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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Venons-en à l’angoisse. Heidegger écrit : est-ce que dans le Dasein de l’homme (dans son existence), une tonalité- affective « s’historialise », telle que l’homme y soit mis en présence du néant lui- même ? Heidegger dévoile là ce qui l'intéresse : le néant. Il faut revenir sur son vocabulaire : historial, s’historialiser. L’historique a rapport à l’histoire telle que les hommes la font. Historial ( ce qui arrive, ce qui a lieu ) a rapport à l’histoire telle que l’homme la reçoit. L’homme n’est pas l’acteur de cette histoire il en est le dépositaire. L’historial, écrit le traducteur, n’est pas créé par l’homme, il est confié, remis à l’homme. Cela est cohérent avec ce que pense Heidegger de l’ennui, l’ennui n’est pas le résultat d’une subjectivité mobilisée par tel ou tel événement comme le pensent les psychologues, l’ennui est la marque imprimée dans l’esprit par l’étant dans son ensemble. Nous parlons ici de l’ennui qui nous envahit totalement, sans que nous n’y puissions mais, et non pas de l’ennui circonstanciel, comme dans l’expression : ce livre m’ennuie.
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Patience. Laissez moi le temps d’exposer la pensée de Heidegger à ce sujet. Ensuite nous verrons qu’en penser et que penser nous mêmes de l’angoisse.
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En fait ce qui intéresse Heidegger ce sont les sentiments dont la cause n’apparait pas, dont il semble impossible de trouver une cause. Ce sont ces sentiments là qui mobilisent son attention. Et même il paraît évident qu’il n’y a qu’un seul sentiment de ce type qui l'intéresse : l’angoisse. Ma conviction est que cet homme a dû connaître intensément un tel sentiment, peut être même assez jeune. Et que, affronté à un tel sentiment, il a dû l’endurer, sans en trouver la cause. Mais l’histoire se répète sans cesse : combien d’adolescents par exemple connaissent ce sentiment et doivent se rendre à l'évidence : aucun adulte ne peut leur venir en aide efficace pour cette simple raison que les adultes eux mêmes quand ils sont confrontés à ce sentiment n’en trouvent pas eux mêmes la cause. Nous pouvons recenser les conditions nécessaires à l'émergence de ce sentiment, sans néanmoins en trouver la cause déterminante. Voyons voir ce que dit Heidegger de l’angoisse. Et de sa cause.
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Il reste que Heidegger ne me convainc pas s’agissant de « l’étant qui se révèle dans son ensemble » ( le monde). Mais le problème n’est pas là. L’intérêt de sa présentation c’est qu’il part de l’hypothèse qu’il existerait des êtres métaphysiques qui re révéleraient par une action sur nous, action signifiée par le sentiment. Autant dire qu’une telle hypothèse a peu de chances d'être comprise ou d’être acceptée par un Français dit cultivé. Il faut sans doute y voir la conséquence d’un enseignement, surtout dans le secondaire, qui dévalue et brise même le sentiment systématiquement, en littérature par exemple. Dans l’enseignement français tout œuvre d’art est systématiquement récrite sous un mode analytique et froid. Et celui qui aura 20 sur 20 en français est celui ou celle qui aura le mieux traduit en langue glacée le plus enflammé des poèmes. Mais cela est une digression. Je pense que l’exemple de l’étant choisi par Heidegger ne tient pas la route. Il convient de faire une autre expérience pour vérifier son hypothèse, en partant d’un autre sentiment que l’ennui et en observant en soi-même vers quoi il est possible de remonter.
