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Tout ce qui a été posté par Annalevine
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La constatation qu’il existe des événements mentaux et des événement cérébraux non réductibles les uns aux autres est l’énigme des neurosciences. Joëlle Proust écrit : « il n’existe pas de lois strictes qui permettent de dériver les propriétés mentales des propriétés physiques, les premières étant à la fois dépendantes des secondes et irréductibles à elles » [la nature de la volonté, folio essais, page 62]. Le réflexe qui va de soi, avec notre principe de causalité chevillé à notre entendement, c’est d’affirmer que le cerveau est la cause de la pensée ou encore que la pensée est le produit du cerveau. Mais cette affirmation se heurte à trop d’incohérences. Cette position défendue par Théodule Ribot au début du XX siècle n’est plus retenue. Elle n’était même plus retenue à l’époque du marxisme émergent, en France après la deuxième guerre mondiale. Ainsi il est possible de lire dans le petit opuscule de George Politzer utilisé comme socle de l’enseignement philosophique dans les « universités » ouvrières, « Principes élémentaires de philosophie » que : l’esprit est le produit de la matière, ce à quoi les éditeurs et enseignants marxistes de ce petit texte se sentirent obligés de faire cette annotation suivante : « il ne faut pas imaginer que le cerveau secrète la pensée, la conscience est en fait une activité ». Ce qui renvoie le débat à un flou pour le moins opaque. Pour le moment les « matérialistes» convaincus constatent qu’il y a une question non résolue (la distinction entre mental et cérébral, entre « esprit » et « cerveau » ) et ils espèrent parvenir à réduire tôt ou tard cette distinction (Dehaene). Mais il apparaît de moins en moins probable qu’il soit un jour possible de réduire le mental au cérébral. Ce qui fait écrire à Joëlle Proust que « l’esprit et le cerveau sont deux aspects du même socle ontologique ». Nous sommes donc là affrontés à une question à laquelle nous ne pouvons pas apporter aujourd’hui de réponse. Pour ma part j’acte la différence de nature entre mental et cérébral, entre esprit et cerveau. L’expérience montre que le mental peut avoir un effet étonnant et puissant sur l’action, sur la capacité d’un individu à surmonter par exemple des problèmes ou des handicaps apparemment insurmontables sous le point de vue matérialiste. Quiconque s’occupe d’enfants en difficulté ou handicapés se rend compte qu’en stimulant, par l’attention, la sollicitude et l’amour (l’affection) l’esprit de l’enfant il est possible de parvenir à des résultats étonnants voire fantastiques auxquels aucun médicament, aucune technique ne peuvent arriver. Nous constatons alors que ce j’appelle amour au sens global c’est-à-dire attention affective profonde, suivie ( ce qui signifie aussi renoncement total à soi pour être « tout » à l’enfant, dans l’instant considéré), toutes notions qui sont immatérielles, peut accomplir des « miracles ». Si nous convenons que l’immatériel est du ressort de l’esprit alors l’esprit est agissant.
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Par moments je me dis que je suis venu chercher sur le forum quelqu’un qui n’y est pas. Et cette réflexion me conduit à réfléchir sur la nature même de ce quelqu’un(e) dont il me semble que j’ai toujours recherché la présence en espérant lui donner, par une opération magique mais introuvable de l’esprit, une incarnation. C’est étrange cette tension, cette volonté : donner corps à un être flou que je ne parviens pas à définir, qui ne parle pas, mais qui est là. Cet être s’est transformé au cours du temps et se transforme encore, homme me semble-t-il jadis, puis femme, aujourd’hui être sans genre. Je me dis l’être que je cherche n’est pas sur le forum. Mais si j’étends mon champ de réflexion je suis bien obligé de me dire : cet être n’existe pas non plus dans le réel, je ne le trouverai pas parmi les femmes et les hommes réels. Cet être qui n’existe pas dans le réel, existe pourtant. Dans un monde qui n’est cependant pas non plus celui de l’imaginaire. Je ne peux pas lui faire dire quoi que ce soit, car tout ce que je pourrais lui faire dire ne serait encore que ma parole, pas la sienne. Cet être ne parle pas. Il ne relève pas de la pensée verbale, ni rationnelle. Il ne parle pas mais il est là. En fait il est partout, il est donc aussi sur le forum. Sur le forum j’ai le sentiment de parvenir à me distinguer de cet être. c’est à lui que j’écris. Hors du forum j’ai souvent du mal à me distinguer de lui, il coïncide trop avec moi-même. Quand je parviens à me distinguer de lui, alors je peux concevoir une adresse que je lui soumets. Dans le silence de sa présence, il me reçoit. Désormais j’écris mes textes chez moi, sur mon journal. Je suis donc en sa présence quand je suis seul devant ma page blanche. C’est seulement ensuite que je publie sur le forum. La fonction du forum change (pour moi).
