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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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Vous faites une erreur. Je ne vous ai pas répondu par ce que vous auriez su m’intéresser mais parce qu’une personne m’ a demandé de vous répondre. Sinon je ne vous aurai même pas lu. Donc attention quand vous entrez dans une démarche avec moi : c’est plus compliqué que vous l’imaginez. Prenons la transmission. Vous pensez que je transmets à des personnes de mon sang. Or le jeune garçon à qui je transmets le plus est mon petit-fils mais je n’ai aucun lien de sang avec lui. Vous voyez à quel point je ne suis absolument pas dans la norme. La filiation n’est pas pour moi liée aux gènes. Alors que partout se battent des gens pour la PMA, la GPA, parce que tous pensent que la transmission c’est la transmission des gènes, moi je dis : la transmission est culturelle et l’ado à qui je transmets avec le plus d’intensité n’a donc aucun lien de filiation génétique avec moi. Quand un ado fille ou garçon rentre chez moi parce qu’il attend que je l’aide à passer le bac il devient mon enfant. Tous les enfants deviennent mes enfants lorsqu’ils rentrent chez moi pour apprendre. Bon, je suis déjà en train de vous transmettre. La question est : êtes-vous réceptif à ma transmission culturelle ? Laissez tomber pour le moment le livre de Kant. Il est nécessaire d’abord de dialoguer. J’ai vu que ooo vous disait ce qu’était la vraie philosophie en vous balançant un texte d’Heidegger. Nous pourrions aller le rechercher et le travailler ensemble ici ce texte. ooo veut vous transmettre aussi. Je dirai qu’il a la démarche du gourou, du chef de secte, comme marzhin, comme maroudiji, comme dompteur de mots, comme zenalpha, etc. Ils s’enrubannent dans leur savoir et assoient leur pouvoir sur le disciple en assénant leur savoir. Ça marche avec beaucoup de gens ici. Beaucoup de gens aiment être inféodés à un maître. Je dirai donc : le désir d’être dans un rapport de maître / disciple précède l’acquisition de savoirs. Il n’y aura pas entre vous et moi de rapport Maitre/disciple quant aux savoirs. Ce que je transmets sous les savoirs que je partage est irrationnel. Continuons de dialoguer ainsi. Nous verrons bien où ça nous mène.
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Que voulez vous que je vous apprenne ? Si ce sont des connaissances livresques vous pouvez lire des ouvrages simples d’abord puis progresser dans un travail solitaire. Si ce sont des connaissances d’expériences alors là oui je peux vous en livrer des connaissances d’expérience. S’il s’agit d’une technique sur le langage philosophique pourquoi pas ? J’ai tenu un fil il y a quelques années sur le forum de philosophie ( un forum spécialisé) qui a l’époque m’a ouvert ses portes. Un fil sur la Critique de la Raison pure. Sur le plan uniquement technique ce livre vous introduit dans le monde des concepts philosophiques. Je n’aime pas le mot de maître, même si l’un des ado que j’enseigne avec succès me qualifie de ce mot. Mais vous n’êtes pas un ado. Enseigner quelqu’un est difficile et long. Et je suis fatigué d’enseigner en ce moment. Je n’enseigne plus qu’une personne. Il est bien plus facile d’asséner des vérités comme il le font tous ici que de transmettre. Mais essayons. Nous verrons bien. Que voulez vous savoir ? De plus je n’enseigne pas la philo, c’est satin velours qui l’enseigne dans le réel, moi j’enseigne les maths, et encore ce sont des maths du secondaire jusqu’au Bac S. Et j’enseigne aussi l’histoire. J’en reviens à la philo. Il existe un livre intéressant à lire pour démarrer c’est Kant de Luc Ferry. Il y explique d’importants concepts. Si vous achetez ce livre nous pourrions le commenter ensemble. Vous apprendriez beaucoup ainsi. Ne croyez pas non plus que vous n’avez pas le droit de philosopher. Il y a quantité de philosophies dans le monde. Ceux qui vous interdisent de philosopher procède de ce vieux patriarcat qui entre autres tend à briser ses enfants mâles. Résister.
