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Maroudiji

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Tout ce qui a été posté par Maroudiji

  1. Maroudiji

    L'être et le non être

    C'est bien cela et je l'ai même mentionné. Encore une fois, vous me lisez mal. Je ne prends rien à César. Au contraire, quand je parle de l'être, je parle de son origine grecque. Il n'y avait pas de confusion possible. Et pourtant ... Ah bon! Vous voulez dire "le pouvoir par le peuple" ? Les Grecs, dites-vous, ont inventé la démocratie ?! Et le peuple, vous nous expliquerez un jour, quand vous daignerez accorder vos faveurs aux humbles internautes qui vous lisent, en quoi cela consiste. Parce que vous trouvez que c'est plus claire, "la chose en soi" que "la réalité inconnaissable"? La philo devient plus claire, selon vous, quand on use du concept de chose pour désigner l'inconnaissable ?
  2. Pour beaucoup, la conscience de soi ne peut être qu’une conscience de la conscience, ce qui nous différencie des animaux et qui prouve que nous n’en sommes pas, n’en déplaisent à tous ceux qui s’identifient à eux et qui pensent qu’ils sont des animaux, mais de la conscience en elle-même, ils ne savent pas ce qu’elle est, puisqu’ils affirment qu’un ouragan, une rivière ou une plante n’en ont pas, bizarrement.
  3. Maroudiji

    L'être et le non être

    En rire ou en pleurer Triste dans tous les cas
  4. Maroudiji

    L'être et le non être

    (J'ai souligné en rouge. Vous allez voir, ça change d'un cours à la Sorbonne.) Pour l'instant ni l'un ni l'autre nous ne savons ce qu'ils sont, c'est comme votre expression qui vous inspire -"la réalité inconnaissable". Je vous le dis en tant que croyant : Dieu n'est étranger à rien De plus, vous l'écrivez en gras ! La démocratie également est née en Grèce, n'est-ce pas ? Ailleurs dans le monde, ils n'étaient pas assez intelligents pour raisonner. Cet ailleurs que vous ne connaissez même pas, de surcroît. (J'en mettrais ma main au feu.) Et elle a apporté quoi, aux Grecs, cette philosophie, l'art de vivre autrement que les barbares qu'ils étaient ? Par exemple celui de manger en s'allongeant sur le côté, les hommes servis par de mignons enfants ? Et les femmes, retranchées ou enfermées dans leurs appartements ? La fin de leurs mythes affreux et de leurs superstitions ? Vous savez ce que cela prend pour philosophie sérieusement, la liberté. Ce n'est pas eux qui ont inventé la liberté, vous en conviendrez. Tout à fait, ce n'est qu'un mot, chez les Grecs. Alors, ils ont dû broder autour, pour en parler avec gravité et mystère. C'est la raison pour laquelle beaucoup vont l'identifier au néant. En tout cas, quand Hegel le fait, c'est pour s'en moquer, et de l'être et du néant. Si mes souvenirs sont bons. Mais lui au moins c'est un philosophe. Il connaissait les grandes philosophies. Ils connaissait la Bhagavad-gita. Il ne pensait pas comme vous, qui proclamez que la pensée rationnelle est née en Grèce. C'est bien la Sorbonne, ce genre de prosélytisme. La notion d'être... à partir du Grec. Le centre de la philosophie. le peuple qui a inventé le concept de l'être. Ici, mesdames et messieurs, on pense Grec ! Armé de la tyrannie des mots.
  5. Maroudiji

    L'être et le non être

    « Je lui en donnai une version approximative : "Comment peut-on être, sans être romantique ? Celui qui n’éprouve ni amour ni douleur, qui ignore le baiser et le chant, qu’il se pende à un pin, ce sera mieux…" » Ce n’est pas de la philosophie, j’en conviens, mais, souvent, la littérature est plus juste. La prose est de Jorge Semprun dans Adieu, vive la clarté… Ces quelques vers traduits de l’espagnol étaient destinés à une femme qui lui demandait s’il était un poète romantique. Un être sans conscience, cela n’existe que dans l’esprit des philosophes mineurs, des philosophes aux ciseaux; ils coupent et séparent la nature des humains pour mieux spéculer en bande organisée. Pour que leur bulle ne soit pas exposée aux courants étrangers et perturbateurs. Ils donnent par exemple des noms aux ouragans bien que, selon leur croyance, ils n’aient pas d’être. La raison, vous disent-ils solennellement, c’est qu’un ouragan, ça ne pense pas, messieurs dames, ça tourbillonne. En clair, si vous voulez, un ouragan ce n’est pas vivant. Ce n’est qu’une entité mouvante, une chose, comme le vent ou la mer. « Je pense donc je suis », ce qui fait qu’un arbre n’est pas. Vous suivez ? Un arbre n’a pas de conscience. Il n’a pas de mémoire. Il n’a pas de système nerveux… Euh, là je ne sais pas si les philosophes affirment une telle opinion, du moins plus aujourd’hui. Disons, pour faire simple et court, qu’un arbre n’a pas de cerveau, bien que les théoriciens de la religion imaginèrent sans mal un arbre de la connaissance. En revanche, le serpent était un être, mais faux. Donc les animaux sont des êtres. Métaphysique, quand tu me tiens !
  6. Maroudiji

