il n'a eu de cesse d'accuser le monde du Rugby d'incompréhensions sportives. Il y mit toute son énergie ainsi que celle de son assistante. Il souhaitait au Rugby pour la promotion des valeurs sportives, pour le bien du Rugby et celui de l'humanité, la parité hommes-femmes. Un livre parut. De son vivant, personne ne le lu; la critique ne voulant pas se faire l'écho de la stupidité, du piston sans valeur obligeant l'éditeur a corrompre et le Rugby et le monde de l'édition. Ainsi, pour le docteur, ce fut la preuve éclatante de l'incompréhension de ses paires dont en la totalité des refus, fît de sa profonde frustration l'exceptionnelle; son livre. Plusieurs années s'écoulèrent. Le docteur devint un croulant peu à peu s'éloignant de Marion qui parfois le rejoignait sur un banc. Le banc, lui aussi perdait son éclat. L'illusion du docteur s'éteignait.

Docteur Mahboule mourra un jour de match. Son équipe a, comme à l'accoutumée, perdu. Au coup de sifflet final, il expira. 33 à 3. Notes de l’entraîneur : "Carramba! Encore un raté ! J'aurais pourtant juré que cette fois-ci on aurait pu gagner... Mais on gagnera, j'en suis sûr; parce que l'on a déjà gagné. Et même que c'était aujourd'hui. Alléluja !".

Au soir, Marion pleura sur son parquet. Et levant les yeux sur les drapeaux et écharpes du club du Docteur Mahboule qui tenaient les cadres des médailles municipales des victoires administratives (autorisations d’accueil du publique, licences sportives, autorisations municipales d'exercer et autres décrets...) vit, entre les lumières descendues des larges fenêtres aux plafonds, un livre dont les pages battaient par un courant d'air, à moins que ce fut par la lumière, l'illusion de ces larmes.Ce fut l'apparition du livre du docteur. Marion, illuminée, rappela à elle toutes ses illusions... Se releva vaillamment , tira le livre Excalibur et lança sur tout Brocéliande un cri rageur, élevant alors tout son être en un idéal : "Je suis vivante !"

En trois-quart d'heure, elle avait "bouffé" le bouquin. Elle avait tout compris. Elle avait tout assimilé : Toutes les règles du Rugby à Quinze et l'esprit du Rugby. Tout y était clair : quand siffler, quels gestes pour tel ou tel aperçu d'arbitrage, le temps de jeu, la gestion de l'espace, les dimensions du terrain, la maîtrise du ballon, etc... Tout. Elle savait tout. Tout sur le Rugby. Le Rugby c'est pour Marion la connaissance du monde grâce à la profondeur du style du Docteur qu'elle a connu et aimé. La grâce du Docteur Mahboule, la profondeur du monde. D'ailleurs ce livre a été écrit pour elle, elle en est sûr, elle qui le sait. Une chose pourtant y demeure mystérieuse : les dernières phrases, au remerciement, parlent d'une autre mi-temps. De forme illogique, c'est une moitié qui s'ajoute à la totalité du livre, du Rugby, du monde. Qu'est-ce ? De plus, le docteur y parle de l'eau froide comme seul moyen ou dernière étape de malheurs afin d'arriver à la parité salvatrice dans les équipes de Rugby, l'évolution inévitable de la présente folie des Rugbymen vers le véritable Rugby à Quinze : la formation d'une équipe de Rugby spéciale, un commando surpuissant, entraîné et qui n'a peur de rien : l'équipe féminine. Le Rugby féminin, pour qu'ensuite renaisse en cette forme le véritable Rugby. Aux derniers mots, il projette une date : quinze ans après sa mort, de la compréhension de ce qu'il fut,de ce qui est éternel; sera le Rugby. Date d'édition. Signature. Fin.

Une heure plus tard, Marion a au téléphone un pompier "Capitaine". Elle doit se rendre très vite à l’hôpital, son petit cousin est dans le coma : il a bu trop d'eau froide. Avant de raccrocher, il lui conseil de prendre avec elle de l'eau chaude, non pour elle-même mais pour en donner à son petit cousin, à l'article de la mort, étant à ce jour, le seul remède à quoi l'on ne puisse qu'ajouter l'espoir.

