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À propos de ce blog
Ce livre n'est ni un traité de philosophie, ni une biographie de Miyamoto Musashi ou de Takuan Sōhō. Les deux hommes ont réellement existé. Leur époque, leurs parcours et une partie de leurs échanges appartiennent à l'Histoire.
Le dialogue que vous allez lire relève avant tout d'une fiction.
J'ai choisi ces deux figures parce qu'elles me semblaient capables de porter une interrogation qui traverse les siècles sans perdre de sa force.
Qui sommes-nous réellement ?
La question paraît simple. Pourtant, plus nous nous approchons d'elle, plus elle semble se dérober.
Nous passons notre existence à penser, désirer, aimer, craindre, espérer, juger et décider. Nous élaborons des récits sur nous-mêmes. Nous expliquons nos choix. Nous donnons des raisons à nos attachements, à nos colères, à nos fidélités et à nos renoncements.
Mais savons-nous réellement ce qui nous anime ?
Les motivations que nous invoquons sont-elles toujours les véritables causes de nos actes ?
Sommes-nous les auteurs de nos pensées ou les héritiers de forces plus anciennes qui nous traversent sans que nous en ayons pleinement conscience ?
Ces questions ne sont pas nouvelles. Elles appartiennent à l'histoire de l'humanité. Elles ont pris des formes différentes selon les cultures, les religions, les philosophies et les époques. Pourtant elles semblent revenir sans cesse, comme si chaque génération devait les redécouvrir pour elle-même.
Le dialogue entre Musashi et Takuan est né de cette fascination.
Au fil de leurs échanges, il sera question d'amour, de solitude, de désir, de liberté, de souffrance, d'ambition, de peur, d'identité et de vérité. Mais ces thèmes ne constituent peut-être que les différentes portes d'entrée d'une même exploration.
Car derrière chacun de nos visages se cachent souvent d'autres visages. Derrière nos certitudes se dissimulent parfois des blessures. Derrière nos idéaux, des besoins que nous ne voyons pas toujours, et derrière nos choix, des déterminismes que nous préférons ignorer. Faut-il pour autant conclure que l'homme n'est qu'une mécanique aveugle ? Je ne le crois pas.
Ce livre n'a pas été écrit pour réduire l'être humain à ses conditionnements, ni pour le priver de sa dignité. Il a été écrit parce qu'il me semble qu'une forme particulière de liberté devient possible lorsque nous commençons à reconnaître les rôles que nous jouons, les histoires que nous nous racontons et les masques auxquels nous nous identifions. Peut-être la liberté ne consiste-t-elle pas à supprimer ces masques. Peut-être consiste-t-elle d'abord à les voir.
Si ce récit possède une ambition, elle se limite à celle-ci : accompagner le lecteur jusqu'à certains territoires intérieurs qu'il évite habituellement de visiter. Les réponses qui s'y trouvent appartiennent à chacun d’entre nous, à toute l’humanité.
