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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. Cette topographie par laquelle nous relions telle zone cérébrale à telle entreprise cognitive a ses limites mais elle a aussi ses avantages : arrêter de dévaluer telle pensée comme pensée fausse alors que cette pensée dite fausse, ou dite « mauvaise », est l’expression d’une disposition naturelle repérable sur le terrain cérébral. La pensée analytique, séquentielle, logique, lente, exacte, qui dévalue la pensée rapide, intuitive, holiste, approximative n’est pas la seule qui vaille. Elle permet certes de parvenir à une connaissance spécifique du monde qui ouvre le chemin à l’homme quant à ses désirs. Elle offre la maîtrise du monde matériel dans lequel nous devons cheminer. Mais cette maîtrise n’est que celle des conditions matérielles qui s’imposent à nous. Cette pensée qui a son utilité dans le monde strictement scientifique, déborde largement de son domaine de compétence lorsqu’elle s’attaque au domaine des sciences humaines. Avec son principe de Vérité, son principe d'exactitude, elle brise et fait voler en éclat le principe même de la Vie, laquelle débordera toujours le principe d’une Vérité éternelle, et même le principe d’exactitude. C’est à ce moment-là dans le cadre de l’humain en devenir dans son appartenance à la communauté humaine, qu’intervient la pensée non verbale, qui conçoit, invente dans le sentiment, qui relie et associe naturellement des principes simples pour accéder à la complexité, qui prône l’inexactitude, l’incertitude, le flou, dans lequel continue de s’élaborer la vie. Sur le front de l‘avancée humaine le principe n’est plus la vérité et l'exactitude mais l’erreur et la marge d’incertitude. C’est dans ce cadre-là : incertitude voire erreur que la création continue. C’est dans le strict cadre de la Vérité et de l’exactitude que la vie se fossilise et que la mort advient. La Vie advient dans le bricolage, la mort advient dans la Vérité, quand celle-ci se pare d’un grand V.
  2. Et je lis « les émotions primordiales et l’éveil de la conscience » et je pose le livre et je me rends compte que le mot « mental » qui recouvre tout ce qui a rapport à la conscience ou à l’esprit, ce « mental » accompagne le vivant en général. Je pose le livre et je vois que l’oiseau qui vole sur l’arbre, et qui chante sa sérénade, a lui aussi un mental. Nous pouvons nous interroger, l’oiseau a-t-il une sensibilité, une conscience, débats sans fin, mais je pose le livre, j’ai cette révélation tranquille, cette certitude : l’oiseau a un mental. Il me regarde. Je le regarde différemment. Dans ce regard que nous échangeons nous communions. Le mot conscience prend une autre signification. Il y a la conscience et la conscience de la conscience. Peut-être est-ce là que l’oiseau et moi nous différons. Il n’a pas les moyens de développer une conscience réflexive. Mais il est conscient, si la conscience est toute manifestation d’un mental. La distinction, concernant les hommes, n’est plus conscient-inconscient, mais conscient et conscient d’être conscient. Je vois que, par delà leur différences, les athées et les monothéistes païens , les chrétiens, les monothéistes aveugles, les musulmans, sont unis dans cette même rage : plonger leur sabre dans le cœur de l’agneau et affirmer fièrement : seul l’homme a une conscience. Ce fut d’abord dans le meurtre de l’enfant symboliquement remplacé par le meurtre de l’agneau que les hommes et les femmes autoproclamés responsables, animés par l’hybris voulurent affirmer devant leur dieu, ou leur absence de dieu, pareillement macabres : moi seul possède la vie. Ils firent de la vie un objet : l’âme, et ce faisant ils s’accaparèrent la vie. Mais il n’ y a pas d’âme, il n’existe aucune localisation de la vie, la vie, ou le conscient, ou le mental a la dimension infinie de l’espace et ne sera jamais enfermé dans un talisman, dans un fétiche appelé : âme.
