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une petite histoire qui ne demande qu'à être critiquée

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Shishaa

"Claire,

Tu t'es levée, comme d'habitude le dimanche aux alentours de 10h. D'un pas nonchalant tu t'es dirigée tout d'abord dans la cuisine, avant même de faire ta toilette (chose d'ailleurs que je n'ai jamais compris, moi maniaque invétéré) puis as ouvert le frigo afin de boire ton « smoothie » comme d'habitude, cette horrible et destructive habitude. Cependant, au lieu de trouver ta drogue du matin, tu as trouvé cette lettre, enfin plutôt cette bombe (tu comprendras par la suite).

Comme tu es encore dans le brouillard du matin, je suis aussi certain que tu n'as pas remarqué que mes affaires n'étaient plus là. Cliché n'est ce pas ? Le cliché est aussi à sa manière une habitude. Enfin, je m'égare. Je fais le lâche, je suis un lâche.

Tu vois, c'est cela qui me tue, qui me ronge et qui pourrait bientôt me détruire: cette accoutumance . J'ai besoin de changer, pis encore cela m'est indispensable. Et, même si je sais que cela est égoïste, je n'aurai aucune peine à sacrifier notre relation afin d'atteindre mon bonheur. Non pas que tu ne m'en aies pas apporté mais cela n'est clairement pas suffisant. La liberté est une chose indispensable à l'homme, encore plus que l'amour. "La plupart des affections ne sont que des habitudes ou des devoirs qu'on n'a pas le courage de briser." Mais pour une fois je prends mon courage à deux mains pour te quitter. Peut-être que ces mots ne te consoleront pas dans ces circonstances mais je suis profondément désolé de te faire souffrir et surtout de te laisser élever notre fille seule. Je t'ai laissé un chèque de 100 000 euros dans ta commode, Par orgueil, tu vas certainement le déchirer mais j'ai prévu le coup il y a déjà un virement de 50 000 euros qui a été fait soit un total de 150 000 (si tu acceptes le chèque). Si tu ne le fais pas pour toi, accepte le au moins pour l'enfant que tu portes.

Même si je ne devrai pas, j'ai un service à te demander. Pourrais tu ne pas parler de moi à la petite quand elle grandira. Dis lui que je suis mort ou je ne sais pas. Je ne veux pas qu'elle apprenne que son père est un déserteur, un lâche, un homme...

Je mérite surement la torture pour ce que tu endures et ce que tu endureras par ma faute, Pardon, pardon cent fois, pardon mille fois.

N'oublies pas que je t'ai aimé même si je ne sais si je t'aime encore

Vincent "

« Regardez les dernières lignes, lui dis je, au final je n'ai fait qu'exaucer ses dernières volontés. Et avec un petit extra en plus de cela, Je ne devrai pas être puni pour avoir exaucer les v¿ux d'un homme » Je souris. Mon cher ami le commissaire demeurait toujours aussi impassible. Il sortit un paquet de Malboro de son veston ainsi qu'un briquet.

« Vous êtes fou ou simplement stupide Boris ?!, lui criai je à temps tout en lui exposant mon ventre bien enrobé.

-Contrairement à vous, je suis encore saint d'esprit et je vous prierai d'arrêter de m'appeler par mon PRENOM. Juste un moment d'inattention, pardonnez moi. Combien de mois ?

-Je vais bientôt achevez mon huitième . Une petite fille. Je sens déjà qu'elle a la fougue de sa mère. Un grand avenir s'offre à elle »

Il me regarda du coin de l'¿il, l'air dédaigneux, chose qui m'agaça profondément. Je décidai donc de détourner mon regard de cet énergumène et d'analyser l'environnement dans lequel je me trouvais. On était loin des clichés des séries américaines. Pas de pièce étroite, allumée seulement par une applique placée au milieu de la pièce. Pas de petite table rectangulaire, avec une chaise sur chaque longueur, placé sous cette même lampe. Pas de méchant et gentil « flics » tentant de faire péter les plombs à un suspect arborant un regard psychopathe. Pas de miroir magique au fond de la pièce. Pas de caméra pour décider de la fin de la scène non plus. Juste une jeune femme, enceinte et fatiguée par les heures de garde vue. Une simple jeune femme néanmoins satisfaite et interrogée par un policier. Même pas un inspecteur, un simple commissaire en uniforme. En uniforme trop petit d'ailleurs, un régime serait bien de vigueur. Ainsi qu'un brin de toilette. Et d'un nouveau parfum. Quel Beauf. Son aspect me répugnait. Et ce bureau, plein de paperasses et de poster de prévention, ne me calmait guère, bien au contraire. Il continuait de parler, je le sais parce que je voyais ses lèvres bougées mais le son était en mode « mute ». C'est ça continue de parler, ton sermon et toutes tes questions me laissent indifférente. Même un épisode de Dora l'exploratrice me toucherait plus qu'aucun de tes mots. Malgré le fait que je ne le regardais même plus dans les yeux (la décoration de la pièce, quoi qu'austère, était bien plus passionnante) et que mon esprit s'envolait peu à peu, je ne sais pas pourquoi, sa voix et surtout ses trois dernière phrases arrivèrent soudainement et distinctement jusqu'à mes oreilles:

« Je vois que vous n'êtes guère d'entrain à clarifier l'affaire. Ce n'est pas grave j'ai tout mon temps. Nous pouvons aussi parler de vous, d'un point de vue plus personnel.

-Ah parce que les questions que vous me posiez ne l'étaient pas assez? »

Il rit, première expression faciale humaine depuis deux heures; CHAMPAGNE

« A la la la, dire que vous étiez mon écrivain préféré il y a quelques heures, maintenant vous m'horripilez. En parlant d'écrivain, en perquisitionnant votre domicile, quelle fut ma surprise en découvrant l'ébauche de votre prochain roman. ÿtant un grand fan, je n'ai pu m'empêcher de le parcourir et ce fut d'un divertissement et surtout d'un réalisme poignant. Pourquoi ne pas en parler ?"

Même si j'essayais de toutes mes forces de rester aussi impassible que possible, une forme d'angoisse monta en moi. Je crois qu'il l'a perçu très nettement car à ce moment là, un sourire narquois et diabolique lui traversa le visage.