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Tout ce qui a été posté par January
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CB, en larmes : C’est ma voisine, c’est quelqu’un que j’aimais beaucoup. C’est la première fois qu’elle vient témoigner, ça fait mal. Elle m’a beaucoup aidé pendant que je travaillais. C’est quelqu’un qui a beaucoup fait, de très gentil. J’ai trop honte. J’ai fait mal à tout le monde. Elle peut être déçue, parce que ça touche ma fille, un enfant. Elle peut se dire ‘putain, merde, Cécile, c’est du n’importe quoi’. Je ne peux que dire que ça, que j’ai honte. Je suis tournée comme ça parce que je n’ai pas envie de regarder les gens. Le matin où j’ai découvert que ma fille était décédée, j’ai voulu appeler les pompiers. Malheureusement, je n’ai pas pu.C’est sûr, j’ai beaucoup de torts. J’ai laissé mes enfants seuls. Je n’ai jamais tapé mes enfants, c’est une certitude. On peut m’accuser de tout ce qu’on veut, que je suis toxico. Mais je n’ai jamais touché mes enfants. Je ne suis pas parfaite. Je n’ai jamais dit que je suis parfaite. Bien sûr, elle a raison (son amie à la barre).Le matin où Fiona est décédée, je me suis dit "je vais appeler les pompiers... (Elle pleure) C'est pas une vie, une histoire qui dure depuis je sais pas combien d'années.. perdre son enfant je suis encore là debout.. mais c'est difficile. J'ai pas de vie, j'ai beaucoup de temps. J'ai jamais tapé mes enfants. On peut dire ce que l'on veut sur moi, j'assumerai. .. mais je veux donner mes excuses... Je me suis pas donner les moyens je suis un être humain comme les autres. J'ai fait ce que j'ai pu pour essayer me souvenir.. pour lui donner une sépulture décente. Prsdt : Mais vous voyez combien ça a choqué vos amis ? CB : oui, évidemment que ça a choqué. Vous croyez que je ne me suis pas donné les moyens que j’ai pu, pour retrouver le lieu où Fiona est enterrée ? J’ai envie de dire où est ma fille, sa sépulture. On essaie toujours de me faire passer pour ci, pour ça. J’ai tout donné pour mes enfants, le maximum. On revient sur l'hématome à cacher... Berkane Makhlouf : Il n’y avait rien à cacher par rapport à Fiona, son bandeau, ça lui arrivait de le mettre, même quand elle n’avait pas un bleu. J’ai vu Cécile maquiller Fiona dans la salle de bains. Je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit parce que ça fait moche [le bleu]. Cécile Bourgeon reconnait, que, « à la fin, oui », il y avait un « hématome » à cacher. Cindy, une autre voisine J’ai connu Cécile juste après la séparation avec Nicolas. On était voisine de palier. Elle avait besoin de temps en temps de faire garder ses filles Fiona et Eva. Je m’en occupais quand elle travaillait ou sortait le soir. Berkane, je l’ai connu bien plus tard, quand elle s’est mise avec. Je ne l’ai pas vraiment côtoyé. Je m’apercevais, avant qu’elle connaisse Berkane, que parfois elle laissait les petites seule la nuit. C’est arrivé plusieurs fois. Des fois, elle m’avertissait, m’envoyait un message et des fois non, elle claquait la porte et elle partait. Après, elle m’avait donné les clés. Je lui avais dit, ‘si tu pars, au moins, ferme à clé.’ Elle m’avait donné un babyphone pour voir s’il n’y avait pas de bruit.Le soir où Cécile a été violée, elle était partie en soirée et ne m’avait pas prévenue.Le matin, je me suis aperçue que les filles avaient été toute seule toute la nuit. Elle m’avait dit qu’elle les avait laissées à quelqu’un. Le matin, je me suis aperçue que les filles avaient été toute seule toute la nuit. Elle m’avait dit qu’elle les avait laissées à quelqu'un. C’était le bazar dans l’appartement, il y en avait partout. Une fois, je suis arrivée, Fiona était en train de se couper les cheveux dans la salle de bains avec des ciseaux. Mon mur de chambre donnait dans la chambre de Fiona. Quand elle pleurait longtemps.. Je regardais s'il y avait la voiture de Cécile sur le parking.Des fois, elle n'y était pas. J'allais devant l'appartement.. Parfois personne n'ouvrait. Des fois, c'était ouvert. Fiona dormait ou pas, elle courait dans les couloirs... Je les prenais chez moi. Après, elle m'a donné les clés du verrou. Prst : Combien de fois c'est arrivé ? - Quatre ou cinq fois et après d'autres fois mais elle m'avertissait - Elle partait pour la soirée, voire toute la nuit, sans vous prévenir, sans s'assurer que vous étiez présente, en laissant les fillettes de 2 et 4 ans seules ? - Oui. Le soir où elle avait été violée. Elle m'avait pas prévenue. C'est moi le matin qui me suis aperçu que les filles étaient seules. Elle avait dit qu'elle les laissait à quelqu'un et ce n'était pas vrai. A l'autre personne elle avait dit que c'était moi.. Me Fribourg : vous avez demandé à Cécile Bourgeon d'être moins dure avec Fiona ? - Oui. Elle disait souvent que Fiona ressemblait à son papa et, du coup ,je pense qu'elle était plus dure avec Fiona vis-à-vis de ça. Me Portejoie : Vous avez été entendue en mai 2013. Là, ce que vous nous décrivez, c’est catastrophique. Me Portejoie : Le temps passe et vos déclarations changent, madame, ce que vous dites aujourd'hui est catastrophique pour C Bourgeon. Mais elle est où la vérité ? Aujourd'hui ou lors de votre déposition en 2013 ? Vous inventez de nouvelles scènes Madame ! Madame on va vous croire aujourd'hui ?! A l’époque, vous parliez de deux nuits où elle s’absente, et laisse les enfants seuls en vous laissant le babyphone et en vous demandant de les surveiller. Elle est où la vérité, aujourd’hui ou en mai 2013 ? Témoin : Je n’invente pas de nouvelles scènes, c’est la vérité.
