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Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 26/03/2024 dans Billets
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Ce n'est pas un tintamarre, rien d'un tohu-bohu, pas plus qu'un tintouin, c'est deux consonnes , un son qui parait ordinaire, et pourtant . Pourtant il met le chambard, même un raffut dans mon esprit mais en silence, il me donne envie de sautiller, de danser et de chanter, il me transforme, il me rend léger, je ne sais pas comment dire, peut être me rend il niais, change mon visage sérieux en un sourire idiot, mais je m'en fiche. Ton prénom est unique, il est ta personnalité, ton caractère, un son différent des autres, et l'entendre me surprend toujours dans la bouche de ceux qui parlent de toi, c'est mon lien lorsque que je suis loin, lorsque tu es loin, c'est la cloche qui dirige l'embarcation frêle perdue dans la brume. Alors je sens mon cœur battre en attendant sur le quai ou quelqu'un a crié ton prénom à quelqu'un d'autre Je sais que tu vas descendre avec ton sourire, je vais ouvrir mes bras à ta course pour me rejoindre, je vais t'embrasser et oublier nos prénoms.2 points
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Poussant la porte tout en cherchant la lumière à taton j' entrevoyais des formes dont la lumière venant du soupirail accentuait les contours. Les bruits de la rue sur les pavés , des talons qui renvoyaient l' image d' une jeune femme qui court. La lumière finit par me faire découvrir cet espace , des vieilles choses abandonnées et sans intérêt. Le propriétaire me laissait donc cet endroit pour stocker ce que je voulais. L' appartement au dessus m' était attribué et j' adore le quartier très vivant, piétonnier, des rues du moyen-âge qui attirent les touristes de partout , des petits bars sympas où filles et garçons rient à pleine vie. Je chassais les toiles d' araignées, balayais donc ma nouvelle propriété. En sortant, je laissais la porte ouverte pour aérer cet endroit sans vie sentant un peu le moisi . La rue, le soleil à la verticale éblouissait et forçait à fermer les yeux. Dans la rue pavée en pente vers le château, un petit bar, je m' essayais à la terrasse étroite et commandais une eau gazeuse au citron. De là je pouvais voir les deux fenêtres de mon nouvel appartement, puis mon téléphone sonna: - allo!. Un copain qui me cherche. - t' es où ? - j' arrive, impossible de me garer dans ton quartier je tourne depuis 40 mn. - ok, je te commande un demi je suis au bar du château. Je regardais les gens passer comme des étoiles filantes , comètes de passage laissant leur histoire comme une traîne que j' oublierai pour d' autres. Puis les habitués, l' épicier sur le pas de la porte qui discute au travers de la rue avec le dernier boucher. La vie ordinaire dont je suis le pivot, l' astre qui se déplace où des myriades de satellites plus ou moins gracieux gravitent , se renouvellent sans cesse. Je regarde l' élégance de cette fille haut perchée qui semble perdue... Mais mon pote arrive, s' assied , renverse mon verre..... - génial, ça commence bien, bon tu as garé ta camionnette où ? - sur la place près du tabac, les clés et les papiers sont sous le siège. - ok, merci, demain j' ai des choses dans la cave à balancer et ensuite je te la rends. - ok, bon j' y vais, je te laisse merci pour le demi, savoure ton verre! ( En riant) Alors je quitte aussi la terrasse pour récupérer la voiture et me garer plus près. Le vieux boucher m' a autorisé à ranger cette dernière dans la court derrière sa boucherie , ce sera plus cool pour sortir les vieux trucs de la cave. Et la soirée se passe. Ce sont les bruits de la rue qui me réveillent, j' ouvre la fenêtre, le patron du bar sort la terrasse tout en discutant avec le boucher. Le soleil est déjà haut et donne envie de bouger, je décide donc de commencer par vider la cave et garder mon après midi pour flâner dans les rues de la ville, le parc peut-être ou alors profiter de la voiture pour aller au lac et me baigner.. A la terrasse il y a une fille, sa tenue me fait penser à une guide ou quelque chose d' approchant, je scrute son insigne en me penchant un peu. Elle se tourne vers moi et pas trop fort mais bien senti quand même : - encore un pervers qui veut mâter . - absolument pas, je voulais voir votre insigne. - vraiment pourrie ta drague, pervers! Du coup je me penche sur mon café et regarde ailleurs un peu gêné. Puis je rentre dans le bar pour payer et je fiche le camp, la folle est toujours là, je l' ignore. Je passe devant sans un regard, la rue avec ses maisons à colombages descend à pic vers la place, je m' arrête chez le boucher pour lui dire que finalement je viderai ma cave aujourd'hui , si ça ne le dérange pas de squatter sa cour. Avec sa grosse voix qui résonne dans la boutique vide il me dit que non, du haut de son mètre quatre vingts un peu voûté et ses