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Il y a en logique mathématique un concept, intéressant, celui de définition par induction. Nous disposons de deux ensembles, deux collections d’éléments, et l’un des ensembles pilote l’autre de la manière suivante : à chaque élément de cet ensemble nous faisons correspondre un élément de l’ensemble piloté, puis nous exportons les règles de fonctionnement de l’ensemble pilote dans l’ensemble piloté. Il y a induction des règles. Concernant la communauté musulmane en France, il me semble que la République n’a plus que cela à donner à cette communauté : des règles . Nous pouvons encore exporter des règles. L’exportation de ces règles ne fera pas des « éléments » de la communauté musulmane des « éléments » de la communauté « gauloise ». A l’issue d’un tel processus réglementaire nous pourrions même disposer en France d’un islam muni, près de ses propres règles, de règles autochtones, vestiges d’une civilisation en extinction. L’islam, en France, muni de cet ensemble pourrait alors engendrer une communauté puissante, éclairée comme on dit, mais qui restera musulmane. L’assimilation est désormais impossible car il est impossible pour une communauté différente de la nôtre de désirer s’assimiler : nous n’avons plus que des règles, et l’esprit qui a engendré ces règles se meurt. Il va arriver un temps où les Français dits de souche clameront bientôt partout : l’esprit n’existe pas. Comment peut-on espérer assimiler qui que ce soit en lui disant : l’héritage spirituel que nous vous offrons c’est...rien.
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postulat d'identité (l'être est )
Annalevine a répondu à un(e) sujet de chrisarnaud4349 dans Philosophie
Parfois je me demande d’où parlent les « philosophes » du forum. Ils me donnent le sentiment de parler, de penser à partir d’une grotte préhistorique. S’intéressent-ils aux recherches des biologistes, des physiciens, des anthropologues, des neuro scientifiques ? Non. Ce sont apparemment de grosses feignasses. En train de psalmodier les dires de leurs prophètes sépulcraux style Aristote. À part déterrer les morts qu’ils ont enfouis dans leur sous-sol, sont-ils capables de déployer leurs pensées dans d’autres activités que celle de gardien de cimetières grecs ? Mais aussi je me demande quelle est leur vie. N’ont ils pas à s’occuper d’une femme, d’un homme, d’enfants ? Ne sont ils pas engagés dans une activité professionnelle, syndicale, politique ? En un mot : sont ils engagés dans quelque chose ou sont-ce des oisifs rivés toute la journée à leur clavier ? Ont-ils voyagé, ont-ils vécu à l’étranger, ont-ils travaillé dans d’autres lieux que leur troglodyte ? Ma famille est dispersée dans le monde, un fils dans le Wisconsin , un autre en Océanie, un petit-fils à Moscou, une belle-fille à Londres, des cousins à Tel Aviv, d’autres au Canada ou encore au Maroc. Reviennent à moi tous les échos du monde, l’expression de toutes les sensibilités religieuses ou non religieuses et je tombe ici sur des fantômes qui en sont encore à Aristote. La France est un musée et les Francais de souche n’ont plus d’autres pensées que la pensée d’ancêtres qu’ils sont bien incapables de dépasser. -
postulat d'identité (l'être est )
Annalevine a répondu à un(e) sujet de chrisarnaud4349 dans Philosophie
Quiconque s’occupe ou a à s’occuper d’enfants, en tant notamment que mère ou père sait que la transmission ne passe pas toujours, loin de là, par la « définition ». La transmission passe par aussi par le sentiment, et le sentiment passe le plus souvent par l’image ou la figure de style. Le Francais reçoit une éducation qui privilégie chez lui la pensée analytique, la pensée verbale, dont on sait aujourd’hui qu’elle est induite par un seul hémisphère cérébral. Un seul hémisphère est doté des instruments du langage. L’autre hémisphère conduit son activité par le moyen de l’image, notamment. Qui n’est pas le verbe. C’est ainsi qu’il existe des pensées qui ne peuvent pas être exprimées par des mots ( le fameux diktat de la définition ») mais par des images. Mais il existe aussi des pensées qui ne peuvent pas être exprimées par des images ni des mots mais par des sons. Le diktat de la définition est celui de la pensée analytique. C’est cette pensée qui