    L'être et le non être

    En tout cas, pour la réalité inconnaissable, on est bien servi. Et moi qui pensait naïvement que pour faire de la philo il fallait y joindre de la logique. (Et un peu de morale, mais il ne faut pas trop en demander.) Il est vrai cependant qu'à gloser sur la métaphysique, c'est comme en poésie, l’élastique est extensible à souhait.
  7. Maroudiji

    L'être et le non être

    Vous lisez mal; je n'ai pas écrit "anthropologique" mais "anthropomorphisme". Nuance. Et l'on ne parle pas des préjugés quant à ma personne... De là à lire ceux qui concernent la réalité qui vous dépasse, on sent le pot-pourri à des lieux à la ronde.
  8. Au hasard de la Gita « Je suis, dit Krishna, en chaque corps animé, le feu de la digestion, et aussi le souffle vital, inspiré comme expiré. Ainsi, je fais l'assimilation des quatre sortes d'aliments. » (Chapitre 5, strophe 14) Et il y a de cela, 5000 ans. Mais déjà à cette époque, tout le monde était familier de ces lieux communs. Nous avons un feu dans le ventre. Il permet la digestion des aliments. Manger de la crème glacée après le repas, éteint la digestion. C’est la dernière des choses à faire. Quels sont ces quatre sortes d’aliments ? Ceux qui sont mâchés, léchés, sucés ou bus, selon l’Ayur-véda.
  9. Maroudiji

    L'être et le non être

    Bonsoir Il y a comme un parfum d'anthropomorphisme dans cette conclusion. Et pourquoi donc l'être ou Dieu ne pourraient avoir de forme ? Parce que la forme est finie ? C'est une opinion préconçue. (Évidemment, si on lui donne une forme, cela est déjà une erreur, celle du complexe de l'observateur et nous avons déjà détruit le résultat de notre recherche.) Voilà qui ne nous a pas beaucoup avancé.
  10. Maroudiji

