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lastel

L'enfer

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Je déambule au milieu de ces meubles, témoins principaux de ce qui nous est arrivé, de nos premiers instants, premiers ébats, premiers hurlements... Mais aussi derniers.

Mes amis riaient je le sais, d'une joie sale, qui était celle d'enfin me voir traverser ce dont ils m'avaient parlé.

Oui, j'aurais dû savoir que ce n'était qu'éphémère. En étant aveuglé, on ne reconnait pas certaines choses.

En étant aveuglé, on ne peut voir l'autre s'éloigner, jusqu'à-ce que tout s'éteigne de façon brusque.

L'enfer, ce n'est pas les autres, l'enfer c'est de t'aimer, et de te voir en aimer d'autres.

Alors je noie le feu qui me consume. Mais l'alcool ravive parfois les flammes. Et je suis là, à hurler ton nom au fond de mon verre, comme pour lui reprocher l’amertume de ton départ.

Et quelque soient les chemins que j'emprunte, tous ne font que me mener à ma peine.

Et le fil des saisons me fait mal. Le soleil, le vent et la pluie sont emplis de ton souvenir qui m'est aussi douloureux que cher.

Je me meurs de toi.

lastel

"Désolé..."

Jamais je n'aurais pensé qu'il puisse un jour se passer quoi que ce soit entre nous.

« Je n’ai plus qu’une idée ; j’y pense le jour, et j’y rêve la nuit. J’ai bien besoin d’avoir cette femme, pour me sauver du ridicule d’en être amoureux : car où ne mène pas un désir contrarié ? Ô délicieuse jouissance ! je t’implore pour mon bonheur et surtout pour mon repos. Que nous sommes heureux que les femmes se défendent si mal ! nous ne serions auprès d’elles que de timides esclaves. » Les Liaisons dangereuses - Lettre IV C. De Laclos

J'ai fini par céder à tes insistances, mais pas seulement. Je me suis abaissée à t'appeler amour et à t'offrir mes sentiments les plus purs. Dès lors, j'étais tienne.

Pendant quelques temps, cette situation t'a convenu.

Puis, et comment t'en blâmer, tu t'es lassé. Où sont les charmes et l'intêret d'une femme acquise après tout ?...

(...)

En un seul moment, votre vie entière peut prendre un tournant auquel vous ne vous attendiez pas.

Ce qu'il vient de dire pénètre mon esprit lentement, il me faut quelques secondes pour comprendre le réel sens de ses paroles.

Mais... Tu m'avais dit "pour toujours", c'était tes mots.

Alors que tout un monde s'écroule en moi, j'élève ma main, la paume tournée vers le ciel et touche sa nuque.

Je ne peux pas imaginer la vie sans toi et moi, toutes ces choses que je ne peux m'imaginer faire ou voir sans toi... S'il te plait, s'il te plait... je t'en supplie...

Il approche sa main de là où repose la mienne, ses doigts s'enroulent autour des miens...Pour doucement me repousser.

Le désespoir m'ordonne de l'enlacer, comme pour effacer ce qui vient de se passer. Je cherche son regard pour qu'il m'écoute.

Tu ne peux pas tout abandonner, pas après tout ce qu'on a vécu, tu ne peux pas briser ça...

Il se dégage de mon emprise, et me fixe, le regard vide de toute émotion.

Je t'en supplie, laisse-moi te montrer que l'on peut arranger les choses. Je peux changer, je peux évoluer, tu peux en aimer d'autres si il le faut mais garde moi je t'en prie...

Ses yeux se ferment quelques secondes qui me semblent durer une éternité. Quand il les ouvre à nouveau, son regard est rivé au sol. C'est à ce moment là que je comprend que je l'ai définitivement perdu.

Quand les larmes me montent aux yeux, il me tourne le dos, fait un pas puis se retourne, me jette un dernier regard, et s'éloigne pour de bon.

Et je suis plantée là, je ne peux plus rien dire. Parce que tout s'est évanoui. Je ne peux plus me rattacher à quoi que ce soit. C'est fini.

Ce texte est une reprise de "Désolé!" écrit le 4 Novembre 2011 ainsi que de "Au moins trois caractères" écrit le 18 Novembre 2012