Aller au contenu

Maroudiji

Membre
  • Compteur de contenus

    6 978
  • Inscription

  • Dernière visite

Tout ce qui a été posté par Maroudiji

  1. Je sais, c'est très difficile. À mon avis, il faut que tu comprennes d'abord (je crois) ce que je t'ai dit à propos des paradigmes occidental et indien. C'est le noeud gordien. Super, ton désir de lire le Mahabharata. Il y a un début à tout. C'est seulement quand tu auras des éléments concrets sur cette connaissance et que tu en deviennes un tant soit peu familier avec que les choses se décanteront. Mais c'est du travail. Il ne s'agit pas simplement de symboles, de mythes ou de religion, c'est une science de la vie. Ce que je dis avec force, c'est que l'on ne peut plus faire de la philosophie, de l'histoire, de l'anthropologie, des sciences ou de la religion sans bien connaître la culture indienne, incontournable dorénavant. La Bhagavad-gita clarifie ce point. Elle est faite pour cela.
  2. C'est pour cela qu'il y a des abattoirs partout et que les gens tuent les bêtes sans discrimination ?! Grâce à la philosophie grecque, on a développé une relation d'entraide et d'amour avec les animaux, en éduquant nos enfants à les manger ? Ah, le miracle grec !
  3. C'est l'envie. La jalousie. Le désir d'être Dieu. A sa place. Au lieu de devenir humble par rapport à lui, le peu de force que l'on acquiert on s'en sert contre Lui. Et ainsi, vie après vie on se dégrade, on perd de notre lustre spirituel et on se rapproche de la mentalité animale, jusqu'à finalement devenir un animal, pour des milliards de vies. Puis on redevient humain, puis des dieux, et le cycle recommence tant que l'on ne comprend pas que le monde matériel n'est pas notre demeure constitutionnelle. Les racines : il y a les démons et les dieux. Les démons travaillent contre Dieu. Alors que les dieux sont reconnaissants envers lui. Les uns détruisent sa création et les autres travaillent pour lui. Les premiers sont des nihilistes et les deuxièmes des fidèle adorateurs. La logique: C'est de croire que l'on peut vivre comme un dieu ou comme Dieu, sans Lui. C'est du nihilisme. Tu progresseras mieux quand tu comprendras cela. Tu voulais savoir si Krishna sera bientôt de retour. La réponse est non. Théoriquement, il apparaît une fois dans chaque âge. Le plus court des quatre âges est le présent, le kali-yuga, l'âge de fer qui dure 430 000 ans, dont cinq viennent de s'écouler. Vers la fin de celui-ci un avatar de Vishnou (Krishna s'identifie à Lui, dans la référence que tu me donnes) viendra sous la forme de Kalki. C'est ainsi que cela est expliqué dans les Puranas. Krishna, en tant que tel, apparaît plus rarement. A+
  4. Pour les pensées philosophiques, en effet, ils n'étaient pas idiots...* Le texte que tu donnes en référence en est la preuve. Qu'est-ce que cela a donné pratiquement toutes ces spéculations intelligentes ? Quels en étaient les conséquences sur leur culture ? * N'importe quelle personne avec la tête sur ses épaules se pose se genre de question, en l'occurrence sur les animaux.
  5. Il suffit de voir comment on traite les éléments de la nature ou la vie sur terre dont on nie leur sensibilité, donc l'âme. On se conduit comme s'ils n'existaient pas, comme si nous étions les propriétaires et que nous devons rien en retour. Dernièrement quelqu'un me demandait comment fait-on pour être reconnaissant envers une une source ? Les gens ne savent même pas qu'ils peuvent saluer le soleil ou remercier une rivière. Tout cela provient de notre attitude nihiliste. Nous avons un potier ici. La poterie était une profession très utile autrefois. Les potiers reconnaissaient les différentes qualités de la terre et son importance. Ils travaillaient et participaient à transformer la matière pour le bien des hommes et des femmes. Puis est arrivé le plastique. L'invention et la technologie ont détruit ce travail et mis au chômage des millions de gens. Pour te le dire en deux mots, le plastique est un poison, il tue. Il tue la nature, les animaux et les humains. Mais on appelle cette aberration du progrès. Ce progrès est une négation de la vie, c'est du nihilisme. Le nihilisme, ontologiquement et étymologiquement, nie l'âme. Nie Dieu. C'est l'attitude ce celui qui prend conscience de son environnement et qui se l'approprie comme un droit, par la force et la destruction, sans reconnaître le propriétaire originel, sans le compenser, sans rien lui donner en retour. Sans organiser des fêtes pour célébrer les saisons. Sans remercier Dieu, l'ultime propriétaire. Le nihilisme, c'est de ne pas reconnaître que Dieu est un être à l'instar d'une personne. Une personne qui a des goûts et des désirs, spirituels s'entend. Dans ce sens, on donne l'exemple de Schopenhauer ou des bouddhistes. Mais le nihiliste est par définition l'athée. Pour enfoncer le clou, je dirais que le nihilisme est un suicide spirituel, un plongeon métaphysique dans le néant. C'est ma définition. Quand j'utilise ce mot, c'est pour envelopper toute cette manière d'être et de penser. Mais je t'ai dit que je pouvais accepter l'exemple de nihilisme que tu donnais. Il est plus subtil. Je ne sais pas. Mais tu peux trouver un travail plus récent, celle de Marc Ballanfat par exemple, une édition de poche. Tu devrais y trouver ton compte. Il y a aussi celle de Sénart et de Hulin dans le même format. As-tu compris ce que j'écrivais là ?