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4 décembre reprise de l'audience Prsdt à BM : On ne vous a pas laissé fumer ce matin. On essaiera de le faire à la pause. Sinon vous allez bien ? Berkane Makhlouf : Je suis un peu fatigué. Prsdt : oui, nous aussi, mais on va essayer de tenir le coup. On est au premier tiers du procès. Stéphanie, une voisine du couple Prsdt : Vous avez dit, j’ai appris la disparition d’un enfant et j’ai immédiatement envoyé un SMS à Cécile. Quelle était la teneur du SMS et pourquoi vous pensez directement à Cécile ? Témoin : Parce qu’elle était à côté du parc de Montjuzet (…) C’était un SMS très simple. J’ai demandé ‘Est-ce que tout va bien ? Je ne vais pas vous mentir. Son compagnon ne m’inspirait pas du tout confiance. Mais de là à en arriver à ça, personne ne peut l’imaginer. Avocat pc : Vous l'avez quand même un peu imaginé Témoin : Elle sortait régulièrement avec nous. Elle était capable de verbaliser des envies de violences sur des gens qu’elle avait croisé en soirée, qui l’avaient mal regardée ou lui avaient mal parlé. Je suis allée lui présenter ma fille, quand elle était avec son nouveau compagnon [Berkane] (…) Les deux filles étaient présentes (…) Elles allaient bien, peut-être un peu plus distantes que d’habitude. Cécile était complètement calquée sur le discours de son compagnon. Elle portait un turban sur la tête (…) et parlait de l’islam, chose que je n’avais jamais vu avant. Lui portait un pull déchiré, déchiqueté (…) Je suis vite repartie, l’ambiance n’était pas très agréable. Stéphanie a parfois gardé Fiona et Eva, « pendant la journée quand Cécile travaillait ». Et réciproquement Cécile a « exceptionnellement » gardé les enfants de Stéphanie, sans incidents. Les deux femmes ont fini par prendre leur distance. Témoin : CB était devenue inaccessible. Je pense qu’elle avait peu de personnalité, toujours besoin de se calquer sur quelqu’un pour avoir l’impression d’exister. Je n’ai jamais vu Cécile dans un état déplorable (…) Je l’ai vue alcoolisée mais droguée non. Les deux femmes se sont vues pour la dernière fois, deux mois avant la disparition de Fiona. C’est quelqu’un qui avait toujours besoin de l’autre pour exister. Avant de rencontrer des hommes, elle en parlait comme si elle allait se mettre de suite avec. AG : Vous avez parlé de cette dépendance par rapport à Berkane Makhlouf. Vous avez dit : ‘je ne voyais pas Cécile comme étant manipulable à ce point’. Témoin : Je pensais qu’elle était très influençable, mais pas au point de laisser ses amis, les gens sur lesquels elle pouvait s’appuyer. Elle a tout laissé de côté, elle s’est uniquement consacrée à cet homme. On aurait pu lui dire qu’il y avait un problème. Elle a été l’objet d’une manipulation et a à son tour manipulé. Me Luciani : On sait que leur vie s'organisait autour de la consommation de stupéfiants, et vous n'en voyiez pas ? Témoin : Des joints oui. Pas le reste - Avez vous vu Berkane Makhlouf avoir des gestes avec les filles ? - Non ! - son comportement avec les filles ? C'était une maman avec Fiona ? - Je n'ai jamais vu de geste ni de parole déplacé, je pense qu'elle s'en occupait autant que possible. - On sent à votre discours que c'est un témoignage très authentique. Vous avez évoqué cette découverte de la mort de Fiona. Vous cherchiez son regard. Elle n'a pas bougé depuis le début de son procès. Elle est prostrée. Elle tourne le dos à la salle. Parlez-nous d'elle, elle n'y arrive pas. - Pour parler de soi, il faut avoir qui on est ! - Elle était perdue ? - Oui. C'était quelqu'un de fragile. Elle avait toujours besoin d'être rassurée. Encore plus après la séparation d'avec Nicolas. Mais je voulais ajouter quelque chose. J'ai lu que c'était Nicolas qui l'a initiée aux drogues. Je suis en colère... Elle est responsable. Elle n'a pas protégé ses filles. Toujours rejeter la faute sur les autres. Elle est responsable de sa vie. J'ai vu grandir ses enfants. Je suis triste pour son père, les filles.. Jean-François Canis, pénaliste clermontois, avocat du père, interroge la voisine sur le comportement de C Bourgeon avec ses filles, dans son couple. Témoin : C'est quelqu'un de manipulable mais elle est capable de faire des choses toute seule. Me Fribourg : C Bourgeon avait-t-elle un comportement différent avec Fiona par rapport à sa soeur ? - Oui...Fiona ressemblait à son père, elle le réclamait.. Me Portejoie évoque le viol dont Cécile Bourgeon a été victime : Elle était fragile avant. Alors avec le viol..Vous l'avez qualifié de serpillère à cette époque ? - Je n'avais pas le détachement d'aujourd'hui. Mais effectivement, elle était pliée à toutes ses exigences. Elle ne pouvait pas avoir accès à nous parce que cela lui posait un problème à lui Me Portejoie : Elle vous a répondu "oui mais je l'aime" - Oui.
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Me Metzker, qui a souvent été bavard depuis le début du procès dit soudain "à quoi bon plaider ?". Et il parle du "sortilège de la plaidoirie". Me Metzker : La parole des victimes est pour nous la priorité (...) le devoir de mémoire s'impose à jamais et leur mémoire nous oblige. Me Axel Metzker rappelle que Riss préfère parler "d'innocents que de victimes". Me Metzker dit avoir changé sa plaidoirie, en remplaçant le mot "victimes" par "innocents". Me Axel Metzker souhaite un "Joyeux anniversaire à Charlie hebdo", salue le talent de Cabu. Me Metzker : Dans 1000 ans Charlie Hebdo sera toujours là (...) J'en profite pour citer la disparition des Guignols. Il est vrai que tuer des marionnettes est moins grave que tuer des hommes et des femmes. Les terroristes se vantent de ne pas tuer les femmes. Pourquoi alors les terroristes ont tué Elsa Cayat dans les locaux de Charlie Hebdo ? Me Axel Metzker indique que l'une des victimes qu'il représente et qui est venue témoigner à la barre a "pris le métro pour la première fois en 5 ans en quittant la salle d'audience". Me Metzker : Les accusés ont choisi le silence, les coups de gueule (.. ) Ils ont effacé les contacts de leurs puces. Si on les écoute, la haine des juifs n'existe pas. C'est en 2014 que tout s'est mis en place, en 2014, la justice libère Amedy Coulibaly... Me Axel Metzker reproche des fautes à l'Etat, notamment de "de ne pas avoir diffusé la photo d'Amedy Coulibaly le 8 janvier 2015", au lendemain de l'attentat de Charlie, le jour de l'attentat de Montrouge, et à la veille de l'attentat de l'Hyper Cacher. Me Axel Metzker : Mme Poux (juge d'instruction) a fait une très belle enquête, une magnifique enquête. Sans vous les complices (il regarde les accusés dans le box), rien n'eut été possible. Rien n'est le fruit du hasard.