    L'être et le non être

    "Crois-tu que l’on comprenne le nom d’un objet quand on ne sait pas ce qu’il est ?" Socrate. Bonjour, Toujours cette question que l'on tourne et retourne sans jamais arriver à une conclusion satisfaisante. Mais les spéculateurs ne s'en lassent pas. S'ils sont identiques et contraires, alors la logique est évacuée. Reste la métaphysique. Si je me souviens de Parménide, sa conception de l'être est un casse-tête qui mène à un cul de sac ou à de l'absurde. Quant à Hegel, je pense qu'il le définissait comme un néant, comme une entité creuse. Mais pour le croyant ou l'athée, l'être se conçoit chacun à sa façon. Quoi d'autre ? Tout dépend de nos préjugés et de notre curiosité. Un jour j'ai proposé une idée tirée de la Bhagavad-gita à un amateur de philosophie ici, il m'a répondu qu'il en avait rien à foutre. Voilà en vérité l'intérêt que la plupart des gens portent à la question de l'être. Bien à toi,
  11. Puis vient l’amour de sa mère, adoptive, et de toutes ses femmes qui l’aimaient comme leur propre enfant. C’est un amour direct, sans tralala, sans l’idée que Krishna est le Dieu suprême de la création matérielle et pour laquelle elles n’éprouvent d’ailleurs absolument aucun intérêt; leur bonheur est de donner le sein à Krishna ou de le baigner et de le nourrir en cuisinant des mets succulents. Dans tous les temples de Krishna en Inde, les brahmanas, lorsqu’ils servent et adorent la déité, ont conscience de cette dimension idéale qui est leur repère. Fermer la parenthèse. (Photo, Vyasa inspiré dans son écriture par Krishna) Vyasa est un dieu. Il est Dieu... peut-on déclarer si l’on ne craignait pas de semer la confusion, car il est un avatar, le représentant officiel de Dieu, tout comme les chrétiens, certains du moins, conçoivent ainsi Jésus, sans trop comprendre le lien entre les deux, entre Jésus, l’homme, et Dieu, l’être suprême. On retrouve cette même confusion à propos de l’avatar qu’est Vyasa. En fait, il représente Dieu et pour cette fonction il est investi de pouvoirs exceptionnels, en l’occurrence, la possibilité de composer de la littérature ayant trait à la condition de l’âme ici-bas, tout en fournissant d’innombrables détails concernant les mondes spirituels. Ce qui est unique dans la littérature mondiale. Et l’on sait que Vyasa est l’auteur d’une production inimaginable, colossale, impossible pour un humain ordinaire. Vyasa est un dieu. Il est Dieu, peut-on déclarer si l’on ne craignait pas de semer la confusion, car il est un avatar, le représentant officiel de Dieu, tout comme les chrétiens, certains du moins, conçoivent ainsi Jésus, sans trop comprendre le lien entre les deux, entre Jésus, l’homme, et Dieu, l’être suprême. On retrouve cette même confusion à propos de l’avatar qu’est Vyasa. Dire qu’il est Dieu tout en prenant en compte la différence n’est pas donné à tout le monde, encore moins à un esprit matérialiste.
  12. Entre parenthèses, toujours à propos de ce verset plus haut, « d’où te vient, en ce moment crucial de l’engagement, ces considérations indignes d’un homme éveillé aux valeurs de la vie ? », quand Aurobindo écrit : « car celui-là seul est le sur-homme qui manifeste au plus haut point dans l’humanité la nature du suprême divin », il occulte l’enseignement ésotérique qui sous-tend les relations intimes entre Dieu et les humains; dans la bhakti, les femmes de Vrindavan sont supérieures aux hommes. Elles sont des sur-femmes. La forme d’amour de Dieu la plus élevée est représentée par les vachères de Vrindavan, les gopis.
  13. De Krishna, cependant, de Govinda, comme Arjuna se plaît souvent à interpeler son ami, par affection (et qui signifie celui qui aime les vaches), ou de Vrindavan, de la raison pour laquelle son village, Vrindavan, est excessivement cher à son cœur, au cœur de Krishna s’entend, ou encore quel était le nom de sa mère adoptive (Yasoda) et comment ses deux mères se comportaient avec lui (sa mère biologique se prénommait Devaki), de ces détails Shri Aurobindo ne s’en soucie guère. Ni pour lui, ni pour ses lecteurs. C’est pourtant de cela qu’il s’agit en premier, de ce qui est au cœur de la Bhagavad-gita. « Mes gloires divines ne connaissent pas de limites, ô Arjuna. Ce qui je t'ai révélé n'est qu'une manière d'exemple, une infime parcelle de ma grandeur infinie. » (10.40) La Gita, Le chant du Bienheureux, n’est qu’un épisode du Mahabharata. Afin d’approfondir son contenu, son secret, afin d’accéder au saint des saints, il faut à vrai dire se plonger dans le