  6. En gros, mais j'y reviendrais si tu veux, c'est que l'Occident ne connaît pas vraiment le spirituel, c'est-à-dire un au-delà spirituel et réel. Les Grecs parlent d'enfer sous la terre et les Juifs de paradis sur terre. Alors que l'Asie, l'Inde plus spécifiquement, décrit un système cosmologique savant de l'univers et également un monde au-delà de celui-ci, par définition matériel ; cet autre monde est de la même constitution que l'âme, spirituel et éternel. C'est par lui que ce monde-ci existe. Il te faudra lire la Bhagavad-gita à un moment donné C'est la conscience qui permet la matière, et non l'inverse. C'est Dieu* qui crée les mondes, les humains et les animaux, pas l'inverse, comme on l'entend régulièrement avec une assurance béate. Concernant le livre que j'ai écrit -et dont je parle à plusieurs reprises- on y reviendra plus tard si tu veux bien. Pour l'instant ce n'est pas important. Je suis toutefois étonné d'entendre cela parce qu'en général j'évite le sujet. Ce qui est bien dommage, d'ailleurs. * Mais qu'est-ce que Dieu ?!? PS. Je rajoute que l'impersonnalisme et le nihilisme ont des affinités. Et cela a à voir avec le dualisme et le monisme.
  7. On devrait tous pouvoir s'entendre ainsi quand on a de bonnes manières. En tout cas toutes les valeurs que je défends sont des valeurs "humanistes", on pourrait dire même si elles sont mieux que cela, c'est dire des valeurs qui placent la civilité et la civilisation en avant. Ceux qui me critiquent défendent des idées conservatrices, bourgeoises et matérialistes de mauvais aloi, souvent même destructives et assumées. C'est pourquoi je n'ai aucune considération amicale pour ceux qui s'opposent à mes idées avec mépris, condescendance et dogmatisme ; pour les autres je respecte sans plus leur posture, lorsqu'ils sont courtois avec moi, comme tu l'es. Mais toi tu as un avantage sur eux, c'est que tu te positionnes comme neutre et que tu as soif de savoir. J'aime les gens de cette trempe. Pour mieux nous comprendre il faut que tu donnes des exemples de ceux qui ont pratiqué le nihilisme. Parce que je ne comprends pas pourquoi des représentations conduisent au nihilisme. Le nihilisme est historique ; il nie la vie, Dieu, l'âme et la diversité. C'est par rapport à ces rejets que j'utilise le terme nihilisme. En sanskrit nihilisme se dit sunya, zéro, rien comme tu dis. En ce qui me concerne c'est concret. Je suis perplexe quant à l'exemple que tu donnes du cerveau parce qu'il peut porter à confusion de par sa détermination culturelle, mais je comprends ce que tu veux dire. Lorsque je parle de nihilisme, je le fais plus dans son sens étymologique et ontologique.
  8. Cela ne fait pas pour autant avancer le schmilblick, c'est de la même eau, une eau brouillée par l'idée que la complexité du monde peut être démêlée par nos sens et l'acuité de notre intelligence. Or les Grecs étaient complétement ignorants non seulement des structures de l'univers mais aussi de ceux de la chair, animale ou humaine. Et ne parlons pas de la religion ! Je suis toujours stupéfait que l'on puisse encore citer les Grecs, en 2018, comme une source possible du progrès de la métaphysique et de la pensée tout court par lesquelles on pourrait se fier pour mieux comprendre notre monde. En réalité, quoi qu'ils en disent, le Dessein intelligent a bel et bien une affinité biblique par le fondement de cette conception de l'univers.
