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Bonne nuit zébullons et gratouillettes

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orangine

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orangine Membre 1 098 messages
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Il était une fois un gratton laveur nommé Gratouille.
Personne ne savait vraiment s’il était un biscuit croustillant ou un petit bandit masqué… sauf lui. Et ça lui allait très bien.

Chaque soir, à l’heure où les étoiles s’allumaient comme des petites ampoules mal vissées, il retrouvait son amie la sortinette Zébuline. Une sortinette, c’est un tout petit tourbillon de magie avec des chaussettes dépareillées et des idées encore plus dépareillées.

— « On fait quoi ce soir ? » demandait Gratouille en lissant son masque imaginaire.
— « On dit bonne nuit… mais pas normalement ! » répondait Zébuline en faisant apparaître une pluie de plumes qui miaulaient.

Alors ils montaient sur la colline la plus ronde du monde (oui, plus ronde qu’une boule de fromage, c’est dire) et lançaient leur rituel officiel :

Gratouille criait :
« Bonne nuit aux chaussettes orphelines ! »

Zébuline ajoutait :
« Bonne nuit aux nuages qui ont oublié d’être sérieux ! »

Puis ensemble :
« Bonne nuit à toi, grand explorateur de couette ! Que tes rêves soient remplis de trampolines invisibles, de glaces qui ne fondent jamais, et de licornes qui racontent des blagues nulles ! »

Les étoiles riaient.
La lune faisait un clin d’œil.
Et même le vent chuchotait : « Dors bien… mais pas trop sage. »

Alors si tu entends un petit pouic-pouic magique avant de t’endormir…
c’est sûrement Gratouille et Zébuline qui te souhaitent, avec un peu de folie et beaucoup de tendresse :

✨ Bonne nuit, champion des rêves extraordinaires ! ✨

:rofl:

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orangine Membre 1 098 messages
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Il était une fois, très tôt le matin (beaucoup trop tôt selon les oreillers), une baguette magique nommée Baguettina.

Attention : pas une baguette pour le pain.
Pas une baguette de chef d’orchestre.
Non. Une vraie baguette magique… mais légèrement déréglée.

Son problème ?
Elle ne lançait pas les sorts qu’on lui demandait.

Un matin, le petit Léon la trouva sur sa table de nuit.

— « Baguettina, réveille-moi en douceur ! »

PLOUF !

Le lit se transforma en trampoline.

— « Pas en rebonds ! En douceur ! »

POUF !

Les rideaux se mirent à chanter l’opéra à pleine voix.

— « Dou-ceur ! »

BIM !

Une pluie de confettis au goût de fraise tomba du plafond pendant que les chaussons dansaient la samba.

Baguettina vibra un peu et déclara d’une petite voix brillante :

— « Se réveiller, c’est trop sérieux. Moi, je préfère réveiller en éclaboussures de joie ! »

Alors Léon se leva (en faisant encore deux petits rebonds involontaires), enfila ses chaussons danseurs et ouvrit la fenêtre.

Le soleil entra comme un projecteur géant.

Baguettina fit un dernier ZIIIING

Et hop !
Le petit-déjeuner apparut avec des tartines qui faisaient des blagues :

— « Pourquoi les matins sont courageux ?
Parce qu’ils se lèvent toujours ! »

Même Léon éclata de rire.

Et toi aussi, peut-être que ta matinée commence un peu de travers…
Mais si tu écoutes bien, quelque part pas loin, il y a une baguette magique un peu folle qui murmure :

« Debout, merveille ambulante ! Aujourd’hui, on fait pétiller le monde. »

Allez hop !
Un grand étirement…
Un sourire ébouriffé…
Et que ta journée fasse POUF de bonheur ✨

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orangine Membre 1 098 messages
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Le Canard qui Refusait d’Être Symbolique

Dans la ville de Clair-Obscur, les trolley-bus suivaient toujours la même ligne.
Les habitants aussi.

Chaque matin, ils montaient à bord, regardaient droit devant eux, descendaient au même arrêt, répétaient les mêmes phrases.

Le trolley-bus numéro 3 était particulièrement ponctuel.
Trop ponctuel.

Il ne déviait jamais.
Même pas d’un centimètre.

Un jour, à l’arrêt “Rue des Certitudes”, un canard monta à bord.

Un simple canard blanc. Pas d’imperméable. Pas de monocle.
Juste un regard calme et une démarche décidée.

Il s’assit.

Et ne fit rien.

Ce qui, dans cette ville, était déjà suspect.

Un magicien ambulant — ancien saltimbanque reconverti en illusionniste discret — observait la scène. Il s’appelait Élias. Son métier consistait à distraire les passagers pendant le trajet : petites flammes dans la paume, foulards qui disparaissent, cartes qui se transforment en fleurs.

Mais ce jour-là, personne ne le regardait.

Tout le monde regardait le canard.

Au bout de quelques arrêts, un passager finit par demander :

— “Que représente-t-il ?”

Un autre répondit :

— “C’est sûrement une métaphore.”

Un troisième ajouta :

— “Oui, ça doit être une critique de la société.”