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Il est possible d’utiliser l’allégorie suivante pour tenter d’illustrer la pensée de Heidegger. Soit un plan de cire ( l’esprit, le mental) uni, sans marque. Soit l'apparition d’une marque sur ce plan, par exemple l'apparition d’une trace de pas. Alors cette trace serait le fait d’un « être » certes invisible mais qui signalerait ainsi sa présence par cette marque. L’étant dans son ensemble (le monde ) imprime sa marque, l’ennui, la trace de ses pas sur mon mental. On voit alors que l’étant révèle sa présence dans son ensemble par la seule apparition d’une trace. C’est un peu frustrant car nous n’en savons pas plus qu’avant sur l'étant sinon qu’il existe, objectivant parlant, qu’il n’est pas une création subjective. Heidegger réhabilite la métaphysique en faisant des « êtres » métaphysiques des êtres pouvant être perçus par le sentiment. Encore que ce ne sont pas ces êtres qui sont perçus ( ils restent toujours insaisissables) ce sont leurs actions sur notre mental, notre esprit qui signalent leur existence objective. Ce qui permet de repousser l’argument des réalistes ou des scientifiques selon lesquels les êtres métaphysiques , tels que Dieu, l’Ame, le Néant , l’Etre, etc. n’existent pas car ils ne seraient l’objet ou la source d’aucune perception possible.
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« Semblable tonalité affective ( par exemple l’ennui ) dans laquelle on est dans un tel ou tel état fait que nous nous sentons au milieu de l’étant en son ensemble, dont le ton nous pénètre » « la situation affective que nous fait sentir cette tonalité nous dévoile à sa manière l’étant en son ensemble » Ici Heidegger est plus clair. C’est le « ton » de l’étant qui nous pénètre. L’ennui est ce « ton », et c’est cette tonalité qui influe sur notre situation affective. Ce qu’écrit là Heidegger est totalement révolutionnaire. Car, pour lui, le sentiment n’a rien à voir avec ce que pensons être le sentiment. D’ailleurs il écrit ensuite, prenant le contrepied de toutes nos certitudes psychologiques : ce que nous appelons sentiment n’est ni un épiphénomène fugitif du comportement de notre pensée et de notre volonté, ni une simple impulsion qui le provoquerait ni un état subsistant comme une chose. Le traducteur note : Heidegger critique les diverses psychologies de l'affectivité où le sentiment n’est jamais qu’une adjonction après coup venant simplement colorer une subjectivité déjà constituée. En effet dans notre culture freudienne le sentiment est en fait une manifestation d’un état intérieur, d’une intériorité, d’une subjectivité. Ce qu'écrit là Heidegger est le contraire de nos certitudes culturelles. Ici c’est l'étant, une réalité qui ne fait pas partie de notre subjectivité, qui imprime l’ennui en nous et induit donc un sentiment, un état d’âme, dont la tonalité est l’ennui. À la limite c’est complètement inouï ce qu’il dit. Il faut que j’y revienne en trouvant une image explicative de ce texte.
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Je termine ce que j’ai commencé ce matin à propos de Sartre. Quand il écrit que l’existence précède l’essence que veut-il dire, non pas sur le plan des idées ou de la spéculation, mais sur le plan pratique ? Il veut dire qu’à sa naissance un être humain n’est pas déterminé, il n’a pas d’essence. Ce sont les autres qui tentent d’enfermer le nouveau né dans une essence. Essence femme si le nouveau né est une petite fille, essence homme si le nouveau né est un petit garçon, essence juive si le nouveau né est juif, etc. Simone de Beauvoir a écrit un essai archi-connu là dessus, concernant la soi-disante essence femme : le deuxième sexe. Le nouveau-né est libre, libre de choisir de construire son identité, il n’est pas déterminé, il n’est pas enfermé dans une essence. Cette liberté Sartre la revendique jusqu’à la fin de la vie de l’être humain : à tout moment un individu peut changer. Il donne l’exemple d’un homme réputé pour boire par exemple ( dans l’existentialisme est un humanisme). Le Commun va enfermer l’individu dans une essence : cet homme boit, c’est un alcoolique ( essence). Ainsi le Commun enferme l’autre dans une essence et agit ainsi pour empêcher l’autre de s’affranchir de cette soi-disante essence. Or, tant qu’un individu n’est pas mort il peut changer. En définitive ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’un individu acquiert une essence. Car, à sa mort, il est réalisé, définitivement réalisé. Il y a des conséquences pratiques à tout cela. Dans la vie quotidienne, le Commun tente d’enfermer l’individu dans une essence. Le Commun nie la liberté de l’autre de pouvoir changer, de pouvoir se transformer, de pouvoir choisir son identité. Et il y a les humanistes, dont je fais partie, qui n'enferme jamais l’autre dans une essence. Qui ont assez de respect en eux pour l’autre pour accepter que l’autre choisisse son identité.