règne en France et surtout sur ce forum, pensées que je retrouve ici exprimées, par des individus qui refusent de sortir de leur village. La divinité exprimée par Parmenide est hors de portée de la compréhension des philosophes unijambistes d’ici qui traduisent le mot divinité en Dieu. Ils sont incapables d’accéder au sens du mot divinité lui-même, ils sont obligés de le traduire dans leur dictionnaire réduit à un vocabulaire borné. Si bien que quand on lit un philosophe du forum, la misère de son vocabulaire de référence est telle que nous tombons sans cesse sur des idées obsessionnelles. Incapables de sortir de la pensée grecque ils radotent les mêmes discours sans même se rendre compte que depuis 2000 ans la pensée humaine a considérablement évolué et s’est notamment enrichie de toutes les pensées autres que la pensée grecque. C’est pour le coup que je dois sur ce point rendre hommage à @Maroudiji et à ses efforts sans renouvelés de faire sortir les penseurs d’ici encalminés dans leurs fondrières grecques pour l’éternité. Mais il perd son temps : laissons les morts danser ensemble, occupons-nous de nos enfants qui sont partis depuis longtemps du troglodyte pour aller découvrir le monde. Enracinés dans leur terroir, peu portés vers le travail et la découverte, les formatés de l'enseignement dit grec ressassent leurs obsessions. C’est la valse des morts. -
Le renouvellement des idées, au XX siècle fut considérable. Une nouvelle réflexion sur la vie apparut, soutenue par les biologistes. La vie devint un concept désuet pour certains et le réflexion porta désormais sur le vivant, sur des objets non hypostasiés mais réellement observables. Le vitalisme disparut justement comme concept hypostasié. Jacques Monod voit dans le vivant une auto-organisation interne ne devant rien ou presque à l’action de forces extérieures. Henri Atlan décrit le vivant comme une auto-organisation intégrant la mort elle-même, s’en emparant pour s’auto-organiser. Il écrit dans « entre le Cristal et la fumée » : « tout conduit à l’idée...que l’organisation des systèmes vivants est un processus de désorganisation permanente suivie de réorganisation avec apparition de propriétés nouvelles...La mort du système fait partie du vivant...sans processus de mort contrôlée pas de processus de vie..L'organisation vivante apparaît comme un état intermédiaire entre la stabilité, la persistance immuable... et d’autre part la fugacité,l'imprévisible et le renouvellement… » On découvre aussi l’unité du vivant. Francois Chapeville, dans« darwinisme et biologie moléculaire » : « Ce qui frappe c’est la grande unité du monde vivant...chez tous les organismes ce sont les mêmes acides aminés, au nombre de 20 qui entrent dans la constitution des protéines, et les mêmes 4 nucléotides servent à l'assemblage des acides nucléiques...la biologie moléculaire démontre l’origine commune des organismes vivants qui ont tous conservés à travers l’évolution les mêmes acides aminés, les mêmes nucléotides, le même code génétique. »
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Ce serait une erreur de tirer des découvertes de la physique des déterminations radicales sur la pensée philosophique. La physique influe sur les représentations philosophiques mais elles ne les déterminent pas. La physique nous révèle une réalité sans cesse remodelée par ses découvertes, mais les réalités, révélées par la physique, sont toujours des réalités...physiques. Établir une détermination radicale entre réalité, sans cesse renouvelée, et pensée philosophique, c’est penser que l’organisation de l’esprit est de même niveau que celle des particules. C’est partir de cette idée que la fondation explique la voûte. Or s’il y a en effet une relation entre la fondation et la voûte, la conception de l’une est tout à fait différente de la conception de l’autre. L’aérien certes semble dépendre du terrestre, et il en dépend, mais l’aérien a sa propre détermination, sa propre fonction, non réductible à celle de la fondation. L’ébranlement de la fondation peut fissurer la voûte, l’architecte alors construira une nouvelle œuvre, mais la voûte réinventée sera toujours de conception différente de celle de la fondation. Et qui sait si la nouvelle œuvre à son tour, n’ébranlera pas la nouvelle fondation ?