quatre vingt cinq ans , le gaillard est toujours là, comme ces sculptures des marchands qui ornent les colombages et soutiennent le temps qui passent. Mon gaillard, ça c'est sa phrase quand je prends un steak: - un beefsteak bien tendre , et en me regardant, pour un gaillard qui mange bien. Puis on parle de mon aménagement, il connait forcément toute l' histoire de la rue, la guerre, quand son visage s' assombrit et qu' il devient silencieux je vois presque défiler un temps que je n' ai pas connu. - bien qu' il me dit ,ce soir je te coupe un bon steak, et moi en l' imitant. _ pour un gaillard qui mange bien, et il tape ses mains sur son tablier blanc de ses grosses mains en riant. La boutique résonne, et me pousse dehors. Les clés et les papiers étaient bien sous le siège, et je regagnais la cour du "gaillard" pour vider ma cave. La porte ancienne grinçait et un peu dure à ouvrir , cette fois je trouvais facilement la lumière, le plafond n'était pas vraiment haut, je commençais par des vieux cartons, une vieille caisse en bois vermoulu, un vélo usé. Finalement moins de choses que j' imaginais débarrasser, aussi le plus encombrant un vieux fauteuil et une grosse plaque en ciment dont je me demandais à quoi elle avait servi, bon elle ne gênait pas vraiment, et je la laisserai sur place, ça me fera un coin de stockage, le fauteuil je verrai plus tard. Après un dernier coup d'œil je quittais l'endroit, passant sous la voute en granit je baissais un peu la tête . Je quittais la cour en laissant et les clés sous le siège et la voiture. Dans la rue, j'appelais mon pote , s'il voulait il pouvait récupérer son utilitaire , le commerçant est au courant. La rue et ses bruits, la terrasse et un verre après la poussière, tranquille. Mon pote me rappelle et derrière moi à une autre table, j' entends : - le pervers sans gêne, qui se croit chez lui. - je finis ma conversation en l'ignorant, sans me retourner. puis là j'entends - pas étonnant qu'il soit sourd à parler aussi fort dans la rue. Purée, c'est quoi cette nana, je prends sur moi pour ne pas me retourner et lui dire ce que je pense, quelle chiante! Puis c'est plus fort que moi, je me retourne et lui dis: .- tu m'aimes ou quoi pour me coller comme ça? - ppffff, qu'elle me fait la bouche en cul de poule, non, mais t' y crois. Dans la soirée je suis revenu dans mon nouveau quartier, après cette journée de juillet assez chaude, les touristes et les habitués cherchent un peu de fraîcheur, des couples se tiennent par la main, des enfants jouent sur les marches de la boucherie dont le rideau est baissé. Un chat sort du soupirail de ma cave, bon si il y a des souris pourquoi pas. il y a un peu d’ air qui remonte la rue, je sens l' odeur du restaurant un peu plus bas vers le milieu du trottoir gauche. En fait je me sens bien en me posant à la terrasse de mon bar préféré, les petites tables en métal rouge sont un peu bancales et quelqu'un a mis un carton à bière plié en quatre sous un pied de la mienne. Finalement rien n'est parfait sur les pavés mais c'est peut-être aussi ce charme qui me fait revenir, ces imperfections qui font le monde parfait qu' est le mien. Puis mon téléphone sonne, c'est mon pote qui arrive, je récupère l' échiquier au bar et commence à ranger les pièces pour une partie. Il arrive, met un coup de genoux dans un pied de table et fait tomber la moitié des pièces, ça, c'est tout lui. La partie se déroule tranquillement, une personne se plante au pied de la table pour suivre le jeu, je tiens mon front dans ma paume le coude posé sur le métal rouge ,je suis mon jeu, je sens que je vais faire mat au prochain coup. Mais je vois les chaussures de la personne du coin de l' oeil, le pantalon , la veste et l' insigne de guide, inutile de monter plus haut, la folle. Au moment où je veux avancer mon cheval pour faire mat, elle sort: - Le cheval en B3 et la partie est gagnée et elle part. Et j' avance mon cheval et gagne. Et mon éléphant dans un magasin de porcelaine s' exclame: - Le cheval en B3, elle avait raison. - tu es sûr qu'elle a dit B3, moi j' ai entendu bêta, elle te connaît ou quoi? Et nos rires montent dans la rue étroite vers l' infini. Le lendemain matin, je me lève tôt, c'est jour de marché , les parasols et autres couleurs ont recouvert les trottoirs, et les commerçants s' agitent devant la journée de labeur qui commence. Des odeurs arrivent jusqu'à à ma fenêtre ouverte sur la rue principale qui se profile au bout de ma rue piétonne, c'est une rue large d' après guerre et les bombardements, aux trottoirs immenses ou les marchands se sont installés, comme chaque semaine, la vie reprend son lit occupé par des voitures garées en épis sagement le reste de la semaine. Je contemple un instant le spectacle ordinaire puis je sors sur le palier, prends l' escalier en bois aux formes jolies et me retrouve sur le trottoir me mêlant aux badauds devant les stands multicolores. Mon appartement est situé à l' angle de deux rues, la rue Baudrairie et la rue d' Embas , le haut de la rue d' Embas pour être précis celle qui descend vers la place aux platanes majestueux, rue qui se finit par une tour,, vestige de l' ancienne ville et ses fortifications, porte de la ville. J' aime bien dire le haut de la rue d' Embas, comme un clin d' oeil à notre langue. Baudrairie, je crois que c'est un vieux mot qui dit la fabrication des buffets, bon pas certain. Bref je suis dans mon vieux quartier et c'est jour de marché.1 point
