...serie noire


schaller Membre 6 755 messages
...sur ou pas loin d'un ring!‚ 42ans
Posté(e)

Série noire sur le ring 13 Aoû 2009 m:1250181337 " /> Vernon Forrest, en 2008. (Reuters)

Par LIONEL FROISSART

La boxe n'est pas tendre avec ses champions : depuis le 1er juillet, quatre boxeurs ont été fauchés par une mort violente, victimes d'une fréquentation douteuse, de leur sport ou de mauvaises rencontres d'un soir.

Alexis Argüello, le sandiniste dépressif

Il faut croire que la boxe ne fut qu'une parenthèse, à la fois glorieuse et douloureuse, dans la vie mouvementée du Nicaraguayen Alexis Argüello. Les amateurs du genre louent le palmarès du combattant de Managua qui fut champion du monde dans trois catégories différentes (poids plumes, super-plumes et légers) entre 1974 et 1983, soit une petite décennie, le temps de faire d'Argüello l'un des plus fameux boxeurs de l'histoire. Evoquant le style du Nicaraguayen, le célèbre chroniqueur Peter King écrivit d'ailleurs : «Regarder l'un de ses combats, c'est comme admirer le tableau d'un grand maître de la Renaissance, c'est riche en détails et en couleurs.» Il aurait pu ajouter : «En violence aussi.»

Lorsqu'il décide de quitter les rings avec l'intention de rejoindre le mouvement sandiniste de Daniel Ortega, dans les rangs duquel son jeune frère a trouvé la mort quelques années auparavant, Argüello laisse des pépites sanglantes derrière lui. A commencer par ses deux affrontements contre l'Américain Aaron Pryor. Deux combats sauvages, même si le résultat du premier - qui expédia Argüello à l'hôpital - fut sujet à caution à cause d'une petite fiole «miracle» aussi vite disparue qu'elle était apparue dans le coin de Pryor à la fin du douzième round. Quant au verdict du second, il fut sans appel et autorisa Argüello à brandir le panneau «Fin».

Il s'improvise alors organisateur de combats, puis manageur. Se fait plumer, s'imagine restaurateur, vante une marque de bière dans un spot télé. En profite pour s'en jeter une, puis une autre. Il est rattrapé par ses démons : l'alcool et la drogue. Apparaît dans un épisode de Miami Vice. Est le modèle, à son insu, d'un jeu vidéo dont il ne tirera aucun cachet. Rejoint le mouvement clandestin de l'Alliance démocratique révolutionnaire qui lutte contre les sandinistes, dont Argüello se dit déçu. Après un retour pathétique sur les rings au milieu des années 90, c'est son propre fils qui le place dans un centre de désintoxication. Il y a peu, Alexis Argüello avait regagné toute sa respectabilité en se faisant élire - un peu en force, dit-on - maire de Managua, sa ville natale. Mais, dépressif, il a préféré se tirer une balle dans le c¿ur. Pour le compte cette fois.

Vernon Forrest, le justicier plombé

L'Américain Vernon Forrest devait remonter sur un ring au début de ce mois d'août. Il avait encore deux ou trois petites choses à régler entre les cordes après avoir été champion du monde IBF des poids welters (mi-moyens) en 2001, puis vainqueur du redoutable Shane Mosley quelques mois plus tard. C'était avant d'être stoppé net, à deux reprises, par le Nicaraguayen Ricardo Mayorga. Deux échecs qu'il mit deux ans à digérer avant de redevenir le boxeur flamboyant qu'il était au début de sa carrière. Au prix d'un parcours erratique : à nouveau sacré champion du monde dans la catégorie des super-welters (super mi-moyens) cette fois, puis défait et encore une fois vainqueur face au Latino-Américain Sergio Mora en 2008, avant d'être déchu de son titre pour ne pas l'avoir défendu dans les délais imposés¿

C'est cette contrariété qui lui trottait dans la tête et qu'il voulait effacer. Juste une question d'honneur. Une affaire de quelques minutes de plus sur un ring. A 38 ans, il préparait donc sa sortie de carrière, qu'il espérait par le haut. Un soir de fin juillet, des minables voleurs de bagnoles en ont décidé autrement. Flingue en main, ils ont tenté de braquer le boxeur alors qu'il venait d'arrêter sa Jaguar dans une station-service d'Atlanta (Géorgie). Une assez mauvaise idée, d'autant que Forrest était lui aussi armé. L'ancien champion aurait pu se contenter d'avoir réussi à mettre ses agresseurs en fuite. Mais il s'est mis en tête de les poursuivre. Une balle trop bien placée a eu raison de son courage¿ ou de son inconscience.

