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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Il y a une différence entre l'humeur, les mots, et l'action. Dans l'approche juive la pensée, même mauvaise, est permise, c'est l'action qui est sujette au jugement. Dans le vie réelle je suis celui qui secourt. Dans les actes. Ici combien sont-ils à être persuadés d’être "bons ". Pourtant combien de personnes ont-ils pour autant "sauvées" ou "secourus" dans la vie réelle ? Cela ne m’empêche pas d'avoir une pensée parfois "mauvaise". Vous confondez pensée et action. Chez les chrétiens c'est la pensée qui prime. Il suffit d'avoir une pensée bonne pour se croire bon même lorsqu'on laisse mourir son voisin de faim. Non la pensée n'est pas l'action. Nous serons jugés sur notre œuvre, pas sur nos pensées. J'ai retrouvé pour vous ce dialogue avec un rabbin lors d'une cérémonie au centre communautaire de la rue Lafayette à Paris : Voici ce qu'il me disait : "Quand un homme est animé de l'idée d'une mauvaise action, alors c'est seulement dans le cas où l'homme réalise cette mauvaise action que cela lui est compté par Dieu. S'il n'accomplit pas cette mauvaise action cette intention ne lui est pas comptée." "De même ce qui est compté par Dieu ce n'est pas la pensée bonne c'est l'action bonne."
  2. Il faudra que j’étudie plus attentivement cette distinction hémisphère droit/hémisphère gauche dans le traitement de l’information. Quoi qu’il en soit il y a bien une spécificité « gauche » et une spécificité « droit ». Le « gauche » et le « droit ». La révolution cognitive apporte surtout ceci comme nouveauté dans l’élucidation du fonctionnement cérébral : l’émotion n’est jamais absente de l’activité mentale, quelle qu’elle soit. Les scientifiques et les philosophes rationalistes pensent qu’ils peuvent faire de l’émotion un sujet d’observation totalement extérieur à leur activité rationnelle. Ce que livre la révolution cognitive c’est que, non, même quand ils sont plongés dans le raisonnement le plus froid, encore l’émotion dont ils espèrent faire un objet extérieur à eux, à leur mental, continuent de les guider, sans qu’ils s’en aperçoivent. Sachant que je fais partie des « droits » le hiatus qui est toujours apparu entre les autres et moi est celui-ci : je perçois immédiatement, même dans un discours apparemment rationnel, la part émotionnelle qui guide le locuteur. Je ne vois même que ça. Mon erreur est d’avoir cru que mon locuteur était conscient de ses ressorts émotionnels. Or les « gauche » c’est à dire l’écrasante majorité des personnes ne perçoivent pas leurs émotions. Je perçois ce qu’ils ne perçoivent pas. Et j’engage toujours le dialogue sur ce que je perçois. D’où l’incompréhension. J’ouvre le dialogue à partir de ce qui me saute au visage quand ils parlent, mais ce qui, d’eux, me sautent au visage, ils ne le perçoivent pas. Le dialogue du coup devient difficile.
  3. Non je ne peux pas dire autre chose, je ne peux pas penser une chose avec laquelle je n’ai pas de lien affectif. L’affectif règne en guide voir en maître dans mon fonctionnement mental. Autre chose, je m’explique sur le mot athée. Si l’on tourne la page Dieu alors on ouvre une nouvelle page. Alors dans ma conduite de vie personnelle je vais choisir un mot nouveau mais positif pour me lancer dans cette nouvelle page. Le choix des mots est très important. Choisir un mot négatif comme athée marque une incapacité de tourner la page. Quand la communauté juive qui vivait en Chine au XVI Siècle rendait grâce à son dieu les Chinois eux se référaient au Tao. Il n’est jamais venu à l’idée des Chinois de se dire athées bien qu’ils ne croyaient pas dans le dieu des juifs. Ils mettaient en avant un principe positif : le Tao. Jamais un principe négatif : athéisme. Et les Judéens eux respectaient le Tao de la communauté chinoise comme les Chinois respectaient le Dieu des Judéens.