  3. (Suite) Les travaux de Sperry et ses commentaires intéressent. Ils apportent du nouveau dans la compréhension des autres et de soi. D’abord la disparition de l’antagonisme conscient-inconscient permet de sortir d’une représentation, qui, si elle fut riche d’enseignement jadis, est devenue aujourd’hui une impasse en enfermant l’individu dans un couple antagoniste dont il ne peut plus sortir. La distinction conscient-inconscient a surtout permis d’admettre l’existence d’une autre instance que l’instance « consciente » dominante déterminée par la civilisation occidentale, cette instance analytique, matérialiste, qui ne sait avancer que pas à pas, lentement, dans une distinction la plus fine possible des « parties » qu’il s’agit ensuite d’agréger pour cheminer jusqu’au tout (principe cartésien). A côté de ce « conscient » officiel, ayant pignon sur rue, il existait ainsi une autre instance, définie par opposition au conscient, instance appelée inconscient. Cet inconscient, cette autre instance, dont Sperry nous dit qu’il s’agit d’une « autre conscience » s’est trouvée remplie de tout ce qui faisait horreur à la bourgeoisie : les pulsions, les émotions, le sexe, et tutti quanti (bien que cette bourgeoisie s’adonnât à ces « horreurs » dès qu’elle se retrouvait dans la sphère dite privée). Mais la dévaluation de l’inconscient, qui finit par ne plus être qu’une fosse d’aisance du refoulé pour parler comme les tenants de cette culture bourgeoise, a tout de même eu pour effet, même à travers cette dévaluation, de donner l’existence à cette instance. Cette instance passe désormais d’une existence dévaluée à l’existence tout court, existence en tant que conscience. Qu’il puisse exister deux formes de conscience, l’une verbale, l’autre spatiale et non verbale est tout de même assez fascinant. Sperry se laisse aller à des représentations dans lesquelles l’homme aurait deux consciences séparées. Cette théorie de l’homme fractionné entre plusieurs consciences j’en avais déjà entendu parler par un ami médecin. Son maître de thèse, un neurologue suisse, soutint, il y a déjà près de quatre-vingt ans, qu’il existait plusieurs centres de conscience, un archipel en quelque sorte de consciences, chaque île entretenant un rapport concurrentiel avec chaque autre. Je ne souscris pas trop à ce genre de théorie. Il me semble que plusieurs consciences séparées ne peuvent pas donner un individu cohérent capable d’action. L’action exige une unité de conscience (me semble-t-il). Cette théorie d’au moins deux consciences a surtout pour effet de réhabiliter ou tout simplement d’habiliter l’inconscient, comme autre conscience. De la sortir de la dévaluation dans laquelle elle est tenue. Cette instance ne doit son qualificatif « d’inconscient » qu’en ce qu’elle ne dispose pas du langage pour exister. Le primat donné au langage dans notre civilisation conduit à une sorte de mutilation psychique. La conscience non langagière est niée, dévalorisée, dégradée. Et tout ce qui est de l’ordre de l’émotion, du sentiment, de l’intuition, de la conception doit être immédiatement traduit en « mots » ce qui tout simplement détruit toutes les manifestations, toutes les perceptions, toutes les révélations de cette instance. La mise en mots n’éclaire pas, elle détruit. A moins que cette mise en mots se libère des règles propres à la logique et donne un langage à son tour régi par les règles (pour le moment encore obscures) de la conscience spatiale.
  4. Ces deux types ne s’ajoutent pas aux autres. Ils se substituent aux autres. Toute cette construction de deux types part non d’une spéculation psychologique mais des expériences faites par Sperry. Sperry et d’autres chercheurs ont eu l’occasion d’observer les réactions de patients dont les deux hémisphères cérébraux ont été séparés ( section du corps calleux). Le résultat de certaines de ces expériences est donné ci-dessus dans mon étude. C’est l’expérience du couteau et de la fourchette dont l’un est présenté au champ visuel régi par un hémisphère et l’autre est présenté au champ visuel de l’autre hémisphère. Il faut bien lire cette expérience pour en tirer les conséquences. Je vous invite à la lire avec attention. C’est à partir de ces expériences, qui ne sont pas des spéculations, que Sperry s’est aperçu qu’il y avait « deux consciences » en quelque sorte. Deux façons d’appréhender le monde même si dans la réalité il n’y a jamais des hémisphères séparés donc pas de séparation de consciences. Je rappelle que Sperry a obtenu le prix Nobel pour ses études.