  9. Bonjour, je suis très content de cette réception. Je ne me suis pas relu et je ne sais pas de quel livre tu parles, ni le contexte où il en est question. J'ai écouté un documentaire à propos de Ivan Illich trouvé sur Youtube. Il commence tout de suite avec un mythe grec, celui de Pandore. Je crois que l'on ne peut comprendre l'Inde, comme je la comprends, l'Inde profonde et spirituelle, avec ses dieux et son histoire, que si l'on saisit la différence ontologique qu'il y a entre le paradigme occidental et celui des temps védiques. Krishna et Vyasa ou Rama et Hanuman ne sont pas des mythes, c'est-à-dire des histoires inventées par les hommes, mais des réalités. Il y a bien des courants hindous qui les prendront comme des entités purement mythiques, comme le faisaient les Grecs, et ces courants ont tendance à prendre le dessus parmi les classes évoluées, qui ont été scolarisées, car plus rationnels, mais en fait ils s'éloignent beaucoup de la tradition védique et théiste. Ils ont pour maîtres Bouddha ou Sankara. Ces deux grands intellectuels et spiritualistes ne représentent pas ce que je défends et qui est le fondement de la science spirituelle des Puranas ou du Mahabharata. Par contre, ils s'approchent beaucoup de la pensée occidentale. Et tous les missionnaires ou les Occidentaux qui se sont pris d'amour pour l'Inde et sa spiritualité adhèrent à cette pensée impersonnaliste et nihiliste. (Le Bouddhisme est nihiliste et Sankara, comme ses admirateurs -Aurobindo ou Ramakrishna, entre autres- est impersonnaliste.) Je ne sais pas si ce que j'écris fait du sens pour toi, vu que tu me sembles éloigné de tout cela, mais ne te gêne pas pour plus d'explication. A+ PS. Je replace ici cette question que tu m'as posée dans la rubrique philosophie : le lien Je trouve que c'est une bonne question. Les conséquences liées à la compréhension de cette transmission sont cruciales à l'entendement spirituel du phénomènes. Mais pour accéder à cette réalisation, il faut, je crois, saisir la distinction entre les deux paradigmes dont je parle plus haut.
  10. Jouer avec les mots, c'est un art démocratique accessible à tous.
  11. Il y a aussi une chose importante que tu comprennes à mon sujet, c'est que je ne crois plus à cette transmission spirituelle de la part de maîtres qualifiés. Quand j'étais jeune, je rencontrais encore des maîtres que je considérais élevés. Mais déjà eux considéraient que la transmission était perdue ou, du moins, très diminuée dans ses possibilités. Je suis persuadé que le monde régresse. Qu'autrefois les gens étaient beaucoup plus qualifiés et intelligents qu'aujourd'hui, que nous sommes entrés dans un processus, que le monde est dans une phase de vieillissement. Tu comprends mon point de vue. Et c'est une croyance qui est parfaitement adaptée à ce que j'ai appris de la littérature indienne. Et confirmée par beaucoup de grandes personnalités qui, une fois sur leur fin de vie, reconnaissent que beaucoup de choses ne sont plus pareils à ce qu'ils avaient connus dans leur jeunesse. Tu peux me lire ici sur l'âme, mais je crois que je n'ai jamais continué parce que finalement la personne à qui j'adressais ce message ne comprenait pas ce dont je parlais. Tu me dis, cela me ferait plaisir de savoir ce qui ne va pas.
  12. Normalement non, mais sur les forums je constate que les barrières sont hautes et que les cultures de chacun les freinent d'aller plus loin. La principale raison c'est que cette notion d'âme est la plus riche et la plus authentique dans la spiritualité hindoue. Et pour beaucoup elle est une montagne opaque. Mais on peut s'aventurer jusqu’où tu te sentiras la force. Je te trouve ce que j'avais déjà écris à quelqu'un ici sur l'âme, il faut que je cherche un peu. « Dieu t’a donné la faculté de penser, comme il t’a donné tout le reste ; et s’il n’était pas venu t’apprendre dans les temps marqués par sa Providence que tu as une âme immatérielle et immortelle, tu n’en aurais aucune preuve. » Voltaire J'ai utilisé ce substantif, devinette, parce que tu me parlais de cette expérience dans l'intention de savoir ce qui s'était passé, mais je n'en ai aucune idée, et je ne comprends pas vraiment de quoi il s'agit.