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Si nous oublions que philosopher c'est exercer ou tenter d'exercer un pouvoir sur l'autre alors nous risquons de nous égarer par l'inconscience dans laquelle nous sommes de nos intentions. Il est nécessaire de sans cesse informer nos puissances intérieures de la réalité de leurs intentions. Afin que l'action soit toujours adaptée. Si nous n'informons pas ces puissances, elles vont s'engouffrer dans la recherche d'une vérité qui n'est plus leur finalité. D'où égarement.Si nous voulons garder le cap, établir sur tel ou tel point une vérité, nous ne pouvons plus rentrer dans un rapport de force avec l'autre. Nous ne pouvons plus philosopher. L'instrument du pouvoir du philosophe c'est le langage. Il suffit d'observer combien nombreux sont ici à abuser de l’emploi de mots abstraits dont manifestement ils ne maitrisent pas l’usage. Ces mots ont jadis été reçus par eux comme des instruments d'asservissement qu'ils tentent de réutiliser ensuite pour asservir l'autre. L'humilié devient humiliant. Le langage étant un instrument utilisé par chacun d'entre nous dans la conduite de notre vie et dans le rapport à l'autre nous comprenons que tant de personnes en quête de pouvoir s'attachent à la maitrise du langage : ils cherchent à maitriser l'autre. Néanmoins le langage n'est pas le seul instrument de pouvoir, il y a aussi l'image. Les deux types de personnalité qui tentent d'exercer le pouvoir par le truchement du langage sont le prophète et le philosophe. Nous pourrions être tentés d’ajouter le scientifique, mais ce n'est pas tout à fait exact. Aujourd’hui le scientifique de manière tout à fait subreptice utilise aussi sa science comme instrument d’asservissement de l'autre. Mais c'est dans la mesure où il prolonge son savoir d'un subtil et subreptice jugement de valeur, pris à la religion ou à la philosophie, qu'il devient oppresseur. Aujourd'hui l’instrument du pouvoir est moins le langage que l’image. Celui qui maitrise l'image maitrise l'autre. Le philosophe a perdu le pouvoir qu'il possédait jusqu'au début du vingtième siècle. Il vit dans le souvenir de ce pouvoir perdu.
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Il apparaît de plus en plus manifeste, lorsque je lis les posts, que la philosophie est d’abord un champ d’activité relationnelle. Et que la philosophie est une recherche d’un pouvoir sur l’autre. La philosophie est exercée par des gens animés par le désir d’établir un pouvoir sur l’autre. C’est un instrument de domination avant toute chose. La recherche de la Vérité n’a pas pour but la recherche de la Vérité mais la recherche d’une vérité que le philosophe puisse imposer à l’autre. C’est donc un lieu d’exercice du pouvoir. Comprendre cela, comprendre que, dès que nous philosophons, nous rentrons dans un type de rapport déterminé avec l’autre, un rapport de force, permet de mieux cheminer dans les arcanes de la philosophie. C’est parce que c’est un rapport de force que chacun va dire : voici ce que c’est que philosopher, voici qui ou qui est ou n’est pas philosophe, voici à quelles conditions vous avez le droit de philosopher ou pas. Chacun se positionne en fonction du rapport de force qu’il veut exercer.