Le canard cligna lentement des yeux.

Élias, intrigué, s’approcha et murmura :

— “Es-tu un symbole ?”

Le canard répondit, très calmement :

— “Non.”

Silence.

Le trolley-bus poursuivait sa ligne. Les fils électriques vibraient doucement au-dessus.

— “Alors pourquoi es-tu ici ?” demanda Élias.

— “Parce que je voulais monter.”

Les passagers furent profondément déstabilisés.

Dans une ville où tout avait un rôle, une utilité, une interprétation…
l’idée qu’un être puisse simplement être là — sans message, sans leçon, sans fonction — paraissait presque provocante.

Élias, qui passait sa vie à créer des illusions pour donner du sens à l’ordinaire, sentit quelque chose vaciller.

— “Et si je fais apparaître une pluie d’étoiles ?” proposa-t-il.

— “Tu peux,” répondit le canard. “Mais elles ne voudront peut-être rien dire non plus.”

Le trolley ralentit.

Pour la première fois de son existence, il hésita.

Les rails semblaient moins sûrs.

Un enfant, assis près de la fenêtre, regardait le canard sans chercher à comprendre. Il lui sourit.

Le canard lui rendit son sourire.

Et le trolley-bus dévia légèrement de sa trajectoire.

Pas assez pour provoquer un accident.
Juste assez pour passer par une rue que personne ne prenait jamais : la rue des Possibles.

Ce jour-là, certains passagers descendirent un arrêt plus tôt.
D’autres décidèrent de rester à bord plus longtemps.

Élias, lui, rangea ses accessoires.

Il comprit que son plus grand tour de magie ne serait pas de faire apparaître quelque chose…
mais de laisser les choses exister sans explication.

Quand le canard descendit, personne ne sut s’il avait changé la ville.

Mais le trolley numéro 3, depuis ce jour, arrive parfois en retard.

Et les habitants ont appris à ne pas toujours demander “pourquoi”.

Parfois, ils disent simplement :

“Coin.”

Et ça suffit.

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orangine Membre 1 098 messages
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🦆 Traité bref de l’Existence selon un Canard

La ville n’avait pas de nom.

Ou plutôt : elle en avait un, mais personne ne se souvenait à quoi il correspondait. Les rues existaient avant d’être empruntées. Les bâtiments se tenaient debout par habitude. Le trolley-bus circulait sans destination réelle, décrivant une boucle qui ressemblait à une pensée revenant toujours sur elle-même.

On l’appelait le trolley-bus, mais rien ne prouvait qu’il fût un bus.
Ni qu’il fût réel.

Un matin — si tant est qu’on puisse appeler cela un matin — un canard y monta.

Il ne venait pas d’ailleurs.
Il n’allait nulle part.

Il était là.

Le trolley ne s’arrêta pas pour lui. Le canard entra quand même. Les portes n’avaient pas d’opinion.

À l’intérieur, quelques passagers étaient assis. Ils ne se regardaient pas. Ils n’étaient pas absents non plus. Ils étaient en attente, mais sans objet précis.

Un magicien-saltimbanque se tenait debout près de la barre centrale. Il n’exécutait aucun tour. Il avait compris depuis longtemps que faire apparaître des choses ne prouvait pas qu’elles existent, seulement qu’elles peuvent être perçues.

Le canard s’assit en face de lui.

Es-tu réel ? demanda le magicien.

Pas plus que toi, répondit le canard.

Le trolley continua de rouler. Dehors, la ville se répétait. Le même café. La même vitrine. Le même passant qui marchait sans avancer.

Alors pourquoi sommes-nous ici ?

Le canard pencha légèrement la tête.

Peut-être parce que la question est mal posée.

Un silence se produisit. Pas un vide. Un silence plein.

À cet instant, le trolley-bus se dédoubla.
Ou peut-être était-ce la conscience des passagers qui se dédoubla.

Il y avait maintenant :

  • le trolley tel qu’il était perçu

  • et le trolley tel qu’il était, sans regard pour le confirmer

Dans le second, il n’y avait ni canard, ni magicien, ni passagers.
Seulement une possibilité de trolley.

Si personne ne me pense, demanda le magicien, est-ce que je disparais ?

Non, dit le canard. Tu cesses simplement d’insister.

Le magicien sourit. Il lâcha sa valise. Elle ne tomba pas. Elle resta là, comme une idée qu’on ne pousse plus.

Les passagers commencèrent à descendre, mais pas par les portes. Ils sortaient de leur rôle, doucement. L’un redevint souvenir. Un autre hypothèse. Un troisième, simple sensation.

La ville, dehors, devint transparente.
Puis facultative.

Le trolley ralentit jusqu’à n’être plus qu’un rythme.
Puis une intention.
Puis rien qui puisse être nommé.

Avant de disparaître, le magicien posa une dernière question :

Et toi, canard… qu’es-tu ?

Le canard se leva.

Je suis ce qui reste quand on arrête de demander.

Puis il n’y eut plus de canard.
Ni de trolley.
Ni de ville.

Seulement cette impression étrange, persistante…
d’avoir été transporté quelque part,
sans avoir bougé.

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