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dissertation


marie95_56

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Invité Ysaline
Invités, Posté(e)
Invité Ysaline
Invité Ysaline Invités 0 message
Posté(e)
Nous avons eu une citation d'un poète et le sujet est en gros " est ce que le lyrisme est il la destination unique de la poésie ?

Si tu donnes l'intitulé "en gros", déjà, tu es sûr de faire une hors-sujet... ^^

Un sujet de dissertation, ça ne se traite pas en gros, ça se traite minutieusement, dans le détail.

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Membre, 34ans Posté(e)
lordalchimiste Membre 13 messages
Baby Forumeur‚ 34ans‚
Posté(e)

Déjà je te conseil un plan dialectique (En deux parties donc^^):

"Le lyrisme est il la destination unique de la poésie ?"

I: Oui, pourquoi ?

II: Non, pourquoi ?

Voici maintenant quelques pistes:

Pour le I:

- Lyrisme = Sentiments de l'auteur. Donc cela regroupe beaucoup de poètes (Attention, le lyrique regroupe les bons et mauvais sentiments !!!)

Exemple de poésie lyrique: "Demain dès l'aube..." de Victor Hugo:

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,

Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.

J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.

Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,

Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,

Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe

Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Phrase célèbre: "La poésie c'est 'Faire une perle d'une larme'" de Musset:

Chasser tout souvenir et fixer sa pensee,

Sur un bel axe d'or la tenir balancee,

Incertaine, inquiete, immobile pourtant,

Peut-etre eterniser le reve d'un instant ;

Aimer le vrai, le beau, chercher leur harmonie ;

Ecouter dans son coeur l'echo de son genie ;

Chanter, rire, pleurer, seul, sans but, au hasard ;

D'un sourire, d'un mot, d'un soupir, d'un regard

Faire un travail exquis, plein de crainte et de charme

Faire une perle d'une larme :

Du poete ici-bas voila la passion,

Voila son bien, sa vie et son ambition.

Je te laisses voir pour la suite.

Pour le II:

- Les poètes engagé (Politique) ont pour but de dénoncer/promouvoir un gouvernement.

Exemples de poème: Tiré des "Châtiments" de Victor Hugo

Sa grandeur éblouit l'histoire.

Quinze ans, il fut

Le dieu que traînait la victoire

Sur un affût ;

L'Europe sous sa loi guerrière

Se débattit. -

Toi, son singe, marche derrière,

Petit, petit.

Napoléon dans la bataille,

Grave et serein,

Guidait à travers la mitraille

L'aigle d'airain.

Il entra sur le pont d'Arcole,

Il en sortit. -

Voici de l'or, viens, pille et vole,

Petit, petit.

Berlin, Vienne, étaient ses maîtresses ;

Il les forçait,

Leste, et prenant les forteresses

Par le corset ;

Il triompha de cent bastilles

Qu'il investit. -

Voici pour toi, voici des filles,

Petit, petit.

Il passait les monts et les plaines,

Tenant en main

La palme, la foudre et les rênes

Du genre humain ;

Il était ivre de sa gloire

Qui retentit. -

Voici du sang, accours, viens boire,

Petit, petit.

Quand il tomba, lâchant le monde,

L'immense mer

Ouvrit à sa chute profonde

Le gouffre amer ;

Il y plongea, sinistre archange,

Et s'engloutit. -

Toi, tu te noieras dans la fange,

Petit, petit.

- Les poèmes à but pédagogique: Les fables de La Fontaine: "Le corbeaux et le renard":

Maître Corbeau, sur un arbre perché,

Tenait en son bec un fromage.

Maître Renard, par l'odeur alléché,

Lui tint à peu près ce langage :

« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.

Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !

Sans mentir, si votre ramage

Se rapporte à votre plumage,

Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. »

é ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie :

Et pour montrer sa belle voix,

Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,

Apprenez que tout flatteur

Vit aux dépens de celui qui l'écoute.

Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »

Le Corbeau honteux et confus,

Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Voila pour la partie II.

J'espère t'avoir un peu aidée.

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Invité Ysaline
Invités, Posté(e)
Invité Ysaline
Invité Ysaline Invités 0 message
Posté(e)

P= pensez-vous que le lyrisme soit la destination unique de la poésie ?