  4. Franchement ? D’abord le mot société ne me convient pas. Je mettrai plutôt le mot communauté car j’ai besoin d’affectif pour prendre conscience de l’existence d’une chose. Est- ce qu’il y a une réalité au delà de la communauté? Si je me tourne vers moi et que je cherche cette réalité qui toujours ne peut apparaître pour moi que dans un sentiment ( présence , émerveillement, paix, etc) alors je vous dirai que je ressens une « Existence » qui est à la fois immanente et transcendante. Ça ce n’est plus du conceptuel c’est du ressenti, c’est à moi. Ne me demandez pas ce qu’est cette « existence » je n’en sais rien. En tant qu’elle est immanente elle est présence muette, en tant qu’elle est transcendante elle m’invite au dépassement de moi dans l’action communautaire.
  5. Votre Dieu à vous les chrétiens est pour moi un concept. L’être qu’il désigne pour moi n’existe pas. Pourtant je ne me dis pas athée. Votre âme à vous les chrétiens est pour moi un concept. Ce qu’il désigne pour moi n’existe pas. Pourtant je ne le dis pas : anti- ame. Le dieu alpha de la tribu omega en Amazonie est pour moi un concept. L’être qu’il désigne pour moi n’existe pas . Pourtant je ne me définis pas comme anti- alpha. La métaphysique désigne des objets que l’on ne peut pas observer dans le monde physique. Je ne savais pas que l’âme était un objet observable.
  6. Il ne reconnaît pas l’existence d’un dieu mais il construit un mot qui veut dire : anti dieu. C’est bizarre.
  7. Ah oui les idées éternelles. Vous êtes platonicien ? En tout cas vous êtes idéaliste.
  8. Athée veut dire : anti- dieu, contre dieu. Tourner la page Dieu veut dire qu’on ne s’y intéresse plus. Si on s’y intéresse plus il faut dire à quoi on s’intéresse et trouver d’autres mots que : athée. Ce n’est pas en s’appuyant sur des mots qui nient, qui sont négatifs qu’on va transcender quoi que ce soit.
  9. Ouh là ! maintenant il s’agit d’âme. Ici la métaphysique règne en maîtresse femme. Heureusement la Maîtresse de la tribu sourit ( mais peut être pas à moi. Finalement par rapport au Dieu de la tribu je suis athée ?)
  10. Un philosophe transcende la société. Je me demande ce que cela peut bien signifier. La métaphysique fait des ravages.
  11. Mais un athée c’est d’abord être contre Dieu. Donc la vocation d’un athée c’est de faire la guerre à Dieu. Du moins c’est ce que signifie : athée. En quoi fait la guerre à Dieu est une force pour bâtir quelque chose ? Détruire n’est pas bâtir.
  12. La société sourit, la société pense, peut être que c’est un Dieu pour la communauté qui se presse ici. Je suis en train de découvrir le dieu de la tribu forumfr. Elle est de sexe féminin, elle sourit et elle pense.
  13. C’est ce qu’on appelle la métaphysique. Nous donnons l’existence à ce que désigne en principe le mot « société » mais ce que désigne ce mot n’existe pas. Si nous disions communauté au lieu de société « ça » dont on ne sait pas encore ce que c’est, ça commencerait à exister parce qu’il y aura une dimension affective qui apparaîtrait. Là avec le mot « société » employé de manière purement conceptuelle nous sommes dans le néant. C’est angoissant.
