Si une femme dépasse un certain âge et vit seule (contrainte et forcée, on ne peut le concevoir autrement dans notre société), elle est affublée d'un très seyant patronyme: VF, autrement dit Vieille Fille. Considéré comme définitivement sexiste en société, mais très largement plebiscité dans les fameux couples "mariés fiers de l'être". Les VG n'existent pas ; l'homme célibataire étant simplement un homme qui n'a pas encore trouvé chaussure à son pied - l'élue, la mère de ses enfant -, le pauvre chéri!
Affublé(e) prend deux F. VF marque un raccourci qui est très à la mode: PPDA pour Patrick Poivre d'Arvor, DSK, pour Dominique Strauss-Kahn et plus récemment CBS pour Carla Bruni Sarkozy
Vieux garçon ne s'applique qu'aux quinquagénaires en dépresssion nerveuse - en gros, ils sont deux - , donc pas la peine d'en parler. Par contre, la vieille fille a aux alentours de trente ans, ne s'est pas mariée, n'a pas d'enfants, mais un bon poste (bien sûr, elle n'a que ça à foutre).
Appliquer prend deux P (on en rajoute quand on s'applique, non?), mais il y avait un piège sur l'accent de quinquagénaire. Aux alentours est toujours au pluriel quand il représente un substantif. Mais on dira "trouver quelque ombre alentour" si c'est un adverbe. Le substantif est aujourd'hui beaucoup plus usité et l'adverbe quelque peu précieux
Alors moi je dis: "ça suffit de nous prendre pour des buses". On nous a fait croire tout notre enfance au magnifique prince charmant qui viendrait chercher sa princesse, même cachée derrière une peau d'âne, endormie depuis mille ans, ou prisonnière en haut d'un château, mais alors super haut, genre il faut faire de la varappe pour accéder à une meurtrière où même ton bras après une liposuccion ne peut pas passer. Et maintenant qu'on arrive à l'âge d'être dans le clan des "je suis en couple, oui, une table pour deux", on nous dit qu'en fait Môsieur a pris un peu de retard.(...)
Buse est un oiseau qu'on trouve très idiot et qui s'écrit avec des S. La princesse n'est évidemment pas "casée", sinon aurait-elle besoin d'un prince charmant?
Mille ne prend jamais, je dis bien JAMAIS, de S! Seuls vingt et cent en prennent et dans certaines circonstances, déjà évoquées. Château prend un circonflexe,
Bon, comme on est débrouillarde, on attend un peu, très vite ça nous saoule, donc on part en quête du prince. Il doit être en retard, ce n'est pas sa faute, le chem
Débrouillarde reste au singulier car le on est considéré comme un "il" ou un "elle". idem pour la suite. Saoule et soûle ont exactement le même sens et la même origine mais s'écrivent différemment
Cela dit, le problème c'est que le prince lui, sait qui on est - normal c'est le prince - mais nous on le connaît pas le mec censé nous sauver de notre existence misérable de VF. Alors, d'un, ce con s'est paumé, de deux on passe pour des abruties avec nos fanions "houhou je suis la princesse" et de trois on se tape tous les tarés du coin. Faut bien tester pour voir si c'est le prince, il est peut-être amnésique (de nos jours une mauvaise chute de cheval est si vite arrivée).
J'ai repéré au moins une fois que la différence entre censé et sensé n'est pas comprise
Et nous voilà parties dans les affres des relations mythologiquement grotesques du plan cul, du beau mec arriviste ("J'me la pète, j'ai de gros muscles, mais j'ai oublié de passer prendre un cerveau"), du "j'aurais bien aimé être ton prince, mais aujourd'hui j'ai piscine", du "hey!, c'est moi, Charmant, Ton Charmant, ma Mireille". C'est con, moi c'est Brigitte. Et de tout le reste: gentil garçon, paumé, obsédé, p'tite bite, tros gros cerveau, SM, colérique, macho, lavette, raté, trop gentil, pas câlin, pas compréhensif, pas sensible, pas le temps, pas, et encore pas, et toujours pas.
Les affres prennent deux F, tellement elles sont terribles. L'expression "plan cul" ne prend pas de tiret. Si l'infinitif de pêter prend un circonflexe dans "j'me la pète" c'est un accent grave. Dans "j'aurais bien aimé", il y a une hypothèse, un regret, quelque chose qui ne s'est pas vraiment passé, donc plus-que-parfait obligatoire. Pas la peine de triturer "p'tite bite" pour faire beau, c'est bien comme cela que l'auteur a choisi de l'écrire pour exprimer un grand mépris.
Ce message a été modifié par Lili_greycat - 24 juin 2008 - 10:05.