  5. (Suite) Ces axiomes sont les suivants (outre la classification générale introversion-extraversion) : 1) Il existe quatre fonctions psychologiques dont deux sont rationnelles : la pensée et le sentiment, et deux sont irrationnelles : l’intuition et la sensation. 2) Chez tout individu prédomine un couple conscient réunissant une fonction rationnelle et une fonction irrationnelle, les deux autres fonctions étant inconscientes. Cela nous donne les types suivants : Pensée-intuition, ou intuition-pensée (selon que prédomine dans le couple la fonction rationnelle ou la fonction irrationnelle) [le couple opposé sentiment-sensation, ou sensation-sentiment est inconscient] Pensée-sensation ou sensation-pensée Sentiment-intuition ou intuition-sentiment Sentiment-sensation ou sensation-sentiment Soit huit types principaux qu’il faut multiplier par deux selon que le sujet est introverti ou extraverti soit 16 types. [Dans tout couple conscient il y a un type rationnel associé à un type irrationnel jamais deux types rationnels ou deux types irrationnels ensemble ]. En forçant un peu les choses nous pourrions ici identifier le type pensée avec le cortical gauche, le type sentiment avec le cortical droit, le type sensation avec le limbique gauche et le type intuition avec le limbique droit. Si nous faisons cela alors dans la théorie des dominances cérébrales le type pensée est forcément lié au type sensation et au type extraverti et le type sentiment forcément lié au type intuition et au type introverti. De plus nous abandonnons la notion de conscient- inconscient. Ce qui fait deux types psychologiques globaux : Pensée-sensation-extraversion pour le « gauche » Sentiment-intuition-introversion pour le « droit ». Je trouve que cette classification a le mérite d’être claire et de fournir des moyens d’investigation de sa propre psyché intéressants. Une théorie finalement n’a pas pour intérêt d’être en soi vraie, elle a pour intérêt de permettre la saisie de réalités jusque là insaisissables. Il n’y a de vérité que, pour autant, ce qui est dit « vrai », permet d’agir. A ce titre tout imaginaire même foldingue qui permet une saisie du réel est vrai. Outre l’affectation des caractères introversion-extraversion à un type identifié, le type « gauche » (extraversion) ou le type « droit » (introversion), les travaux de Sperry permettent d’abandonner la distinction conscient-inconscient. Cette distinction ne m’a jamais agréé. Définir l’inconscient par opposition au conscient a toujours relevé pour moi d’une intention délibérée de dévaluer « cela » appelé inconscient, et de cantonner cette « aire », ce « cela » aux pulsions, aux instincts, aux émotions, bref à ce « beurk » animal qui nous entraînerait dans les abîmes chthoniens de l’esprit.
  6. (Suite) Pour le « gauche » : Au « cortical » (l’intelligible) sont associées les qualités suivantes : analyse, les parties, logique, quantitatif et rigueur. Au « limbique » (le sensible) sont associées : planification, objectivité, verbal, matérialisme, extraversion. Pour le « droit »: Au « cortical » (l’intelligible) sont associées les qualités suivantes : synthèse, le tout, intuitif, qualitatif, imagination Au « limbique » (le sensible) sont associées : spontanéité, subjectivité, musical, spiritualisme, introversion. L’auteur oppose à chaque terme de l’énonciation gauche, un terme de l’énonciation droite. Il oppose donc : Pour le « cortical » : analyse à synthèse, les parties à le tout, logique à intuitif, quantitatif à qualificatif, rigueur à imagination, Pour le « limbique » : planification à spontanéité, objectivité à subjectivité, verbal à musical, matérialisme à spiritualisme, extraverti à introverti. Il y a là des couples d’opposition (ou de complémentarité peut-être dans l’esprit de l’auteur) qui relève des lieux communs. Opposer rigueur à imagination par exemple paraît relever d’un préjugé. J’aurais pour ma part opposer réalisme à imagination. Ce qui est intéressant néanmoins dans ce modèle, entre autres, c’est l’opposition extraverti -introverti. Ici l’introversion est reliée au « droit » et l’extraversion au « gauche ». Ce traitement de la question me paraît beaucoup plus judicieux que celui opéré par Jung. Cette opposition, chez Jung, transcende les types psychologiques [C. G. Jung, « Types psychologiques »]. Du coup Jung en devient parfois illisible quand il veut par exemple opposer le type « sentiment extraverti » au type « sentiment introverti ». Il donne l’impression d’avoir voulu pousser jusqu’au bout sa classification chapeau : extraversion-introversion pour ensuite commencer une déclinaison formelle et logique des types selon ses axiomes retenus.
  7. (suite) Les études réalisées par Sperry et d’autre Américains (Mc Lean, Herrman) inspirèrent les éducateurs puis les managers. Se mit en place une nouvelle psychologie qui permit de sortir des schémas traditionnels conscient-inconscient et de prendre au sérieux l’apport fondamental du « droit » à la construction de la personnalité. Nous passâmes d’un inconscient primaire d’où surgissaient l’instinct, l’émotion, les pulsions à un « droit » animé lui aussi d’une conscience, une conscience non verbale. Il ne s’agissait plus d’opposer conscient et inconscient, civilité et animalité, mais de réaliser la synthèse des facultés psychiques et cognitives de l’individu. Je ne reviens pas ici sur les implications de ces découvertes dans les nouvelles techniques d’éducation mises en place aux USA. En ce qui concerne la France, après un intérêt marqué pour les découvertes de Sperry et leurs implications possibles nous en sommes vite revenus à la tradition. Dans le monde de l’éducation, de l’enseignement et de la culture académique et conventionnelle, l’analytique l’emporte toujours contre le synthétique, l’approche par les parties contre l’approche par le tout, la raison contre l’émotion, le réalisme contre l’imagination. La constellation psychique est toujours organisée autour d’un conscient solaire et d’un inconscient lunaire. Descartes et Freud sont encore les maîtres. En revanche le monde de l’entreprise s’est largement ouvert aux nouvelles idées anglo-saxonnes. Dans le cadre de l’optimisation des performances cognitives des acteurs économiques nous avons vu arriver de nouvelles théories dont celle des quatre « cerveaux ». Ces théories paraissent parfois douteuses mais elles sont intéressantes à découvrir. Prenons la théorie des dominances cérébrales exposée par Gabriel Racle dans son livre : la pédagogie interactive. Il y développe un système fondé lui aussi sur la spécificité des deux hémisphères mais il affine le modèle. Chaque hémisphère est divisé en « cortical » et en « limbique ». Il importe peu ici de détailler les substrats matériels, neuronaux du cortical et du limbique, sinon de savoir qu’il y a des « localisations » matérielles à telle ou telle qualité psychique. Encore qu’il n’est pas indifférent de noter que le limbique est considéré comme une interface anatomique et fonctionnelle entre la vie cognitive et la vie végétative, bref le limbique c’est l’incivilisé dans la norme culturelle actuelle. Un schéma de ce modèle est donné par Louis Timbal-Duclaux qui s’est fait une spécialité d’appliquer les découvertes de Sperry à la création littéraire. Au cortical est associé «l’intelligible » et au limbique est relié le "sensible".