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C’est le matin. Comme tous les matins j’ai un temps de loisir et j’aime l’idée d’aller écrire sur le forum comme j’aime papoter auparavant avec mon épouse devant notre petit déjeuner. Qu’est-ce que je vais écrire ? Je constate que je désire écrire avant même de savoir quoi écrire. Je fais un tour en philosophie et je vois que beaucoup ont écrit. Je ne m’intéresse plus guère à ce rayon. C’est trop répétitif. Je me dis : tiens je vais quand même broder sur les posts des philosophes mais je n’en ai pas envie. Je vérifie ainsi que c’est bien du sein d’une activité inconsciente que me vient l’envie et ensuite la décision. L’activité inconsciente chapeaute l’activité consciente. Elle pilote l’activité consciente. Ou plutôt elle pilote l’activité dont j’ai conscience puisque une activité n’a pas en soi pour qualité propre d’être inconsciente ou consciente. Une activité inconsciente ne signifie pas que cette activité a pour qualité propre d’être inconsciente. Elle est inconsciente par défaut. Elle est dite inconsciente parce que je n’en ai pas conscience. Notre puissance, notre force, notre capacité à décider surgissent de l’activité inconsciente. Activité sans cesse fécondée, informée par notre activité consciente. Je retrouve là l’allégorie de Beckett ( fin de partie). Mais je complète cette représentation de l’esprit ( ensemble des activités psychiques ) par l’existence de ce « quelque chose » qui suit son cours. Ce quelque chose est hors l’esprit, elle existe indépendamment de l’homme, elle va. Or ce quelque chose pilote aussi. Mais à partir d’un extérieur à l’esprit humain. C’est un quelque chose qui n’est plus relatif à l’homme, à la Terre, mais à l’univers. L’homme peut disparaître, la Terre aussi, ce quelque chose suivra toujours son cours. Bien je me suis suffisamment répété tout cela pour en faire un schéma qui dirige désormais ma vie. Je n’ai même plus à m’occuper de ma mort, cette chose suit son cours, toujours, et dans le cadre du déploiement de cette chose sur Terre, je ne suis tenu qu’à l’action, jusqu’au dernier souffle. Et dans ce cadre-là il est inutile de vouloir m’emparer de la chose, c’est elle qui s’empare de moi. Telle est la foi : accepter d’être emparé. Ne pas accepter est bien sûr un autre choix. Mais je me rends compte que refuser d’être emparé c’est encore, de manière subtile, être emparé. Il me reste pourtant à étudier un autre volet : le rapport à l’autre, aux autres. Et ce n’est pas rien. Puisque manifestement je n’existe que dans le rapport réel ou imaginé à l’autre. Quand à l’âge de 21 ans je crois, je me réveille un matin dans un pré, au large de Sarajevo, muni de mon seul sac à dos, et que je m’exclame : j’irai enseigner les nations, que se passe t il ? Il se passe que la puissance de décision, non consciente, surgit dans l’écume de l’esprit, la conscience, et dit : rentre dans le rapport à l’autre par le truchement de la transmission. Alors ce matin là je me suis aussitôt dit : mais que vais je enseigner ? Ainsi le Verbe, enseigner, précéda le contenu, la matière à enseigner.
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J’ai pensé un moment ne plus venir écrire ici mais le forum est devenu pour moi une écritoire devant laquelle j’aime venir m'asseoir. Il me faut en fait me détacher totalement du brouhaha insensé d’un café philo déjanté. Ne plus les lire. Pourtant réfléchir sur le devenir du monde n’est pas pour moi inintéressant même si ce devenir n’est manifestement pas l’objet de la philosophie occidentale continentale. Alors je vais pratiquer la philo à la manière d’un nomade qui se rend compte qu’il est d’une autre civilisation que les sédentaires. Et de temps à autre en solitaire, me reposant le soir sur un talus en surplomb du chemin, comme du temps où je sillonnais les routes avant même que le mot routard existat, écrire un billet adressé aux astres qui continuent de scintiller dans la voûte céleste. Il existe aussi une philosophie du voyage qui ne peut pas être la philosophie casanière des personnes enracinées et immobiles. Il y a au moins deux sujets qui vont bouleverser le monde et qui méritent qu’on s’y colle ne serait ce que pour préparer nos enfants à une adaptation qui va leur devenir nécessaire. Le changement climatique et l’intelligence artificielle. Mais il y en a d’autres. Le philosophe n’a-t-il rien à dire sur la PMA, la GPA et toutes les grandes questions de société ? Il est vrai que pour avoir un tel souci il faut encore soit avoir des enfants soit se soucier de tous les enfants qu’ils soient les nôtres ou pas. Bref il faut avoir le souci de la transmission. Dans un monde qui ici semble s’être arrêté à soi il est bien entendu qu’il est même devenu impossible de s’entendre sur la signification même du mot philosophie.