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Me Alexandra Levy-Druon : Ce procès est historique. Vous avez la responsabilité par l'exemplarité des peines que vous prononcerez d'engager un début de lutte féroce contre le terrorisme islamiste qui frappe notre pays depuis trop longtemps. Me Sébastien Journé : En lisant G-W Goldnadel, l’islamisme en France a été porté par un « islamo-gauchisme crétin. Me Cyril Dahan indique que la situation a été presque la même dans le traiteur (en face de l'hypercacher), avec des personnes qui se sont cachées ne sachant et ne comprenant pas ce qu'il se passait à l'extérieur et qui entendaient des coups de feu. Me Dahan : Ma cliente a un traumatisme réel et profond. Il indique que les personnes qui étaient dans la chambre froide de la boutique de sa cliente ont vécu la même situation que celles dans le frigo de l'Hyper Cacher. Me Sabine Tourjman qui représente les trois frères ainés de Philippe Braham vient de plaider. Lui succède une autre avocate, tandis que Polat continue ses crachats. Maître Amandine Pontiès s’avance à la barre pour évoquer un policier du RAID. Il s’était porté volontaire lors de l’assaut dans l’Hyper Cacher avant de faire face au terroriste. Il sera blessé. L'avocate, dit-elle, a parfaitement conscience de la difficulté de son intervention eu égard à ceux et celles qui ont perdu un proche lors de ces trois jours de janvier 2015. La blessure de son client est considérée comme un accident du travail, en quelque sorte. Elle précise aussi qu’il n’a aucune séquelle physique aujourd’hui. Son client a exprimé la fierté d’avoir été fidèle à la devise du RAID ce 9 janvier 2015.
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Me Géraldine Berger, avocate de la partie civile, plaide à présent. Et Polat fait des bruits par très ragoûtants dans le box et se remet à tousser. Me Géraldine Berger : Ce procès restera le procès de la porosité entre délinquance de droit commun et terrorisme. L'attitude des accusés a été révélatrice. Tous ont affirmé n'avoir rien vu, rien entendu, sur la radicalité de Dolly Coulibaly. Polat nous avait promis des révélations. Point de révélation, point de vérité Polat conteste, dit quelques mots incompréhensibles, tousse, crache en faisant beaucoup de bruit. Me Berger : Michel Saada n'avait pas choisi de mourir et sa famille n'avait pas choisi de souffrir et d'être en mille morceaux (...) En tuant Michel Saada, on a tué un homme, une humanité. Depuis le 9 janvier 2015, La famille et les proches espèrent vérité et justice. La vérité on ne l'aura pas mais la justice nous l'espérons. Me Grégory Siksik, avocat de la famille de Yohan Cohen: Ce 9 janvier 2015, les choses vont extrêmement vite. 13h06, Coulibaly rentre dans l'Hyper Cacher et s'en prend directement à Yohan Cohen qui portait une kippa. Yohan Cohen était la plus jeune victime de ces attentats de janvier 2015, il n'a pas seulement été tué, il a été torturé. Dans sa barbarie abjecte, Amedy Couilbaly ne va pas se contenter de lui mettre 3 balles, une dans la tête, deux dans le thorax. Mais Yohan Cohen va se battre pour survivre. Coulibaly en décidera autrement. Coulibaly va proposer d'achever Yohan Cohen parce que ses cris sont 'gênants'. Un témoin à la barre a eu honte car elle s'était bouchée les oreilles pour en pas entendre les râles du jeune garçon. Yohan Cohen a au moins agonisé pendant 1 heure ce 9 janvier 2015 dans l'Hyper Cacher. Ce 9 janvier 2015, suite aux attentats des 7 et 8 janvier, les proches de Yohan Cohen lui ont conseillé de ne pas aller travailler. Mais travailleur comme il était, il y est allé. Il n'est jamais rentré.
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Prsdt : M. Makhlouf, souhaitez-vous réagir à ce qui a été dit par les derniers témoins ? BM : C’est possible, Fiona aimait bien que je la porte sur mon dos, quand elle passait, elle disait toujours bonjour aux voisins. Le voisinage ne s’est jamais vraiment plaint de nous. - Le vendredi matin, vous alliez voir un médecin pour justifier de l’absence de Fiona pendant 21 jours. Elle n’était pas présente au cabinet. - Ce n’était pas un certificat de complaisance, c’était la maîtresse qui l’avait demandé. C’est Cécile qui a demandé ce certificat. Prsdt : Si Fiona n’est pas présente chez le médecin, c’est, selon Mme Bourgeon, parce qu’elle n’est pas montrable ? BM : Elle n’était pas dans un sale état, ce n’est pas possible, sinon on ne se serait pas promené le vendredi soir. Prsdt : Pourquoi n’allait-elle pas à l’école ? - On avait pris des mauvaises habitudes, on se levait à neuf heures. Je l’emmenais souvent à l’école. Si elle n’y allait pas, c’est sa mère qui décidait. On voulait donner des excuses pour partir à Perpignan. Elle était peut-être malade mais Fiona était présentable. Peut-être qu’elle avait un rhume, un petit problème de santé, je ne me souviens plus. Elle avait son bleu. Je ne vais pas accuser Cécile, je ne l’ai pas vu faire. Tout ce que je sais, c’est que Fiona n’était pas dans un sale état, le vendredi, au moment où je sortais avec elle.