L'espoir de vivre, elle connait. Et même plus fortement le croit-elle que son petit cousin. Au départ pour l’hôpital, bouclant sa ceinture, la clef prête à tourner; elle jure de ne pas toucher et de ne servir aucunement de l'eau froide; l'eau de mort. Invoquant alors la vie, son livre, le docteur Mahboule, elle mis le contact. Magie du véritable Rugby : la voiture gronda. La page 35 embraya, et la dix-neuvième accéléra. Elle n'avait rien oublié de son enseignement, elle qui comprenait tout. La boite de vitesse crissa quelque peu mais qu'importe; le compteur indiquait 90 Km/h, à peine en dessous de la limitation. En deuxième vitesse, elle allait donc vers la mort, déterminée à faire vivre. Tout allait bien par sa compassion et le cadeau de sa vie, la contrainte sur son âme de la mort en ses actes de vies : l'intention pour ce petit-cousin qui ne doit qu'aller bien; à présent qu'elle passe directement la marche arrière pour se garer. Essai transformé, la voiture fume et les portes des urgences s'ouvrent : plus rien ne peut maintenant l'empêcher de remporter la victoire sur la mort. La vie de son petit-cousin et l'eau chaude qu'elle fera malencontreusement tomber sur le front souffrant du petit. L'eau froide que déjà elle boit. Le Rugby est la grande brûlure de la vie se dit-elle, l'école de la vie. En effet, le pompier n'avait pas menti; grâce à elle, le petit-cousin vécu longtemps. Défiguré mais longtemps. Il expira lui aussi très vieux (quelques mois après le décès de sa bienfaitrice de toujours, Marion) ; son héritage fut donné à la fondation Mahboule-père "Mahboule-Marion Foundation" : son foie et son pancréas devinrent ceux de la République au nom du Rugby, celui qui le rendit libre et vivant ! Sur sa tombe est marqué : "La liberté et la vie sont toutes deux des illusions mortes. Allez toutes vous faire enc... et le Rugby avec."

La douleur de la justice a eu sur son visage, il est vrai, durant toute sa vie qui suivit cet épisode à l’hôpital, les grimaces et l'expression de l'endurance. Les mêmes que Marion lui pardonna, élevant son handicap comme la valeur suprême de l'homme célibataire. Un existence foutue ? Non ! Bien au contraire ! Le rugby retrouvé !

*

A l’École de Rugby Mahboule, Justine est l'entraîneuse numéro 1. Au niveau municipal, elle a tout gagné avec ses "poulettes". A la une du canard du coin, le journaliste le plus en vogue de la région, lors de la venue du ministre des sports dans le village pour les sports d'hiver, publia une entrevue. La veille, le journaliste, Justine et Madame la ministre devait se rencontrer sur la cime de la station au "Refuge du Père St Bernard". Toutes deux acceptèrent, et malgré le mauvais temps et au désespoir du journaliste, elles décidèrent à l'unisson de s'installer sur la terrasse, loin de la fumée et des liqueurs, des vapeurs sortant des tonneaux de vins chauds et des moustaches trempées de bières et de rots. L'interview alors dans les meilleures dispositions, le sujet ne pouvait se tarir; les interviewées s'unir, leurs qualités forçant le respect; la puissance du sport et du Rugby donc. Mais une tempête arriva soudain au dessus d'eux. Le journaliste ne put véritablement rien noter, tout au plus a t il pu entendre deux ou trois mots : le coiffeur de la station est vraiment génial. Attaché au auvent, faisant ce qu'il peut pour protéger la table, cet entérocoque du papier quotidien essayait par ses pieds de garder le sol malgré la tempête et la neige, croyant par cela faire taire les moqueries de ses deux dames définitivement bien plus intelligentes que lui... Un journaliste, pour manger, fais de ce style de courbettes son métier bien plus que son talent d'écriture et de narration de beaux et véridiques récits. Le lendemain, le journal édite/contamine à foison : La bactérie/fédération du rugby à quinze vient de renvoyer de la sélection nationale Messieurs Jean Gagny, Gilles de Nopert et Grognant François pour manque de civisme après avoir insulté un journaliste lors de leur séjour d’entraînement dans une station de sport d'hiver. La ministre a soutenu l'initiative en annonçant que de la faute de ces trois joueurs face à leurs responsabilités vis-à-vis du sport, (chacun évoluant au plus haut niveau de l’hémisphère Sud après avoir obtenu les plus belles récompenses britanniques et françaises de la discipline), ne se devait pas seulement d'être bon au Rugby mais bonnes à la société. Elle jura prendre la responsabilité d'en faire des hommes ou mieux, elles œuvrera à ce qu'ils s'en fassent eux-mêmes. Elle est ministre et a été reconnue ayant la meilleure idée de la société, et plus encore elle a sa propre idée du sport et des sportifs. Elle aidera ces 3 rugbymen à être bonnes à la société, une mini-se terre un point c'est tout... D'ailleurs, ce soir là, elle était très remontée : ils ont tout vu. "Vu" comme la victoire française sur l'Irlande ou comme la barbe New-Zélandaise dans son ascenseur à Matignon. Maman ministre leur en parla à un repas précédant l’édition du matin; chacun des 3 avaient environs 33 ans, ils espérèrent pouvoir comprendre mieux la volonté nationale, s'effaçant devant la priorité de redresser la jeunesse perdue du pays, s'en faisant alors volontiers les contre-exemples pour la carrière de Madame la ministre et contre la leur, ce pseudo-Rugby. En clôture du repas, elle leur annonça leur remplacement par Mesdames Justine Mahboule, Valtesse de la Bigne et comme pilière, la star intervillageoise : de la Butte-aux-Lapins Françoise ! Les Hourras des consternations discrètes et profondes firent la joie et la confiance de Madame la ministre; fier flambeau du Rugby Français, le seul et véritable sport du présent mandat... Elle a aussi sa propre idée de ce qu'est un mandat... A suivre mais on a peur... Je vous laisse imaginer la pureté de Justine et des autres -Amour, Gloire & Beauté - évoluant dans le championnat du monde de la circoncision la plus propre aux Jeux Olympiques de Médecin Sans Frontières : les feux de la guerre.)