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Votre remarque est intéressante. En effet il apparaît impossible pour beaucoup dont dans doute @hell-spawnde s’adresser à quiconque sans connaître au préalable son genre (sexe), son âge, voire sa couleur de peau, sa religion, sa fonction sociale, etc. Ce sont des personnes qui ont besoin de DÉTERMINER l’autre pour pouvoir communiquer et ce même sur un forum où les échanges sont purement mentaux sans même qu’il y ait un quelconque enjeu. Ce type de personnage se sent insécurisé s’il ne peut pas objectiver l’autre, l’enfermer dans un cadre rigide et donné. Je pense incidemment à « réflexions sur la question juive » de J.P. Sartre, ouvrage dans lequel il démontre que le juif est d’abord une image construite par l’antisémite, autrement dit c’est l’antisémite qui fabrique le juif. Mais pour fabriquer le juif l’antisemite a besoin d’un seuil minimal d’information, il a besoin de savoir si la femme ou l’homme qu’il a face à lui est de confession juive. Après il peut se lancer dans sa fabrication. @hell-spawnmais pas que lui ! a besoin, au préalable, d’avoir un minimum d’information par exemple sur le genre, homme ou femme, de l’interlocuteur ( trice ) pour lancer sa « fabrication » qu’il s’est fait de l’homme ou de la femme. Ce n’est donc pas avec vous qu’il communique mais avec sa fabrication. Votre remarque est intéressante parce qu’elle me permet d’exposer ici l’intention humaniste de Sartre lorsqu’il a pensé l’existantialisme. Ce qu’il visait à détruire c’est justement cette mentalité déployée ici par tant de personnes. Mais soyons indulgents, ceux qui ne peuvent pas communiquer avec un être humain sans l’avoir au préalable rangé dans un cadre déterminé ne sont pas conscients de ce qu’ils font.
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Après cette digression sur le sentiment j’en reviens à Heidegger. Il parle de la banalité du quotidien et note, alors même que nous vaquons à nos affaires, que nous pouvons être saisis d’un ennui profond « essaimant comme un brouillard silencieux dans les abîmes du Dasein ». « Cet ennui révèle l’étant dans son ensemble » conclut- il, l’étant étant pour lui le monde. Autant dire que cette pensée ne nous révèle rien. D’autant qu’ensuite il fait remarquer que la joie révèle aussi l'étant, c’est à dire encore le monde. Note du traducteur : toute disposition rend manifeste le monde dans un ton déterminé. Autrement dit tout sentiment- tonalité révèle le monde ( ou l’étant). Tout Heidegger qu’il est Heidegger est limite sur ce coup- là. Du coup il faut réfléchir à sa proposition : le sentiment révèle un monde subjectif mais aussi un monde objectif, il faut y réfléchir autrement. Qu’est ce qui peut bien se révéler dans le sentiment- tonalité ? Ce ne peut pas être le monde comme il l’affirme, c’est quoi alors ?
