Galen
mercredi 17 septembre 2008 à 20:46
euh, as-tu téléchargé le rapport de Brisset et l'as-tu lu ?
Quelques extraits qui expriment, ce que je pense, beaucoup mieux que je n'aurais pu le faire (oui, c'est long, mais pour un sujet si important, c'est nécessaire) :"...Hyperréalistes, les images pornographiques fournissent une représentation de la sexualité que les enfants ne peuvent intégrer. Il arrive, ajoute-t-il, que de telles images figurent dans les ingrédients du passage à l’acte.
Chez un jeune enfant , pré-pubère, et l’on sait qu’un certain nombre d’élèves des écoles primaires ont eu accès à de telles images, celles-ci le renvoient à la représentation de sa propre conception par ses parents, représentation qu’il avait imaginée, fantasmée, bien autrement ; les images très crues auxquelles il est confronté n’ont aucun rapport avec ce qu’il avait imaginé. Il est alors soumis à des représentations dont le potentiel émotionnel le débordent totalement. Il s’agit là, ajoute le Pr Jeammet, d’une véritable effraction, de l’intrusion d’une problématique d’adultes dans le monde des enfants qui brise l’un des ressorts de son respect pour le monde des adultes. Il peut y avoir là, soulignent les Pr Jeammet et Bernard Golse Professeur de pédo-psychiatrie à l’hôpital Necker (Paris) , un effet littéralement traumatique qui se traduit parfois, chez certains enfants, par un désinvestissement scolaire, le refuge dans l’imaginaire, l’impossibilité de passer à l’abstraction. Ce traumatisme, ajoute le Pr Huerre peut être absorbé en apparence, par le système de défense de l’enfant, demeurer en sourdine dans son appareil psychique et resurgir plus tard, à l’occasion d’un évènement, même d’apparence minime, qui entrera en résonance avec ces images enfouies. L’effet peut alors être véritablement dévastateur."
L'impact dramatique du visionnage de film porno pour l'équilibre d'un enfant est bien souligné !
Par contre, personne ne peut nier , ni empêcher d'ailleurs, le flot d'images violentes et parfois pornographiques que reçoivent les enfants.
Et l'objet du rapport visait à proposer des solutions pour limiter les dégâts." Fournir à l’enfant une contrainte éducative, ajoute le Docteur Jeammet, c’est pour lui un facteur de liberté, c’est lui permettre d’affirmer sa différence, réintroduire une distance, donc protéger son espace propre, celui de l’enfance et de l’adolescence. Enfin, projeter trop tôt les enfants et adolescents, fut-ce par l’image ou le message, vers des activités pour lesquelles ils ne sont pas prêts, c’est les nier dans leur identité, c’est leur refuser le plaisir de la découverte......
Si nos interlocuteurs sont très critiques à l’égard d’une forme d’éducation à la sexualité qui, précisément, les heurte dans leur représentation par des images abusivement explicites, tous souhaitent que les enfants soient formés à décrypter les messages et les images dont ils sont abreuvés. Il ne s’agit évidemment pas, souligne le Docteur Pommereau, de faire absorber à l’enfant des images inassimilables par lui mais de le conduire à comprendre les mécanismes de leur fabrication, de sorte qu’il cesse d’en être le jouet, qu’il puisse mettre une distance entre lui et ce que la société lui propose...."