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29 octobre 1965. Enlèvement de Ben Barka, son corps ne sera jamais retrouvé


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29 octobre 1965. Enlèvement de Ben Barka, son corps ne sera jamais retrouvé

Mehdi Ben Barka (né en janvier 1920 à Rabat, Maroc - disparu le 29 octobre 1965 à Fontenay-le-Vicomte) était un homme politique marocain, principal opposant socialiste au roi Hassan II et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste.

Le 29 octobre 1965, devant la brasserie Lipp à Paris, Ben Barka fut enlevé et son corps ne fut jamais retrouvé. Après quarante années d'une enquête judiciaire qui n'est toujours pas terminée, l'implication des pouvoirs politiques marocain et français dans cet enlèvement reste controversée. Ce crime, dit affaire Ben Barka, est souvent évoqué pour dénoncer :

  • la politique clientéliste franco-africaine symbolisée par Foccart ;
  • les années de plomb sous le roi Hassan II, ce qui a longtemps gelé les relations franco-marocaines ;
  • les dysfonctionnements graves des pouvoirs exécutif, judiciaire et médiatique, tant en France qu'au Maroc.

L'enlèvement devant la brasserie Lipp, à Paris le 29 octobre 1965 à 12 h 30

Alors qu'il est chargé d'organiser la participation des mouvements révolutionnaires du tiers-monde à la Conférence tricontinentale qui devait se réunir à la Havane en 1966, Ben Barka se rend à Paris pour un rendez-vous avec des cinéastes ayant un projet de films sur la décolonisation : le journaliste enquêteur Philippe Bernier, le prétendu producteur Georges Figon et Georges Franju. Pour définitivement le convaincre du bien-fondé de ce projet, Georges Figon avait auparavant convaincu Marguerite Duras de donner son accord de principe pour être scénariste du film et Georges Franju comme réalisateur.

Le 29 octobre 1965 à 12 h 30, devant la brasserie Lipp du 151 boulevard Saint-Germain de Paris où il devait retrouver ses interlocuteurs, Ben Barka est interpellé par deux policiers français, l'inspecteur principal Louis Souchon (chef du groupe des stupéfiants à la Brigade mondaine) et son adjoint Roger Voitot, qui le font monter dans une voiture au côté de Le Ny, homme de main de Georges Boucheseiche. Prétextant qu'il doit rencontrer une haute personnalité, les policiers emmènent Ben Barka dans la propriété de Georges Boucheseiche à Fontenay-le-Vicomte. Le 30, le général Oufkir et le colonel Dlimi se rendent dans cette propriété. Le 31 octobre 1965, sa disparition est signalée aux autorités françaises par son frère qui dépose une plainte. Dès lors, Ben Barka ne sera plus jamais revu.

Deux jours plus tard, Jacques Derogy et Jean-François Kahn publient dans le magazine l'Express un article intitulé « Les étranges coïncidences de l'affaire Ben Barka » qui dénonce un « scandale politique » derrière ce qui aurait pu apparaître comme un crime crapuleux. Le magazine par la voix de son directeur, Jean-Jacques Servan-Schreiber, prend fait et cause pour que soit levé le mystère autour de cet enlèvement. Les nombreux articles publiés pendant les semaines qui suivent, en respectant le principe de protection des sources d'information des journalistes, citent nommément le général Mohammed Oufkir, ministre marocain de l'Intérieur et chef des services secrets, arrivé à Paris quelques jours avant l'enlèvement et reparti presque aussitôt, le 5 novembre. Le 10 janvier 1966 le journal publie le témoignage de Georges Figon avec en une le titre « J'ai vu tuer Ben Barka ». Ce dernier se serait suicidé une semaine plus tard, ajoutant encore au scandale. La France lance alors un mandat d'arrêt international à l'encontre du général Oufkir.

Le procès qui s'ouvre le 5 septembre 1966 confirmera que l'enlèvement de Mehdi Ben Barka a été organisé par Miloud Tounsi, alias Chtouki, agent du Cab 1 (une des unités des services marocains ultra secrète) et Antoine Lopez (dit « Savonnette »), chef d'escale d'Air France à l'aéroport d'Orly. Ces deux hommes ont en effet contacté les différents protagonistes du projet de film sur la décolonisation afin d'appâter Ben Barka, Lopez recourant aux services de Souchon. Cette opération a aussi impliqué à des degrés divers trois autres personnages obscurs : Georges Boucheseiche et ses hommes de mains, Jean Palisse et Pierrot Dubail.

Lors du procès Ben Barka, Lopez fut fortement soupçonné d'avoir agi sur instructions du général Oufkir, et le 7 juin 1967, le verdict fut ainsi prononcé : les deux policiers (défendus par Maître Floriot) furent condamnés à 8 ans et 6 ans de réclusion criminelle, Antoine Lopez à 8 ans.

Le général Oufkir et les quatre membres de la pègre parisienne quant à eux réfugiés au Maroc, furent condamnés à la perpétuité par contumace mais le roi Hassan II refusa toujours d'appliquer les condamnations ou d'extrader les condamnés. Le général Oufkir sera exécuté cependant quelques années plus tard après un coup d'État manqué contre le roi du Maroc (Gilles Perrault, Notre ami le roi). Le colonel Ahmed Dlimi qui est venu lors du procès se constituer prisonnier, Philippe Bernier, Roger Voitot et Marcel Leroy-Finville sont acquittés.

Lors de sa conférence de presse du 21 février 1966, le général de Gaulle déclare : « Du côté français que s'est-il passé ? Rien que de vulgaire et de subalterne. Rien, absolument rien, n'indique que le contre-espionnage et la police, en tant que tels et dans leur ensemble, aient connu l'opération, a fortiori qu'ils l'aient couverte. » Cette fameuse affirmation sera contredite par les découvertes ultérieures : le SDECE (ancêtre de la DGSE) était bien au courant de l'enlèvement projeté. Dès l'enlèvement du leader tiers-mondiste, cette affirmation nette de De Gaulle est mise en doute : si le corps de Ben Barka a quitté la France, peut-on vraiment transférer un cadavre (ou un homme inconscient) par avion de Paris à Rabat, sans se faire arrêter par la police aux frontières ? En 2006, l'ex-commissaire Lucien Aimé-Blanc publie des écoutes téléphoniques de l'époque montrant que les services français surveillaient déjà tous les hommes ayant pris part à l'enlèvement .

Source.

http://www.youtube.com/watch?v=I8g7vc7KdR8

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