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Que va devenir le mari d'Ingrid?Mercredi 09 Juillet - 11:28 Juan Carlos Lecompte semble relégué au second plan depuis la libération d'Ingrid Betancourt. Peut-on reconstruire une relation de couple après six ans de captivité? Le défi se révèle extrêmement difficile, estime la psychologue Carole Damiani |
Ingrid Betancourt a retrouvé sa mère, sa fille, son fils, sa soeur et son ex-mari. Mais a-t-elle retrouvé son mari, Juan Carlos Lecompte? Cet homme de 49 ans, qui avouait dernièrement sa criante solitude six ans après l'enlèvement de sa femme dans la jungle, est le grand absent du tourbillon médiatique autour d'Ingrid Betancourt. Sur toutes les vidéos diffusées depuis la libération de l'ex-otage franco-colombienne, il est relégué au second plan, apparaissant ici et là derrière les enfants d'Ingrid et aux côtés de Fabrice Delloye, son ex-mari. Dans son discours, dans ses gestes d'affection, l'ex-otage laisse très peu de place à celui qui a partagé sa vie avant sa captivité. Serait-il devenu inexistant à ses yeux? Sur les blogs, nombreux sont les internautes qui se posent la question.
Psychologue spécialiste des traumatismes vécus par les otages, Carole Damiani explique qu'après une prise d'otage de longue durée les relations de couple sont extrêmement fragiles et difficiles à reconstruire.
Carole Damiani, comment expliquez-vous le peu d'attention apparente portée par Ingrid Betancourt à son mari?
Pendant la détention, les otages n'ont pas de réalité à laquelle ils peuvent se raccrocher. Ils se réfèrent à des images, ils imaginent et pensent des tas de choses. Les seuls éléments qui demeurent sûrs coûte que coûte, ce sont les liens de sang. Une mère est une mère et elle le restera toute une vie, comme la soeur et les enfants.
Est-ce possible de reconstruire une relation de couple après une captivité de six ans et demi?
Le retour à la vie réelle est très compliqué. Il y a des attentes d'un côté et de l'autre qui ne correspondent pas à la réalité, puisque les personnes ont changé. Une personne qui a vécu une prise d'otage n'est plus la même à son retour. C'est pareil pour celle qui est restée en liberté. Il y a un grand écart entre les deux et parfois on ne se reconnaît plus. Il faut réapprendre à vivre ensemble.
Elly Tzogalis
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| Source: Le Matin |

