• billet
    1
  • commentaires
    2
  • vues
    1 115

Billets dans ce blog

mamidu67

mémoires malagasy

Nosy Komba

forumfr portail de forums

Toute ressemblance avec des personnages existants n'est absolument pas fortuite...en fait je ne risque pas grand chose, je ne vois pas en quoi un mainate pourrait me chercher des "noises" pour divulgation sur internet d'éléments qui concernent sa vie privée, quand aux autochtones perdus dans leur poussière d'île, sans informatique, sans point presse, voire sans électricité, ils n'ont rien à faire de mes élucubrations... Et puis il y a si longtemps de cela.. qu'il doit y avoir prescription.

On est prié de ne pas donner à boire au mainate!

Je crains qu'il ne soit trop tard, il y a pris goût. Nos punchs tiédissent sur la table et la conversation languie, c'est l'heure de l'apèritif, ou plutôt d'une petite soif entre la plage et une ançienne maison de missionnaires que nous louons pour l'été.

j'aime cette maison sur son promontoire ,serrée à l'arrière par la jungle, donnant sur l'avant vers la baie. J'ai ouvert, cette année encore, avec délice, les volets verts qui donnent sur la vaste varangue avec le sentiment d'être enfin arrivée. Demain sur le toit de tôle, les lémuriens donneront une fantasia en notre honneur. Il faudra penser aux bananes, pas trop ils deviendront vite encombrants.

On est prié de ne pas donner à boire au mainate!!!

Personne ne donne à boire au mainate! Mais la chaleur fait s' exhaler de nos verres abandonnés une douce odeur de rhum et de vanille qui font chavirer les sens de Coco. On lui a rogné les ailes de crainte qu'il ne s'enfuit, précaution inutile, un ivrogne ne s'éloigne guère de son bistrot préféré.

En sautillant, l'air de rien, il avance sur la rampe de la varangue, un coup d'oeil à droite puis à gauche, pour s'assurer que le torchon de cette souillon de Yoyo ne va pas lui voler dans les plumes, et il saute au milieu des verres. Une main compatissante (mais assassine!) penche un peu la coupe, et Coco, sans vergogne s'adonne au plaisir. La chose faite, il regagne sa rampe prêt pour une sieste aux rêves éthyliques. Nous l'observons sur son perchoir oû il tangue comme un marin ivre.

Yoyo, qui, non loin de là, arrose ses pourpriers, s'aperçoit des dégats, elle a un mouvement d'humeur... Mais sourire commercial aux lèvres, elle vide sa rancune et le reste de sa cruche sur l'animal.

Coco suffoque, s'ébroue, reprend un semblant de dignité, puis lâche à son encontre une bordée d'injures, en mainate, que pour la décence je ne traduirai pas.