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Annalevine a répondu à un(e) sujet de chrisarnaud4349 dans Philosophie
Bien sûr vous pouvez être déçu par ma réponse. Mais il y a des sujets qu'il n'est possible de comprendre qu'en travaillant soi-même, sans l'aide de personne. Il est nécessaire de lire le poème de Parménide. IL écrit par exemple : "Même chose se donne à penser et à être." C'est la même chose qui se donne à notre pensée, qui se donne aussi à être. L’être c'est ce qui se donne à ma pensée. L'être se donne à ma pensée en présentant l'étant. L'étant que je "vois" par exemple l'arbre, est donné par l’être comme étant. C'est ce mouvement de don qui signale la presence de l'être. Ce mouvement de don je le perçois par le sentiment. En ressentant réellement en moi la venue de l’être sous la donnée de l'étant. Parménide ecrit encore : "Nécessairement doit être ce qui à dire et à penser se donne." Ainsi ce que je peux dire (exprimer) ce que je peux penser dérive d'un don de l’être, don qui signale la présence de l’être par la venue même du penser et du dire. -
Au cours du vingtième siècle un retournement de perspective s’est produit. Désormais ce sont les concepts de la physique quantique qui sont pris comme bases et ce sont au contraire les concepts de la physique classique qui sont discutés, comme la notion de particule indestructible, la notion de trajectoire, etc. Du coup la représentation classique de l’univers apparaît être une approximation de son aspect quantique. Le passage de la physique quantique à la physique classique reste énigmatique. Il semblerait que « le comportement des systèmes aurait une apparence quantique quand ils sont isolés et classique quand ils interagissent avec leur environnement » selon H. Zwirn. Jean Marc Lévy-Leblond écrit ceci dans « L’espace et le temps aujourd’hui » : « La grande difficulté pour les théoriciens actuels de la physique quantique n’est pas tant de comprendre la physique quantique que de comprendre la physique classique….Pour de Broglie, pour Schrödinger, pour Einstein, il était très difficile de comprendre comment se comportaient les électrons puisque les idées régnantes provenaient de l’expérience qu’on avait des billes, des planètes... Pour le physicien quantique qui a une expérience quotidienne au laboratoire du comportement ubiquiste des électrons, des neutrons, de tous ces objets quantiques, ce qui est difficile à comprendre c’est pourquoi une petite bille...faite avec des électrons, des protons, des neutrons, a un comportement si différent de celui de ses constituants »
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Annalevine a répondu à un(e) sujet de chrisarnaud4349 dans Philosophie
Vous recherchez toujours une définition. Or ce n'est pas par le biais de la raison que vous atteindrez l’être mais à partir du sentiment. Il y a des réalités que nous découvrons par la raison, l'analyse, et des réalités que nous découvrons par le sentiment. Ce que nous découvrons par le sentiment ne peut pas être défini comme vous le souhaitez. Nous ne pouvons rendre compte de ce que nous percevons par le sentiment que par des images, des métaphores. Par exemple Luc Ferry nous dira que l'être est "la venue en présence de l'étant". L’étant ce sont les choses, les objets, en tant qu’objet. L’être, selon Ferry, c'est ce mouvement par lequel l’étant apparait, parait en presence. Cette expression "venue en présence de l’étant" est une image, une métaphore, une figure de style qui tente de rendre compte d'une réalité perçue par le sentiment. Rien ne permet de dire que Ferry est ainsi parvenu à communiquer son sentiment. Pour Heidegger c'est le fait de "connaitre" en soi un sentiment "total" qu'il appelle sentiment-tonalité, c'est-à-dire un sentiment sans cause, un sentiment qui se révèle dans une totalité en soi, par exemple la joie, c'est par le biais de tels sentiments que l’être signale sa presence. Non que l’être alors est vu, il n'est pas vu, il reste hors de notre esprit, mais il signale sa présence par la marque d'un sentiment en notre âme. Si l’être pouvait être défini en trois mots Parménide n'aurait pas écrit le poème qu'il a écrit. La longueur de son poème est rendu nécessaire par son désir de faire accéder le lecteur à l’être par le biais du sentiment. C'est pourquoi son texte est un poème, pas une dissertation philosophique. -
Il reste que les découvertes des physiciens étendent ou brisent les cadres de pensée philosophiques usuels, même si, pour ma part, il n’ y a pas détermination de la pensée philosophique par la pensée scientifique. Il reste que la science nous décrit désormais un univers qui a une histoire, au même sens que l’histoire des hommes. Une origine, des péripéties, des aventures, des failles, des expansions, une fin ? Parfois même certains scientifiques nous décrivent un univers laboratoire dans lequel soit un dieu, soit un hasard fait des expériences. C’est le « dieu qui bricole » du Nobel Jacob. La création est un bricolage. La théorie quantique revisite nos concepts. Alors que le vide par exemple désignait classiquement une absence de matière, la théorie quantique note qu’une énergie résiduelle y persiste. Du vide jaillissent sans cesse des particules de matière et d’antimatière, qui disparaissent. Ainsi apparaît le concept de fluctuation du vide, un vide désormais rempli de potentialités.