  14. En effet j’oublie la puissance spirituelle et temporelle qu’exerçaient à l’époque les Papes. Je finis par désirer exonérer le catholicisme de ce qu’il fut. Avant l’expulsion d’Espagne il y eut établissement de l’Inquisition par le Pape en Espagne puis au Portugal. Il faut noter cette exception : beaucoup de Juifs allèrent alors en Pologne où la dynastie des Jagellons bien que catholiques les protégea. J’en avais déjà l’intuition en terminant mon dernier post : je faisais erreur en confondant antisémitisme et racisme. Les conquistadors quand ils arrivèrent en Amérique latine massacrerent les empereurs locaux en prétextant là aussi la religion mais rapidement il apparut que c’était un prétexte. Ils ne cherchèrent pas d’emblée à convertir mais à soumettre les indigènes pour leur prendre leurs richesses et pour les exploiter jusqu’à la mort dans les mines. En Amérique ce qui apparut ce n’est pas l’antisémitisme mais le racisme : les indigènes n’étaient pas des hommes mais des bêtes pour les envahisseurs. La controverse de Valladolid et la victoire morale de Las Casas n’y purent rien : les Amérindiens continuèrent d’être traités en sous hommes tout comme les Noirs réduits en esclavage furent aussi ainsi traités. Les colons mirent en avant que les amérindiens n’étaient pas des hommes parce que l’ancien testament ne parlaient pas d’eux comme des enfants de Noé, mais après Valladolid rien ne changea. Ce racisme est intéressant à étudier car il précède toutes les justifications données après coup par les Européens. Qu’est ce qui peut faire qu’un homme considère qu’un autre homme est un sous-homme ? Pour moi cette attitude reste mystérieuse. Je pense que vous avez raison : l’antisémitisme est en lien avec le christianisme dans un premier temps. Mais ce qui est curieux c’est que maintenant que les catholiques se sont pour beaucoup convertis avec zèle à l’athéisme ils n’en reste pas moins, souvent, antisémites, sauf quand l’alliance avec les juifs leur permet de haïr sans culpabilité les musulmans. J’aurais aimé fondre ensemble antisemitisme et racisme par facilité ! Mais non il faut distinguer les deux. Les deux sont une maladie de l’occident.
  15. Pour Schlick la philosophie n’est pas une forme de connaissance « elle est l’activité par laquelle nous nous efforçons de clarifier nos concepts et de comprendre ce que nous disons par nos mots et nos phrases ». Wittgenstein (Tractatus) : « Le but de la philosophie est la clarification logique des pensées. La philosophie n’est pas une théorie mais une activité. Une œuvre philosophique se compose essentiellement d’éclaircissements. Le résultat de la philosophie n’est pas de produire des « propositions philosophiques » mais de rendre claire les propositions. » A vrai dire c’est là mon approche personnelle de la philosophie. Non que je réfute la possibilité pour certains qu’elle soit une source de connaissance, mais pour ma part je l’utilise plutôt comme instrument de compréhension du langage. Elle élucide non seulement le sens des mots mais aussi leurs fonctions. Les mots peuvent en effet conduire un sens (hémisphère gauche) mais ils peuvent aussi exprimer une présence, une rencontre (hémisphère droit). La philosophie permet de s’emparer, distinguer, identifier tout ce que les mots (et la combinaison des mots) révèlent du sens et du sentiment. Pour moi elle est donc un instrument, pas une connaissance en soi. Certains développements de Heidegger manifestement sont le produit d’activités mentales propres à l’hémisphère droit, tenu pour mineur dans la société quant à son activité (alors que toute activité mentale participe bien entendu des deux hémisphères, chacun ayant des fonctions communes, mais aussi des fonctions cognitives différenciées). Ce que Heidegger révèle, c’est bien l’étonnante spécificité des fonctions mentales propres à l’hémisphère droit.
