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Le camp d'internement des nomades de Rennes


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Introduction

Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples passeur de mémoire

Cette brochure est l'aboutissement d'un projet déjà ancien du MRAP Ille-et-Vilaine. Il n'a pu se réaliser que grâce au partenariat, construit avec AGV 35(= Association des Gens du Voyage du 35), avec N C, et avec G O, professeur d'histoire-géographie, et les élèves de la classe de Première Littéraire du Lycée Chateaubriand.

Qu'ils en soient remerciés. Que soient aussi chaleureusement remerciés les Gens du voyage qui ont accepté de témoigner sur cette période douloureuse, vécue dans leur enfance, ainsi qu'une voisine du camp qui a bien voulu partager ses souvenirs du quartier pendant l'occupation.

Quand au cours des années 2000, le MRAP posait des questions sur ce camp - dont l'existence et la situation aux Champs Manceaux étaient connues depuis la mémoire d' Arlette Dolo de 1984 - les réponses étaient toujours les mêmes: un camp? quel camp? pour les nomades? à Rennes? L'ignorance, le silence, voire le déni, qui entouraient l'existence de ce camp, ont pris tout leur sens quand les Archives municipales de Rennes ont révélé qu'aucune archive sur ce camp n'était référencée.

Ce travail d'histoire et de mémoire apparaît d'autant plus nécessaire que les Gens du Voyage restent encore trop souvent considérés comme un "groupe" à part, en marge, ne faisant pas tout-à-fait partie de la communauté nationale: ainsi il a fallu attendre 1931 pour qu'une ville accepte d'accueillir le mémorial des " Forains" morts pour la France lors de la 1ère guerre mondiale et que le monument soit élevé à Rouen à leur mémoire. Et les noms des nomades qui sont morts au combat pendant la seconde guerre mondiale, sur combien de monuments les trouve-t-on?

La stigmatisation légale qu'ils subissent encore s'accompagne trop souvent d'une politique de relégation et de discriminations.

Mais ce travail arrive bien trop tard, trop de témoins se sont dispersés ou ont disparu. Il reste donc beaucoup de zones d'ombre, car les documents retrouvés aux Archives départementales et nationales sont incomplets: rien ou presque après 1943 alors que les derniers internés ont quitté le camp en janvier 1945.

Le sort réservé aux "nomades" à Rennes par les autorités françaises et les troupes d'occupation va sortir de l'oubli où il était tombé: "Est-ce bien nécessaire de remuer le passé? nous ont dit certains des Gens du voyage rencontrés. A quoi ça va servir, qu'est-ce que ça va changer? "

Le MRAP Ille-et-Vilaine espère seulement que ce travail et ces rencontres ont été et seront l'occasion d'échanges qui permettront aux uns et aux autres de mieux se connaître et de réintroduire leur histoire de la Ville de Rennes et du département d'Ille-et-Vilaine: ainsi la ville de Rennes a apporté son plein soutien à ce projet et décidé d'apposer une plaque de commémoration de ce camp.

Le devoir de mémoire est une exigence qui s'impose

Permettre à des générations n'ayant pas traversé un épisode de notre histoire, d'acquérir une conscience collective et partagée de cette période, grâce à des témoignages d'acteurs est une opportunité qu'il fallait saisir. C'est dans cette logique, avec ce souci de porter des valeurs citoyennes, qu'il convient de saluer la démarche des élèves d'une classe de première du Lycée Chateaubriand de Rennes qui, sous l'impulsion de leur professeur d'histoire géographie ont voulu interroger une page de l'histoire rennaise.

Cette démarche permet de remettre en évidence un chapitre noir de notre histoire. Beaucoup moins connue que la contribution du gouvernement de Vichy à la "solution finale" , l'internement et la déportation des "Tziganes" s'inscrivait dans la même logique d'élimination des différences. L'équipe d'AGV 35 s'est mobilisée pour accompagner ce projet initié par le MRAP en organisant notamment des rencontres entre les lycéens et les gens du voyage. Ces derniers ont apprécié l'intérêt que ces jeunes portaient à leur histoire.