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postulat d'identité (l'être est )
Annalevine a répondu à un(e) sujet de chrisarnaud4349 dans Philosophie
Certains sujets permettent de faire le point. Définir l’être c'est déjà adopter une certaine attitude. Celle de la pensée analytique qui fait, de tout, un objet séparé du sujet sans même s'en rendre compte. Un objet est identifiable, indépendamment de moi, dans l'espace et le temps. Je peux donc le décrire et le définir. Nous sommes de fait, ainsi, dans le monde de la science. Chez les anciens Grecs, tels Parménide, Héraclite, Empédocle, etc. la distinction entre sujet et objet n'est pas encore accomplie. Il suffit de lire Empédocle pour se demander s'il s'agit d'un philosophe ou d'un mystique, ou d'un poète. Le poème de Parménide ainsi voyage entre objectivité et subjectivité. L'occidental d’aujourd’hui, notamment le Français, ne peut pas lire le texte de Parménide sans le retraduire en un autre langage . Que l'occidental explique être le langage rationnel, le seul qui vaille. Ainsi est enseigné, éduqué le petit Français à l'école, au collège, au lycée, à l'université, à qui on apprend à sans cesse retraduire tous les textes, philosophies, poèmes, etc. en un autre langage, le langage dit rationnel. Du coup l'enseigné ne peut pas lire le poème de Parménide tel qu'il se dévoile, il doit le traduire en langage rationnel. Ce faisant le poème de Parménide n'a plus du tout l'envergure que lui donna jadis le philosophe. "Définir" l’être, c'est vouloir traduire un mot dans un langage qui n'est pas celui d’origine, le traduire dans une langue rationnelle qui n'est pas la langue de Parménide. Renoncer à définir, n'est pas renoncer à comprendre. Mais il existe différentes façons de comprendre, d’accéder à la connaissance. L’exercice de la raison n'est pas le seul chemin. -
Prigogine fait référence à la notion irréversibilité. Quand j’étais enfant je me souviens encore des discussions de mes parents et de mon frère sur l’irréversibilité engendrée par le second principe de la thermodynamique, l’entropie. Le monde tendait vers un « désordre » total, vers une indifférenciation qui devait conduire à son extinction. Ce second principe avait mis en émoi jusqu’au monde politique : les communistes nièrent d’abord ce second principe comme étant un produit de la science bourgeoise. Pourtant aujourd’hui plus personne ne s’angoisse en évoquant ce second principe. Il faut faire attention à cette tendance à créer des liens de cause à effet entre les découvertes des physiciens et le destin du monde. Il y eut la révolution copernicienne, la terre dépouillée de se centralité engendrant l’angoisse religieuse et philosophique : l’homme était à son tout dépouillé de se centralité. Il y eut Newton et l’irruption d’un monde aveugle de chocs et de forces, un monde dépouillé de toute spiritualité ce qui engendra un repli sur l’homme lui-même et l’émergence de la pensée kantienne. A chaque révélation des physiciens correspond un ébranlement des esprits, mais les esprits se reprennent et les liens entre les représentations de la physique et celles de notre réflexion, revenue à sa liberté, finissent par perdre leur rigidité morbide. L’irréversibilité est désormais expurgée de toutes connotations négatives. Cette irréversibilité du temps, l’apparition d’un avant et d’un après, sans possibilité de réversibilité de l’après vers l’avant, cette irréversibilité donc signifie désormais le devenir en tant qu’il suppose le flèche du temps. La question philosophique majeure, ce n’est plus « pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien », c’est « pourquoi existe-t-il une flèche du temps ? ». La flèche du temps s’impose comme nouvelle pensée de l’éternité.