Arturo Gatti, le mari pendu

Au milieu des années 90, Arturo Gatti était considéré comme l'un des bons boxeurs de sa génération. A l'époque, les titres de champion du monde avaient encore une petite signification. Né en Italie, mais de nationalité québécoise, Gatti avait été sacré champion IBF dans la catégorie des poids plumes en 1995 puis, neuf ans plus tard, il devint champion des super-légers pour la fédération WBC, alors considérée comme la plus représentative. Il fallut d'ailleurs qu'il croise les gants du redoutable Floyd Mayweather Jr. pour en être dépossédé. Après avoir raccroché en 2007, Gatti n'avait plus aucune raison de faire parler de lui. Il n'était pas assez connu pour être convié lors des grands combats à Las Vegas ou New York. Sa reconversion n'avait rien de remarquable. Il était redevenu un citoyen canadien aussi anonyme qu'un autre. A un détail près. Il continuait à boxer, mais dans une sorte de «catégorie mixte» originale : il prenait sa femme, une jolie brune d'origine brésilienne, pour sparring-partner.

Aussi, lorsque le corps sans vie d'Arturo Gatti, 37 ans, fut découvert le 11 juillet sur le lieu de villégiature du couple, dans une petite cité balnéaire brésilienne proche de Recife, sa femme, Amanda Rodrigues, fut aussitôt soupçonnée de meurtre et emprisonnée, ce qui l'empêcha d'assister en compagnie de leur fils à l'enterrement de son mari.

Quelques jours plus tard, la police brésilienne concluait pourtant au suicide par pendaison (avec la bandoulière d'un sac) de l'ancien boxeur. Enterrée à Laval, dans la banlieue de Montréal, la dépouille de Gatti fut pourtant exhumée, il y treize jours, à la demande de sa famille, afin de procéder à une nouvelle autopsie, dont les résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines.

Marco Antonio Nazareth, l'espoir anéanti

C'était un combat comme il s'en déroule des centaines chaque fin de semaine aux Etats-Unis, au Mexique ou ailleurs dans le monde. Un petit «six rounds» opposant deux jeunes espoirs mexicains de la catégorie des welters (mi-moyens) avec, dans le coin bleu, un certain Marco Antonio Nazareth, 23 ans, qui disputait ce soir-là le huitième combat de sa carrière après en avoir remporté quatre. Dans le coin rouge, Omar Chávez, 18 ans, au palmarès un peu plus convaincant avec 17 combats, dont 13 gagnés par K.-O. pour une seule défaite. Et surtout avec, pour spectateur et supporteur numéro 1, l'immense Julio César Chávez, véritable dieu vivant au Mexique, vainqueur de trois titres mondiaux et de 107 de ses 115 combats. Ce soir du 18 juillet, dans cette petite salle surchauffée de Puerto Vallarta, il n'est que le père d'un gamin qui rêve lui aussi de gloire et de succès. Même si Nazareth, l'adversaire de son fils, visite le tapis dès le premier round, Julio César Chávez assiste à un combat plutôt équilibré, jusqu'au quatrième round et cette belle série de crochets du droit lâchés par Chávez junior qui ébranlent Nazareth. L'arbitre voit juste et préfère arrêter le combat que Marco Antonio Nazareth termine toutefois debout. K.-O. technique. Pris de nausées et de maux de tête, il sera transporté à l'hôpital où il décédera, quatre jours plus tard, victime d'une hémorragie cérébrale

vernon-forrest.jpg

ALeqM5j8gUbb45NFtK8E60o5vk0BZI7QNg?size=l " />

source liberation

...une pensée pour ces boxeurs,en particulier pour arthuro gatti et vernon forrest :smile2:

schaller

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Annonces
Maintenant

Messages recommandés

dark_connard Membre 2 606 messages
chevalier jedi du coté obscur de la force ! ‚ 106ans
Posté(e)

Rhaaa putain c'est triste de voir des champions disparaître aussi tragiquement...

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

Créer un compte ou se connecter pour commenter

Vous devez être membre afin de pouvoir déposer un commentaire

Créer un compte

Créez un compte sur notre communauté. C’est facile !

Créer un nouveau compte

Se connecter

Vous avez déjà un compte ? Connectez-vous ici.

Connectez-vous maintenant