Si une femme dépasse un certain âge et vit seule (contrainte et forcée, on ne peut le concevoir autrement dans notre société), elle est
affublée d'un très seyant patronyme: VF, autrement dit
vieille fille. Considéré comme définitivement sexiste en société, mais très largement
plébiscité dans les fameux couples « mariés fiers de l'être ». Les VG n'existent pas ; l'homme célibataire étant simplement un homme qui n'a pas encore trouvé chaussure à son pied - l'élue, la mère de ses
enfants -, le pauvre chéri ! Vieux garçon ne s'
applique qu'aux
quinquagénaires en
dépression nerveuse - en gros, ils sont deux - , donc pas la peine d'en parler. Par contre, la vieille fille a au alentour de 30 ans, ne s'est pas mariée, n'a pas d'enfants, mais un bon pote (bien sûr, elle n'a que ça à foutre). Alors moi je dis : « ça suffit de nous prendre pour des
buses ». On nous a fait croire tout notre enfance au magnifique prince charmant qui viendrait chercher sa princesse, même casée derrière une peau d'âne, endormie depuis milles ans, ou prisonnière en haut d'un
château, mais alors super haut, genre il faut faire de la
varappe pour accéder à une meurtrière ou même ton bras après une
liposuccion ne peut pas passer. Et maintenant qu'on arrive à l'âge d'être dans le clan des « Je suis en couple, oui, une table pour 2 », on nous dit qu'en fait Môsieu (
Monsieur) a pris un peu de retard (...).
Bon, comme on est débrouillarde
s (j¿hésite), on attend un peu, très vite ça nous saoule, donc on part en
quête du prince. Il doit être en
retard, ce n'est pas sa faute, le
chemin était mal indiqué. Très vite ça ressemble aux Croisades : nous voilà parties armées (
minijupes et talons hauts), brandissant bien haut les
étendards, sur notre cheval blanc.
Cela dit, le problème c'est que le prince lui, sait qui on est - normal c'est le prince - mais nous on le
connaît pas le mec sensé nous sauver de notre existence misérable de VF. Alors, d'un, ce con s'est paumé, de deux on passe pour des abrutis avec nos
fanions : « Houhou je suis la princesse. » et de trois on se tape tous les tarés du coin. Faut bien tester pour voir si c'est le prince, il est peut-être
amnésique (de nos jours une mauvaise chute de cheval est si vite arrivée). Et nous voilà parties dans les
affres des relations mythologiquement grotesques du
plan cul, du beau mec arriviste. (« J'me la
pète, j'ai de gros muscles, mais j'ai oublié de passe prendre un cerveau. » ), du « J'aurai bien aimé être ton prince, mais aujourd'hui j'ai piscine.", du "
Hi !, c'est moi, Charmant, Ton Charmant, ma Mireille". C'est con, moi c'est Brigitte. Et de tout le reste : gentil garçon, paumé, obsédé, p'tite (
petite) bite,
trop gros cerveau, S-M, colérique, macho, lavette, raté, trop gentil, pas
câlin, pas compréhensif, pas sensible, pas le temps, pas, et encore pas, et toujours pas.

Pas mal le texte *__* !
(J'espère avoir corrigé un maximum de fautes

).