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J’abandonne progressivement les motifs de tension. Mais ne plus être affronté à de quelconques tensions engendre une sorte de déséquilibre inattendu. Il y avait jusqu’à l’année dernière la tension liée à l’obligation que je me donnais de mener jusqu’à la réussite chacun de mes élèves. Cette tension quelque chose la refuse désormais en moi, j’arrête d’enseigner. Mais cet arrêt engendre à son tour un désarroi. Il me semble que même ici je tends à garder une tension en alimentant un fil en philo alors que, manifestement ces discussions philosophiques sont devenues dérisoires, voire franchement déprimantes pour l’infantilisme qu’elles dégagent. Il devient absurde de se dégrader davantage. Cette auto dégradation est une réverbération d’évènements si anciens. C’est ici que l’Intuitive pense que je dois être. Etudier ce n’est rien d’autre que se créer. Certains étudient jusqu’à leur mort. Mais se créer n’est pas créer. Ou c’est créer rien d’autre qu’un possible créateur.
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Ce décalage prométhéen dont parle Anders, c'est à dire ce retard entre l’exécution (nos actes) et la prise de conscience des conséquences de nos actes [un peu comme le décalage temporel de perception entre l'éclair de l'orage que nous voyons et le son, associé au même orage, que nous entendons] nous pouvons donc le vérifier avec les bombes Hiroshima et de Nagasaki. Là nous sommes définitivement largués : jamais nous ne pourrons prendre conscience de ce qui a été fait. Nous n'en avons pas les moyens. Avec ces bombes nous avons franchi des limites que même les nazis n'avaient pas franchies ou n'ont pas eu le temps de franchir. Nous ne pouvons plus nous émouvoir, nous sommes largués. Les centaines de milliers de morts civils ne nous émeuvent pas. Nous ne pouvons plus nous émouvoir, nous avons dépassé les bornes de l'humain. Ce n'est pas une question de mal ou de bien, ce n'est pas une question de culpabilité. C'est une question de capacité à prendre conscience de. Nous ne pouvons pas prendre conscience de. Qu'est ce qui nous empêche de prendre consciece de. ? L'imagination. Nous ne pouvons prendre conscience que de ce que nous pouvons imaginer. Tout ce qui dépasse notre imagination reste hors champ de notre conscience. Nous pouvons certes en prendre une conscience formelle, verbale, mais une conscience vécue, ressentie, non. Tout ce qui dépasse notre imagination reste hors champ de la prise de conscience. Camus écrit : Dieu n’existe pas car il dépasse mon imagination. Telles sont nos limites biologiques. La catastrophe climatique a toutes chances d'arriver car cette catastrophe possible dépasse notre imagination. Certes nous avons des angoisses, Greta par exemple, peut-être parce que Greta a un cerveau différent et qu'elle parvient à imaginer, mais le cerveau banal de la majorité des humains ne parvient pas à imaginer.