  8. (Suite) Hémisphère gauche L'hémisphère gauche : lieu de la création du langage, de la parole, de l'écriture, des chiffres, de la logique et de l'analyse. Pensée séquentielle, se déployant dans le temps, reliant un mot, un chiffre, un concept après l'autre, comme on bâtit une phrase mot après mot, un mur pierre à pierre, un raisonnement pas à pas. Pensée linéaire, ordonnée. Nomme et catégorise les choses, développe l’ abstraction symbolique par la parole, la lecture, l’écriture et l’arithmétique et l’algèbre. Il contrôle et coordonne également les mouvements séquentiels et adroits. C’est le mode de pensée qu’on nous inculque typiquement dans l’éducation, où l’accent est mis sur la littérature et les mathématiques et le développement dit rationnel de la pensée (verbale). Mode de fonctionnement programmable (informatique) Fonctionnement lent. Hémisphère gauche : logique, analyse, exactitude, temps, démonstration. Hémisphère droit L'hémisphère droit : pensée sans langage se déployant dans l’espace. Imagination, vision, intuition, esprit de géométrie. Reconnaissance des visages. Perception globale, spatiale, instantanée (holiste), vision en parallèle (association simultanée de plusieurs concepts). Synthétique et analogique. Lieu de conscience des émotions (conscience socio-émotionnelle). Fonctionnement rapide, dans l’instant. Cette partie du cerveau ne s’occupe pas de trier les choses dans diverses catégories préétablies par des lois. Au contraire : complexité, ambiguïté, paradoxes. Créativité. Prédominant dans la prise de décision et le goût du risque. Goût de l’expérience, ouvert à l’erreur. Hémisphère droit : ressenti (émotion/sentiment), espace, invention, synthèse, holisme.
  9. (suite) D’autres types de données vinrent plus tard affiner ces connaissances. Mais le cerveau « divisé », s’il permet de mieux comprendre les modalités appliquées par chaque hémisphère au traitement d’une information n’apprend rien sur le fonctionnement du cerveau intègre. Hémisphères droit et gauche partagent et traitent la même information, en la « colorant » différemment. Il y a complémentarité et non concurrence. Les compétences individuelles, les propensions de chacun, ses qualités et ses défauts, sont l’expression de l’individu dans sa singularité, dans son unité et non celles d’un hémisphère ou de l’autre. La croyance populaire selon laquelle les personnes créatives utiliseraient davantage leur « cerveau droit » que les personnes plus pragmatiques qui se serviraient plus de leur « cerveau gauche » ou encore cette idée que le cerveau gauche caractériserait les hommes et le cerveau droit les femmes est une interprétation collective, propre à un moment civilisationnel. Il reste le mystère de la synthèse (subjective) propre à chaque individu. Le tout n’est pas l’addition des parties, « l’esprit » d’un homme ou d’une femme n’est pas la somme de ses qualités cognitives. Il est néanmoins nécessaire de tenir compte des mouvements de pensée collectifs propres à un moment de l’histoire. La pensée dominante, datée, localisée (maintenant et là, nunc et hic) a une influence sur l’émergence ou au contraire la mise sous cloche de telle ou telle spécificité cognitive. Sous la contrainte de cette pression telle ou telle qualité peut soit être valorisée soit être dévalorisée chez telle ou telle catégorie sociale à laquelle la civilisation du moment aura affecté tel ou tel rôle. Sous cette pression tectonique la synthèse des qualités cognitives est influencée et peut donner des personnalités où telle fonction prendra une dimension déséquilibrée qu’elle ne prendrait pas sous une pression collective autre. Il reste aussi l’éventuelle détermination génétique. Sperry met en avant cette détermination. Il est difficile de mettre en relation telle hérédité avec telle faculté cognitive. Néanmoins en supposant avérée une telle détermination celle-ci ne suffit pas à déterminer la synthèse de la personnalité. Prenons l’intelligence et la capacité à décider. Dans le cadre de notre civilisation nous appelons intelligence la capacité à raisonner, distinguer, analyser, etc. tandis que la capacité à décider est aussi une capacité à « risquer » capacité d’autant plus cruciale que la responsabilité mise en jeu est importante. Supposons qu’il y ait là une détermination génétique (pour l’intelligence comme pour la capacité à décider). L’étude des spécificités propres à chaque hémisphère loge l’intelligence dans le « gauche » et la capacité à décider dans le « droit ». Ainsi celui qui sait n’est pas forcement celui qui décide. L’expérience montre même, socialement, que le « sachant » est souvent incapable de décision, incapable de risque, d’audace, incapable par exemple d’entreprendre. Nous voyons par là que c’est bien la synthèse de qualités éventuellement déterminées génétiquement qui produit la personnalité, synthèse qui reste, elle, mystérieuse.