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C'est décidé, je vais écrire mes mémoires, allez, c'est parti. Mon stylo et hop j' attaque, bon il est où ce satané stylo? Je suis sûr de l' avoir vu ce matin, ou hier peut-être être mais ça c'est certain je l' ai vu. Non, pas dans la cuisine , pour faire quoi, hein, écrire une recette, quelle idée aussi de n' en avoir qu' un , la majorité en a plusieurs, enfin ça me semble logique. Tiens c'est quoi ce post it sur le frigo? Si tu cherches ton stylo petite tête tu l' as rangé dans le tiroir à couverts pour pas que les gamins jouent avec. Bon, je vais encore réfléchir un peu avant d' écrire mes mémoires...1 point
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Ils se tiennent par la main comme des enfants de maternelle, accrochés l'un à l'autre elle fragile lui la regardant en silence, on sent toute la tendresse dans son regard au bord des larmes. Ils s'assoient chaque jour sur le même banc et regarde le monde qui s'éloigne d'eux, ils murmurent des choses que je n'entends pas, il remet son écharpe avec gentillesse et compassion, les pétales des arbres en fleurs tombent doucement comme le temps qui passe. Ils sont proches, parfois ils sourient aux gens qui passent mais ne les regardent pas, plus. Ils sont enfermés dans leur passé et les gens du présent ne s'en soucient pas, ils courent après leur vie et en oublient le reste. Les amoureux du soir de leur vie ont quelque chose de tendre, dépourvu de toute mesquinerie, ils s'observent et plus besoin de parler beaucoup pour se raconter, et leurs mains se serrent encore avec cette passion libre des gens qui ne craignent plus rien, ne mentent pas, ils ne pensent que le moment présent et tourbillonnent comme un pétale de fleur au gré du vent printanier. Les éternels amants ont quelque chose d'attendrissant.1 point
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C'est un arbre planté au milieu de nulle part, c'est un arbre sans tuteur qui pousse sous le vent dominant, penché, un peu recroquevillé et pourtant chaque printemps il bourgeonne, fleurit et tente de donner ses fruits que personne ne vient cueillir, ses efforts sont vains. Son courage, sa patience à donner le meilleur de lui même finit aussi par se faner et l'arbre sans tuteur sans personne pour ramasser ses fruits, tailler ses branches qui l'étouffent. Puis il est attaqué de toutes parts, le lierre vient pousser sur son tronc déjà fragile, grimpe lentement jusqu'au bout de ses branches il finit par tomber sous le vent , le poids des remords et meurt en silence.1 point
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Vivement les beaux jours. Il pleut, il vente, on a eut cette tempête qui a cassé et déraciné les arbres majestueux, aujourd'hui encore le vent souffle et arrache les dernières feuilles, la nature se recroqueville, les escargots se cachent, les insectes sont à l' abri, les grives et merles sont sous les pommiers se gavant des dernières pommes pour passer l' hiver. Au loin des tronçonneuses rappellent les hommes, les chiens dans la vallée et la chasse mène la meute au son des cornes. Puis le silence retombe, le silence du mois noir (breton)où les jours sont les plus courts, et puis viendra Noël pour mettre fin à cette torpeur, à cette dépression du manque de lumière et égayer de ses bougies, de ses contes nos yeux d' enfants, l' adulte finalement est un enfant qui joue les grands, chut, je veux encore croire au père Noël, je déteste que l' on puisse me dicter ma conduite, que l' on veuille détruire ma crèche et mes rêves d' enfant. Alors je préfère le silence de la nef de ma petite église, sorte de bateau retourné que des hommes ont construit de leur mains de leur espoir, de leurs peurs et leurs joies, et même quand je ne suis pas croyant, je veux croire aux hommes et pousser mes racines dans cette terre qui est mienne, je sais que je ne suis que de passage, je comprends pourquoi cette chaîne dure depuis si longtemps elle est ce lien qui nous uni pour l' éternité. Puis viendra le premier de l' an et l'espoir , ces ombres hivernales diminueront avec la lumière qui revient, parfois sur le sol immaculé par la neige du mois de février, alors le soleil réchauffera la nature engourdie et tout recommencera, le miracle de la vie.1 point
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