Il suffit de demander à Baudelaire. Et encore, pas seulement : la plupart des écrivains de la fin XIXe et début XXe allaient aux putes ; c'est à cette "hygiène", comme il disait, que le grand styliste Huysmans avait fait ses premiers faits d'armes.
J'avais lu ce texte lorsque tu venais de le poster, mais même avec du recul, j'ai toujours l'impression d'un double-niveau : autant on peut interpréter cela comme le débat entre joie et intelligence — et à mon avis (mais peut-être devrais-je poster sur le topic en question), tout tient au fait que l'intelligence permet à quelqu'un de relativiser les choses non plus à l'échelle de sa petite vie et de son environnement immédiat, mais à une échelle plus haute, d'abord celle de l'environnement de ses proches, puis d'une ville, d'une nation, puis à l'humanité... puis à au-delà, où l'on se rend compte que ladite humanité n'est au final pas grand-chose. Plus l'on relativise ainsi, plus les destinées personnelles et les individus se diluent jusqu'à n'apparaître que comme des vagues, avec parfois quelques noms, quelques dates, donnés pour s'y repérer un peu mieux. Idem lorsque l'on relativise sur l'axe non plus de l'espace, mais du temps : que l'histoire a-t-elle une courte histoire! ... Grosso modo, plus quelqu'un est intelligent, plus il est capable de relativiser - et il est aisé de déprimer lorsque l'on relativise. Du coup il y a corrélation, sans que le lien de cause à effet soit direct ni irrémédiable, entre intelligence et mélancolie. Bref. Retour au texte : j'ai parfois l'impression de le lire comme la forme le déguise, comme une complainte d'une compagne un peu conne.