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Avant de reprendre le chemin pris par Heidegger et de voir comment il chemine, la réflexion sur le sentiment des derniers posts est riche d’enseignement. En France mais peut être aussi dans les pays latins à moins que ce soit leur origine catholique le sentiment , chez les hommes est dévalué. Je parle des hommes mâles. Chez eux le sentiment est un truc de femmes, d’enfants ou d’esclaves. C’est étonnant. Il est possible que ce soit leur culture cartésienne qui les conduise à ce mépris du sentiment. Ils en sont toujours à vénérer le dualisme cartésien, ah Descartes ce génie français ! Il y a d’un côté le corps, beurk, siège du désir ( sexuel) et du sentiment, et de l’autre l’esprit, ça c’est quelque chose chez les cartésiens ! Donc chez le mâle français ou latin le désir c’est l’instinct donc le corps, et le sentiment c’est un état physique donc encore le corps, beurk. Ainsi apparentent-ils le désir ( sexuel) et le sentiment. Si je dis je t’aime à un enfant le mâle français pense que je désire l’enfant. Le mâle cartésien est du coup menacé sans cesse par des pulsions pedophiles, pauvre homme. Pulsions pedophiles qu’il projette sur toute femme ou tout homme qui dit à un enfant : je t’aime. La culture cartésienne est un enfer. Mais ça va plus loin. Le sentiment, pour ces mâles, c’est encore pire que le désir sexuel. Dans le désir sexuel ouf ! Il n’y a qu’un mélange des corps et de fluides. Mais dans le sentiment il y a union charnelle des âmes, quelle horreur. En définitive chez le mâle cartésien le sexe est l’ultime rempart contre le sentiment. Je ne m’étonne plus que la France soit le pays le plus déprimé du monde. Fin de la digression.
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Là c’est la caricature du Français qui, lorsqu’il parle dit l’universel. Monsieur commence à dire une Vérité. Toute religion s’inscrit dans la perspective de l’après- mort. Procédé classique manipulatoire bien étudié aujourd’hui. On a l’impression que Monsieur ne fait qu'énoncer une Vérité objective. Alors que nous sommes là en pleine subjectivité et que Monsieur tente de berner tout le monde en faisant de sa vérité la Vérité. Une fois posée la Vérité il peut conduire n’importe qui n’importe où en bon postulant à un rôle de chef de secte. Manque de chance pour ce chrétien païen les Maîtres du Temple, à Jérusalem, les Saducéens, ne croyaient pas à la vie après la mort. Donc quand Monsieur dit « l’universel » qu’il n’oublie pas que dans son universel de païen, ne s’inscrivent certainement pas les Juifs.
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Des lors que l’on met sur la table des concepts tels que : l’Etre, le Néant, le Monde, Dieu, l´Ame, etc. On ne s’en sort pas. Comme ces concepts ne tombent sous aucune perception ils deviennent uniquement des objets de pensée. Or la pensée n’arrive à rien connaître que ce qui est au préalable perçu. Par les sens ou le sentiment. Si je me débarrasse de toute perception comme matière propre à la connaissance je tombe dans le pur intelligible comme dirait Platon, qui est certes le domaine des dieux mais qui n’est certes pas le domaine des hommes. Depuis le temps que les philosophes parlent de L’Etre sans arriver à rien ils pourraient se demander pourquoi ce rien. Mais c’est justement parce qu’il y a ce rien qu’à chaque génération apparaît un Superphilosophe qui pense que lui, va enfin révéler l’Etre. Il va nous sortir une Somme devant laquelle les fidèles vont s'agenouiller avant qu’un nouveau Superphilosophe vienne détruire la Somme et en pondre une nouvelle. Il apparaît que les philosophes sont surtout utiles et même nécessaires pour leur pensée critique. Il n’est que de voir les scientifiques par exemple s'énerver devant les philosophes pour comprendre que ces derniers ont l’art de mettre le doigt sur les insuffisances criantes desdits scientifiques. C’est en tant que Critique que la philosophie est nécessaire. Mais quand elle se veut positive et qu’elle veut dévoiler l’Etre par exemple elle n’y arrive pas.Pourquoi ? Parce que, à mon avis, la pensée est incapable à parvenir à certaines connaissances. La pensée a un champ d’action limité. Lorsqu’elle veut se dégager de l'expérience, que ce soit l'expérience de l’observation d’un objet, dans l’espace et le temps, ou l'expérience vécue du sentiment, elle s’envole certes dans un empyrée divin, mais cet empyrée n’est rien.