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Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Annalevine a répondu à un sujet dans Philosophie
Pourquoi la philosophie n' a-t-elle rien à dire sur les questions décisives que chacun doit prendre chaque jour pour conduire sa vie ? Pourquoi lorsqu'il s'agit de PMA, de GPA, d'éducation, d'euthanasie, de changement climatique, d’urbanisation, etc. pourquoi, lorsque des philosophes sont conviés dans les débats, pourquoi ne tiennent-ils plus qu'un rôle de bouffon ou d'animateur de service, dont les avis sont repris dans les rapports en fin des annexes que personne ne lit ? Parce que la philosophie ne s’intéresse plus aux vivants. Parce que la philosophie n'est plus pratiquée que par des égarés de l'esprit qui manipulent des concepts de plus en plus abstraits, croyant que, par magie, l’abstraction leur permettra de créer le réel, ou qui n'ont plus rien à transmettre parce qu'ils n'ont plus aucune descendance, d'ordre biologique ou spirituelle, ou les deux, à qui transmettre. Ils sont déjà morts. Égarés dans la magie ou dans l'infertilité. -
Il est probable que les hommes n’ont jamais su où ils allaient. Il est probable qu’ils ont dû toujours courir derrière leurs actes pour s’adapter. La révolution néolithique n’a jamais été planifiée. Que l’agriculture ait fini par engendrer les États est d’ailleurs toujours incompréhensible. Les ethnologues se battent entre eux et ne comprennent toujours pas. Ainsi même l’origine de notre civilisation demeure énigmatique. Les certitudes d’hier sont sans cesse brisées par de nouvelles découvertes archéologiques. Ça n’en finit pas. Nous pensions enfin tout savoir du néolithique, nous ne savons plus rien. Aussi Anders affirme une opinion sur notre monde actuel que nous pouvons émettre sur les anciens mondes aussi. Personne n’a jamais compris l’évolution du monde. Chacun se bricole une représentation qui lui permet d’agir. Avec plus ou moins de bonheur. Chacun crée sa compréhension du monde dont il fait souvent une grotte au sein de laquelle il s’efforce de vivre. Chacun sait. Chacun en fait décide de savoir mais ne sait rien. Nous sommes bel et bien pilotés soit par un être aux yeux crevés, soit par un être qui va son chemin, et qui de toute façon ne dépend en rien de l’humanité. Du coup il n’est possible de déterminer sa vie que sur des intuitions, des fulgurances, des choix inspirés. La raison ensuite n’entre en mouvement que pour mettre en acte les choix retenus. Alors qu’est ce qu’Anders dit de nouveau ? Que notre incompréhension du devenir du monde est devenue telle que nous ne pouvons même plus nous adapter au monde que nous créons. Si cela est vrai alors que reste t il à faire que de faire des choix totalement inspirés, intuitifs ? C’est en vérité ce que je fais. Mais qu’est ce qui borde tout de même mes choix inspirés ? Sinon une certaine vision du monde issue d’une inclination mystique ? La mystique slave. Faite d’une religiosité sans dieu nécessaire. La nouvelle mystique ashkénaze faite aussi d’une mystique qui elle aussi peut s’affranchir de tous dieux. Les mystiques slaves et juives s’appuient sur l'histoire. Et la philosophie dans tout cela ? Il y a longtemps que la philosophie ne s’intéresse plus aux hommes. Il y a longtemps qu’elle n’a plus rien à dire. La philosophie occidentale est un îlot culturel sclérosé qui ne sait plus rien du monde. Les grands auteurs ont disparu. Ceux qui restent ne sont plus que des moralistes. Même Sartre n’était plus qu’un moraliste. Des moralistes qui cherchent un socle qui s’est depuis longtemps évanoui. La philosophie survit en France comme vestige d’une gloire passée. Elle n’est plus que vestige. Comme Dieu elle est morte mais nombreux sont ceux qui viennent se recueillir sur son tombeau. Les braves gens veulent philosopher en pensant trouver une valorisation à philosopher. Mais la cathédrale n’est plus que ruine. Les braves gens qui tentent de se valoriser en philosophant me font penser aux nabatéens poussant leurs chèvres dans Jérusalem dévastée et vidée des Judéens. Mais le temple a été détruit. Il est trop tard pour venir philosopher. Le temps des troubles est arrivé.