Harivamsa ou le Bhagavad Purana, pour ne mentionner que les écrits de Vyasa. Car le Mahabharata ne fournit qu’une maigre description de la vie de Krishna en tant que telle. Et Krishna prend ce moment, avant la bataille, pour se révéler et nous mettre sur la piste de sa vie sur terre et de ses origines dans l’au-delà; le lien est quasi indissociable. Ce qu’Aurobindo laisse d’ailleurs timidement entendre dans son commentaire des versets cités plus haut : « La Gita n’est pas un simple évangile de guerre et d’action héroïque, un crédo nietzschéen de puissance et de force hautaine qui tient la pitié pour une faiblesse. Il y a une compassion divine qui descend sur nous d’en haut. » (C’est moi qui souligne.) Il n’y a pas seulement la compassion qui est descendue, mais Krishna lui-même. Dixit, la Bhagavad-gita.
  14. « Bien que Je sois le non-né, bien que Je sois impérissable dans Mon existence propre, bien que Je sois le Seigneur de toutes les existences, cependant Je repose sur Ma propre nature, et Je prends naissance par Ma propre Maya. » (4.6) Ici, Krishna dit qu’il est le Seigneur de tous les êtres vivants. Mais Aurobindo n’a pas d’intérêt pour la voie de la bhakti. Au mieux, il l’utilise comme une échelle, son but atteint, il la rejette. Ce qui l’intéresse, c’est l’esprit, pas Krishna. Il est concerné par le jnana, le yoga de la connaissance, l’Énergie divine qui nous habite et nous guide, de l’intérieur du corps. La Bhagavad-gita, pourtant, est avant tout la relation et le débat entre deux êtres, deux grands amis, dont l’un se trouve être Dieu -il le rappelle constamment-, l’autre un demi-dieu*, et plus encore. Avant le combat un doute terrifiant s’empare d’Arjuna, … tous ces morts…et c’est alors un échange entre dieux. L’ami, désemparé par le cours des événements, devient disciple, l’humble serviteur, ce qui n’est pas la même chose, on s’en doute. Cet échange est une des relations que nous, lecteurs, pouvons virtuellement avoir ou développer avec Dieu – en devenant son ami ou son serviteur. En Inde, le fantasme spirituel pour une femme est d’avoir Krishna pour bébé, de développer une relation filiale avec Dieu. On imagine sans grand effort (du moins ceux qui le peuvent) le bonheur de la mère de Krishna, Devaki, la sœur du roi Kamsa, d’avoir Krishna comme fils. Krishna enfant, Krishna bébé, est l’un des plus grands désirs sentimentaux que peut éprouver l’être humain ou divin. C’est cela, en premier lieu, que présente la Bhagavad-gita, si l’on veut être pragmatique. Deux hommes sur un char de guerre discutent, deux amis. « Constatant la grande compassion d’Arjuna et sa profonde tristesse, le regard noyé dans un flot de larmes et la détresse qui s’emparait de tout son être, Krishna lui dit : d’où te vient, en ce moment crucial de l’engagement, ces considérations indignes d’un homme éveillé aux valeurs de la vie ? Elles ne conduisent ni au ciel ni à la gloire mais apporteront sur toi l’opprobre. Arjuna, je t’en prie, ne cède pas à une faiblesse aussi mesquine et avilissante; elle ne te sied guère; chasse-la de ton cœur et relève-toi! » (2. 1, 2 et 3) Deux amis se parlent entre quatre yeux. Seulement, ensuite, viendra le jnana : la connaissance, le raisonnement, la logique, les mathématiques, le rationnel, les théories, les symboles, les allégories et les interprétations.
  15. La Bhagavad-gita est une thérapie. Elle vous retourne. Vous rentre dedans, vous fait grincer des dents, mais elle enchante finalement les âmes en quête de liberté qui en ont assez des dogmes ringards et des utopies sans lendemain, dévastateurs. C’est là message de la bhakti : l’émotion, l’amour, le service et le partage sont supérieurs à la morale et à la philosophie; le travail des champs ou la bergère qui trait les vaches, par exemple, sont le summum du bonheur et de la perfection. L’acte est social, pratique et joyeux. Krishna, à bien l’écouter, décourage cette ultime idée du silence et de la contemplation béate éternels. Au contraire, musique, théâtre, danse, conte, écriture, cuisine, couture et broderie sont des arts qui soutiennent et égayent l’adoration de l’Être suprême. Ils sont le moyen et le but. Dieu danse, malheureusement pour Nietzsche qui faisait semblant de ne pas le savoir, se persuadant qu’il était mort. (Image: Krishna en train de jouer de la flûte et de danser)
