DOUTE
Amie aux grands yeux doux, mon âme vous appelle !
Le vent souffle ce soir capricieux et lourd,
Il mugit et sa voix gémissante et rebelle
Fait résonner en moi l’écho rebelle et sourd.
Amie aux grands yeux doux, mon âme vous appelle !
Et tristement je rêve assise entre les fleurs ;
L’aile de l’ouragan fouette ma fenêtre,
Le ciel pleure : ah ! ces lamentables pleurs
Que vont-ils remuer aux profondeurs de l’être ?
Et tristement je rêve, assise entre les fleurs
Vous souvient-il d’un jour, le premier de l’année,
Où le charmant secret illumina vos yeux,
Où mon âme en votre âme adora son aînée,
Où de vous vint à moi le mot silencieux ?
Vous souvient-il d’un jour, le premier de l’année ?
Un mois s’en est allé, nous touchons à la fin.
Deux fois durant deux soirs je vous revis encore.
Maintenant que ma joie en est au lendemain*
Je languis pour revoir l’ensorcelante aurore…
Un mois s’en est allé, nous touchons à sa fin.
Et ce soir est un soir d’adieu, pluvieux et sombre ;
Brumeuses sont mes pensées et l’angoisse m’éteint ;
Mon cœur tout atteint d’un vilain doute sombre :
Et si votre cœur était astucieux et vain ?
Et ce soir est un soir d’adieu, pluvieux et sombre…
Mayi Ziyada