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Je reste toujours émerveillé par les mécanismes de l’esprit tels que je les découvre chez mes élèves. Lenny est étonnant. En maths il a réussi à atteindre des notes qui le rassurent et le rendent plus sûr de lui. Pourtant sa manière appréhender les maths ne laisse pas de m’inquiéter. Quand je lui apprends, par anticipation, le théorème de Thalès, il semble comprendre. L’écriture des rapports égaux; ça va ; le remplacement des segments par des valeurs numériques, ok ; calculer une distance inconnue, je dois passer par le produit en croix, etc. Il pige. Il revient de son cours avec l’enseignante du collège et là, je le vois hésiter. Il me dit : « la prof n’a pas la même méthode que toi ». Je regarde la dite méthode dans le cahier de cours, en fait elle calcule la distance inconnue sans faire le détail des calculs. Je m’aperçois qu’il reste interdit devant cette magie : passer des égalités à la solution, d’un seul coup. J’essaye de comprendre ce qu’il a compris. Et je découvre alors qu’il a aperçu un mouvement, une danse des éléments, à l’issue de laquelle une expression se trouvait à cette place finale là et une autre là. Il n’a rien compris de rationnel mais il a perçu une danse. Je suis émerveillé par le mécanisme de son esprit. Il remplace l’analyse abstraite par une danse imaginaire. Quand je lui fais remarquer que s’arrêter à cette danse risque de le handicaper, si jamais les égalités, un jour, ne se présentaient pas dans la configuration retenue par l’enseignante, je le vois douter. Du coup je lui présente une autre configuration. Il est incapable de trouver la solution. Le pas de danse, là, ça ne marche pas. Il comprend alors qu’il n’a pas compris. Il prend un nouveau cahier, je ne l’avais pas encore vu celui-là, il me montre toutes les notes qu’il a prises à l’issue de mes cours. Il me dit : « explique-moi bien comment tu fais. » Je le vois noter scrupuleusement toutes les opérations qui vont de l’expression des rapports à la solution. Le produit en croix, la division des deux côtés pour simplification, puis l’écriture conventionnelle dans nos langues où nous écrivons de la gauche vers la droite ce qui fait que nous écrivons l’inconnue d’abord, et ensuite la solution. Tout est noté. Il referme son cahier. Il rayonne. Il se met à papoter. Il me parle de Thalès. « Mais comment ça lui est venu un tel théorème ? ». Je lui parle des Pyramides, il s’émerveille. Je m’émerveille avec lui. Nous nous disons : tout de même il fallait y penser à un tel théorème ! Il poursuit : « ça sert donc à quelque chose les maths, au moins à mesurer la hauteur d’un monument ! » J’invente des trucs sur l’art de la guerre, art qui a probablement contribué à la conception des théorèmes. Je ne sais pas trop si mes récits de bataille sont crédibles, il écarquille les yeux, du coup j’imagine d’autres scènes homériques. Thalès balançant de gros cailloux par-dessus les murailles ennemies. Je lui confie : « quand j’avais ton âge j’aimais les maths parce que pour moi elles ne servaient strictement à rien. L’inutilité (imaginée par moi) des maths me stimulait ». Il rit. Il me regarde comme si j’étais un évadé d’une planète exotique. Je sens qu’il prend un pouvoir sur moi. Il devient protecteur. Et ce pouvoir que je lui transmets le rend encore plus sûr de lui. Du coup il me sort un livre de physique. « Si tu veux je te le laisse tu pourras bien l’étudier et après m’expliquer ». Je regarde et consulte l’opuscule, bien conçu. Je me rends compte qu’il attend de moi que je l’aide en physique. Sa confiance m’émeut. Ok Lenny nous étudierons aussi la physique. Il s’illumine « ah oui parce qu’ en physique j’ai toujours de très mauvaises notes » L’esprit des enfants et des ado est une aube qui rayonne doucement.