I. Le lyrisme, un chant du moi à travers le langage

  • 1. Poésie et musique : initialement, le lyrisme d'un poème est ce qui le rend chantable par un aède. La poésie a en effet longtemps été faite pour être chantée, et l'on retrouve cela tout au long de la période médiévale, où le poètes étaient troubadours (au nord de la Loire) ou trouvères (au sud de la Loire), notamment chez Guillaume de Machault. On trouve également ce lien dans des sous-genres de la poésie comme la ballade. Progressivement, la composition parolière se sépare de la composition musicale, mais la musique est sa destination, historiquement, la parole accompagnant la musique plus que l'inverse.
  • 2. Le lyrisme après la musique : quoiqu'elle se détache de la musique, la parole poétique reste une parole mettant en avant et le moi, et l'émoi. Ainsi, la notion de lyrisme se rapproche de la notion d'élégie, et le sens du mot lyrisme se transforme ; il devient l'expressivité du texte, et au travers du texte, le moyen d'expression du poète. Ainsi, on retrouve des références à la musique dans des ¿uvres qui n'ont pas pour destination la musique et dont la particularité est d'associer une musicalité des mots à une mise en exergue de l'émotion : la «Chanson d'automne» de Verlaine en est l'exemple frappant, mais on retrouve chez quasiment tous les poètes ce rapprochement entre poésie et musique : Odes et Ballades de V. Hugo, les Chansons de Musset (à Saint-Blaise, à Barberine, à Fortunio), la «Chanson d'après-midi», le «Chant d'automne», le «Madrigal triste» de Baudelaire, le «Chant de guerre parisien» de Rimbaud, le Chant des morts de Reverdy... Dans ce sens, la parole lyrique, tout en peignant la mélancolie, la génère ; le lyrisme s'associe alors et à la musicalité et à l'élégie.
  • 3. Le lyrisme et l'émotion : Jakobson est un linguiste qui explique tout acte de langage en six fonction (cf schéma communicationnel). Dans ce schéma, la fonction émotive est ce qui dans le discours, dit le "je", et c'est cette fonction que met en avant la poésie lyrique. En ce sens donc, on pourrait dire qu'est par nature lyrique toute poésie qui viserait l'expression du moi...

II. Dire l'indicible : «poésie et vérité»

  • La fin du XIXème siècle et la redéfinition de la poésie : avec l'arrivée du poème en prose, le poème explose, il traverse une crise. Ne trouvant plus son essence dans une forme, suite aux mauvais traitements infligés par les Romantiques et leurs continuateurs, c'est ailleurs que la poésie devra se définir. Qu'est-ce qui rend une parole poétique ? L'expression du moi elle aussi arrive à un moment d'épuisement, après sa sur-exploitation par le mouvement romantique, et c'est alors que s'ouvre dans cette brèche qui donnera lieu à l'ère des Voyants. Rimbaud écrit d'ailleurs : «Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d'amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n'en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit, ¿ et le suprême Savant ¿ Car il arrive à l'inconnu !» C'est une déclaration de foi en la poésie non seulement comme moyen d'expression d'une intériorité mais aussi comme moyen d'exploration et de création d'un savoir lié au Moi autant qu'au monde. Ainsi dans sa poésie, la musique - et donc le lyrisme - n'est pas l'objectif ; il écrit, dans «Vagabonds» : «Je créais, par delà la campagne traversée par des bandes de musique rare, les fantômes du futur luxe nocturne.» ; ce n'est qu'à travers la musique que se déploie la création, qui est un fantôme, une image, une idée.
  • Mallarmé et la transcendance de la parole : chez cet autre poète, on retrfouve le lien entre parole et vérité, mais aussi entre poésie et spiritualité. Il est question ici de «penser de tout son corps», autrement dit de parvenir à une signifiance corporelle du langage.
  • Lautréamont et l'abject : Les chants de Maldoror réalisent encore une fois cet odyssée du Moi dans le Mot, à la recherche d'un Verbe juste, d'un Verbe en quelque sorte divin, c'est-à-dire générateur d'une réalité. Ici, ce n'est pas la joliesse du mot qui importe, ou sa musicalité pour ce qu'elle a d'agrément, mais la recherche d'un vrai dans l'existant, là où le doute est semé, par-delà même l'illusion de réalité. En touchant à la matière infecte de l'âme et en la mettant en mots dans une forme adaptée à ce qu'elle contient («Je suis sale, les poux me rongent, les pourceaux quand ils me regardent vomissent.» Ch de Mal, IV, 4), Lautréamont met en exergue le mal en l'homme, comme avait commencé Baudelaire mais au-delà même de Baudelaire... La poésie trouve alors ici une efficacité : par le travail sur la forme, elle crée une intensité dans le discours qui permet à cette parole de devenir efficace, par l'éc¿urement. Lire Lautréamont est en ce sens une expérience à part entière, un voyage au c¿ur du paysage intérieur, pour peu que le lecteur ait la sincérité de lire avec le c¿ur, mais dans ses contrées les moins touristiques : les charniers.

J'arrête ici parce que de toute façon t'es qu'en première et que visiblement tu n'en as rien à glander de tes cours de français... Si tu suis quand même ce plan - auquel j'imagine tu n'as pas compris grand chose - il faudrait parler du XXème siècle et des surréalistes, ainsi que de la poésie nationaliste (liens entre romantisme et nationalisme, Neruda par son Canto general mais aussi Ezra Pound pour les Etats Unis ou encore Fontanier pour l'identité créole, Eluard et les autres surréalistes résistants...).

En d'autres termes, la poésie, ça sert aussi à :

- enrichir le regard que l'on porte sur le monde.

- créer des identités en taillant de belles robes aux mythes.

- mettre l'homme face à lui et face à la mort.

- créer une réalité pure.

- voir du beau dans un monde quand même assez laid, ce quio n'est pas rien.

Et il n'y a vraiment que ces co******* de romantiques qui s'en soient servi pour s'exprimer, ce qui était prétentieux et sans intérêt... cf Le lac de Lamartine...^^

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