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Depuis quand nous n’avons plus les moyens de comprendre le monde ? Depuis les analyses marxistes ? Peut-on dire que le libéralisme offre une compréhension du monde ? Combien y a-t il eu de ...ismes depuis le marxisme ? Des dictionnaires de ...ismes !!! Mais des ...ismes qui prétendent comprendre le monde mais qui ne permettent pas d’agir sur le monde, des ...ismes savants qui n’ouvrent sur aucune action sont-ils des compréhensions du monde ? Si la philosophie ce n’est plus que réfléchir sans jamais agir est-il encore important de réfléchir ? Pour soi-même sans doute, pour piloter sa propre vie. Mais au-delà de soi ?
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La dame blanche. Elle choisit l’imaginaire de qui lui plait. Elle s’y introduit. Alors même que l’individu pense que c’est lui qui s’empare des êtres réels pour animer ses personnages imaginés, la Dame blanche, venue d’ailleurs, s’empare en lui d’un personnage imaginé et parle. La dame blanche ne vient pas détruire, elle vient insuffler une énergie. Elle oriente aussi. Elle est signe, plus que signe, elle est la messagère. Elle est la messagère de l’Etre, de « la chose qui suit son cours » comme l’écrit Beckett.
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Pendant que les forêts brûlent dans l’autre hémisphère, pendant que l’eau se raréfie ici et qu’elle emporte dans sa furie des hommes là, pendant que les oiseaux disparaissent, pendant que la terre s’assèche et que les maisons lentement se fissurent, pendant que des terres devenues définitivement stériles chassent ses habitants, pendant que les anciens meurent dans des maisons closes, pendant que les pères et les mères pensent que la transmission se fait par les gènes et non par la mémoire spirituelle, chacun courant vers les bons gamètes, pendant ce temps là...tous dansent près de la fracture sans voir les SIGNES. L’Etre fait signe, mais les humains cramponnés à leurs dieux ou à leur philosophie ne voient rien. Ne veulent rien voir. Car les limites de leur compréhension ont été dépassées.
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Anders nous parle d’un homme qui, après avoir fait la guerre, après avoir bombardé des populations civiles, se retire et tente de comprendre. Il n’y arrive pas. Il se retire dans un monastère. Il n’arrive pas à comprendre ce qu’il a fait. Il tente de devenir ce qu’il était quand il a agi en tant de guerre. Il ne s’agit plus du « deviens c’est que tu es » mais de « deviens ce que tu étais ». Il ne s’agit pas de donner du sens, il ne s’agit pas de culpabilité. C’est autre chose. C’est le décalage prométhéen : le sentiment est en retard sur l’action. Mais ce décalage devient tellement grand aujourd’hui que le sentiment ne pourra pas rattraper l’action. L’homme a atteint ses limites. L’homme ne peut plus rattraper son action. Nous avons perdu tout contrôle. Parce que nous avons dépassé nos limites de compréhension.
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Cette réflexion d’Anders est intéressante car elle dit aussi quelque chose sur l’action de l’homme en général. L’homme d’action, celui qui fait le monde, lance devant lui des actes devant les conséquences desquelles il doit s’adapter. Toute action est suivie d’une adaptation aux conséquences de cet acte. Cela a toujours été. Lorsque les hommes franchissent l’isthme de Suez pour sortir d’Afrique et conquérir le monde ils lancent une action qui va entraîner d’intenses adaptations ( même physiques). Mais aujourd’hui nous lançons des actions, notamment des actions créatrices de produits dont les conséquences sont telles que nous ne pouvons plus nous adapter. Nous avons atteint nos limites. Par exemple même si nous sommes conscients de l’impact de notre production sur notre environnement naturel cette conscience là même ne nous permet pas de « sentir », ressentir, l’impact prévisible du changement climatique. C’est trop énorme, nous avons atteint notre limite. Même une prise de conscience est insuffisante. C’est pourquoi nous allons prendre de plein fouet les conséquences de la modification de notre environnement naturel. L’étendue des conséquences de ce changement dépasse notre imagination. C’est parce que notre imagination est dépassée qu’une prise de conscience est insuffisante. En produisant des actes auxquels nous ne pouvons plus nous adapter nous avons perdu le contrôle. Nous allons devoir affronter le pire.