  10. ( Suite ) Une deuxième période s’ouvrit dans les années 1960 avec les expériences réalisées chez des malades au cerveau divisé par Gazzaniga et Sperry (ce dernier recevant le prix Nobel de médecine en 1981, avec d’autres chercheurs, pour ces travaux). Ils montrèrent la spécialisation fonctionnelle de chacun des hémisphères, le droit et le gauche en mettant en évidence la capacité de chaque hémisphère à formuler une réponse indépendamment de l'autre. Ils firent passer des tests à une personne dont les hémisphères cérébraux étaient séparés. Les patients épileptiques avaient subi une intervention consistant à sectionner le corps calleux. L’information parvenue dans un hémisphère ne pouvait être communiquée à l’autre. Puis ils adressèrent deux images distinctes, une à chaque hémisphère. L’image d'un couteau fut présentée au cerveau gauche (présentée dans le champ visuel droit) et celle d'une fourchette fut présentée au cerveau droit (présentée dans le champ visuel gauche). « Le cerveau gauche » identifia ce qu'il vit en répondant : un couteau (il put le dire car l'aire de la parole est située dans le cerveau gauche). « Le cerveau droit » identifia ce qu'il vit en identifiant une fourchette à l’aveugle parmi d’autres objets avec la main gauche. (Quand on demanda à ce dernier de nommer la fourchette qu'il avait reconnue avec la main gauche, il dit « un couteau », tout en faisant « non » de la tête). Derek Denton, « Les émotions primordiales et l’éveil de la conscience » [Flammarion] page 63 : « Sperry déclara que les patients (divisés) avaient deux esprits différents. Ils avaient deux sphères de conscience indépendantes l’une de l’autre. Ce qui se passait dans l’hémisphère droit restait totalement inconnu de l’hémisphère gauche pour tous les processus perceptifs, cognitifs et volitifs » « Pour reprendre les termes de Sperry l’opération donne au cerveau la possibilité de jouer un double jeu mais non de parler un double langage. » Si nous reprenons l’image grecque du cocher dirigeant deux chevaux, l’un sage, l’autre fou, pour Sperry il y a deux consciences. Pour les Grecs (anciens) il y a une instance supérieure, le cocher, qui conduit ensemble le sage et le fou. La sage ne domine pas le fou ni le fou le sage. Dans notre culture l’un doit dominer l’autre. Dans la culture grecque les deux vont de concert, pilotés par un cocher (mystérieux). En conclusion si l’hémisphère gauche, qui contrôle l’expression orale, peut signifier verbalement ce dont il a connaissance, les connaissances de l’hémisphère droit ne peuvent être déduites que de ce que la main gauche identifie (reconnaissance spatiale). Gazzaniga et Sperry firent de nombreuses observations, que l’on peut résumer ainsi : (1) les compétences des deux hémisphères sont préservées lorsqu’ils sont séparés ; (2) ces compétences diffèrent dans le type d’informations recueillies ainsi que par les modalités de traitement.