  16. Même s’il s’agit d’une digression par rapport à mon étude, ce cercle de Vienne émet des attendus trop intéressants pour passer outre. Leurs considérations sont toujours actuelles. Les penseurs de ce cercle sont d’abord des scientifique de haut niveau. Leur manifeste philosophique est d’arrimer la philosophie à la science. On peut s’interroger sur cette attitude. Pourquoi s’occuper de philosophie quand on a des choses bien plus sérieuses à faire comme d’étudier les quanta ou l’espace-temps de Minkowski ? Les préfaciers écrivent « ce qui unit ses membres entre eux c’est d’abord le rejet de ce qu’ils appellent « la métaphysique » : tous récusent l’idée que la philosophie puisse constituer à côté de la science ou au-dessus d’elle une forme de savoir spécifique » C’est donc cela leur intérêt étrange pour la philosophie : dénier à tout autre activité que l’activité scientifique une possibilité d’accéder à un savoir. Il n’est de savoir que scientifique, et tout autre savoir est une imposture. Imposture donc que la philosophie (qui est donc métaphysique) imposture donc que la théologie (qui est peut être aussi métaphysique). Ce qui surprend dans cette attitude c’est cette guerre « contre ». Il ne s’agit plus de développer le savoir scientifique, il s’agit d’attaquer toute autre source de savoir qui ne peut être qu’imposture dès lors qu’elle n’est pas scientifique.
  17. Dans la préface à « Forme et contenu » de Moritz Schlick, Delphine Chapuis-Schlitz et Jean-Jacques Rosat notent que l’école de Vienne, dont Schlick est la figure la plus connue, revendique l’héritage des Lumières contre la pensée métaphysique et théologique renaissante. Heidegger, entre autres, est visé par cette école, laquelle le traite d’artiste raté. Ce n’est pas tant l’insulte qui m’a attiré c’est plutôt, au sein de l’insulte le sentiment pour cette école que Heidegger est un artiste. Mais l’artiste justement dans ses œuvres sort de la logique et du raisonnement que va défendre l’école de Vienne (les personnages de cette école sont d’abord des scientifiques). Et c’est d’ailleurs cela qui m’étonne chez Heidegger. Dans un premier temps sa volonté de réhabiliter la métaphysique m’a paru être une entreprise vouée à l’échec. Mais Heidegger ne traite pas la métaphysique à partir de la logique et de la raison mais à partir de l’existence voire de la présence, deux mots qui renvoient chez lui non à un sens mais à une rencontre.
  18. J’aime les sujets dans lesquels on dénonce à tort ou à raison le comportement d’un arabe. Ça rend vachement de gens hystériques : c’est un spectacle marrant ces pétages de plomb. J’adore quand @Bluehawkposte aussi, aussitôt @unosort du coma, ça devient même ébouriffant.
  19. Lorsque j'étudie l'antisémitisme je me mets d'emblée à la place du Juif. Mais ce réflexe en définitive conduit dans une impasse. En effet si je me mets à la place du Juif je vais élaborer une pensée prenant comme principe que l'antisémite se détermine en fonction du Juif et en veut au Juif et à lui seul. L’antisémitisme (et non l’antijudaïsme qui a précédé l'antisémitisme) a commencé avec les Espagnols d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon. Ces deux rois ont mis en œuvre les premiers une sorte d'extermination spirituelle, bien avant les Allemands. L'expulsion des Juifs d’Espagne a conduit à des drames épouvantables. Notons qu'Hitler a voulu copier les Espagnols en expulsant les Juifs, mais à son époque il n’était pas possible de jeter tous les Juifs hors du territoire allemand sans soulever l'opposition des pays environnants. Hitler na pas pu les expulser. Dans un premier temps je me suis dit qu'il y avait donc une intention exclusivement antisémite chez les Espagnols : ils se déterminaient en fonction des Juifs. Mais je commençai à réfléchir autrement quand je me suis aperçu qu'ils firent ensuite la même chose avec les arabes et les berbères musulmans : ils les expulsèrent aussi. Il ne s' agissait donc pas d'antisémitisme mais d'autre chose. Les Espagnols suivaient une détermination mentale dont la conséquence était certes l'antisémitisme, mais aussi l'anti-islam. Ou alors il fallait prendre le mot antisémitisme dans son sens global : un racisme tourné contre les sémites en général. Mais quand j'étudie maintenant le comportement des Espagnols au moment de la constitution de leur empire colonial, je me rends compte que je n' y suis pas encore. Là ce sont des civilisations entières qu'ils ont détruites. Il semble donc que La volonté des Espagnols était de détruire toutes les croyances autres que les leurs. Pas seulement le judaïsme et l'islam. Pour comprendre l'antisémitisme il faut donc se placer au-dessus de l'antisémitisme lui-même pour tenter de comprendre pourquoi les Espagnols puis à leur suite les Européens (avec le génocide indien puis l'esclave) ont toujours tenté (et parfois réussi) de détruire les croyances des autres.