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Dans « entre le Temps et l’éternité » Ilya Prigogine note l’image classique que se font beaucoup de la science. Celle-ci tendrait à la connaissance purement intellectuelle, la connaissance pure par l’entendement, la connaissance des lois immuables et objectives régissant l’Univers, opposée à la connaissance fluente engendrée par les sens ou la seule observation, celle des seuls phénomènes, dont les descriptions sont marquées par le sceau de l’irréversibilité et de la probabilité. Ainsi retrouverait-on le monde de Platon avec ses Idées. « Ces thèmes platoniciens nous pouvons les retrouver de manière explicite dans les textes d’Einstein ». Il écrit encore, dans le même ouvrage « la physique classique perpétue dans un monde marqué par l’inquiétude de l’histoire, l’idéal de cette éternité, de ce mouvement immuablement répétitif ». Il fait sans doute référence au temps cyclique des Grecs, notion ou vision philosophique que nous retrouvons développée aujourd’hui par Penrose dans sa théorie des « bing bang » répétitifs. Au fond il est bien possible que la science prenne le relais des religions abrahamiques en faisant apparaître des régularités éternelles dans les apparentes transformations du monde. Le mythe de la résurrection des corps fait aujourd’hui place au mythe de l’immortalité à venir que nous promet la science. Rien de nouveau dans l’élaboration des représentations la plus éthérées du monde. Sauf que la résurrection est promise à tous dans les religions abrahamiques (enfin à ceux qui la mériteront) alors quelle n’est promise que pour ceux qui seront encore vivants lorsque l’immortalité scientifique sera effective. Peut-être que l’esprit humain a besoin de penser que le monde est clos, qu’il est achevé dès lors que nous parvenons à le contempler dans le champ d’un temps étendu à l’éternité. Clos dans la « personne » de Dieu, clos dans les lois éternelles scientifiques encore à déchiffrer. Cela rappelle la vision des Grecs avec leur représentation du cosmos, une harmonie existante au niveau de la sphère des fixes opposée au monde sublunaire, le nôtre, encore imparfait. Nous n’aurions pas beaucoup « bougé » dans l'élaboration de nos représentations. Ce que je note dans ces écrits de Prigogine c’est sa référence à l’inquiétude devant l’histoire. Car nous vivons, tout de même, au quotidien, dans une réalité historique dont l’évolution est plus qu’inquiétante et indécise (le monde sublunaire). Face à cette inquiétude il est possible que nous soyons en quête d’une vision globale qui apaise notre angoisse. Le déterminisme alors, dans ce cadre-là, serait l’attitude de l’angoissé, au quotidien, qui trouverait dans l’idée d’une construction déterminée du monde des motifs d’apaisement : une Loi va son chemin, non soumise à indétermination de notre histoire.
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Je ne lis pas ceux qui ne font même pas l’effort de commenter ou de résumer les textes qu’ils mettent en lien. Il s’agit de leur part d’une vulgarité qui me suffit à les écarter de mon chemin.
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Je suis sensible à ce fait que vous me lisiez ainsi, de près. Mais je dois être transparent aussi : je vous lis et je tiens compte de vos avis. Pourquoi ? Parce que vous êtes engagée dans la vie au lieu d’être spectatrice de votre vie ou de celle des autres L’expérience de « l’autre » est incomparable et vaut bien plus que les savoirs appris dans les livres. Ce que j’appelle présence vous l’appelez force : vous êtes fondamentalement active quand , moi, j’oscille entre action et passion, entre agir et être agie.
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Je redoutais (un peu) que vous m’opposiez un discours critique de type analytique. Ce qui d’ailleurs aurait eu sa justification mais je me suis placé(e) dans une situation mentale active, non pas détachée ( du monde ) lorsque j’ai proposé mon idée. Je pense que vous aimez ce que j’ai écrit car vous êtes d’abord une femme active comme je suis un homme actif. Ce que nous construisons c’est une vision du monde qui permet l’action, la suscite, la soutient. Peut-être même que c’est notre nature d’être d’abord actif, actif c’est-à-dire porté(e) à agir sur le monde, qui engendre notre vision du monde. Je pense que vous avez voulu me signifier que la singularité implique une référence à une globalité. Il existe bien, dans mon esprit une globalité mais il est délicat, pour moi, de bien la signifier. J’imagine l’existence d’une présence. Il existe une présence au monde. Mais je dois alors préciser ce que j’entends par cet imaginaire. À la différence des positions des réalistes purs et durs l’imaginaire est pour moi la messagère d’une réalité perçue au lointain par le sentiment. Cette réalité sentie puis imaginée sous le mot de présence n’est pas le Dieu dont souvent les hommes parlent. La présence est indéfinissable, immanente, c’est-à-dire présente à l’extérieur de nous mais aussi à l’intérieur de nous. Passez une bonne journée !
