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Membre, Posté(e)
existence Membre 5 823 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)

On pense souvent que regarder est une action, et que l'on voit le monde réel. Pourtant, ce n'est pas si évident.

Quand on regarde, on tourne la tête et on dirige les yeux vers une certaine direction. Ensuite la lumière des objets traverse les yeux. C'est-à-dire que l'on regarde dans une certaine direction mais que la lumière vient à nous, de la même façon que l'on tend l'oreille ou bien que l'on oriente une parabole. Ce que nous percevons, c'est l'interaction entre la lumière et nos yeux.

Les objets sont cachés parce que c'est une interaction. Notre regard rencontre d'abord les objets les plus proches. La lumière des objets derrière ne peut pas nous parvenir. Cela forme une surface que nous voyons, cette surface ayant en chaque point une couleur.

La couleur semble être une propriété des objets. En fait, nous voyons en couleur parce que nous avons des cônes et des bâtonnets qui perçoivent différentes longueurs d'ondes. La couleur est une sensation qui résulte de cette interaction différenciée.

Les deux caractéristiques de bases, l'opacité et la couleur, sont donc le résultat d'une interaction. Cela donne une surface colorée pour chaque œil. L'information est stockée dans les nerfs qui partent des yeux par des zones de contrastes circulaires de différentes tailles :

clip_image022_0000.jpg

Cette information va à différents endroits en même temps, pas seulement au cortex visuel qui sert à analyser consciemment les images. En effet, ces informations de contraste circulaire influencent directement le mouvement des yeux et la sensation qu'il fait jour, des comportements instinctifs, des perceptions spatiales.

La vision consciente est une reconstruction de la surface colorée par les yeux à partir des zones de contraste. De ce fait, il peut déjà y avoir des distorsions, par exemple celle-ci :

a7s6wcb8.jpg

Les zones de contrastes étant de plus en plus grandes en vision périphériques, dans cette illusion d'optique, on ne voit plus les cercles blancs parce qu'ils sont trop petits. On les voit même noirs parce que les coins noirs autour sont confondus avec le disque blanc.

Ce que l'on voit quand on analyse visuellement n'est en fait pas du tout l'information de base reçue par les yeux, or nous prenons cette reconstruction pour la réalité de ce qu'on voit.

Bien entendu, il y a d'autres illusions d'optiques possibles, parce qu'il y a une suite de traitements pour déterminer les contours, les formes, les orientations, la profondeur dans l'espace par comparaison des informations provenant de chaque œil.

Autrement dit, déjà à un niveau géométrique de base, ce que nous percevons est une reconstruction plus ou moins fidèle et assez partielle de l'interaction avec la lumière provenant des objets. Plus encore, cette information visuelle peut provenir de l'imagination, par exemple quand on rêve ou bien quand on imagine quelque chose.

Jusque là, on pourrait dire, rien de bien subjectif. On peut avoir la vision un peu embrouillée, mais on cligne des yeux, et voilà, on arrive à voir à peu près correctement ce qu'on regarde. C'est vrai. Mais ce qui va attirer notre attention, ce qui va ressortir, sera subjectif. On sera par exemple plus sensible aux courbes ou aux carrés, aux couleurs, à certaines couleurs plutôt qu'à d'autres etc. Cette première analyse peut sembler anodine, mais elle va influencer l'analyse plus complexe, la reconnaissance des objets, la capacité à s'orienter dans l'espace, et donc à se déplacer et à interagir avec le monde.

[à suivre]

Saviez-vous que la vision était basée sur des cercles ? Que l'image que nous voyons était une reconstruction ? Que la perception ne passait pas que par cette reconstruction, mais aussi par d'autres voies ?

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
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bonjour .je crois qu 'aucun étre vivant ne voie et ne peut voir la réalitée telle qu ' elle est . un étre qui aurai la facultée de voir les atomes de toute choses , aurait une vision fantastique de la réalitée mais ,elle ne serait pas non plus la bonne car la réalité dépend de çe que cet étre aurai comme systéme d ' interprétation de cette réalitée perçue ? nous ne voyons qu ' une petite partie du spectre lumineux , autrement dit , nous voyons la réalitée du monde à travers une lucarne alors que sa réalitée visible est une rotonde panoramique à 360 degrés .bonne journée .

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Membre, Le gremlins à lunette, 36ans Posté(e)
Elhyareno Membre 4 313 messages
36ans‚ Le gremlins à lunette,
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Quand bien même il serait possible de voir directement la réalité, je ne crois pas que ça serait vraiment utile dans le sens ou ça ne permettrait pas, je pense, de mieux comprendre ce que l'on voit.

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Membre, Posté(e)
le merle Membre 21 605 messages
Maitre des forums‚
Posté(e)

bonjour .c ' est vrai , nous avons les facultées qui nous sont nécessaire pour çe que nous est utile pour çe que nous sommes et çe que nous faisont et çe dont nous avons besoin pour le niveau de vie que nous mennont .la fontion crée l ' organe .nous avons franchit une " frontiére " à cause de notre intelligence car , maintenant , nous créont l ' organe , virtuel ou technique pour une fonction qui nous semble nécessaire . bonne journée .

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Membre, Surhomme Nietzschéen, 50ans Posté(e)
Zarathoustra2 Membre 8 656 messages
50ans‚ Surhomme Nietzschéen,
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Nos sens sont un intermédiaire inévitable entre nous et le réel.

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Membre, Posté(e)
existence Membre 5 823 messages
Forumeur activiste‚
Posté(e)

Quand bien même il serait possible de voir directement la réalité, je ne crois pas que ça serait vraiment utile dans le sens ou ça ne permettrait pas, je pense, de mieux comprendre ce que l'on voit.

Possible. Veux-tu dire par là qu'il ne s'agit pas d'un manque ?