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Je pense que la tentative de Heidegger est de réhabiliter la métaphysique que tout le monde pense être bidon même si tout le monde joue le jeu. Les trois figures de la métaphysique sont en principe Dieu, le monde et l’âme, mais Heidegger a l’intention de parler de l’Être, du néant et du monde. Ces concepts tout le monde peut en dire n’importe quoi ce qui conduisit jadis à la ruine de la métaphysique (il y a deux ou trois siècles). Heidegger pense qu’il est possible de faire de l’Etre par exemple une réalité objective, et non pas un truc bidon, tellement bidon que depuis des siècles des populations entières de philosophes en parlent sans arriver à rien. Il sait que la pensée est incapable de saisir l’Etre. Il n’a pas envie de jouer à croire que c’est possible et c’est sans doute pour cela que les philosophes classiques rompent avec lui. Mais il a cette idée que l’Etre peut tout de même être approché autrement. Par le sentiment. Je trouve que ce qu’il dit du sentiment est étonnant. Il est possible que ce qu’il en dit soit délirant, mais ça vaut la peine d’explorer les contrées mentales qu’il a explorées, même si par moments j’ai l’intuition que ces contrées sont des culs de sac. Intuition pénible d’ailleurs. Ce qui est étonnant, quand il parle de sentiments, de certains sentiments, c’est que, pour lui, ils ont une dimension objective, alors que tout le monde pense que le sentiment n’a qu’une dimension subjective, c’est une intériorité. Supposons avec Heidegger que le sentiment ait une dimension objective, que peut on dire de cette dimension ( si elle existe)?
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Vous avez du mal avec le sentiment. Confondre sentiment et désir est étonnant. L’être ne peut pas être appréhendé, en écrivant cela vous êtes encore dans la pensée, pas dans le sentiment. Appréhender c’est saisir, saisir c’est le propre de la pensée, pas du sentiment. Il faut que vous acceptiez de venir habiter dans le sentiment durablement pour que l’Etre puisse se révéler. Mais là encore il ne se révèle pas encore. D’où la longue disponibilité dont parle Heidegger à la fin de sa vie. Créer une disponibilité en soi. Vous par exemple quand vous parlez d’amour , des femmes notamment , vous êtes dans la pensée, jamais dans le sentiment. C’est d’ailleurs votre problème. Vous tenez à distance la femme puis vous discourez. Vous ne trouverez jamais à aimer qui que ce soit dans une telle attitude. Le sentiment est un engagement, un engagement affectif, un risque affectif. Engagez vous dans une relation affective, osez, et vous saurez enfin ce qu’est le sentiment. Je pense à Jung en vous lisant, qui opposait pensée et sentiment et qui faisait remarquer que celui qui se livre exclusivement à la pensée refoule en lui tous sentiments. Je ne les cite jamais comme personnes d’autorité, ce sont pour moi des compagnons dont je conteste souvent les propos au demeurant. Vous, ceux que vous citez sont des maîtres, moi ceux que je cite sont des amis que je conteste souvent. Je n’utilise personne pour imposer ma vérité je n’ai pas la culture du viol des hommes. Si je pense dire vrai je le dis en mon nom, j’ai le courage d'être seule.
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Dans mes moments de détente j’aime parfois me distraire en venant lire le forum, regard sur le monde du forum. Et il y rôde souvent cet esprit qui se réclame de l’esprit scientifique à tout propos. Et quand cela parle au nom de l’esprit scientifique, en France, ça dit la VÉRITÉ. Qu’une description dise la vérité cela va de soi , puisque, dans ce cas, le mot vérité est corrélé à la seule description que tout le monde peut observer. Mais quand il s’agit d’explications, du pourquoi, vouloir nous faire croire que le pourquoi avancé est VRAI absolument, c’est vraiment prendre le lecteur ou la lectrice pour un (e) gogo. Lire : je vais vous expliquer POURQUOI les religions ont été inventées par exemple, et nous dire que le POURQUOI est absolument vrai c’est prendre les gens pour des imbéciles. Et ça y va des citations ! Trucmuche, hyper connu, a dit le pourquoi !!! Si trucmuche a dit alors c’est VRAI. J’ai toujours entendu dire dans mon milieu d’origine familial, scientifique et pas qu’un peu ( des chimistes et des physiciens) que le pourquoi pouvait toujours être contesté, et que même, c'était ça le côté excitant des sciences, c’est qu’il est permis de contester le pourquoi, et c’est grâce à cette contestation qu on avance toujours plus en avant dans la connaissance. Mais ici il y a des personnes animées par un esprit scientifique DIVIN : elles disent le POURQUOI absolument VRAI. Quelle chance pour moi de découvrir ce monde de DIEUX.