  13. Là, j'avoue, que c'est un problème qui me préoccupe également depuis toujours et dont je n'ai pas encore trouvé la réponse. Mais j'adore cette question. Car je l'ai souvent posée à des maîtres indiens lors de mes pérégrinations dans ce pays.
  14. C'était bien Le château intérieur. Il faut d'abord que l'on s'entende sur la signification du mot âme, car de toute évidence, nous n'avons pas la même conception à son sujet. Et je t'ai déjà donné quelques indications. Mais je veux bien en parler plus avec toi. Jusqu'à présent, il semble que nous communiquons sans entrave majeure. Mais voyons où cela bloque, si tu veux bien.
  15. Bonjour, oui, c'est ça, on vient au monde avec un bagage de nos vies passées, parce que l'âme est éternelle. Mais il faut que je te parle de celle-ci. Je pars de l'hypothèse que tu es croyant, n'est-ce pas, croyant et non athée ? Car beaucoup ici sont les deux à la fois et épousent les idées de chaque partie indifféremment de leur position. La devinette, c'est au sujet de l'indien que tu as rencontré dans une auberge. Il me semble que tu me posais une question...
  16. @ArLeKiN Il y avait un autre point intéressant que tu as soulevé, celui de l'enfant qui apprend tout seul, naturellement. Parce qu'il aurait des talents en puissance dès la naissance. Il y a aussi beaucoup de choses à dire à ce sujet. Personnellement, je pars du principe que l'être humain apprend par mimétisme, jamais par lui-même. Ensuite, et c'est important, il a besoin d'un maître pour perfectionner un art particulier. Tu parlais de musique. Quand j'étais petit, en Allemagne il y avait des gitans à côté de la maison de mon oncle, le soir ils jouaient de la guitare autour du feu. Et les petits prenaient les grandes guitares et la grattaient comme ils pouvaient. Mais ils savaient jouer. Plus tard, en Inde, dans les années 70 j'apprendrai un détail important à ce sujet : c'est que l'enfant apprend déjà dans le ventre de sa mère les sons et les harmonies. Ils savent tout de suite, dans le cas des gitans par exemple, accorder une guitare. Mais il y a plus ; il y a une prédisposition. Et elle n'est pas due au hasard mais au karma. J'ai souvent posté cette coupure de journal ici, que je donne seulement pour indication, pas pour le mercantilisme absurde : Et pour ce qui est de l'enfant qui apprendrait à marcher supposément tout seul, ce que je dis être impossible, voici une discussion que j'ai déjà eu sur ce site : Un enfant doit apprendre à marcher
  17. Merci pour ta réponse. J'apprécie ta sagesse. Mais il y a beaucoup de choses à en dire, notamment sur le corps, dont je ne partage pas ta compréhension. Le yoga ou la spiritualité indienne nous enseignent que le corps est une machine, un yantra, et que nous sommes différents de lui. L'âme et le corps sont deux choses différentes. Mais c'est grâce au corps que l'on peut penser, sentir ou faire des enfants. Dans cette perspective, le corps est une machine extrêmement sophistiquée et indispensable à notre évolution. C'est un péché que de l'ignorer. Mais c'est aussi une erreur de prendre le corps pour l'âme, comme le faisaient les Grecs ou les juifs. Je ne suis pas sûr si tu sais de quoi je parle, je veux dire si tu connais le yoga de Patanjali, les écrits védiques ou même la Bhagavad-gita qui ne font que traiter de ces questions en profondeur et de manière très savante. Il me semble, à te lire, que non. Ce qui fait que je vais toujours paraître te donner des leçons et toi de t'excuser parce que tu vas le prendre comme des reproches... Pour une fois que j'ai quelqu'un de posé et sympathique, qui s'intéresse aux questions songées, je ne veux pas le griller. Je suis très content que tu mentionnes Illich. Je connaissais une femme, une enseignante dans les écoles marginales et spécialisées qui m'en parlait. Il y a une chose que j'adore, c'est assister à des conférences de gens que j'estime pour leur savoir, et grâce à Youtube on peut retrouver beaucoup de ces documents sous forme de conférence. Je prendrais du temps plus tard et j'irais l'écouter. Tu ne m'as pas donné la réponse à la devinette.