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Catherine, la fille de la gardienne qui vient de témoigner, s’exprime à son tour : "M. Makhlouf, j’ai fait sa connaissance le dimanche où il est venu chez mes parents pour demander de l’aide" pour retrouver Fiona. La veille au soir, Catherine explique avoir failli être renversée par une voiture. Elle imagine que Cécile Bourgeon était au volant. Le dimanche midi, la mère de Cécile Bourgeon a appelé sur le téléphone fixe de ses parents, gardiens d’immeuble. Catherine a décroché. La mère de Cécile Bourgeon "cherchait sa fille". Benoît, 36 ans, ex-compagnon de Catherine, témoigne à son tour. "La semaine du drame, j’ai croisé Berkane Makhlouf qui avait une fillette sur ses épaules. J’avais déclaré que ce n’était pas Eva donc que c’était sûrement Fiona. Il me semble que c’était le vendredi, en fin d’après-midi. Mes beaux-parents habitaient le même immeuble. J’étais sorti de l’appartement pour fumer une cigarette." (Benoît pourrait être le dernier à avoir vu Fiona vivante.) "Ils parlaient entre eux, une discussion comme un père avec une fille. Il lui avait demandé un truc comme ‘Alors ta journée ?’ comme si elle rentrait de l’école", explique-t-il. Prsdt : Est-ce que vous avez entendu parler de problèmes de comportement, dans l’immeuble, de la part du couple Bourgeon/Makhlouf ?" Témoin : Il se disait que Berkane Makhlouf s’énervait facilement, que ce n’était pas le voisin idéal. Moi je n’ai rien constaté, je n’habitais pas là bas. Avocat pc : deux témoins dans ce dossier ont affirmé avec certitude avoir vu Fiona vivante le vendredi 11. L’autre personne est une dame qui amène sa fille à l’école. Nous savons que ce vendredi, Fiona n’est pas allée à l’école. C’est pour ça qu’on se permet d’avoir un doute sur votre témoignage. On sait que le mercredi, selon d’autres éléments du dossier, l’état de Fiona était préoccupant. Est-ce que vous êtes sûr encore et à nouveau de votre déclaration ? - On m’avait interrogé très tôt. Je ne peux pas me tromper à une date aussi proche. C’était le vendredi. Ce jour-là, j’ai croisé Berkane Makhlouf avec une petite fille, qui n’était pas Eva. Je ne peux pas vous dire à 100 % que c’était Fiona. Me Portejoie : Vous êtes conscient de l'importance de votre témoignage ? - Oui, bien sûr. - On va vous montrer des clichés photos des deux sœurs, le 15 mai - Je ne m’en souviens plus - Vous identifiez alors sur photographie, Fiona. Le 30 mai, pour vérifier que vous ne vous êtes pas trompé, on vous présente à nouveau les photographies. Vous êtes absolument formel, aucun doute, c’est bien Fiona.
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L'avocate rappelle la sauvagerie avec laquelle ils ont été tués. Elle n'épargne pas à la Cour les détails des dégâts causés par les balles du fusil d'assaut, les coups de pieds au visage donnés par Coulibaly à Yoav Hattab après l'avoir tué. Elle cite Victor Hugo : "Une fête est une tombe, La patrie est un exil." "Que veux-tu que je devienne, Si je n'entends plus ton pas ? Est-ce ta vie ou la mienne Qui s'en va ? Je ne sais pas. " Le deuil, cette douleur de l'absence qui revient tous les vendredis. Vous messieurs (accusés), vous êtes à l’origine de cette douleur. Les parties civiles sont en droit d’attendre des réponses. Qui ? Quand ? Pourquoi ? quand le procès s'est ouvert, j'étais heureuse de me dire on va avoir des réponses". Elle cite des paroles d'accusés qui disaient, comme Polat "je vais dire la vérité". "l'omerta" des accusés qui selon elle, ont fait "des calculs d'apothicaire à ne rien dire". Elle parle pour certains de leur "tartufferie", de leur "degré de réflexion d'un boulot !"... "Cachez ce Coran que je ne saurais voir", non, Coulibaly n’était pas autant radicalisé. Elle se moque de l'accusé Karasular, "la Bernadette Soubirous du box", qui a vu soudainement des armes sur un toit. Sainte Bernadette de Nevers avait elle vu apparaître la Vierge Marie, 18 fois, près de Lourdes, en 1858. Me Laurence Cechman : Montrouge ca n'était pas non plus par hasard, c'était prémédité. C'est l'école juive Yaguel-Yaacov qui était visée. L'idée était très claire, venir reproduire en symétrie ce que Mohamed Merah a fait : moto, heure matinale. Il y a eu des repérages le 8 janvier ! On vient vous dire qu'aucun d'eux (les accusés) n'avait remarqué la radicalisation d 'Amedy Coulibaly. Arrêtons-nous du côté des témoins. Elle cite les déclarations faites par plusieurs témoins, dont certains à la barre, sur Coulibaly. La défense va tenter de sulfater ce dossier, de le détruire pièce par pièce. Toutefois il ressort des éléments du dossier que les 2 box se connaissent et communiquent parfaitement. La défense va vous plaider je pense qu'il y a une association de malfaiteurs mais aucune visée terroriste. Tout le monde savait qu'Amedy Coulibaly était radicalisé, même les accusés. M. Pastor qui se réfugie derrière la conversion de sa soeur qui est juive. Ca me fait penser à ce préfet Adrien Marquet qui ne pouvait pas dire qu'il était antisémite car il avait un copain de lycée israélite, c'est à vomir. Me Cechman : M. Karasular avait la connaissance, M. Catino aussi. M. Prevost qui sait l'intériorité de M. Coulibaly sur des faits de terrorisme. M.Ramdani vous avez dit "jamais je me mettrai a table, je ne suis pas une balance". Alors, que savez vous que vous ne voulez pas dire ? M. Raumel qui s'informe en regardant un reportage sur les jihadistes avant d'acheter des couteaux et gilets tactiques. Alors oui cette émission tout le monde l'a vue, des millions de Français l'ont vue mais tout le monde ne va pas acheter des couteaux, des gilets tactiques et enlever le tracker d'une moto ! On se dit comment ont-ils pu se fourvoyer dans une telle idéologie? M. le président, Mesdames et messieurs de la cour, je fais le voeux que votre verdict soit le bâtisseur d'un chemin supposé impossible : d'éradiquer cet islam radical.
