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Les affaires de Christine Lagarde avec le patron d’Oséo

Selon nos informations, la ministre de l'Économie et le P.-D.G. d'Oséo, François Drouin, sont associés au sein de la même société, Applicatour, une petite entreprise créée par le fils de ce dernier. Dans sa déclaration d'intérêts, Christine Lagarde mentionne bien cet investissement permettant de réduire son ISF, mais sans préciser sa proximité avec le patron d'Oséo, groupe public placé sous tutelle de Bercy.

Le monde des affaires est décidément petit. Dans sa déclaration d’intérêts, publiée comme celle de tous les membres du gouvernement jeudi 21 avril par Matignon, dans un souci de transparence, la ministre de l’Économie, Christine Lagarde, indique avoir des parts dans la société Applicatour. Un investissement PME qui en vertu de la loi TEPA lui permet de réduire son impôt sur la fortune.

Cette petite entreprise, spécialisée dans les logiciels pour les agences de voyages, d’abord basée à Toulouse puis à Paris, a été créée en 2003 par Stanislas Drouin, alors âgé de 23 ans. Ce jeune entrepreneur dynamique est le fils de François Drouin, un X-Ponts passé par la Caisse des dépôts et à l’époque président du directoire de la Caisse d'épargne de Midi-Pyrénées et président d’Alliance-Entreprise, société d’investissement devenue filiale à 100 % de la Caisse d’épargne en 2006. En novembre 2007, François Drouin est nommé sur proposition de Christine Lagarde, ministre de l’Économie, président d’Oséo, issue de la fusion entre l’Anvar et la Banque des PME (BDPME).

La ministre dans le tour de table

En juin 2008, la société Applicatour augmente son capital et accueille deux nouveaux associés, dont François Drouin lui-même, qui apporte 14 396 euros. Le P.-D.G. d’Oséo détient alors 472 parts, son fils Stanislas, 7 500 et l’autre associée, Catherine Garratt, 361 parts.

Un an plus tard, en juin 2009, Applicatour décide de transférer son siège de Toulouse à Paris, d’élargir son tour de table et accueille la ministre de l’Économie. Nouvelle augmentation de capital de 25 406 euros, dont 19 980 euros apportés par Christine Lagarde qui possède alors 222 parts sur 8 841. François Drouin remet au passage 14 760 euros supplémentaires dans la société de son fils.

Par quel hasard la ministre de l’Économie se retrouve-t-elle à investir dans une petite entreprise créée et dirigée par le fils du président d’Oséo, groupe public dont Bercy a la tutelle avec le ministère de la Recherche ? Quelle coïncidence conduit Christine Lagarde à investir dans la même microentreprise que François Drouin, P.-D.G. d’Oséo ? Interrogée par Acteurs publics, Christine Lagarde fait dire par son conseiller en communication qu’il “n’y a rien d’illégal” et que la ministre a, tout simplement, “choisi d’investir dans une entreprise innovante”. Bercy se retranche derrière le secret des affaires tandis que Stanislas Drouin, joint à deux reprises, nous affirme, gêné, ne pas vouloir répondre à cette question.

Oséo se porte caution

Le 28 mai 2010, Applicatour, qui a décidément besoin d’argent frais pour se développer, décide à nouveau de procéder à une augmentation de capital. Les associés remettent au pot et accueillent deux nouveaux associés. La ministre de l’Économie réinvestit 14 949 euros supplémentaires et François Drouin, 12 771 euros. L’un des nouveaux associés, Henri Charles Egret, un haut magistrat ami de la famille Drouin, actuel président de la cour d'appel de Metz, apporte, lui, la somme rondelette de 44 055 euros. À l’issue de cette nouvelle opération, Christine Lagarde possède une participation significative de 373 parts sur 7 500.

Fin 2009, Applicatour, petite société en plein développement, déclarait un chiffres d’affaires de 313 000 euros, un bénéfice net de 30 000 euros et le versement d’un dividende de 1,37 par part. L’appel à des investisseurs pour accompagner son expansion, la rentabilité de l’entreprise et la constitution de réserves financières n’ont pas empêché Applicatour de s’endetter à hauteur de 200 000 euros en 2009. Interrogé par téléphone, Stanislas Drouin précise sans plus de détails que son entreprise a bien contracté un emprunt, sans en révéler le montant, avec une double caution, la sienne et celle… d’Oséo, le groupe public que préside son père, lequel participe au tour de table d’Applicatour. François Drouin a indiqué au Journal du dimanche qu'il n'était pas intervenu et qu'il existait “une procédure déontologique particulière quand un dirigeant d'Oséo ou l'un de ses proches sont concernés par une décision”.

Le 27 janvier 2011, François Drouin a été reconduit à la tête d’Oséo par Nicolas Sarkozy, “sur le rapport du Premier ministre et de la ministre de l'Économie, des Finances et de l’Industrie”, comme le précise le décret de nomination.

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