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Le retour (VI)

Wild

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    Pendant les jours suivants, Dilw avait cherché sa s¿ur partout dans le château, mais sans succès. Alors qu'il avait fini par abandonner et qu'il avait passé sa journée sur une colline où il aimait flâner, un mot de sa s¿ur l'attendait dans sa chambre.

«Dilw,

Je sais que tu me cherches depuis ce repas avec père, mais dans l'optique de repartir au plus tôt, j'avais de nombreuses affaires à régler. J'ai décidé de partir après-demain. Puisque tu dois avoir nombre de questions, je t'invite à venir me voir dans mes quartiers demain dans la matinée.

Sarip »

Le prince n'en revenait pas. A peine sa s¿ur revenue, pourquoi devrait-elle partir aussi vite ? Au moins, la journée qui allait venir lui permettrait d'avoir la réponse à toutes les questions qu'il voulait lui poser. C'est donc en réfléchissant à tout ce qu'il lui demanderait le lendemain qu'il s'endormit.

Le soleil s'était à peine levé que Dilw sorti de sa chambre. Il était encore tôt pour aller voir sa s¿ur, et il décida d'aller aux cuisines pour déjeuner. L'endroit était déjà en pleine effervescence: les cuisiniers s'affairaient à préparer les déjeuners du roi et des quelques invités, les domestiques grignotaient ce qui n'était pas utilisé ou apportaient la nourriture encore chaude aux premiers nobles levés.

Assis autour d'une table massive déformée par l'usage et le temps, sur laquelle se trouvaient du pain, de la viande de la veille, du fromage légèrement passé et d'autres mets qu'aucun noble n'aurait osé manger, les domestiques grignotaient dans une ambiance détendue. Lorsque le prince entra dans la salle, le silence se fit. Il n'était pas habituel de voir d'autres personnes que les domestiques dans cette partie du château, et lorsque c'était le cas, c'était en général pour se plaindre du mauvais goût d'un plat ou bien du fait qu'aucun domestique ne répondait à l'appel d'un noble. Dans un cas comme dans l'autre, l'effort de se déplacer en personne n'augurait rien de bon.

Le fait était que Dilw ne tenait pas en place et souhaitait aller voir sa s¿ur. Dans ces conditions, rester dans sa chambre ne lui plaisait pas, aussi avait-il décidé d'aller en cuisine voir s'il pouvait y manger.

Alors qu'il s'avançait sans un mot vers la table, les domestiques se levaient peu à peu. Il était d'usage de laisser un espace assez large autour de la famille royale afin de ne pas les déranger. Lorsqu'il s'assit sur le banc en face de la table, une vielle femme qui travaillait au château depuis quelques dizaines d'années lui demanda s'il ne préférait pas qu'elle lui apporte de meilleurs plats dans ses quartiers. Trouvant l'expérience intéressante, Dilw lui répondit qu'à la place il souhaitait manger comme elle l'aurait fait. Habituellement, lorsqu'un lui disait quelque chose, elle ne répondait pas, mais devant l'exubérance de la requête du jeune homme, elle s'autorisa un écart :

« - Mon prince, la nourriture ici n'est pas assez bonne pour vous, permettez au moins qu'un cuisinier vous prépare quelque plat plus raffiné.

- N'ai-je pas dit que je voulais goûter votre nourriture ? lui répondit-il.

- Si, Sir. Pardonnez mon insolence, je vous prie, s'excusa-t-elle.»

Comme seule réponse, il lui demanda de lui expliquer comment il devait procéder.

Au fur et à mesure qu'elle lui expliquait comment se servir - et qu'elle évitait volontairement la nourriture trop passée pour être mangée par le prince - les domestiques recommençaient à discuter. Au début, des serviteurs qui revenaient de servir quelque noble demandaient discrètement à ceux qui étaient présent ce qu'il se passait ; ce qui avait fini par engendrer quelques chuchotements. Peu à peu, les chuchotements s'étaient changés en timides conversations puis, lorsque la vieille femme expliqua au prince qu'habituellement tout le monde mange en même temps, le prince les avait invités à faire comme d'ordinaire. Bien qu'agissant avec beaucoup de retenue, l'ambiance détendue s'était peu à peu faite sentir à nouveau. Si l'on n'était jamais venu dans la cuisine à cette heure de la journée, on aurait pu croire que Dilw venait régulièrement partager le repas. Malgré tout, les domestiques faisait attention à respecter les règles de vigueur - ce que le jeune homme ne remarquait pas, bien entendu.

N'ayant plus d'appétit, il se leva, imité par les domestiques qui s'inclinèrent en guise de salutation lorsqu'il sortit de la salle. Il était maintenant temps d'aller voir sa s¿ur. Alors qu'il venait de frapper à la porte de sa chambre, comme l'usage le nécessitait, la femme de chambre de la jeune femme ouvrit.

« - Je vous prie, entrez. La princesse ne vous attendait pas si tôt et termine de se préparer, lui dit-elle.

Si vous voulez bien vous assoir en attendant qu'elle ait terminé.»

Dilw s'installa dans le confortable siège que lui avait indiqué la femme. Alors qu'il attendait, il remarqua que les tableaux de la reine, décédée plusieurs années auparavant, avaient été enlevés. La dernière fois qu'il était venu datait d'avant le départ de sa s¿ur, mais il était persuadé qu'ils étaient restés ici tout ce temps.


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