  20. "Qu'est-ce que la métaphysique ?" Page 51 : « Le néant se dévoile dans l’angoisse, mais non point comme un étant. Il n’est pas davantage donné comme un objet » Distinction entre « étant » et « objet ». L’objet se différencie d’un autre objet. Mais tous les objets sont des étants. L’étant c’est d’abord le fait d’être. L’étant devient objet lorsqu’il commence à se différencier des autres étants par ses propriétés propres. Ses attributs autres que l’existence. « l’angoisse ce n’est pas l’acte de concevoir le néant » Comment un sentiment pourrait-il être un acte (de concevoir) ? Jusqu’à présent pour Heidegger le sentiment « révèle » mais révéler est-il un acte de conception ? J’en doute. « Toutefois le néant est révélé par elle ». OK donc on en revient à la fonction du sentiment.
  21. Il y a ces moments forts. Ces images de mes fils, nous voir réunis, là, ce matin, quand le danger approche, je les vois armés, je les ai élevés dans le combat. Ils plaisantent, mais quand j’apparais, hirsute, les cheveux dans tous les sens, et la barbe non taillée, je vois qu’ils s’arrêtent. Je perçois leur émotion. Ils retrouvent leur père. Je me regarde. Je suis un sauvage, pour eux invulnérable. Je les écoute, je vois leurs tensions, il va falloir qu’ils se battent. Puis l’aîné me montre ses deux filles, 15 mois, et leur mère, confinées à Londres. Je n’ai pas pu encore les rencontrer. Ce sont mes deux petites filles mais elles restent extérieures à moi. Les petites filles existent, mais il y a une participation émotionnelle qui n’est pas encore là. Et puis là, ça se passe. Soudain. Je regarde les deux petites courir et soudain je suis percuté. Elles courent et pendant qu’elles courent soudain elle apparaissent. Je prends conscience de leur existence. Il y a apparition, leur existence précède leur course dans la chambre. L’existence arrive à moi. Leur existence. Ainsi l’existence s’avance et me révèle cette proximité puissante : les deux petites et moi nous sommes sont dans un même monde, que nous partageons. L’existence est venue. L’existence est annonciation.
  22. Heidegger continue ainsi : « Si les tonalités affectives nous mettent ainsi en présence de l’étant en son ensemble, elles nous dérobent le néant que nous cherchons » (dans sa conférence Heidegger ne cherche pas l'être, il cherche le néant) Heidegger emploie le mot « présence », présence des choses. Or si je fais l’expérience moi-même de l’événement sentiment (qui révèle les choses) ce que je ressens ce n’est pas la présence des choses mais leur existence. Je remarque que Sartre emploie lui aussi le mot : existence. Heidegger perçoit une présence là où d’autres perçoivent une existence. La présence indique un sentiment : la chose est présente pour moi. Heidegger humanise les choses. Heidegger en revient donc à sa recherche du néant. Il enchaîne : « Est-ce que dans le Dasein de l’homme une tonalité-affective s’historialise telle que l’homme y soit mis en présence du néant lui-même » Traduction : « est-ce qu’il existe un sentiment tel qu’en advenant il révèle le néant ?" (à l’homme bien sûr). Il répond oui, ce sentiment c’est l’angoisse. Et il écrit, page 50 : « l’angoisse révèle le néant »