  11. (suite de la synthèse) Cette spécialisation hémisphérique n’est pas propre à l’homme. On l’observe chez les mammifères, mais aussi chez les oiseaux et chez certains poissons. Chez l’être humain, un signe de cette asymétrie est la pratique manuelle (gaucher ou droitier). De nombreuses fonctions sont réalisées par un hémisphère spécifique. Ces constatations sont statistiques, elles concernent la majorité de la population. Chez une petite minorité de personnes les hémisphères sont inversés. La première observation d’une latéralisation des fonctions cérébrales fut faite par Broca en 1859 : une lésion dans une circonvolution frontale gauche provoquait une aphasie ( une altération du langage). En 1872 un autre chercheur constata qu’une certaine lésion de l’hémisphère droit empêchait le reconnaissance des visages. Ainsi fut observée la dominance hémisphérique droite pour les fonctions visuo-spatiales (s’orienter dans l’espace, reconnaître les visages, etc.). Conclusion : le langage est traité par l’hémisphère gauche, « l’espace » est traité par l’hémisphère droit. Première constatation de la latéralisation des fonctions cognitives « supérieures ». [Note : les fonctions sensorielles et motrices sont assurées par les deux hémisphères. Les muscles de la partie gauche du corps sont contrôlés par l'hémisphère droit du cerveau, et inversement. Dans ces fonctions les deux hémisphères communiquent pour accomplir des tâches complexes.] Ces observations conduisirent l’opinion (l’Angleterre victorienne, société dans laquelle étaient menées ces observations) à opposer un hémisphère gauche intellectuel, maîtrisant le langage, et donc les conventions sociales, et un hémisphère droit instinctif, destiné à retrouver le chemin de la maison et à reconnaître les siens. Des considérations morales s’emparèrent de cette distinction. La publication de la nouvelle de Stevenson, « L’étrange cas du docteur Jekyll et de monsieur Hyde » (1886) contribua à diffuser ces considérations. Un même personnage est civilisé quand il est régi par le « gauche » il est animal et sauvage (pulsionnel) quand il est régi par le « droit ». En 1891, un psychiatre écossais (Lewis Bruce) publia le cas d’un homme qui, selon lui, avait deux personnalités. La première faisait preuve d’un jugement irrationnel, s’exprimait en jargonnant, n’entendait rien à l’anglais et se montrait asocial. La seconde maîtrisait un anglais parfait et utilisait la main droite pour écrire. Pour ce psychiatre chacune de ces « consciences » représentait l’expression alternée d’un hémisphère. A la fin du XIXe siècle il fut pris le parti d’éduquer l’hémisphère droit. Il s’agissait d’élever le « cerveau droit primitif » au niveau du gauche. L’hémisphère droit fut rendu responsable de troubles psychologiques ou sociaux. Cette idée accompagna la conceptualisation du conscient et de l’inconscient qui prévaut encore aujourd’hui chez les esprits conventionnels. L’inconscient, pour ceux-là existe, il est le lieu des refoulements, le lieu des instincts animaux. On peut retrouver la distinction cérébrale gauche-droite chez Socrate avec le cocher qui doit diriger deux chevaux : un cheval rationnel, sage, et un cheval indiscipliné, fougueux. Au XXe siècle, la théorie (opposition des "esprits") fut abandonnée par les chercheurs tout en restant d’actualité chez les esprits normalisés.
  12. Quand j'analyse (cerveau gauche ?) les dialogues je constate que @Jane Doe est dans le spatial, la forme. Elle perçoit dans la forme la réalité exprimée. Je pense que @Ambre Agornest aussi dans le spatial, avec l'idée de communauté (vision holiste du monde). Ce sont là des personnalités plutôt minoritaires dans notre société. Ce qui m'étonne c'est la violence de ceux qui ne pensent pas "spatial". Comme si le fait de penser "la forme" ou "le tout" avant de penser le contenu ou les parties du tout était un péché ou une tare.
  13. Annalevine

    Les bicots de la France

    Je trouve des points inattendus de convergence avec vous, je dis inattendus car je me situais jusque là dans une sensibilité opposée à la vôtre. La notion de peuple que vous défendez ( pas le peuple de la lutte des classes, mais le peuple en tant que reconnaissance commune de certaines valeurs, communes à toutes les classes sociales ) est toujours très actuelle. La tentative de détruire la notion de peuple au sens global, présentée ici comme moderne est en fait celle du passé marxiste. Il suffit d’aller vivre à Moscou pour voir à quel point le peuple russe existe, réuni dans une histoire qu’il célèbre sans cesse et qui plonge dans des souvenirs vieux de dizaines de siècles. Les marxistes ont tenté de tuer l’idée de nation russe et même la religion orthodoxe sans y parvenir. Soljenitsine lui même se prévalait de la culture des vieux russes ! Et s’insurgeait contre Pierre le Grand qui avait continué de réprimer les vieux russes ( les vieux croyants, ceux qui préféraient s’en tenir aux traductions fausses de l’ancien testament plutôt qu’aux traductions exactes car selon les vieux croyants les erreurs de traduction révélaient l’esprit russe). La religion orthodoxe revient en force mais il est vrai avec de curieux changements. Ce n’est plus le nom de Dieu qui importe, ce qui importe c’est la réunion du peuple dans une histoire commune. Ce que je dis du peuple russe concerne d’autres peuples aujourd’hui. Le peuple français ( au sens global pas au sens marxiste) existe mais reste encore enseveli dans les alluvions du marxisme. Je ne dis pas qu’au sein d’un même peuple il n’existe pas de lutte de classe, je dis que la lutte de classes tend à être transcendée par l’idée de peuple global ( confer : la Russie, Israël, l’Allemagne...). En France la destruction de l’idée de nation ( globale) est plus récente que je ne le pensais. Je la faisais remonter à la Révolution mais non c’est plus récent.