  16. Oui, les individus, selon la démocratie, ont le droit de penser comme il le désire, de pratiquer la religion qui leur convient et de former des associations. Les filles peuvent même porter des mini-jupes jusqu'aux fesses. C'est ma version de la démocratie. Dans la tienne, c'est comme l'autre, on décide que tous les repas dans une cantine doivent se ressembler... (suivez mon regard. On peut à la rigueur ajouter une portion de frittes.) On te place une photo grande comme toute la largeur de l'écran et tu trouves le moyen de répondre à côté. C'est vrai, je ne te félicite pas. je ne suis pas fou des penchants grégaires. Personnellement, j'adore la variété, j'aime les quartiers oû toutes sortes de gens se cotoient et s'habilent selon les traditions de leurs pays, sans qu'on les regarde de travers, parce que la majorité des biens pensants n'aiment pas.
  17. En quoi c'est anti-démocratique d'arrêter une personne en public parce qu'elle est voilée ? En démocratie, on a le droit de faire ce que l'on veut du moment que l'on ne blesse pas autrui physiquement ou par des insultes haineuses. Ce n'est pas inconstitutionnel d'arrêter quelqu'un parce qu'il se couvre le visage ? Et cette fille qui fait de la moto, tu vas appeler la police ? Pour ce qui est du choix de société, il est vrai que la démocratie signifie la majorité qui dicte ses lois sur la minorité. Bravo, je te félicite pour ta liberté d'expression.
  18. Il aurait dit ça ? (Selon Michel Hulin) Le paradis terrestre – dit Hegel – est un « jardin zoologique » (Tiergarten) où l’homme ne peut mener qu’une existence bestiale qui n’est pas conforme à sa nature. [16]
  19. Y a-t-il des abrutis en science ? Généralement les gens s’imaginent que la science -la vraie- n’est pas sujette aux erreurs qui ont conduit par exemple l’humanité aux guerres de religion ou à croire à des faits invérifiables et fantastiques. Ils pensent que la science est trop bien protégée par sa méthode rationnelle pour se compromettre avec les utopies, les passions et les croyances dont sont généralement atteints les hommes et les femmes non formés aux règles de la raison, raison qui représente le summum de la pensée raisonnable quand elle est couplée aux déductions scientifiques. Ces gens-là, qui s’imaginent que la vraie science n’est pas sujette aux erreurs, n’ont pas les pieds sur terre. La science, ne leur en déplaise, est dirigée par des hommes et des femmes ordinaires. Donc, tous leurs défauts personnels peuvent se répercuter sur leur recherche. Et la science, par elle-même (façon de parler), se moque de savoir si le chercheur est un bon type ou un mauvais. On aime à déclarer que « la science est amorale », comme si c’était une vertu. Un couteau peut servir à couper du pain ou à trancher la tête d’un animal, ce n’est pas le couteau le problème, mais ce que l’on fait avec; c’est cela la science, nous trompète-t-on, comme un leitmotiv. Quelqu’un me disait dernièrement qu’ « une arme posée sur un bureau n'est pas un danger. Même chargée. Même la sécurité enlevée. Elle devient un danger quand un abruti la manipule sans savoir ce qu'il tient entre les mains. » La personne qui raisonne ainsi travaille dans un milieu scientifique. Elle est persuadée que les abrutis ne deviennent pas ou ne peuvent pas devenir des savants à cause des garde-fous qui entourent la science. En d’autres mots, sa logique lui permet de conclure qu’en science, dans les laboratoires, il n’y a pas d’abruti. Qu’un scientifique ne peut pas être­­­ un abruti. Georges Politzer : « Quand un homme de bonne foi raisonne ainsi, on peut dire qu’il raisonne en métaphysicien. L’écrivain anglais Wells est allé en Union soviétique, il y a quelques années, et a rendu visite au grand écrivain, aujourd’hui disparu, Maxime Gorki. Il lui a proposé de créer un club littéraire où l’on ne ferait pas de politique. Gorki et ses amis se sont mis, paraît-il, à rire et Wells en fut vexé. C’est que Wells voyait et concevait l’écrivain comme vivant en dehors de la société, tandis que Gorki et ses amis savaient bien qu’il n’en est pas ainsi dans la vie où, en vérité, toutes les choses sont liées –qu’on le veuille ou non. » p. 124
