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les associations: probleme à la crise?


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snoopybebelle Membre 322 messages
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François Bayrou a débattu de la vie associative avec Martin Hirsch, président de l'Agence du service civique (ASC), Alain Bazot, président de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir et Jean-Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), lundi 12 mars.

"L'association est la chose la plus fertile que l'organisation de la société française ait permis depuis 110 ans (loi sur les association de 1901, ndlr). Il y a un million d'associations en France et il s'en crée plus d'une centaine par jour qui comptent 30 millions d'adhérents. Il y a également 16 millions de bénévoles", a rappellé François Bayrou pour qui, "la notion de bénévole ne doit pas être détournée" car "il y a quelque chose d'important dans la gratuité et dans le don de son temps". "L'action des associations est précieuse et elle est actuellement irremplaçable pour une raison structurelle", a-t-il affirmé en rappelant qu'avec un "pouvoir aussi concentré" qu'en France, "il faut multiplier les actions pour régler les problèmes". "Sans la solidarité, il n'y aura pas d'Europe, pas de changement ni de France forte", a-t-il également lancé

Le candidat à la présidence de la République a ainsi rappelé qu'il était favorable à "une reconnaissance des acquis obtenus dans le monde associatif et dans le bénévolat dans les diplômes". Dans le cadre de son projet de réforme des retraites par points, il a également considéré la possibilité que "les actions associatives puissent compter dans le calcul, y compris pour les personnes d’un certain âge", système que Martin Hirsh a déjà réussi à mettre en place pour les jeunes en service civique.

Pour ce dernier, c'est une vision de la société sur les aptitudes de chacun qui doit changer. "Le système a beaucoup de jeunes qui ne se reconnaissent pas dans les cadres classiques. Il faut qu'on arrête de mettre 'nul en tout' en bas d'un bulletin scolaire. Aucun gamin ne peut être 'nul en tout' ! Quand un établissement met sur un bulletin 'nul en tout', alors c'est que c'est l'institution qui est 'nulle'", a-t-il dénoncé en expliquant qu'il faut "prendre en compte d'autres qualités ou talents comme la force d'engagement, la générosité, que parfois seules les associations peuvent révéler". Jean-Paul Delevoye a acquiescé en mettant en avant le fait "qu'en France, depuis 40 ans, toutes les politiques publiques nous mettent devant nos échecs et non devant nos potentiels". "La vraie force d'un pays c'est de vous mettre devant votre potentiel, sinon il y a une perte de créativité énorme. C'est au système de s'adapter à la société et pas l'inverse", a-t-il ajouté.

"Le mutualisme, l'association, ce sont des modèles d'avenir !"

Pour François Bayrou, "la société attend un modèle dans lequel on puisse croire". "Je pense que toutes les réponses à la crise et à tous les maux du pays portent un seul nom et même nom, la solidarité", a-t-il fait valoir. "La France solidaire c'est le seul moyen de sortir de la crise", a-t-il affirmé en rappelant que "c'est nous, les Français, qui avons inventé des mécanismes solidaires comme le mutualisme ou l'association". "C'est là qu'est le modèle qui nos donnera des perspectives pour l'avenir", a-t-il ajouté.

Martin Hirsh a pointé un autre problème en expliquant que "la solidarité obligatoire a remplacé la solidarité associative". "Plus la solidarité obligatoire, passant par l'État, augmente et plus la solidarité active diminue. Pendant la canicule, ce sont les associations qui ont pris en charge une grande partie des personnes âgées. Ce sont les particuliers qui sont allés voir si la vieille voisine du 6e étage n'était pas seule". Selon lui, "la droite est plutôt pour la solidarité active, afin d'en dégager l'État, et la gauche est plutôt pour mettre en place une solidarité obligatoire, je pense qu'il faut qu'on réussisse à marier les deux".

"Les associations ne seront plus devant leurs budgets comme l'oiseau est sur une branche que l'on peut couper"

L'ancien Haut-commissaire aux Solidarités actives a également décrit un monde associatif muselé car dépendant trop souvent des financements de l'État. Des financements parfois arbitraires. "Aujourd'hui, il y a une précarité associative, par leurs budgets et par la précarité de ceux qui y participent. Il faut organiser les financements en brassant régulièrement les cartes pour que ça ne soit pas toujours les mêmes qui reçoivent les subventions", a-t-il expliqué en décrivant les associations comme "un contre-pouvoir, mais aussi un alter-pouvoir ou certaines idées naissent et se concrétisent". "Pour ces raisons, il faut accepter que les associations puissent être critiques", a-t-il revendiqué.

"Il ne faut pas que les associations soient devant leurs budgets comme l'oiseau est sur une branche que l'on peut couper", a affirmé quant à lui François Bayrou. "Je suis favorable à des contrats pluriannuels, que tout euro signé doit être un euro payé et qu'il faille rebattre les cartes pour que certains ne soient pas installés dans la sécurité quand d'autres ne peuvent jamais exister", a-t-il revendiqué.

Le président de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, Alain Bazot, a abondé dans ce sens en rappelant que leur indépendance financière leur permettait de s'exprimer bien plus librement. "Nous avons une revue qui se vend beaucoup. Nous sommes donc indépendants au niveau du budget. Nous sommes aujourd'hui les seuls à pouvoir dire ce que nous voulons aux gouvernements", a-t-il expliqué. "Cela permet également de se libérer des contraintes d'objectifs, car aujourd'hui, si les associations veulent peser, il faut qu'elles développent de l'expertise et qu'elles se rendent indispensables", a-t-il ajouté en déplorant que "en France, on a un vrai problème de dialogue civil".

Les propositions de François Bayrou

pour les associations

1. Présenter la loi 1901 et sensibiliser à la création d'association dans les programmes d'éducation civique au collège et au lycée.

2. Prise en compte du bénévolat dans les validations des acquis de l'expérience (VAE) et les diplômes.

3. Prise en compte du bénévolat dans le calcul des retraites, dans le cadre d'un système des retraites par points.

4. Bourses de bénévolat, sans contraintes administratives et en partie exonérées de charges sociales, pour les jeunes qui s'impliquent par exemple dans leur université ou fond du tutorat dans les collèges et lycées.

5. Renforcement du Haut Conseil à la vie associative, pour en faire un vrai lieu de débats et d'échanges, où les associations pourront s'exprimer.

7. Contrats d'objectifs pluriannuels entre l'État et les associations, chaque fois que cela est possible, afin de réduire "la paperasse" et garantir davantage de stabilité aux structures.

8. Garantie que chaque euro promis par l'État sera effectivement un euro versé à l'association.

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