  14. (Synthèse de la collation d'informations recueillies sur la cognition et sur la différenciation des hémisphères cérébraux, je continuerai mon travail sur Heidegger plus tard) La cognition est l'ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance. Sont mis en jeu : la perception, l’attention, la mémoire, le langage , le raisonnement, l'apprentissage, l'intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, mais aussi les émotions et la fonction affective, traditionnellement séparés de la cognition et rattachées à la seule psychologie. (Historiquement selon wiki cette étude aurait été initiée en 1955-1960 et serait le fait de psychologues de Harvard) Pour ma part ce que je retiens, comme étant une révolution, puisque nous parlons de révolution cognitive, c’est l’intégration des émotions et des sentiments dans les processus de cognition. Alors que les émotions et les sentiments étaient traditionnellement regardés avec un certain mépris, nous avons là une reconnaissance de ces fonctions et une mise sur un plan d’égalité avec l’intelligence par exemple (avec la fonction rationnelle). Pour la première fois, l’émotion n’est plus dévalorisée face à la raison, mais au contraire elle est retenue comme étant constitutive de la faculté de connaître. Le cerveau est composé de deux hémisphères, reliés par des ponts fibreux (le corps calleux et les commissures). Leur structure est similaire, en surface (scissures et circonvolutions) et en profondeur (noyaux gris centraux, thalamus), quoiqu’une asymétrie soit déjà apparente, macroscopiquement. Chaque hémisphère reçoit des informations sensorielles venant de récepteurs situés du côté opposé. Ces informations sont produites par des stimuli tels que les odeurs, les sons, le goût, le toucher, la douleur, la température, la lumière… À ce niveau, on peut parler de symétrie, bien que certaines informations (sons, douleur par exemple) soient traitées de façon plus distribuée au sein des deux hémisphères. Cette symétrie anatomique et fonctionnelle disparaît au-delà des régions du cortex dit « primaire ». Les régions du cerveau impliquées dans un traitement élaboré de l’information sont situées soit dans l’hémisphère gauche soit dans l’hémisphère droit. (à suivre)
  15. En effet il y a ce « fond » culturel qu’est la vie et la parole de Jesus. Exact. Ce personnage marque l’histoire. Que l’on soit chrétien et que l’on croit en sa divinité, ou non- chrétien et que l’on ne croit pas en sa divinité, cet homme marque l’esprit. Je me souviens de l’évangile selon saint Matthieu de Pasolini (athée) c’est époustouflant. Je dois même dire que Jesus prend une dimension humaine énorme si l’on pense qu’il n’est pas Dieu ( ni son fils). Moi je reste scotché. S’il est Dieu il m’indiffère, si ce n’est qu’un homme ( si c’est un homme : confer l’œuvre de Primo Levi ) alors là je me dis : bon sang cet homme, il a été jusqu’au bout.
  16. Le confinement a du bon : cela permet de réviser ses connaissances. Luther c’est quand même énorme. C’est lui qui dit que la religion doit devenir personnelle et intérieure, qu’il faut rejeter les dogmes, la tradition et la théologie... ça paraît rien aujourd’hui mais c’est énorme. C’est une subversion contre l’Autorité établie. D’ailleurs il ne dut son salut qu’à la protection de Nathan le Sage, le prince de Wittenberg qui le cacha dans son château. Charles Quint, catholique, l’avait mis au ban de l’Empire ce qui signifiait à l’époque qu’il était permis de le tuer. Une pratique islamique d’aujourd’hui en somme. Ce qui est intéressant avec Luther c’est que nous sommes à un point d’émergence de l’esprit humain. En effet il paraît absolument impossible d’expliquer Luther par l’analyse marxiste ( c’est à dire une analyse déterministe de l’histoire). Bien sûr Luther sera ensuite utilisé par certains princes allemands pour se libérer de la tutelle papale ( et s’approprier les biens de l’Eglise). Mais quand il surgit rien n’explique une telle surrection.
  17. Les humanistes annoncent bien sûr Luther. Je ne vais pas revenir sur Luther. Il annonce le siècle des Lumières mais surtout il promeut une nouvelle attitude devant l’autorité. On sait que Luther est exaspéré par la dépravation des catholiques. Ceux ci viennent frapper à sa porte pour demander de l’argent afin de construire une énorme basilique à Rome. En échange de ce don d’argent le Pape accorde la rémission des péchés et le paradis. Bref nous sommes au summum de la corruption spirituelle. On achète Dieu avec de l’argent. La colère de Luther est terrible. De sa colère va sortir beaucoup de choses mais je retiens celle ci : il faut se défier de toute autorité morale ou religieuse et penser par soi même. Il est possible de lire la Bible sans intermédiaire autorisé, donc sans clergé. Ça paraît véniel comme révolution, en fait c’est ÉNORME. Luther dit : chacun peut accéder à la vérité par lui même sans passer par un guide autorisé, un sachant autorisé. Chacun a le droit d’interpréter la bible avec ses propres forces spirituelles. Pour moi en fait c’est là que sont jetés les positions premières conduisant plus tard à l’élaboration des droits de l’homme. Ce que je retiens de cela c’est que les droits de l’homme, à l’origine, ne viennent pas du christianisme officiel, ils viennent de dissidents qui se révoltèrent contre le christianisme papal.