  20. Je relis ce commentaire de Zenalpha, par hazard, alors que je m'apprête à poster ces lignes que je vous destinais. Il y a un rapport, n'est-ce pas ? Voyez par vous-même. Un fameux athée matérialiste de la mouvance marxiste, le philosophe rationaliste Georges Politzer, s’exprime sur son rejet de la croyance religieuse en Dieu et en l’âme; ce faisant, il lutte contre l’ignorance populaire et bourgeoise quasi omniprésente. Il n’a sûrement pas tord, à propos de cette ignorance. Mais il la combat, selon moi, par une autre forme d’ignorance, et c’est là toute la méthode dialectique des soi-disant progressistes de cette période qui se répercute jusque dans les consciences des penseurs et des élèves d’aujourd’hui. Lisez-le : « Au moyen âge, on avait des conceptions bizarres sur l’âme. On pensait que, dans un corps gras, on avait une âme mince et, dans un corps mince, une grande âme; c’est pourquoi, à cette époque, les ascètes faisaient de longs et de nombreux jeunes pour avoir une grande âme, pour faire un grand logement à l’âme. » Principes élémentaires de philosophie, 105. Politzer ne nous dit pas d’où il tient ces conceptions puériles, quoi que l’on sache très bien que l’Europe, baignant par le dogme chrétien, nourrissait à satiété ce genre de croyances. Pour lui, le moyen-âge est une période dans laquelle il fait entrer sans souci, comme dans le même sac, tous les moyens-âges des différentes civilisations. Toutes les cultures religieuses, se valaient à ses yeux, elles étaient toutes plus folles les unes que les autres. Sauf, bien évidemment, le communisme pour lequel il fondait des espoirs matérialistes de l’ordre de l’utopie ‘scientifique’, dirais-je, ironique. Il croyait par exemple que l’homme -et cela était soi-disant prouvé par la théorie de l’évolution- allait devenir un homme nouveau, un sur-homme.
  21. Et si on donnait plus de frittes, ça t'irait ? Il me fait pensait à Donald Trump qui disait à la tv, après qu'un suprémaciste ait tué une femme dans une manifestation, que la violence a été provoquée par les deux parties qui s'affrontaient.
  22. Dans sa traduction de la Bhagavad-gita, Shri Aurobindo écrit, à la fin, en appendice* : « En ce qui concerne l’enseignement fondamental de la Gita, comme aussi la vie spirituelle en général, le Krishna qui nous importe est l’incarnation éternelle du Divin, et non pas l’instructeur et conducteur d’hommes dont parle l’histoire. » Étrange. Le titre qu’a donné Vyasa à cet enseignement est Le chant du Bienheureux. Quelle idée, Aurobindo, cherche-t-il à nous transmettre par ce paradoxe ? Qu’il va se servir des paroles de Krishna pour nous instruire d’une autre Entité, plus spirituelle, éternelle et divine, et qui se serait incarnée dans un corps, celui de Krishna ?** Qu’il y aurait deux visions, ou deux conceptions, en tout cas deux interprétations majeures de la Bhagavad-gita. L’une serait dérisoire, circonstancielle, historique et mondaine, et l’autre fondamentale, transcendantale, essentielle et supérieure… La sienne. Aurobindo ne met pas en doute le fait que Krishna ait existé. Ni Arjuna. Trop de références historiques attestent leur immense influence sur les intellectuels de haut niveau et le peuple en général pour remettre en question cette réalité. Il l’admet. Et il dit même que tout cela « pourrait bien être plus qu’une fiction poétique ». Mais c’est tout. Krishna, en tant que tel, ne l’intéresse pas. Il est surtout fasciné par « le Divin transcendant, cosmique et intérieur, source de toutes choses et Maître de tous, Divin secret en l’homme. » Un face à face avec Dieu, conclut-il, consiste en une expérience dont la « forme du Sans-forme » est la réalisation la plus élevée. Quand Krishna dit « Je », il faut lire « Il », c’est-à-dire la Divinité, sans forme. Par exemple : « la Divinité dit dans la Gita », explique-t-il, au lieu de traduire littéralement par « Krishna dit dans la Bhagavad-gita ». * (p. 335) Spiritualités vivantes, Albin Michel, 1970. Écrit originellement en 1942. ** (À l’instar du Dieu de Moïse qui s’incarne dans Jésus ?)
  23. C'est une vérité millénaire, qui nous a souvent pété dans la gueule. L'histoire n'est qu'un éternel recommencement dont on apprend pas grand-chose.
  24. Maroudiji

    la vie ne m'apprend rien

    Parce que le matérialisme est devenu un fléau. La technologie est en train de lessiver la nature intrinsèque des êtres vivants et de l'environnement et de remplacer cet essentiel, par des outils super sophistiqués, que seuls les plus riches pourront s'offrir. Sans parler de notre dépendance accrue et à nos dépends de ces outils qui nous surveillent et nous contrôlent pour mieux nous exploiter.
  25. Avec une meilleure éducation, avec moins d'hypocrisie, avec plus de compassion et moins de haine, nous pourrions franchement faire beaucoup mieux, et tenir la bêtise à distance. Mais la bêtise n'est pas simplement un phénomène distinct, elle est généralisée. Le voile et la burka, entre autres, n'en sont que les parties visibles.
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