Avancer à son rythme
Je me sens bien. Beaucoup de nouveauté, j’ai déjà l’impression que ça fait 1 mois que j’ai repris, alors que ça ne fait que 2 semaines.
J’ai réellement eu la pensée, "attends, mais c’est normal de se sentir aussi bien ?". Oui, peut-être parce que je vais juste bien (sans me vanter bien sûr, enfin si, c’est bon je me vante) x) Enfait, je me rends compte qu’avant, la tristesse était ma norme, pour la majeure parti de mes années d’études. Alors, je réappprends à changer ma normalité.
Enfait, je suis heureuse d’enfin avoir l’impression d’avancer, parfois je trébuche toute seule, parfois on me fait des croches pattes, mais la plupart du temps, les gens même ponctuellement m’aident à me remettre droite.
Des fois, on oublie que chacun avance à son rythme, que ça aide pas de se dire qu’on est en retard dans tel ou tel domaine, et surtout de se comparer avec des gens qui n’ont même pas les mêmes problématiques que nous. Moi la première, ces pensées m’ont bloqué pendant longtemps, donc l’impression de décalage se creusait encore et encore.
De toute façon, y a des moments où ce sera la stagnation, voir parfois la chute, mais aussi des moments de progression qu’il faut profiter au maximum quand ils sont là. Si y a bien une chose sur laquelle on peut agir, c’est bien le regard qu’on porte à nous même. Je pense qu’il faut essayer de rationaliser la chose : "je suis comme ça, mais j’essaye de progresser en faisant ci…ça…", "en ce moment, je n’y arrive pas, et c’est ok, ça arrive", "les autres n’ont pas les même difficultés que moi, ils galèrent aussi, mais dans d’autres domaines ".
Pour le regard que peut porter la société, c’est plus compliqué. Le regard de la société peut être très dure par moment.
Moi, ça a déjà été “mais t’es une enfant” parce que j’étais tête à l’air pour gérer mes mails et capter les infos importantes
"Est ce que vous faites ce domaine parce que c’est à la mode ?" parce que j’étais encore perdue sur ce que je voulais faire exactement, et j’étais hésitante
Me traiter littéralement comme une enfant, en s’adressant à mon parent plutôt qu’à moi parce que je cite "elle a l’air toute timide" (la question portait sur ce que je faisais dans la vie)
Mais pour d’autres, je peux imaginer des choses de ce style :
- celle qui chercherait encore sa voie ce serait "Tu es grande, tu sais toujours pas ce que tu veux faire dans la vie ?"
- celui qui tenterai de se lancer sur les réseaux sociaux pour montrer son évolution dans l’apprentissage d’un instrument de musique "tu devrais t’arrêter là, c’est peine perdu"
- celle qui se retrouve dans un domaine majoritairement masculin, et se retrouve avec des remarques sexistes
- celui qui s’expose, qui crée un projet, en parle autour de lui pourrait entendre des choses du type "de toute façon, tu ne fais ça que pour l’argent", "encore un qui se prend pour un génie"
- celui en dépression, qui se recevrait des remarques du type "tu pourrais faire un effort", "il suffit de faire ci… il suffit de faire ça…"
- celle qui n’a jamais été en couple à 25 ans qui pourrait entendre des remarques "t’as toujours pas de petit copain ? ne finis pas vieille fille hein"
Je sais distinguer la bienveillance, les critiques constructives du jugement, rabaissement et préjugés. Même si parfois, la limite peut être extrêmement fine qui pourrait être simplement de l’ignorance ou méconnaissance de certains sujets, de simples maladresses, qui pour moi ne partent pas forcément d’une mauvaise intention mais peuvent blesser
On ne peut pas changer la société, elle est comme ça, elle est humaine. On pourrait potentiellement changer les mentalités mais à mon avis ça prendrait énormément de temps.
Par contre, on peut parler autour de soi (ou sur les réseaux pour les courageux), et surtout, apprendre à passer outre. Préserver, et utiliser la majorité de son énergie, la où elle est utile, et pour les personnes ou les choses qui apportent du bien et qui en valent la peine.
Par exemple, c’est comme débattre, je sais que avec certaines personnes ça ne sert à rien de débattre (faute d’avoir essayé de nombreuses fois), aucune remise en question, alors pourquoi continuer à parler à des murs indéfiniment ? Peut être ces personnes là, vous les aimez, mais vous mettrez pas votre énergie à argumenter avec eux pour autant.

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