*

"-Fait divers : Un viol à été commis lors de la rencontre Leicester-Stade Toulousain. L'arbitre de champs n'ayant rien vue, est actuellement entendu par la P.J. de Bordeaux. Il risque 33 ans de prison. L'arbitre vidéo, quant à elle, a validé les essais : les 3 femmes, sur le terrain, seules face aux irlandais, ont marqués la totalité des points du match. Avec l'aisance des sirènes au large d'Héraclion, elles gagnèrent le vestiaire avec le "V" de la victoire collé devant les fesses aux plaisirs des téléspectateurs. Deux drames de la même sorte s'en suivirent dans les douches où pourtant l'eau froide coulait à flots. Les policières conclurent encore a un crime d'homme, et cette fois encore par empoisonnement aux Champagnes : les 12 salopards ont été incarcéré. Au soir, la réaction de Madame la ministre ne se fait pas attendre : "C'est intolérable ! J' ai noté de nombreux problèmes dans l'actuel esprit du Rugby français et, dès ce soir, je vous promets mes meilleures résultats en vue de régler une bonne fois pour toutes ces fléaux. Je ferais tous mon possible avec le concours de la Grade des Sceaux, elle aussi très sensible au problème masculin."... Ça c'est se que l'on dit. Mais ce qui est plus sûr, Le Rugby est en marche ; espérons que Madame la ministre ne subira pas de pression "Olympique" dans ce qu'elle appelle déjà l'épuration du monde du sport des comportements masculins. La dimension du problème étant international et chaque pays ayant conscience de l'urgence de ce problème mondial, il ne semble pas que la priorité présidentielle ne soit plus gênée d'aucune manière que se soit (du moins en politique). Les directives onusiennes étant bien sûr suivit dans chaque ministère, à l'exemple de celui des sport, chacun voulant rivaliser dans la compétition politique, la France peut compter sur ses forces vives. De toute part dans le pays, chacune peut crier en liberté : "Madame nous voilà ! Vive le Rugby ! Et vive La France !"

*

-Télévision : Antenne 9 Toulouse : après le match, à 17h15, catch féminin (Super Mondola Vs Marcrouillouna La Chienne); Information (présenté par Madame Amorléjules ). Soirée spéciale Rugby à Quinze : Film : "une femme avec une femme" suivi de l'émission à thèmes "la véritable rencontre à quinze : Ovaires, du débat à la pédagogie - la nécessité pharmaceutique" ; 00h25 : Géo-découverte : " Pourquoi les hommes sont-ils dangereux."; 2 h 45 : 3ème mi-temps à l'école du Rugby française. 4 h 30 : Retransmission du matche Leicester-Stade toulousaine. 6h30 : "Bonjour j'accouche-la quotidienne" ( naissances en directe). Fin de programme."



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