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Témoin : M. Makhlouf est venu le jour de la disparition de la petite, il m’a emprunté mon téléphone. Je sais plus s’il a appelé. Il était affolé. On l’a emmené avec la petite Eva jusqu’à Montjuzet. On l’a déposé et on est rentré chez nous. Plein de monde est monté à pied à Montjuzet le dimanche pour aider à retrouver Fiona. On n’a pas douté de sa parole. La petite Eva pleurait beaucoup. Le président à la gardienne d'immeuble : Le 31 octobre 2013, vous contactez la police pour une découverte. Quelle découverte ? - Cécile Bourgeon m'a fait fouiller la poubelle pour retrouver un sac de médicament disait-elle. Elle m'a dit : j'ai plus mon sac de médicaments. Est-ce que c'était vraiment ça. Je sais pas. Tellement cette histoire nous a retourné, on a fouillé les poubelles... le dimanche et le lundi. On n'a rien trouvé. - Lors de la disparition ? - oui - Mais après l'interpellation ? Elle a du mal à se souvenir : J'ai trouvé un carton avec des papiers portant le nom de Bourgeon et des peluches Prsdt : C'est le 31 octobre 2013 - Il y avait un ou deux jouets. La police m'a dit que ce n'est pas grand-chose. Des peluches. Dire que c'était à elle ou pas à elle.. - Ce sac pouvait être là depuis longtemps ? - Non. Ce sac a été ressorti, je ne sais pas comment il est arrivé là. (Curieux, les scellés bloquaient l'entrée de l'appartement. Le couple n'était plus à Clermont.) Me Canis rebondit sur la fouille des poubelles en mai : Mais vous cherchez quoi puisque vous pensez que Fiona est perdue dans le parc ? - Je ne sais pas ce que l'on cherchait. Peut-être l'improbable. En fait, elle l'admet, sur le jour de sa fouille des poubelles : "Non je suis sûre de rien"
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Me Laurence Cechman, qui représente, des familles de victimes de l'Hyper Cacher, plaide : le ventre de la bête immonde toujours féconde a mué : Dolly Coulibaly, quel surnom prédestiné. Mort aux juifs! Dehors les juifs, Sales juifs. Pourquoi cette haine du juif ? Il n'y a pas de réponse, c'est une haine, elle est là, elle se diffuse, s'offre en héritage, s'insinue, partout, dans le cerveau d'un Amedy Coulibaly, d'un Merah, de Kouachi. Le juif est l'intrus et il n'y pas de moyens illégitimes pour s'en débarrasser. Le juif nourrit tous les fantasmes. J'ai l'honneur depuis 6 ans d'intervenir pour la défense des familles Saada et Hattab. Michel Saada (63 ans) est mort à 13h12, Yoav Hattab (21 ans) à 13h21. Me Cechman détaille les conclusions des autopsies pratiquées sur les deux corps. Coulibaly a roué de coups Yoav Hattab et l'a défiguré, il ne s'est pas contenté de lui tirer dessus" Puis elle détaille le parcours des 3 balles dans le corps de Michel Saada. Me Laurence Cechman rappelle que Michel Saadaest à peine rentré dans l'Hyper Cacher quand Coulibaly lui tire dessus : Ce n'est pas tout, Coulibaly va tirer Michel Saada comme un sac et ramener sa prise à l'intérieur de la supérette. Me Laurence Cechman : Yoav Hattab a laissé sa vie. Yoav Hattab était venu à l'Hyper Cacher le vendredi 9 janvier 2015 acheter du vin pour le shabbat. Il était parvenu à s'emparer de l'une des armes de Coulibaly, à le viser, mais l'arme s'est enrayée.
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Ouf, la visio est câlée. Ras le bol de ces trucs, ça marche pas ça marche pas, c'est tout, faut arrêter avec ça ! Il s'agit d'une gardienne d'immeuble. En 2013, elle avait le couple comme locataire. Témoin : Cela a été un triste épisode de ma carrière, on s'est un peu servi de moi. On est venu frapper à ma porte, j'ai essayé d'aider. Au final, ... Je les connaissais peu, j'arrivais sur le groupe, onze bâtiments. C'est des gens comme tout le monde. On a eu quelques accrochages mais comme sur tous les groupes. Je ne les connais pas plus que ça. Prsdt : Vous êtes arrivée quand ? - Le 1er janvier 2013. Quand ils ont perdu Fiona, il (BM) avait la petite, sur le bras, sans chaussures quand il l'a déposée chez moi. Fiona, c'est souvent que je voyais monsieur Makhlouf qui la prenait sur les épaules. Sur questions, elle n'a pas été témoin de violences, de rien de particulier.
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Me Elie Korchia, avocat des deux caissières de l'Hyper Cacher parmi lesquelles Zarie Sibony, commence sa plaidoirie. Les deux femmes ont quitté la France après les attentats. Me Elie Korchia répète cette phrase prononcée par Amedy Coulibaly dans l'Hyper Cacher : "Vous représentez ce que je déteste le plus, vous êtes Français et vous êtes Juifs". Cette haine antisémite que partageaient Coulibaly et les Kouachi n'était pas nouvelle, ils la partageaient depuis longtemps. Il revient sur la filière des Buttes-Chaumont :" Cherif m'a parlé de casser des magasins de juifs" Me Elie Korchia est convaincu comme Me Aristide et d'autres qu'Amedy Coulibaly le 8 janvier, voulait attaquer une école juive à Montrouge et que "c'est un accident de voiture fortuit" qui lui a fait changer ses plans. Il rappelle également qu'Amedy Coulibaly a fait des recherches sur 3 restaurants Cacher à Paris. Me Elie Korchia : 2012 représente l'an zéro des attentats terroristes en France. Me Elie Korchia parle du "cercle de confiance" de Coulibaly, en désignant les accusés dans les box : On comprend bien qu'il y a des tandems, des duos Karasular-Catino, Abbad-Martinez... (sur Ali Polat) Il cumule les handicaps. Celui d’être aveugle et usant d’un dialogue de sourds avec les magistrats que vous êtes. M.Polat représente le point pivot, le point central de ce dossier. Coulibaly avait une véritable complicité avec Polat. Je ne peux que rappeler les liens constants entre Polat et Coulibaly jusqu'aux tous derniers jours avant les attentats. Monsieur Polat est le maillon le plus important de la chaîne criminelle. Que dire des déplacement de M. Polat en Belgique, avant les attentats, ou ses déplacements après les attentats. Dès le 12 janvier il prend la fuite pour le Liban. Polat a préparé la fuite. Le 9 janvier 2015 au soir il va chez Karasular alors que le corps de son ami Coulibaly est encore chaud. Et chez Karasular il récupère 2000 euros. Me Elie Korchia insiste sur les "475 échanges entre Coulibaly et Polat durant toute la période préparatoire aux attentats". "Polat est un soldat face à son commandant comme certains l'ont dit ici, un bras droit de Coulibaly. Me Elie Korchia : 80 fichiers retrouvés dans l'I-pad de Polat qui sont édifiants avec des photos des drapeaux, des moudjahidines.. Il n’y a pas de sentiment de haine, ni de vengeance de la part des personnes que je représente. Les parties civiles ont suivi de près ou de loin chacune de vos audiences. Nous leur devons la vérité. Cette vérité ne pourra jaillir que d'une seule chose à présent : le verdict que vous rendrez.
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Rachelle, 38 ans, professeure de danse, témoigne à la barre : Je les ai croisés au parc Montjuzet quand ils ont soi-disant perdu Fiona. Avec d’autres personnes, on leur a proposé de les aider à chercher, ils n’ont pas voulu notre aide. Ils ont répondu ‘ce n’est pas la peine, on va la retrouver’. Ils étaient très calmes et persuadés qu’ils allaient la retrouver. J’ai été surprise par leur calme. Le président fait la lecture des déclarations d’Aziz, un voisin de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, à Clermont-Ferrand, entendu en mai 2013 par les enquêteurs. Le 12 mai vers 17 h 30, "j’ai vu un voisin d’en face sortir de son bâtiment avec un gros sac-poubelle". Il identifie Berkane Makhlouf. Suspension d'audience.