La vision subjective (suite)

Est-ce que cela a un sens de voir directement la réalité ? Quand on perçoit, c'est qu'on ressent, c'est donc une sorte de copie dans notre mentale. Cela veut dire que le principe même de voir la réalité est n'a pas de sens. D'une certaine façon, cela revient à se confondre soi avec le monde. On en revient toujours à une forme d'interaction. La vision semble a priori tellement fidèle que l'on confond avec la réalité telle qu'elle est. Pourtant, comme toute interaction, elle est sujette à des limitations (objets cachés, nombre limités de longueur d'ondes, distorsions lors du processus de reconstruction).

Face à un paysage, certaines personnes verront d'abord les arbres, d'autres les montages à l'horizon, d'autres les cailloux par terre. L'importance des objets varie donc selon les personnes. Certaines personnes verront surtout que l'herbe est verte, d'autres verront surtout qu'elle forme plein de petits traits, certains verront dans l'arbre les embranchements, d'autres la forme des feuilles. C'est-à-dire que l'apparence ne sera pas la même selon les personnes, même si elles regardent le même objet.

D'autre part, quand on regarde un objet, on ne voit pas que son image. On voit aussi son utilité, des souvenirs etc. Prenons l'exemple d'une sacoche qu'on utilise dans notre travail. Quand nous la regardons, nous voyons notre travail, ce que nous y avons fait. Une autre personne qui regarde la même sacoche y verra plutôt un conteneur, un objet où l'on peut mettre de plus petits objets. Elle verra plutôt le genre d'objets qui entrerait facilement dans la sacoche.

Prenons l'exemple d'une chaise. Certaines personnes y verront simplement un endroit pour s'asseoir, d'autres y verront un meuble. Certains regarderont les fioritures, d'autres non. Un menuisier y verra la méthode de fabrication et pensera peut-être à la fois où il a fabriqué une chaise semblable. Un philosophe se demandera ce qui fait que l'on identifie l'objet comme une chaise.

Autre exemple, une table. Quelqu'un qui a l'habitude de manger sur cette table y verra un lieu où l'on mange. Quelqu'un qui a l'habitude d'y écrire y verra un lieu de réflexion ou de travail. Quelqu'un qui a déjà vu une table ressemblante se souviendra de l'autre lieu où l'autre table se trouve.

Autre exemple, un livre. Quelqu'un qui l'habitude de lire voit dans un livre un petit monde qu'on peut parcourir. Une personne qui a de la difficulté à lire y voit plus un objet propice à se prendre la tête. Quelqu'un qui a déjà lu un livre n'y voit plus un objet matériel mais une histoire. En le voyant, il se souvient de certains passages du livre. Selon la personne, les passages marquants d'un livre ne sont pas les mêmes.

Ainsi, selon la personne, un même objet, un même paysage ne sera pas le même dans le monde subjectif. Tantôt un objet à admirer, tantôt un objet ayant une utilité, tantôt un souvenir particulier, tantôt une interrogation. Quelqu'un qui connait bien un objet saura rien qu'en le voyant son poids, sa rigidité ou sa souplesse, la surface lisse ou rugueuse, ses déplacements possibles etc.

De même, quand on regarde une personne, on repense aux interactions qu'on a eu avec cette personne. Si une personne a suscité une sensation désagréable en nous, on y verra un emmerdeur ou un ennemi, ou si on est masochiste, un moyen de souffrir. Si une personne a suscité de la paix intérieure, on y verra un ami, quelqu'un qui nous veut du bien, éventuellement un modèle. Si avec une personne on a eu des relations sexuelles, on la verra comme un partenaire sexuel, ou un conjoint, ou un objet de plaisir. Si avec une personne on a parlé longuement, échangé plein d'idées, on la verra comme un alter ego, ou une personne ayant des idées différentes des nôtres, ou un maître, ou un disciple, ou un pote, etc.

La même personne sera donc tantôt un ennemi, tantôt un ami, tantôt un objet de plaisir, tantôt un alter ego selon la personne qui la regarde. D'autre part, ce que l'on verra chez une personne, qu'on la connaisse ou pas, sera tantôt son visage, tantôt ses habits, tantôt son attitude etc.

Ainsi, l'apparence d'un objet, ce qu'il suscite en nous, de même que l'apparence d'une personne et ce qu'elle suscite en nous sont des effets de notre subjectivité. La seule chose qui sera commune avec autrui sera l'image de base que l'on perçoit avec nos yeux, et encore si l'apparence de l'objet n'est pas différente selon l'angle de vue. Comme nous reconstruisons dans notre esprit à partir de nos perceptions, tout ce qu'on voit est subjectif. Deux personnes peuvent avoir une représentation subjective semblable pour un objet ou bien deux représentations subjectives différentes. Il en va de même avec les personnes, on peut voir certaines faces d'une personne et pas d'autres, et un même comportement, une même attitude, ne sera pas vue de la même façon selon la personne qui regarde.

Malgré cela, il est possible de communiquer avec autrui et de se comprendre plus ou moins. Certains mots permettent de lever les ambiguïtés, tandis que d'autres au contraire sont polémiques. La façon dont autrui réagit peut nous permettre de nous rendre compte si autrui a compris ce qu'on voulait dire ou pas. Il est possible ainsi de partager des impressions au sujet d'objets ou de personnes, et de permettre aux subjectivités de se comprendre.

Voilà pourquoi la vision est subjective, toutes les perceptions sont subjectives, et ce que nous appelons la réalité est souvent une réalité subjective parfois habituelle parfois originale. Même si la réalité existe, la façon dont nous nous la représentant peut être plus ou moins différente.

Ainsi, quand on voit un objet, la part de réalité dans cette perception est très petite.

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