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Parce que vos explications sont la Vérité ? Incroyables les Français ! Quand un Français parle il dit l’universel ! Et si vous ne le croyez pas il va vous sortir une citation, qui forcément, si elle fut écrite par une femme ou un homme en VUE, dit l’universel !!! Ici règnent les prophètes. C’est mieux que Mahomet où Jésus ! Ça dit le Vrai. Ça croit que la pensée scientifique de type mathématique est exportable sur tous les objets d’étude Petits dictateurs d’opérette !
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Ces musulmans qui fêtent l’Aïd-El-Kebir sans sacrifier de mouton
Annalevine a répondu à un(e) sujet de soisig dans Religion et Culte
Éternelle violence du chrétien contre le musulman. Sous couvert de discours philosophiques ou éthiques bidon. Il y a cet adage chez les juifs : quand les chrétiens s’en prennent aux musulmans alors on doit s’attendre à ce qu’ils s’en prennent aux juifs. Mais on peut retourner l’adage, quand les chrétiens s’en prennent aux juifs ensuite ils s’en prennent aux musulmans. Le chrétien chasse en tenant des discours lénifiants. Toujours au nom de l’Amour. -
Il est alors possible de faire la synthèse suivante : Dans la tonalité « étonnement » se révèle l’Etre. Philosopher alors signifie : partir à la recherche de l’Etre. Dans la tonalité « surprise » se révèle Autre, radicalement étranger à soi. Science : partir à la recherche de Autre.
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Je ne vois pas ce que l’animal vient faire là dedans. En plus vous en restez à une démarche de pensée. Or l’Etre ne se révèle pas dans la pensée mais dans l’étonnement ( si je suis le chemin montré par Arendt et par Heidegger). Cela signifie quoi ? Que vous devez faire vous même l'expérience de l’étonnement. Et surtout que vous devez habiter durablement l’étonnement. Vous devez laisser l'étonnement s’emparer de vous. Si vous ne vous livrez pas à cette tonalité, ou si, faisant l'expérience de l'étonnement comme tonalité, vous en sortez de suite pour penser l'étonnement, plus rien ne se révèle. Car vous êtes dans le mode penser, plus dans le mode sentiment.
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Prenons maintenant : la surprise. Cette tonalité révèle quoi ? Elle révèle l’existence d’une réalité totalement étrangère à soi. Il existe une réalité radicale, indépendante de moi, de l’homme. Ici il s’agit d’une réalité matérielle radicalement autonome quant à moi, quant à l’homme. Je suppose donc l’existence d’un réel ( matériel) absolu, mais je ne le suppose pas à partir de la pensée, mais à partir d’une tonalité. Si j’en reste à la pensée cette réalité peut être débattue jusqu’à la fin des temps, si je me fonde sur le sentiment je ne m’embarrasse plus de ces interminables discussions.