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Me Sarah Aristide, avocate de la famille de Clarissa Jean-Philippe, lui succède pour plaider : Les accusés ont tous participé à l'assassinat de Clarissa Jean-Philippe. Elle passe au crible le rôle qu'aurait eu selon elle chacun des accusés. Me Aristide : Ils pratiquent tous un Islam adapté. Il y a presque 6 ans que Clarissa est partie. Depuis, la douleur a accompagné chacun des siens. (..) Quand Clarissa est partie, c'est toute sa famille qui s'est trouvée détruite.Ttous les siens sont venus dire au revoir, adieu, à Clarissa Jean-Philippe. (Au fond de la salle, la maman de la policière tuée écoute la plaidoirie.) Une mère digne, qui a pris un avion de Martinique pour revenir à ce procès. elle est là et n'arrive pas à dire au revoir à sa fille . Elle est venue elle chercher la vérité . Elle n'a eu que mensonges. Me Aristide : Tu es une héroïne Clarissa, celle de toute une nation.(...) Tu es morte debout avec pour seule arme ton courage. Nous sommes tous là pout te regarder partir, pour te dire adieu. Nous nous retrouverons mais en attendant écoute nos prières. Puisses-tu veiller sur ta mère, ta famille. Laissez-moi prendre sa voix : « Maman je n’ai plus peur, je n’ai plus mal. Maman, laisse moi-partir, continue sur le chemin du deuil. On se retrouvera là ou le mal n’existe pas. Je m’appelais Clarissa Jean-Philippe. Ne m’oubliez pas. Maître Charles Nicolas : La balle qui t’a traversé le cou ne t’a laissé aucune chance. Ta mort a empêché le massacre programmé d’enfants insouciants. Tu es tombée pour cette France qui refuse de se mettre à genoux. Cette France qui refuse de vivre sous l’esclavage de la terreur que nous promettent les terroristes. Clarissa, aujourd'hui alors que justice est en passe d'être rendue, après 5 ans de procédure, d'instruction, et trois mois de procès, je peux dire je suis, nous sommes tous Clarissa.
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Berkane Makhlouf revient sur le jour de la disparition : Ce n’était pas fait avec une grande organisation. Je vais être franc, je n’y croyais pas (aux mensonges de la fausse disparition). J’ai dit à Cécile : ‘c’est sûr et certain qu’ils vont remonter jusqu’à nous direct’. Elle n’a jamais pleuré la mort de sa fille, je lui ai dit :’t’es vraiment une folle. Tu me crois capable d’aller l’enterrer ?’. Quand j’étais dans la voiture, j’amusais Eva pour ne pas qu’elle regarde le sac où était sa petite sœur. Il est interrogé pour réagir aux propos des derniers témoins mais il parle de Fiona. "Je me souviens de la dernière soirée de Fiona. J’ai des flashs dans ma tête, d’ailleurs j’en fais des cauchemars. Si vous voulez que je vous raconte, on va en venir directement aux faits " il s'énerve, et est recadré. Fiona avait déjà échappé à la surveillance de Berkane Makhlouf une fois. Il explique : elle était partie avec ses copines faire du porte-à-porte pour avoir de l'argent, elle voulait des rollers. Je me suis inquiété. Je l'ai cherchée partout ! Me Canis : Cette disparition vous a inspiré ? Berkane Makhlouf : Ca c'est fait à l'improviste, pas d'organisation. J'ai même dit à Cécile, mais tu comptes faire ça ? Elle m'a dit : Mais si ça va passer (...) Je lui ai dit que je voulais aller voir la police, dire la vérité pour Fiona. Elle a répondu : tu vas rester avec moi toute ta vie. Debout dans le box, il poursuit dans le micro, tout le monde retient son souffle : T'imagine toi si quelqu'un nous a vu faire ça. Elle m'a dit comme quoi on allait y retourner. J'ai dit tu me crois capable de faire ça... Me Canis : votre réponse dépasse ma question. Avocat pc : Samedi, alors que Cécile Bourgeon conduit un véhicule à vive allure, où sont Eva et Fiona ? BM : Je crois que nous sommes allés chercher de l’héroïne. Avocat pc : Ce n’est pas la question. - On avait l’habitude de les laisser dans l'appartement quand on partait aller chercher quelque chose, faire des courses. L’accusé reproche un peu à Cécile Bourgeon de ne pas assez jouer avec les enfants. Il raconte des scènes « adorables » avec Fiona et Eva, quand il jouait avec. "Moi les enfants ça m’apaise. Ils sont ignorants, ils ne portent pas de jugements. J’ai toujours adoré les enfants.
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Le témoin suivant qui croise CB dans le parc pense, lui, au début, avoir assisté à l'enlèvement. "On a croisé une dame tenant à la main une petite fille. Elle marchait rapidement, d'un pas décidé. Lorsque j'ai appris les faits, j'ai plutôt pensé avoir assisté à l'enlèvement. Elle avait l'air pressé de quelque chose.." - Comment elle était habillée ? - Un corsaire blanc, des ballerines noires.. (Un témoin ce matin, évoquant la femme dans la voiture grise, comme pouvant être Cécile Bourgeon, venue chercher Berkane Makhlouf à la résidence, décrit une femme avec un jean. Le président l'a relevé ce matin, expliquant qu'à l'inverse le policier d'hier parlait d'un legging blanc. Un élément qui contredisait la sieste dans l'herbe. "Il avait plu" a-t-elle dit. Il y aurait eu des traces sur le pantalon blanc) Lecture par le président Eric Chalbos de l’audition de Lahioussine, gardien d’immeuble qui vivait dans le même bâtiment que Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, à Clermont-Ferrand, entendu le 3 octobre 2013 : "J’ai l’impression que les gens avaient peur de Berkane Makhlouf. Personne n’est venu nous parler de problèmes avec eux. Ce n’est que maintenant que les langues commencent à se délier. J’ai le souvenir que Berkane Makhlouf s’occupait très bien des deux petites." Le témoin revient sur un incident, où Cécile Bourgeon roulait "d’une façon particulièrement dangereuse manquant de percuter une voiture. J’ai pensé qu’elle avait pris sa dose [de stupéfiants]. Le lendemain, soit le jour de la disparition annoncée de Fiona, Berkane Makhlouf est venu et a demandé à ma femme d’utiliser leur téléphone suite à la disparition de Fiona." "J’ai proposé à Berkane de le conduire au parc, il a pris un temps de réflexion, quelques secondes avant d’accepter. Il aurait dû accepter tout de suite puisqu’il ne conduit pas." « La petite Fiona était une jolie petite fille, intelligente, » avait alors déclaré Lahioussine. Prsdt à CB: Il décrit des incidents avec Berkane Makhlouf, ça vous dit quelque chose ? CB : Oui, pour le toit, sur l’étanchéité, par rapport au bruit, Berkane s’en était pris à des ouvriers. Pour la voiture, je n’en ai pas trop souvenir. S’il a vu que j’étais partie vite, c’est possible. Prsdt : BM aurait menacé les ouvriers polonais avec une arme ? CB : S’ils l’ont dit, c’est que c’est vrai. je ne suis pas sortie, je n’ai pas vu. Prsdt : A votre connaissance, il y avait des armes dans l’appartement ? - Je savais qu’il y avait l’arme [décrite hier par le beau-père]. - Elle était destinée à quoi cette arme ? - Destinée à ce qu’il se défende avec, s’il avait un souci. Berkane Makhlouf justifie l’arme : Pour le calibre, ma sœur était avec quelqu’un qui la violentait. Je suis partie la venger. Je ne lui ai pas fait plus de sept points de suture. Il revient également sur l’accident avec l’ouvrier : je lui ai dit : "si tu parles avec Cécile... il la dévorait des yeux. si tu continues à sonner pour demander des bouteilles d’eau tu vas avoir un problème. Les enfants font la sieste. - Vous étiez quelqu’un de jaloux ? - Oui, j’aimais Cécile et les enfants de tout mon cœur.