Malgré la qualité de la relation que l'équipe entretient avec les familles, le recueil de témoignages fut une démarche difficile car, le temps aidant, les acteurs de ces évènements sont de moins en moins nombreux et ne souhaitent pas toujours évoquer cette période douloureuse. Ces témoignages sont importants, ils constituent la principale, si ce n'est la seule, contribution possible des gens du voyage, car dans les familles les souvenirs se transmettent plus par l'oral que par l'écrit. Au-delà de notre implication dans cette quête, nous souhaitons nous inscrire avec le MRAP et le lycée Chateaubriand, en partenaire de la diffusion de ce travail pour que le souvenir de cet épisode peu glorieux ne disparaisse pas avec les derniers témoins. Nous nous associerons également dans le projet soutenu par la municipalité rennaise d'installation d'une plaque commémorative là où le centre de rétention était situé. Même si les témoignages attestent que le camp de Rennes était un centre aux conditions de vie moins terribles qu'ailleurs, des familles de par leur seule différence s'y voyaient privées de leur liberté et risquaient le transfert vers d'autres camps plus coercitifs. Il convient qu'en des temps où l'on voit renaître une stigmatisation des différences, nous ne l'oubliions pas.

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POUR ALLER PLUS LOIN...

Sources

Archives départementales: 134 W 18; Arlette Dolo, Historique du camp d'internement des nomades de Rennes, 1939-1945, IUT Rennes, 1986, 70 p., tapuscrit , 2 J 614

Archives nationales: F7-15099: rapport du camp départemental des nomades et internés administratifs de Rennes au Préfet d'Ille-et-Vilaine, Rennes le 20 janvier 1942; rapport sur le camp d'internés administratifs de Rennes (I. et V.) par le Dr Aujaleu, Inspecteur général de la santé et de l'assistance, 15 octobre 1942.

BIbliographie

Denis Peschanski, La France des camps: l'internement, 1938-1946, Paris: Gallimard, 2002, 549p.

Henriette Asséo, Les Tsiganes, une destinée européenne, Paris: Gallimard, 2008, 160p.

Claire Auzias, Samudaripen, le génocide des Tsiganes, Paris: L'Esprit frappeur, 2004, 204 p.

Etienne Filhol et Marie-Christine Hubert, Les Tsiganes en France. Un sort à part, 1939-1946, Paris: Perrin, 2009, 398 p.

Denis Peschanski, L'internement des Tsiganes en France de 1939 à 1946, Les chemins de la mémoire, n° 220, novembre 2011, p. 7-10

Jacques Sigot, Ces barbelés oubliés de l'histoire. Un camp pour les Tsiganes et les autres, Montreuil-Bellay, 1940-1945, Châteauneuf -les -Martigues-La Motte d'Aigues, Wallâda-Cheminements, 1994, 351 p.

Kkrist Mirror, Tsiganes, 1940-1945, le camp de concentration de Montreuil-Bellay, (bande dessinée document), Paris: Emmanuel Proust, 2010, 96p.

Sitographie

Le site des Amis de la mémoire du camp Tsignae de Montreuil-Bellay: http://mémoire.du.camp.free.fr

Le blog de Jacques Sigot: http://jacques-sigot...reuil-bellay-un camp-de.htlm

Filmographie

Trapas men lé ( "ils nous ont attrapés"), Mémoires de l'internement des Tsiganes d'Aquitaine - 1940-1946, documentaire de 26 mn réalisé par l'INSTEP Aquitaine, 2004

Des Français sans histoire, documentaire de 84 mn de Raphaël Pillosio, 2009

Liberté, film de Tony Gatlif, avec James Thierrée, 2010

Mémoires tsiganes, l'autre génocide, documentaire de 70 mn de Henriette Asséo, Juliette Jourdan et Idit Bloch, 2011

Avril 2012

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LCP assemblée nationale – 19h35/20h25

DOCS AD HOC : MONTREUIL BELLAY UN CAMP TSIGANES OUBLIE

On peut le retrouver plus tard : Docs ad hoc sur le site LCP Assemblée nationale

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