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L'État ne peut pas tout faire: il ne peut rien faire


Invité Velvetshead

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« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

Déclaration de François Hollande lors du meeting du Bourget, le 22 janvier 2011.

hollande-finance-01-24e0d.jpgLa fin de l’année 2012 nous apporte trois preuves de l’absolue impuissance du pouvoir politique :

1) L’accord avec Mittal qui souligne la dépendance de la France sous l’emprise de l’acier.

Pourtant, Mittal n’est qu’une construction artificielle fondée sur un amas hétéroclite d’aciéries dispersées et sans aucune synergie réciproque.

Enfoncé par la baisse du marché de l’acier en Europe, moins 30% de 2007 à 2012, alors que ce marché représente 50% de l’activité de Mittal, il est contraint d’avouer une dépréciation de 3,3 Milliards € au quatrième trimestre 2012.

La fragilité de son financement se révèle alors, avec entre 18 et 23 Milliards € d’obligations empruntées, notées « high yield » (haut rendement) c’est-à-dire « below investment grade » donc pourries.

Mittal a soif de cash, de liquide, tel les damnés de l’Enfer de Dante. Alors le nationaliser, c’est lui faire trop d’honneur, et surtout lui donner trop d’argent. L’indemnité serait fixée par la Cour de justice de Luxembourg qui est toujours hostile à une mesure contraire aux principes de la concurrence libre et non faussée, et de la liberté d’établissement.

Par contre, rien n’empêche l’Etat français de préparer un achat amiable négocié par les banques d’affaires Lazard Frères ou Rothschild Group, voire d’aider à la conclusion amiable, au moment d’un renouvellement des dettes par une vente à terme des actions Mittal, et l’acquisition de CDS sur la dette de Mittal…

2) La réforme bancaire.

Officiellement prévue au nom de la séparation des activités de marché et des activités de dépôt, en réalité, elle filialise la « banque d’investissement et de marché », ce qui permet de maintenir des bilans consolidés et les bonus qui vont avec.

Théoriquement, la filiale de marché ne peut pas faire de trading pour compte propre, c’est aussi la règle aux Etats-Unis, mais lorsque la banque JP Morgan a perdu entre 2 et 6 Milliards $ (on ne le saura jamais), tout le monde a fait semblant de croire que ce n’était pas à la suite d’activités de trading sur fonds propres.

Les banques sont très riches et ont d’excellents avocats, c’est pourquoi elles ont noyé la « règle Volcker » sous les complications. Mais c’est aussi pourquoi le projet français de réforme bancaire a renoncé à la séparation entre la banque de dépôt et la banque d’investissement (et de marché). C’est donc le maintien de la « Banque Universelle » où la banque de dépôt reste au service de la banque de marché, la filiale abrite en fait la tribu dominante.

Or, le maintien de la « Banque Universelle », c’est la priorité donnée à la finance sur l’économie, c’est donc la route de la désindustrialisation pour la France.

3) La Bourse de Paris.

Il était une fois, à Paris, une bourse des valeurs où les actions des entreprises françaises étaient cotées. La Bourse de Paris était un établissement public tenu par des officiers ministériels appelés Agents de change.

Las, après avoir été privatisée par Edouard Balladur, les ordinateurs qui déterminent les cours des valeurs sont passés à Londres, puis après être devenue Euronext, elle a été absorbée par le NYSE (New-York Stock Exchange) sous le nom de NYSE Euronext. À présent, la bourse privée américaine ICE (née en 2000) a lancé récemment une offre d’achat sur NYSE Euronext.

À vrai dire, ICE ne s’intéresse qu’à LIFFE, qui est un marché d’échanges de dérivés, et ICE ne cache pas son souhait de se débarrasser d’Euronext, pour un prix de 1,5 Milliards €.

C’est donc une occasion unique de reconstituer une Bourse de Paris pour y permettre la cotation et les échanges d’actions de grandes entreprises françaises. Même si elle est petite, elle peut rendre de réels services aux grands groupes et aux banques françaises.

Alors que l’occasion est fugitive, le silence du gouvernement est assourdissant.

En conclusion, une réforme bancaire qui maintient la banque universelle composée d’une banque de dépôt au service de sa filiale, banque d’investissements et de marchés, où règne la tribu dominante. Une capitulation en rase campagne devant Mittal, géant aux pieds d’argile posés sur les châteaux de cartes d’une dette de 23 Milliards € classée « high yield » c’est-à-dire pourries. Et enfin, l’occasion enterrée sous le silence de reconstituer une Bourse de Paris pour coter les entreprises françaises…

L’Etat ne peut pas tout faire, il ne peut rien faire, Ah Dieu ! que la Social-démocratie était belle sous la Sarkozie…

Morad EL HATTAB & Philippe JUMEL

http://www.agoravox.fr/actu...

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Membre, Posté(e)
YANIS... Membre 237 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

Bonjour, moi je suis entièrement d'accord avec cette phrase « Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

"Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain."

Napoléon Bonaparte, Empereur Français – 1769-1821

Les Etats ont libéré les marchés financiers sans leur imposer de responsabilités et maintenant le système financier domine le système politique. Sous le régime actuel des marchés financiers, les choses ne vont pas changer. On pourra empêcher les bulles financières spéculatives et stabiliser la situation seulement si l’on n’augmente la masse monétaire qu’au rythme de l’économie réelle.Sarko n'a pas fait mieux que Holland, car la triste réalité est bien que l’argent gouverne le monde au lieu d'être à son service...Le fait que les marchés financiers gouvernent de plus en plus l‘économie réelle est devenu manifeste au plus tard au moment de la crise de 2008. En outre, aujourd’hui, il apparaît clairement combien ils dominent le monde politique. Un nouvel ordre mondial s’est imposé: le pouvoir suprême appartient aux marchés financiers, puis vient l’économie réelle et finalement l’action politique au sein des pays et entre les pays.L’argent peut devenir le serviteur du monde dès que l’on se rend compte qu’il menace de nous asservir. L’argent libère, mais seulement si nous le soumettons à notre responsabilité démocratique. Là est le véritable enjeu et le véritable travail à entreprendre...Il faut réussir à imposer la primauté de la démocratie sur le pouvoir économique. Les Etats doivent retirer aux banques l’autorisation de créer de l’argent.

Nous devons réformer profondément la «constitution» des marchés financiers

banques2.jpg

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Membre, Posté(e)
YANIS... Membre 237 messages
Baby Forumeur‚
Posté(e)

wink1.gif Up!

Trop facile de faire tout endosser à Holland! Beaucoup de pays sont confrontés à ce réel problème et sont devenus le jouet de spéculations financières.Or jusqu’ici, dans le monde, les gouvernements n’ont pas attaqué le mal à la racine. Ils continuent de se contenter de traitements des symptômes qui paraissent dépourvus de ligne directrice,en tremblant devant les agences de notation . Mais dans ces circonstances, les efforts des gouvernements pour maîtriser la crise semblent dérisoires.

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Membre, 54ans Posté(e)
Amarok59 Membre 1 992 messages
Baby Forumeur‚ 54ans‚
Posté(e)

Mitterrand a fait des tas de promesses mais quand il est arrivé au pouvoir il s'est aperçu que l'état des finances de la France ne lui permettait pas de toute les tenir.......Hollande c'est pareil !

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