  23. Heidegger poursuit ainsi : « Semblable tonalité-affective...fait que nous nous sentons au milieu de l’étant en son ensemble, dont le ton nous pénètre » Se sentir au milieu de « l’étant en son ensemble » faire un rapprochement entre une expérience personnelle (que chacun peut faire d’ailleurs) : « sentir » et un concept « l’étant en son ensemble » qui est une construction volontaire me paraît malvenu. Mais passons. Sartre aurait écrit « se sentir au milieu ou plongé dans l’existence des choses" ce qui me paraît plus cohérent. Mais ce n’est pas important. En revanche ce qui est important c’est cette notion de tonalité. En effet Heidegger cite des sentiments différents, ennui, joie, atonie, etc. qui tous conduisent à la révélation de l’étant dans son ensemble. Comment peut-il se faire que des sentiments différents révèlent la même chose ? Heidegger avance que c’est « l’étant dans son ensemble » qui imprime le ton, le ton étant ici le caractère triste, pénible, désagréable ou au contraire heureux du sentiment. La tonalité est le degré de plaisir-déplaisir véhiculé par le sentiment. Chez Sartre par exemple ce sentiment-tonalité grâce auquel les choses révèlent leur existence c’est la nausée. Ce n’est pas particulièrement heureux pour Sartre, mais bon, c’est comme ça. Avancer que ce sont les choses (dans leur ensemble) qui impriment cette tonalité changeante m’ apparaît forcé. Comment une même réalité peut-elle imprimer des tons différents ? Cette réalité a-t-elle des humeurs ? Non, l’humeur ne vient pas des choses dans leur ensemble. La tonalité n’est pas donnée par le monde, elle est donnée par l’état d’âme particulier de l’individu au moment où le sentiment advient . Ce qui ne signifie pas que le sentiment est un état d’âme, ce qui signifie que le sentiment, qui n’est effectivement pas un état d’âme comme l’affirme Heidegger ensuite, dans le texte, est tout de même « coloré » par l’état d’âme du moment au cours duquel le sentiment advient.
  24. @Ambre Agorn Bonjour Ambre, Je vois que vous essayez d’entrer en relation avec des personnages qui sont « achevés » depuis longtemps. Face à une personnalité comme la vôtre, en mouvement, en construction, en création constante ils ne pourront choisir que de vous dégrader. Passez sans les regarder. Il faut être costaude pour affronter le regard de la méduse. Ne vous soumettez pas à cette épreuve. Je vais aussi vous rassurer: si Aliocha était un personnage vulnérable, Annalevine ne l’est pas ou ne l’est plus. Le rapport que nous entretenons vous et moi me surprend. La surprise ! Ce fameux sentiment grâce auquel se révèle votre existence ! La dernière fois que j’ai dialogué avec vous j’ai failli me mettre dans une colère noire lorsque je me suis rendu compte que de toute façon vous n’en aviez rien à faire de ma définition du concept ! Ça m’a agacé, puis je me suis dit : pourquoi pas ? Ambre suit son chemin, regardons la tracer sa route !
  25. Reprenons l’étude du texte de Heidegger. Page 49 : « Cet ennui révèle l’étant dans son ensemble » Nous sommes bien dans le registre de la révélation qui est apparemment celui de l’émotion/sentiment. Néanmoins il y a un bémol dans la formulation de Heidegger. « L’étant dans son ensemble » est une construction logique (pensée conceptuelle). Une construction logique peut-elle être révélée ? Elle est d’abord construite intentionnellement par la pensée logique puis elle serait révélée. C’est donner là l’existence à quelque chose que nous avons au préalable conçue volontairement. Nous sommes pour le coup en pleine métaphysique. Je ne peux pas suivre Heidegger sur ce chemin. Ce qui est révélé ce ne peut pas être « l’étant dans son ensemble ». Ce peut être les choses, telles que nous les avons « vues » au préalable, ainsi Sartre ou Roquentin avec leur regard jeté sur la racine. Sartre me paraît plus honnête que Heidegger sur ce coup là. Ou alors Heidegger ne s’intéresse plus à ce qu’il dit. Ce qui est probable car son but ce n’est pas d’approcher « l’étant dans son ensemble », son but c’est d’approcher le néant.
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