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il y a encore des révolutions à venir


dihyia

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dihyia Membre 9 023 messages
Baby Forumeur‚
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Il y a deux semaines, Washington a lâché Ben Ali en apportant son soutien à des groupes qui ne considèrent pas l'islamisme comme une menace. On voit le même genre de comportement d'une manière plus explicite vis-à-vis de Moubarak en Egypte.

Dans les médias, certains parlent d'un soutien naïf des Américains à la démocratie contre des « dictateurs corrompus ». D'autres dénoncent un manque de discernement américain qui aboutirait à l'arrivée au pouvoir des Frères Musulmans. Il y a des débats à la télévision avec des experts, mais aucun des invités ne fait à aucun moment référence au soutien financier accordé par Washington à ces groupes actifs en Tunisie et en Egypte qui se montrent indulgents avec les islamistes.

Personne ne dit que Washington entretient discrètement mais officiellement des groupes islamistes ! Cette information est pourtant essentielle car elle pose les Américains dans le rôle de faiseurs de révolutions : des manipulateurs cyniques cherchant à déstabiliser les Etats et non des amis de la liberté.

Cela amène la question des intérêts en jeu. La réponse est bien banale : la Tunisie et l'Egypte figurent parmi les 5 plus grands producteurs de gaz en Afrique, continent qui fournit via des compagnies essentiellement non américaines plus de 25% des besoins énergétiques des Etats-Unis. Cet Etat finance des groupes hostiles aux gens en place pour renverser les régimes et annuler les contrats qu'ils ont signés.

Il est évident qu'à cela, les experts qui défilent à la télévision rétorqueront : « théorie de complot ! » Cette réponse est une dénégation des principes mêmes de la géopolitique. D'ailleurs, depuis que l'on évoque cela, on ne voit plus de cartes thématiques géopolitiques dans les médias car la vérité sauterait aux yeux de chacun. [1]

En l'absence de ce genre de cartes, nous avons consacré une semaine entière à produire des cartes thématiques des divers enjeux pétroliers, gaziers, économiques et géopolitiques pour tout le contient africain et pas seulement pour l'Afrique du Nord. Ce travail nous permet aujourd'hui de vous offrir une analyse géopolitique cartographique qui permet de comprendre les agissements américains en Tunisie et en Egypte.

Cette analyse ne s'attache pas aux pays et aux populations qui y vivent car ils n'ont jamais compté pour les grandes puissances en tant que personne. Cela ne veut pas dire que nous méprisons les Africains, bien au contraire. Mais il ne s'agit pas de flatter, il s'agit de présenter des faits : on ne peut pas tenir compte des frontières car elles ont été dessinées par les grandes puissances colonisatrices et l'on ne peut pas tenir compte des populations car elles ont toujours été dirigées par des gens placés à leurs têtes par ces mêmes grandes puissances.

On parle en l'occurrence de la France et de la Grande-Bretagne qui avaient conquis les plus grands territoires et se sont partagées les avoirs de l'Allemagne après la défaite de cette dernière lors de la première guerre mondiale. Ces deux puissances ont même étendu leur domaine d'influence après la seconde guerre mondiale sur les avoirs italiens notamment la très riche Libye. Il sera donc beaucoup question des domaines d'influence française et britannique. Le nombre de pétroliers des deux pays ou des bases militaires dépasse d'ailleurs le nombre des pétroliers ou bases américaines en Afrique.

Mais l'Afrique ne se résume pas à ces deux influences : avant d'être occupée par les Européens, elle avait été conquise par les musulmans. Elle était dans son domaine d'influence. Les deux grandes puissances européennes ont pris le pouvoir au détriment des Africains et de l'Islam. Cela a conforté le domaine d'influence de l'Islam qui s'est transformé en vecteur d'hostilité aux puissances colonisatrices et aux gens qu'elles plaçaient au pouvoir. L'islam a ainsi gardé une actualité politique.

Les Français ont combattu cette hostilité populaire en aidant les forces laïques qui étaient finalement mal vues des populations locales. Les Britanniques ont fait le choix inverse avec la société multi ethnique, en soutenant les Arabes contre les Ottomans, en finançant le clergé chiite iranien et irakien ou encore en créant la confrérie maçonnique des Frères Musulmans pour donner un peu de pouvoir aux musulmans et ainsi se placer dans le rôle de l'ami des musulmans. Ces deux approches ont chacune à leur manière renforcé les divers artisans de l'islam politique comme les seuls représentants de la pensée anticolonialiste.

C'est donc naturellement que Washington les courtise pour renverser les pouvoirs existants. Mais cependant il chasse sur des territoires britanniques et cherche à séduire des islamistes liés à la Grande-Bretagne d'où un manque de succès notamment par la faute de la tiédeur affichée par les Frères Musulmans. On ne peut donc parler aujourd'hui d'un domaine d'influence de l'Islam, mais d'un domaine musulman de prédilection d'agitation américaine. C'est pourquoi nous n'avons pas dessiné un domaine d'influence islamique, mais une carte de l'impact de l'islam.

Après ces brèves mises au point, voici l'Afrique telle qu'elle est (vous pouvez cliquer puis zoomer sur les cartes pour les agrandir).

source et suite +cartographie

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