  18. Les droits de l’homme ne sont pas issus d’une réflexion autour des valeurs chrétiennes, les droits de l’homme sont issus d’une évolution politique extrêmement intéressante à suivre et qui a pris naissance en Angleterre. Encore que...si l’on devait remonter encore plus avant il faudrait remonter aux humanistes du XV siècle. Les humanistes, entre autres, se révoltèrent contre le catholicisme en raison surtout du comportement dépravé du clergé de l’époque. Pour eux le clergé trahissait le message d’amour de l’Evangile. Donc l'humanisme n’est pas une réflexion tranquille au sein du christianisme, c’est au contraire une révolte contre le catholicisme ( qui était encore le christianisme de tout l’occident, Luther n’était pas encore apparu). Interessant ce sujet il me permet de rafraîchir mes connaissances historiques.
  19. Prenons par exemple le mot « athée ». Je regarde la « tribu » chrétienne, et dans cette tribu il y a une idole qui s’appelle Dieu. Bon la tribu met à bas l’idole. Pendant qu’elle met à bas son idole elle est athée. Je comprends bien. Je me dis, bon, et maintenant qu’ils ont tourné la page, quelle valeur vont-t-ils se donner ? Et bien : Rien ! Rien du tout. Ils restent athées. Moi je reste persuadé qu’ils savent que le mot qu’ils prononcent signifie « sans dieu », « a » préfixe privatif, et theos, dieu. Et bien non ils n’ont pas conscience de la signification du mot, ils n’ont pas conscience qu’ils construisent leur vision du monde sur une négation, sur une émotion négative. Ainsi fondent-ils leur nouveau monde sur une émotion négative. Mais ils ne le savent pas. Qui plus est, parce que le mot Dieu dans la tribu chrétienne, est aussi employé pour désigner l’être de la foi juive, cette tribu pense que leur Dieu, qu’ils ont mis à bas, est aussi le Dieu juif (alors que chez les juifs même le mot Dieu est en principe non prononcé, bon passons). Du coup ayant mis à bas leur idole il faut qu’ils mettent à bas le « dieu » juif qui pourtant n’a rien à voir avec leur idole. Nous retrouvons là l’arrogance des occidentaux. Quant ils se donnent une idole, Dieu, il faut que toutes les civilisations adoptent cette idole, et quand ils mettent à bas leur idole il faut que tout le monde mette à bas l’être de sa propre foi !. Ils continuent de détruire, qu’ils soient idolâtres ou athées ils continuent de détruire l’être de la foi des autres civilisations, incapables de comprendre que leur perception de l’esprit n’est pas la même que celle des autres civilisations. Ils s’imaginent que leur pensée tribale est la pensée universelle. Bonjour les dégâts.
  20. Il a fallu que je lise Heidegger, que je m’aperçoive que sa pensée est inaccessible à l’attitude mentale analytique, pour que je m’interroge sur le fonctionnement cérébral. De fil en aiguille j’en arrive à la révolution cognitive et de là j’en arrive aux travaux de Sperry. J’essaye de prendre connaissance des travaux de Sperry et je m’aperçois qu’il n’est pas traduit en France. J’apprends par l’un de mes fils, qui vit dans le Wisconsin, que cela fait déjà vingt ans que des modifications dans l’enseignement sont mis en place aux USA pour tenir compte des études de Sperry. La France est fermée aux idées nouvelles. Mais c’est aussi une caractéristique des « gauche » de ne pas être ouverts à la nouveauté. Les idées nouvelles sont gérées par le « droit ». Pour en revenir à Heidegger certaines parties de ses textes ne sont accessibles qu’en pratiquant une approche globale (holiste) et surtout spatiale. Si je ne laisse pas de côté l’approche temporelle, séquentielle, je ne peux pas comprendre son passage sur le dasein et le moi. Dans l’approche séquentielle le dasein et le moi se séparent immanquablement, l’un s’éloigne de l’autre. Alors Heidegger devient incompréhensible. Dans l’approche globale, spatiale, le dasein et le moi sont toujours dans le même lieu global, réunis, non dissociés, et pourtant dissociés, dès que l’on approche du local, mais toujours non dissociés dans le temporel. La pensée de Heidegger est inaccessible à un « gauche".
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