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Anders introduit cette idée : « la non-synchronicité entre l’homme et le monde qu’il a produit, l’écart qui les sépare, nous l’appelons le décalage prométhéen ». La théorie idéologique par exemple est en retard sur les rapports effectifs, la représentation est en retard sur l’action, les sentiments sont en retard sur nos actes. Exemple : nous sommes capables de détruire à coups de bombes des centaines de milliers d’hommes mais nous sommes incapables de ressentir quoi que ce soit devant ces centaines de milliers d’êtres anéantis par la bombe atomique. C’est cela ce décalage prométhéen. Par exemple encore nous produisons des machines derrière lesquelles nous courons pour nous adapter à elles. Nous sommes désormais en retard derrière notre production. « Il n’est pas impossible que nous, qui fabriquons ces produits, soyons sur le point de construire un monde au pas duquel nous serions incapables de marcher; il serait absolument au dessus de nos forces de comprendre un monde qui excéderait absolument notre force de compréhension. » Ce monde est peut être déjà construit. Si la capacité de produire de l’homme ne connaît aucune limite en revanche l’homme lui est limité dans sa capacité d’adaptation. « Une critique des limites de l’homme, de toutes ses facultés, me semble être ce qui manque aujourd’hui à la philosophie » Les crimes des nazis nous pouvions encore les rattraper en y étant sensible. Nous ne pouvons toujours pas rattraper le cataclysme des bombes atomiques lâchées sur une population civile: si nous ne ressentons rien devant ces centaines de milliers de morts c’est que nous sommes dépassés. Notre capacité « sentiment » est très largement débordée par cet acte venu de produits dont les effets nous dépassent largement. La volatilisation de centaines de milliers d’hommes ne nous parle plus. Nous avons largement dépassé les nazis, nous ne ressentons plus rien, car il est impossible de ressentir quoi que ce soit devant la manifestation puissante de nos produits. L’homme a atteint ses limites. Et la production qu’il engendre, les machines qu’il engendre engendre un monde auquel l’homme ne peut plus s’adapter Parce que ses aptitudes de compréhension, de représentation, etc. sont dépassées.
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Question naïve, je sais. Quel est le sens "d'être"?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
C’est sous la domination des Lagides que l’influence grecque sur les Hébreux fut la plus intense. Les Judéens sont tellement admiratifs de la culture grecque qu’ils se mettent à parler grec, qu’ils se marient avec des Grecs, révoquant ainsi l’ordre d’Esdras de ne se marier qu’entre Judéens. La bible des Septante va être rédigée. Certains textes de cette bible vont être directement influencés par la culture grecque : le Cantique des Cantiques, l’Ecclesiaste. Il est probable que la culture grecque tournée entre autre vers l’Etre a séduit les Hébreux. Quel rapport entre l’Etre et l’Eternel ? Cette fascination pour l’Etre on la retrouvera chez les élèves de Heidegger, lequel remet l’Etre à l’honneur ( pour Heidegger l’oubli del’Etre est le drame de l’occident). Lesquels élèves sont surtout des Juifs dont Ana Arendt. Mais pour comprendre l’Etre c’est pour le coup qu’il faut repartir vers le grec ancien. Car dans le grec ancien il est possible d’écrire « suis » sans sujet. -
Question naïve, je sais. Quel est le sens "d'être"?