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Dans son œuvre « l’univers irrésolu » écrit en 1982 Karl Popper développe sa théorie des trois mondes. Le premier monde est celui de la physique, de la chimie et de la biologie, le deuxième monde est celui des sentiments et des états de conscience, le troisième monde est celui des productions de l’esprit humain. Ce troisième monde est « irréductible », il est ouvert, c‘est le monde de la création. Ainsi l’univers, si nous incluons sous ce mot les trois mondes précités, est inachevé, il est en création. Et l’homme participe à cette création. Ce qui est achevé peut certes être relaté sous forme de divers déterminismes, mais ce qui n’est pas encore conçu n’est pas déterminé. L’univers est en création et tout ce qui dans le monde est, enfante sans cesse un nouvel univers, qui ne peut être déterminé avant qu’il soit effectivement créé. Ainsi va la vie d’une femme, d’un homme, dans sa singularité : cette vie n’est jamais achevée, elle est toujours en création. Elle ne s’achève qu’à la mort. Et encore. Même une vie bornée par la mort n’arrête pas de tracer des chemins nouveaux dans l’esprit des survivants.
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Vous faites partie d'un monde éteint. Il n' y a plus de certitudes en mathématiques. Vous cherchez désespérément une définition qui soit béton. Mais vous ne la trouverez pas; le monde se dérobe sous les pieds du vieil homme que vous êtes. Je suis un vieil homme moi aussi, mais je tente de rester en contact avec la vie en enseignant. Et en menant mes élèves au succès. Ce qui, pour moi, est une preuve de la justesse de ma pensée. Je me juge aux résultats que j'obtiens. Et ils sont là. C'est factuel. Je suis moi-même extrêmement agacé par @zenalpha qui choisit comme méthode d'opposition de dégrader son adversaire. Bon il doit s'agir là d'une idiosyncrasie qui lui est propre ce qui le rend pénible. Mais tout de même il tente de s'appuyer sur l'imaginaire pour exprimer ses visions. Tentative courageuse. Votre désir de certitudes, de définitions béton, est le signe d'un manque de courage : vous n'osez pas affronter l'incertitude.
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Ce questionnement ne m’intéresse pas non plus. Non en raison des conséquences possibles (religiosité par exemple) mais parce que ce questionnement lui-même me parait inintéressant. Ce questionnement n'a de sens que si nous mettons l'homme au centre de la création, que si nous promouvons l’humanité au rang de "peuple élu". Pour moi l'homme est une création parmi d'autres. Peut être élue d'ailleurs ! mais humilité oblige tout de même. Et il faut alors que nous soyons à la hauteur de cette possible élection. Rien n'est acquis. Notre espèce peut disparaitre. Et ce sera terrible pour nous bien sûr, mais ce ne sera pas terrible pour la Création. Bien sûr l'image que j'ai d'un dieu qui se fait est totale contradictoire avec la culture occidentale. Mais j'aime cette vison d'un monde en création, qui se cherche, piloté par une déité inquiète..
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Maitriser l'évolution est totalement contraire à ma perception du monde. Je vois tout ce qui existe comme une manifestation du "dieu" qui va son chemin. Le "dieu" se cherche. Nous sommes l'incarnation de la recherche du "dieu".
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Votre capacité de résistance à votre possible mort engendrée par ce virus me parait limitée. Regardez, de face, votre mort (inéluctable) et vous devriez acquérir un peu plus de résistance. Ce virus est une péripétie, même s'il est possible que vous en mourriez. Penchez-vous sur l'histoire (des hommes). Vous avez du chemin à faire avant d’accéder à ce statut, par vous envié, de surhomme. Déjà, pour accéder à ce statut apprenez à ne plus vous agenouiller devant les écrits du philosophe allemand à cinq lettres-consonnes consécutives (je n'ai pas compté). Apprenez à penser par vous-même, au lieu de vous gonfler de la puissance des écrits d'un autre homme (à moins qu'il s'agisse chez vous d'un subtil gout pour l'homosexualité, ce en quoi, c'est c'est le cas, continuez de louer cet allemand, bien sûr).
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Je dirais bien avec vous que l'homme ne maitrise pas l'évolution mais je ne dirais pas qu'il la subit. Je dirais plutôt qu'il participe à cette évolution.