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Polat : Vous dites que je prends pas le traitement. Le traitement je le prends en cachette. Je veux qu'on me fasse des piqûres, n'importe lesquelles, je m’en bats les couilles, faut que ça s’arrête. Prsdt : Vous n'avez plus la parole jusqu'aux derniers mots des accusés. Juste avant le délibéré. Le président prévient Ali Riza Polat que d'ici là, "tout abus de langage, toute insulte, tout mot déplacé, ce sera une expulsion". Et il fait couper son micro. Me Célia Nourredine, avocate de la partie civile, débute sa plaidoirie. Elle représente des agents de la ville de Montrouge qui travaillaient à le 8 janvier quand la policière Clarissa Jean-Philippe a été assassinée par Amedy Coulibaly. Elle précise que ses clients sont traumatisés. Certains de ces agents sont venus à l'audience, d'autres n'ont pas souhaité. Un de ses agents a été très grièvement blessé par une balle ce jour-là, au niveau de la mâchoire notamment. On évoque le 8 janvier 2015 au matin à Montrouge. Quand Laurent J. s’est jeté sur A. Coulibaly pour le désarmer. « Tu veux jouer ? Tu vas crever », lui dit le terroriste.. L'avocate parle de ce qu'ont ressenti ses clients durant les semaines d'audience, ce "manque de courage" chez les accusés, ceux qui ont permis au terroriste de s'armer de la sorte. Me Stéphane Levildier intervient maintenant pour les intérêts de la commune de Montrouge et pour Jonathan, policier municipal qui accompagnait Clarissa Jean-Philippe ce 8 janvier 2015. Il rappelle "comment une ville tranquille de la petite couronne a dû s'organiser dans l'urgence absolue pour prendre en charge les blessés et les témoins". Me Stéphane Levildier : La ville a mis en place une cellule psychologique, des aménagements ont été nécessaires. Il y a eu un changement d'approche au niveau de la sécurité avec un soutien des agents et une réorganisation de la police municipale. Me Stéphane Levildier rappelle le courage de son client Jonathan qui a tenté de poursuivre Coulibaly alors qu'il n'avait qu'un tonfa. Il revient sur ce moment où Jonathan a vu Clarissa à terre, et lui a dit "Ça va aller". Me Stéphane Levildier : Clarissa et Jonathan travaillaient en binôme, 8 heures par jour ensemble. Il nous dit d'elle que c'était une fille extraordinaire, gentille... Il l'appelait ma Clarissa. On a beaucoup parlé de la culpabilité du survivant. Il n'est pas un jour sans que Jonathan ne pense à ce traumatisme. Jonathan est resté au même poste, dans la même ville. Pour Jonathan, Clarissa est tout le temps à côté de lui. Les accusés n'ont pas tué Clarissa Jean-Philippe, mais ils ont armé celui qui l'a fait.
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Apparemment on va pouvoir reprendre, Ali Riza Polat est là. Le prsdt à AL Polat : On est quand même rassurés dans la mesure où vous n’avez pas été hospitalisé, et aucun traitement supplémentaire particulier ne vous a été donné. Il ressort que jusqu'à ce matin il n'y a pas de problème particulier outre ces problèmes de régurgitations, mais vous ne prenez pas le traitement. l'escorte m'a dit que vous aviez bien déjeuné, des pâtes à la crème fraîche que vous avez mangées de bon appétit. J’espère que ça n’aura pas d’effet cet après-midi. Fin du sketch ? On espère...
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Nouveau témoin, accosté dimanche 12 mai, après-midi, vers 18 heures, au moment d'entrer vers le parc, avec ses enfants, par Cécile Bourgeon. Témoin : Elle m'a demandé si j'avais vu une petite fille. On a demandé si on pouvait organiser des recherches. Elle n'a pas trop insisté. Elle a poursuivi son chemin. Prsdt : Quel était son comportement ? - Très déroutant pour nous, il n'était pas très alarmant. On ne savait pas trop s'il fallait appeler la police ou organiser des recherches. Elle paraissait triste mais en même temps pas alarmée. Au début on a cru qu'elle venait juste de perdre sa fille de vue, et puis en discutant on comprend qu'elle s'est endormies et que ça fait plus longtemps que ça que l'enfant a disparu. Je lui ai prêté mon téléphone pour qu'elle appelle son compagnon, le sien n'avait plus de batterie elle a dit. Prsdt : Alors que le pompier a indiqué ce matin qu'il avait trouvé le téléphone dans la voiture... chargé. Elle parle des secours ? - Elle ne les avait pas appelés. On lui a demandé si elle voulait qu'on le fasse. Elle a dit non. Elle a quitté le parce et nous sommes entrés dans le parc. D'autres personnes cherchaient la fillette. On s'est dit qu'il y avait quelque chose de concret.. Me Renaud Portejoie, en défense pour Cécile Bourgeon, s'interroge : la première question de l'enquêteur qui auditionne ce témoin le lundi 13 mai, à 11 heures, porte sur le comportement de Cécile Bourgeon pas sur le déroulement des faits. Témoin : Il y avait un climat de doute, c'est peut-être moi qui ai cherché à savoir. Le témoin explique que le comportement ne lui semble pas suspect mais incohérent. Me Luciani : Le témoin a vu Berkane Makhlouf dans le parc. (il lit la déclaration du témoin à l'époque) "Lui n'a pas du tout le même comportement. Là je me dis qu'il était désespéré". L'avocat général relève la conduite d'une enquête objective : Je ne voudrais pas que l'on mette en doute la manière dont a travaillé la police. En effet, la première question est sur le comportement. Mais auparavant, monsieur, a eu le temps de s'exprimer sur les circonstances de la rencontre. Et ce n'est qu'à l'issue de l'interrogatoire qu'on lui pose cette question. Le président lit les déclarations qui appuient ses dires. Me Renaud Portejoie : Il n'est pas question de remettre en question le travail des enquêteurs, simplement de montrer que le mensonge faisait partie des hypothèses.
