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Tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Quitterie


Yavin

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Tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Quitterie


Dimanche 04 janvier - 14:53

Même si le choix des prénoms est de plus en plus libre, il reste un important marqueur social. Dans certains cas, il peut même être discriminant. Kevina et Eugénie vont en bateau, laquelle tombe à l'eau?



Une chose est sûre. Jamais Rachida Dati n'aurait appelé sa fille - née Zohra (l'étoile) le 2 janvier - Chanel ou Prada, des prénoms pourtant très en vogue chez les people américains. Pourquoi? Parce qu'à Paris, pour être du bon côté de la Seine, on se prénomme Claire, Edwige ou Juliette, mais jamais, au grand jamais, une fille bien née ne porterait le nom d'un rouge à lèvres ou d'un cabas de prestige. Dans la même logique, elle ne s'appellerait pas non plus Rachida... «Certains parents ne seront jamais que des parvenus à qui il manque le pedigree. De toute manière, rien n'est plus plouc que de vouloir passer pour ce qu'on n'est pas», balance Alix Baboin-Jaubert, auteure de l'horripilant mais distrayant «Guide des prénoms chics», dont la liste s'inspire des «Carnets du Jour» du Figaro et du Bottin mondain. «Un prénom dénote l'appartenance à un clan, à une famille, à une caste... quels qu'ils soient. Il est rare de croiser dans les rallyes de jeunes Kevin ou Loana, tout comme on trouvera peu d'Adelaïde ou de Léopold dans les banlieues difficiles.»

A l'heure de la globalisation est-ce encore vrai? En 2009, une petite Zohra n'a-t-elle pas les mêmes chances qu'une petite Clothilde? «Non, répond le sociologue Jean-François Amadieu, directeur de l'Observatoire des discriminations à Paris. Le prénom reste un marqueur social. Il stigmatise autant que le poids, la taille et le look. A compétences égales, un dirigeant préférera un candidat qui lui ressemble ou se nomme comme lui. En réalité, c'est surtout parce que l'appellation reflète l'origine sociale, celle des parents, qu'elle est déterminante.» Malgré la recommandation de l'ONU d'abroger toute loi ayant pour effet de créer ou perpétuer la discrimination raciale, y compris sur le prénom, bonne chance à Juwayria ou à Ginette qui n'ont toujours pas compris pourquoi le poste d'attachée culturelle leur a été ravi par une certaine Ombelline.


Marie-Claude Martin
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Source: Le Matin
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