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Il y a un texte de Hannah Arendt sur Heidegger qui permet de mieux préciser le sentiment-tonalité. Elle cite l’étonnement et la surprise comme d’autres sentiments-tonalités. L'étonnement conduit à la philosophie et la surprise conduit à la science ( selon elle et Heidegger). Si l'étonnement est une tonalité alors quelles sont les parties en présence ? Il y a la subjectivité de l’homme d’un côté, mais de l’autre côté ? Il y a sans doute l’Etre. Nous ne savons rien de l’Etre sinon qu’il se révèle dans l'étonnement. Ce qui est fascinant, pour moi, dans cette approche, c’est que l’Etre est posé comme « existant », comme réalité indépendante de l’homme parce qu’il se révèle dans le sentiment. Alors que pour moi, tous les autres philosophes, sauf peut être les présocratiques ( et même sans doute les présocratiques), posent l’Etre comme expérience de pensée et non de sentiment. Or pour moi toutes les réalités métaphysiques qui dérivent de la pensée sont des réalités créées par une volonté inconsciente (ou consciente d’ailleurs). Bref la métaphysique, dès lors qu’elle procède de la pensée, est une arme de pouvoir aux mains des hommes (mâles) soucieux d’établir une domination sur la pensée des autres en utilisant des Idées toutes droites issues de leur seul monde mental. Mais là, avec Heidegger ce n’est pas du tout ça. D’ailleurs avec les présocratiques ce n’est pas du tout ça non plus. Avec Heidegger tout procède du sentiment. Or le sentiment je peux l’éprouver au même que Heidegger, et en suivant le chemin qu’il trace, je peux parvenir aux mêmes découvertes que lui. Je ne suis plus obligée de me soumettre à la pensée-phallus-intelligence des mecs en mal de domination il me suffit d’accepter de faire l'expérience du sentiment- tonalité et de suivre le chemin.
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Ce qu’il faut retenir de la définition du sentiment-tonalité c’est que l'expérience consciente d’un tel sentiment suppose la présence, ou la mise en relation de deux « réalités », une réalité objective que l’on peut définir comme extérieure à soi (en fait on veut dire par là qu’il existe une réalité indépendante de l’homme, de soi) et une réalité subjective propre à soi. Problème : personne ne songe à décrire cette réalité subjective, cet « intérieur ». Je me hasarderai à dire qu’il s’agit de tout ce qui nous est propre, nos expériences, nos mémoires, nos valeurs, nos désirs, etc. Donc l'expérience consciente d’un sentiment-tonalité révèlerait deux « réalités », l’une indépendante de soi, l’autre constitutive de soi. Ces deux réalités ( je ne vois pas quel autre mot je pourrais employer) s’accorderait dans la tonalité ( moi je dirai plutôt l’atmosphère ou encore la « teinte »). Je pense que, armée de cette définition, qu’il me sera peut être nécessaire de rectifier, on verra, je peux continuer la lecture de Heidegger.
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Voici un homme désabusé. Réussira-t-il tout de même sa vie, plongé qu’il est dans un sentiment de vague déception devant une nature humaine aux tonalités grisâtres ? Trouvera-t-il entre les lignes du forum, cachée sous un pseudo énigmatique, la femme qu’il cherche depuis sa trentième réincarnation ? Ô femme qui passe par là, penche-toi sur cet homme dont le cœur pleure de solitude, donne-lui cet amour qui lui manque et sans lequel il ne pourra jamais s’écrier : Ô j’ai réussi ma vie !
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Lorsque « il » est sujet de « faut », « il » exige ? « Il » exige de jouir ? Et cette exigence est telle que je dois atteindre le maximum possible de la jouissance ? C’est angoissant.
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Toutefois la fonction de l’orgasme est antithétique, si l’on retient, pour sens de la fonction, la progression ontologique vers une optimisation qualitative de l'équilibre des pulsions vie- mort (équilibre pourtant en voie de néantisation dans l'orgasme) avec la fonction de la sanctification laïque de l’autre. Mais la transcendance du sujet dans l'éveil radieux au monde sublunaire, épuré des paramètres entropiques, peut, sans aucun doute, en évitant bien sûr l'éventuelle impotence résultant de la chute récessive du chômage progressif, permettre la sublimation de l’échec dans la parousie transfigurative du renoncement à soi, si le soi est conçu comme l’appariement ( génétique, ça va de soi) de l’être ( avec une minuscule) au néant ( avec une minuscule aussi). Seulement dans ce cas nous pouvons parler de vie réussie. À débattre bien entendu.