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Une voisine, Marie Gaulin, habitante de la même résidence que CB et BM Le jour J, j’étais partie avec ma copine me promener. En revenant, à un bâtiment d’intervalle du nôtre, on a croisé M. Makhlouf, qui nous a demandé un téléphone. Il nous a raconté que la petite s’était échappée, qu’il fallait la retrouver. Il nous a expliqué comment elle était habillée, avec un t-shirt Hello Kitty. Dans mes souvenirs, il disait qu’elle venait de s’échapper dans le quartier et cherchait du monde pour l’aider à la retrouver. Ça avait l’air d’être quelqu’un qui avait perdu son enfant, il était inquiet. Elle a vu une voiture grise arriver. A l'intérieur, "une femme blonde avec une petite fille derrière" a-t-elle déposé à l'époque quand elle a été entendue par la police. Là, elle ne se souvient plus. Elle précise n’avoir que de vagues souvenirs de cette soirée. "Lorsque l'on a appris l'histoire au parc... On s'est dit que les deux histoires ne collaient pas et c'est pour cela que l'on est allée témoigner". Avec une amie, elles étaient parties se promener au parc Montjuzet, où elles n'ont pas croisé Cécile Bourgeon, a vérifié le président. C'est en revenant, qu'elles croisent Berkane Makhlouf au pied des bâtiments de leur résidence commune. Témoin : "S'il me dit de chercher la petite dans la résidence, je ne vois pas le rapport avec Montjuzet" "Fiona, pour moi, elle était souriante, c’était une petite comme une autre, qui était là, qui jouait. Peut-être que je l’ai vu un bon jour". Elle précise qu’elle connaissait peu la famille, dans le quartier. Retour des problèmes techniques...(visio) Les assises passent outre la déposition d’une voisine, Yasmine Babaci. Le président lit toutefois ses dépositions de 2013. "Dimanche dernier, je me trouvais avec ma copine Marie (le témoin qui vient d'être entendu). M. Makhlouf est arrivé en courant pour demander un téléphone pour contacter Cécile Bourgeon. Cela sonnait mais personne ne répondait. Peu de temps après, une voiture grise est arrivée à notre hauteur. Une femme conduisait cette voiture. Il s’agissait a priori de Cécile Bourgeon, accompagnée d’Eva, selon le témoin. Elle s’écriait : "j’ai perdu mon enfant, j’ai perdu mon enfant". L'audience est suspendue
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Oui j'te l'fais pas dire ! Surtout c'est quasi "cas particuliers" à chaque fois.. Le préjudice moral est considéré préjudice corporel. La victime doit faire un état précis de son préjudice et fournir des preuves. Il existe des barèmes.
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Un autre pompier entendu, c'est lui qui a fait le premier bilan de CB. "Elle n'avait pas de crédit sur son téléphone. J'ai donné mon téléphone pour qu'elle appelle son conjoint pour savoir si la petite n'était pas rentrée à la maison". A 21h45. Sept minutes de conversation. Prsdt : Dans quel état était-elle ? - Elle n'était pas bien - Elle avait l'air inquiète ? - Oui elle avait l'air inquiète - Votre collègue a été surpris du détachement de cette dame par rapport à la situation... - Je ne sais pas... s'il l'a ressenti.. - Son pouls d'un homme au repos ? Une tension à 12-7 alors qu'elle a fait état de son hypertension ? Le témoin était focalisé sur l'urgence de retrouver la petite, il ne se souvient pas du comportement de CB.
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Les victimes et leurs ayants droits peuvent être indemnisées. Les ayants-droit des victimes décédées sont les enfants, parents, grands-parents, petits-enfants, frères et sœurs.
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Il y a le fonds de garantie, et oui je comprends ta question, mais c'est l'auteur de l'acte ou de la négligence à l'origine du dommage qui en porte la responsabilité civile. Cela veut dire que c'est lui qui doit indemniser la victime. Et là on peut dire que les accusés sont à l'origine du dommage par négligence. A confirmer néanmoins.
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Le pompier qui était dans l'ambulance avec Cécile Bourgeon le soir du 12 mai est à la barre. Le lendemain, il se présente spontanément au commissariat pour exprimer son ressenti. Il ne sait pas qu'il y a une enquête : j'ai senti que cette histoire n'était pas banale. J'ai discuté plusieurs fois avec madame Bourgeon pour lui demander de dire la vérité. Autre incohérence, la voiture de Cécile Bourgeon reste sur le parking du parc avec le téléphone, "qui avait de la batterie", précise le pompier. C'est lui qui est allé le chercher dans la voiture. La mère de Fiona part donc au commissariat à pied, distant de deux kilomètres. Prsdt : C'est une demi-heure de marche Le témoin ne sait pas. Cécile Bourgeon est enceinte. Témoin : Elle nous a dit être suivie pour une grossesse à haut risque, elle fait de l'hypertension. Prsdt : elle était sous l'effet de drogue ? Témoin : Elle ne paraissait pas soucieuse. Fatiguée, oui. Je n'ai pas remarqué de signes particuliers que peuvent avoir les toxico. Il n'y avait pas d'émotion. Je m'attendais à prendre en charge une femme en état de choc. Elle aurait perdu un animal qu'elle n'aurait pas réagit autrement. Elle répond aux questions calmement sans sanglots, aucun pleur. Quand je l'ai vu sortir du véhicule de police, j'ai senti qu'il y avait quelque chose de pas net. Me Canis : Vous pensez à quoi ? Témoin : Rien de particulier, enlèvement, une histoire familiale... Me Canis : Et lorsque vous la voyez en pleurs à la télé ? Témoin : Je me suis dit qu'elle aurait pu faire du théâtre. Le pompier lui a pris le pouls : 70 Me Lebert, partie civile : C'est bas, 70. Il n'y avait pas de traduction physique du pouls ? Témoin : non. (aucun stress)