  18. Mais ton intuition était bonne. Il a essayé de me faire vider à un moment donné en se plaignant de ma présence. C'était pathétique. Et c'est moi qu'il désigne de fanatique. Tout le monde remarquera qu'il n'est jamais revenu pour dire ce qui en moi est fanatique, dogmatique ou idéologique. J'ai du mal à croire qu'il ne sait pas la signification de ces mots mais je suis bien obligé d'en arriver à la conclusion soit qu'il ne sait pas ce qu'ils veulent dire, soit qu'il s'en moque et qu'il espérait que les moutons viennent bêler avec lui.
  19. C'est parce que tu ne sais pas la complexité du corps humain que tu poses cette question. Oui, bien sûr, par empirisme on arrive à comprendre l'anatomie où tout ce qui peut être décelé par des instruments sophistiqués, mais on est très loin du compte. Il faut une transmission des savoirs. Personne ne peut comprendre qu'il existe des méridiens et leur localisation par exemple si on ne nous l'enseigne pas. Mais ce savoir sur les méridiens est déjà une sous-science chinoise dont l'origine est indienne. Et pratiquement perdue. Par contre, on peut inventer toutes sortes de disciplines dérivées des sciences primitives mais le danger ou les effets secondaires sont toujours possibles. Par exemple il existe de nouveaux yogas, mais comme je l'ai dit cela n'a pas grand-chose à voir avec l'originel. En médecine, il y a de grandes avancées et découvertes mais beaucoup d'ignorance cependant. Ce que je devine sous ta question c'est l'idée que l'humain peut atteindre le coeur de la complexité matérielle par lui-même. Je te réponds non. Que dire du spirituel ! Paradoxalement, plus on progresse et plus on s'éloigne des connaissances essentielles. La transmission est la règle d'or. Je ne sais pas répondre à ta question concernant l'Indien rencontré dans une auberge.
  20. Le yoga demande beaucoup de rigueur et de détermination. Ce n’est pas simple et c’est pourquoi un contexte favorable est requis. Cela exige surtout un maître qui s’y connaît, un guru. On ne s’adonne pas au yoga à la légère. Il faut savoir ce que l’on fait. Mais sans maître, sérieux s’entend, la tentative est vaine. Et dangereuse. La respiration ou certaines poses de l’astanga nécessitent une surveillance serrée. Ils sont rares néanmoins ceux qui pratiquent le yoga sérieusement, s’abstenant de manger de la viande ou de s’adonner sans règle aux plaisirs amoureux. Le yogi ressent immédiatement sur son corps et son mental les faiblesses dont lesquelles il se laisse aller. Par exemple, s’il mange de trop ou dort de trop (Bhagavad-gita) où s’il commet quelque péché, même insignifiant. Ceux qui vous connaissent bien peuvent s’apercevoir de ces changements par votre aura. C’est une connaissance en perdition. Le yoga, même sérieux, n’a plus grand-chose à voir avec celui que l’on pratiquait il y a deux siècles par exemple ou encore au début du XXe siècle. Cela dit, il existe de nombreuses autres rites ou pratiques d’introspection guidées, ésotériques ou tribales, qui permettent aux humains de découvrir des dimensions extraordinaires de notre être. Je suis franchement étonné que l’on ait si peu de considération pour ces expériences spirituelles. Voilà, j’espère que je réponds à tes questions. Bonne journée.
  21. Il y avait de nombreux missionnaires autrefois en Inde, qui se sont construit des ashrams et ont vécu des vies de renoncements et de prières, imitant un peu les sages de ce pays. Ils aimaient cette vie au point, souvent, de ne pas retourner en Occident. J’en ai rencontré quelques-uns mais je n’étais pas vraiment. Je trouvais leur vie austère et sans plaisir, alors que chez les Indiens c’est beaucoup plus joyeux et vivant. J’aime ça, la musique, les chants, les danses et les arts. Le yoga est tout de même très différent du recueillement chrétien. C’est une science qui nous permet de découvrir intimement l’anatomie du corps en premier lieu. On devient conscient de chaque muscle, de chaque organe, des courants d’air, des nœuds et des points qui annoncent des difficultés si on ne s’en occupe pas. Et, bien sûr, on devient conscient de chaque pensée que l’on doit pacifier, rediriger ou taire. Quand on est bien formé, après plusieurs années, nous pouvons débloquer ou activer des énergies qui vont donner plus de pouvoir aux sens et au mental. Et l’intelligence devient plus aiguisée ; la réalité de l’existence plus apparente ; on se détache de la vie mondaine. On la fuit carrément. Mais on y gagne énormément au change. En ce qui me concerne, j’avais une femme qui était au diapason avec ma vision du monde et qui me poussait à aller encore plus loin, ensemble.