Annalevine a répondu à un(e) sujet de Guillaume_des_CS dans Philosophie
Exode : Moise demanda à celui qui parlait quel était son nom. Dieu répondit : « Je suis celui qui suis. Voici en quels termes tu parleras aux Hébreux : « Je suis » m’a envoyé vers vous. C’est le nom que je porterai à jamais » Certains traduisent : « Suis » sans sujet. Dans le grec ancien il était possible de dire « suis » sans sujet. Il est probable que ce passage de l’exode a été écrit tardivement, après que les Hébreux se furent passionnés pour la culture grecque après la conquête de leur pays par Alexandre. Cette possibilité de dire « suis » sans sujet les a étonnés. Ils tentèrent une passerelle entre Dieu et « suis ». L’être est alors l’abstraction qui, si elle parlait dirait « suis » éternellement :suis. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Annalevine a répondu à un sujet dans Philosophie
« L’homme est la mesure de toutes choses » n’est pas une citation de Platon, mais du sophiste Protagoras, cité par Platon dans le Théététe. C’est d’autant moins une citation de Platon que ce dernier va critiquer cette affirmation. -
Est-il possible de philosopher sans un minimum de culture philosophique ?
Annalevine a répondu à un sujet dans Philosophie
Ce qui me fait sourire c'est que vous comme tous ceux qui interviennent ici parlent de la philosophie comme étant quasiment une profession. Que les idées philosophiques sortent d'études livresques. Mais les idées émises par ceux qui ne connaissent la vie qu'en lisant ou qu'en étudiant n'intéressent pas et surtout elles ratent leur but : réfléchir en vue de l'action, l'action chez les pro de la pensée a disparu en tant qu'exigence philosophique. Les plus grands philosophes n'ont jamais été des professionnels de la pensée. Les premiers philosophes avaient tous des métiers tournés vers l'action et non pas vers la seule réflexion. Parménide par exemple était médecin, Thalès participait à l'effort de guerre en construisant des premières machines. Pour rentrer dans l’académie de Platon il fallait être géomètre. Même Socrate enseignait. Tenez allez voir la vie de Marc Aurèle ou encore celle d’Épictète. Aujourd'hui les philosophes font profession de penser. Ce n'est pas d'eux que viendront les idées nouvelles mais de ceux qui sont engagés dans la vie réelle. Celle que vivent les humains. Une philosophie qui n'émane que de professionnels de la pensée ne peut intéresser que d'autres professionnels de la pensée. Sans l'expérimentation du monde dans sa chair nous ne faisons que créer des sectes ou des écoles toutes destinées à assurer à leurs membres un confort qui n’intéresse qu'eux. Ils se vendent à eux-mêmes leurs livres, cela devient une économie en circuit fermée. -
Ce matin gît aux pieds de la couche où sommeille @Jane Doe la photo déjà racornie d’Ophelie. Jane ne peut être contenue dans aucune image, elle reste trop vaste pour être déterminée. Dans aucune forme elle reste assujettie. Je vois le dessin de son corps dématérialisé au dessus duquel flotte un drap de mousseline. Je vois son sourire et ses yeux clos. Je vois à son flanc la blessure qui l’affaiblit.
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Je penche pour une histoire fantastique. Un adolescent et une femme. Une angoisse et une tristesse. Un rêve et un rêve, un lien à travers le temps, des époques différentes. La main brûlante de l’adolescent tenant dans sa main le sein de la femme endormie, comme il tiendrait dans sa paume un oiseau, une mésange. Un désespoir et une langueur. Une alchimie. Un élancement, une femme réceptive. Un corps qui s’éteint, une renaissance le long des hanches de la femme, elle se réveille, ses yeux recueillent une lueur dans la nuit. Ça sera peut être tout autre chose, je laisse aller.
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Je vais y penser. Je viens de découvrir votre avatar. Il est intéressant. Il est nécessaire que je le laisse agir dans mon esprit. Essayez de le garder le temps que j’écrive cette histoire. Vous m’inspirez mais je n’ai encore que des sentiments sans mots. Étonnant cet avatar. En lui je pourrais y mettre ce que je peux ressentir pour vous.