  22. Thomas Merton, une grande figure de l’introspection chrétienne a beaucoup écrit à ce sujet. Se retrouver seul et faire la paix avec soi, en surmontant ses désirs déplacés et continuels, envahissants, affrontant ses peurs ou en économisant ses mouvements, c’est une pratique universelle. Tous les anachorètes et moines d’antan en connaissaient les bienfaits. C’est se retrouver et y trouver du bonheur. Le recueillement, avant le repas, par exemple, est de l’introspection. Pour les Indiens, cependant, la nourriture est sacrée, donc le rapport avec elle, à ce moment, est beaucoup plus intime, et l’individu est plus conscient de la valeur de ce rituel, car le sacré est de l’ordre du sacrifice. Le sacrifice étant le centre de l’existence humaine, ce qui nous distingue des animaux.
  23. La prière peut aussi être une forme d’introspection, certainement. J’ai réalisé cela avec Dostoïevski et ses starets, dont le beau et jeune Aliocha. Les Russes avaient une grande tradition de la prière, j’apprendrai cela plus tard, avec la Philocalie, mieux connu par Le récit d’un pèlerin russe et qui fait l’éloge de la prière du cœur avec l’aide du chapelet. En cela, il y a une similitude avec la tradition indienne très portée sur cette manière de méditer à l'aide de mantras. D’ailleurs les Russes, à mon avis, sont beaucoup plus proches de l’Inde spirituellement que les Occidentaux. Mais cela fait longtemps que je ne lis plus ce genre de littérature. Je me souviens aussi de L’imitation de Jésus-Christ dans la même veine.
  24. J'ai lu Thérèse d'Avila il y a bien longtemps. Je pense que c'est dans son auto-biographie elle décrivait ses expériences intérieures. Mais je retiens surtout qu'elle était capable de léviter et que cela, à sont époque, apporta beaucoup de confusion autour d'elle et même jusqu'aux hautes autorités. Pour ce qui est de la Bhagavad-gita, voici les premiers versets du 13e chapitre, c'est Krishna qui parle : Arjuna dit : Que sont la prakriti [la nature] et le purusa [le bénéficiaire], que sont le champ et le connaissant du champ, le savoir et l'objet du savoir ? Je désire l'apprendre, ô cher Krishna. Le Seigneur Bienheureux dit : On appelle "champ" le corps, et "connaissant du champ" celui qui connaît le corps. Comprends, Arjuna, que dans tous les corps, le connais­sant, je le suis aussi. Et connaître le corps, connaître le possesseur du corps, voilà le savoir. Telle est ma pensée. Écoute à présent, je t'en prie : en peu de mots je décrirai le champ d'action, comment il est constitué, ses métamorphoses, sa source, de même que le connaissant de ce champ et son influence. Ce savoir, du champ d'action et de son connaissant, divers sages l'ont exposé, en divers écrits védiques -notamment le Védanta-sutra- où causes et effets sont présentés avec force raison. L'ensemble des cinq grands éléments, du faux ego, de l'intelligence, du non-manifesté, des dix organes des sens, du mental et des cinq objets des sens, puis désir et aversion. joie et peine , signes de la vie et conviction,-tels sont, en bref, le champ d'action et ce qui résulte des interactions de ses élé­ments constituants. (1 à 6) Je te reviendrai pour la dernière question.
  25. il n'y a pas de limite à l'introspection. Parce qu'il n'y a pas de limite aux profondeurs de la conscience et du monde. Mais il y a des limites induites par nos croyances. Grosso modo. Et surtout par l'ignorance Parce que le yoga est une science de la méditation et de la maitrise des sens. Il permet permet de connaitre son corps intérieur (et extérieur) et son mental. Tout cela vous devriez le savoir... Mais ce n'est qu'un début. Par la suite, le yogi comprend qu'il n'est pas son corps mais un esprit; un esprit grace auquel le corps est animé. Sans lui, il perd sa capacité à exister. Le yogi comprend enfin qu'il n'est pas seul dans ce corps et qu'il y a un autre être à l’intérieur; dont il dépend. Mais toutes informations existent depuis des milliers d’années: Il y a des livres très sérieux à ce sujet, notamment la Bhagavad-gita. Plus tard, je te trouverai les versets que j'ai en tête à ce propos; PS: Tu connaîs les ecrits de Therese d'Avila et ce qu'elle dit à propos de ses exercices d'introspection
×