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Madii

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  • Date de naissance 19/08/2008

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  1. Bonjour a toute et a tous , je vous invite a publier ici vos histoire et a lire celle des autre. CHAPITRE 1 : PEYTON C’était une journée qui commençait comme toutes les autres, mais je me sentais particulièrement bien et je me tenais prête à toute éventualité. Je partais pour le lycée , c’était ma dernière année. Elle avait commencé il y a 2 mois. Je rentrais. Le lycée n’avais toujours pas changé. toujours les mêmes murs . Les mêmes élèves , les mêmes profs. J’était heureuse de retrouver mes amis et de leur raconter toutes les conneries auxquelles j’avais pensé pendant le week-end. Emma et Leane arrivèrent en courant, comme à leur habitude. — « Apparemment, il y a un nouveau qui arrive aujourd’hui », dit Emma d’un ton enjoué. — « C’est vrai ? Trop cool ! » dis-je, toute heureuse, car j’adore rencontrer de nouvelles personnes. — « On parie combien que toutes les filles vont être “amoureuses” de lui ? » dit Leane, un peu saoulée. — « Sûrement », répondit Emma. — « Ça dépend s’il est beau ou pas », ajoutai-je, un sourire aux lèvres. Dix minutes plus tard, toute la classe se rendait en cours de mathématiques. Le bruit constant s’interrompit quand la prof annonça : — « Il y a un nouvel élève aujourd’hui, il s’appelle Alex. » Lorsque je levai les yeux pour voir à quoi il ressemblait, mon cœur battit plus vite qu’à son habitude. — « Waouh », soufflai-je sans m’en rendre compte. Alex me regarda avec un sourire aux lèvres quand il annonça : — « Je m’appelle Alex Yves et je viens de Bordeaux. » Leane se tourna vers moi : — « Visiblement, c’est toi qui es tombée amoureuse », dit-elle d’un ton moqueur. — « Pas du tout, j’ai juste été surprise », répondis-je sans lâcher Alex des yeux. Il avait des yeux sombres irrésistibles et des cheveux noirs intenses qui retombaient délicatement sur son front. Il portait un jean baggy et un pull qui lui allait particulièrement bien. La prof lui indiqua de s’asseoir où il le souhaitait. Bien sûr, comme dans tous les clichés, il ne restait qu’une place à côté de moi. Je ressentis une étrange émotion, une sensation que je n’avais jamais éprouvée auparavant. Nous passâmes alors le cours entier à nous raconter nos vies. Puis, soudain, Alex me demanda : — « Tu as un petit ami ? » Mon cœur s’accéléra de nouveau. Pourquoi voulait-il savoir ça ? — « Heu… non, et toi ? » dis-je, les mains tremblantes. — « Désolé, je t’ai gênée, ce n’était pas mon intention, je voulais juste faire la conversation. » m’expliquat il, d’un ton gênée . — « Non, tu ne m’as pas du tout gênée, c’est juste que je ne m’y attendais pas… » Il y eut un blanc qui dura presque dix minutes. Alex souffla doucement : — « C’est étrange…» Je ne pus me retenir : — « Qu’est-ce qui est étrange ? » — « Je te connais depuis moins de deux heures, mais je me sens déjà bien avec toi. » Impossible pour moi d’arrêter de rougir et de sourire. — « Attends de mieux me connaître… tu serais sûrement surpris », m’exclamai-je d’un ton sarcastique. Alex me regarda, intrigué et amusé, un petit sourire aux lèvres. — « Ah oui ? Et qu’est-ce que je risque de découvrir ? » demanda-t-il, curieux. Je haussai les épaules, amusée : — « Oh, tu verras… je ne suis pas toujours aussi sage que je le laisse paraître. » Un silence complice s’installa. Nos regards se croisèrent, et pour la première fois, je sentis que ce moment resterait gravé dans ma mémoire. J’étais dans la queue pour aller au self lorsque j’aperçus Alex, tout seul, assis dans la cour. Sans réfléchir, je me mis à courir vers lui. — « Qu’est-ce que tu fais ? » cria Emma, qui ne comprenait rien. — « Je pense qu’elle va voir le nouveau… » dit Leane, un peu surprise. J’arrivai à sa hauteur quand Alex se leva en souriant : — « Pourquoi tu cours ? Tu te prépares pour le marathon ou quoi ? » Je laissai échapper un rire, presque sans m’en rendre compte. — « Non… je t’ai vu tout seul, je voulais juste te demander si tu voulais manger avec moi et les filles. » — « Avec plaisir », répondit-il, enjoué. Nous marchâmes ensemble pour rejoindre les filles. Une fois à table, Leane se tourna vers Alex : — « Et sinon… tu as une petite copine ? » Nous échangeâmes un regard complice et éclatâmes de rire. — « Pourquoi vous rigolez ? » demanda Emma , curieuse. — « Rien… et non, je n’ai pas de copine », répondit Alex avec un sourire. Après le repas, nous sortîmes dans la cour. Tout le monde riait et parlait quand Leane me lança : — « Et donc, tu comptes nous abandonner pour lui ? » Mais Alex, qui était un peu plus loin, s’approcha avec un sourire malicieux : — « Hé, tu veux qu’on fasse un défi ? » — « Un défi ? » demandai-je, intriguée. — « Oui… celui qui réussit à faire rire l’autre le plus de fois gagne. » J’éclatai de rire : — « Tu crois vraiment pouvoir te mesurer à moi ? » — « Je n’ai jamais perdu », répondit-il, sûr de lui. À partir de là, nous commençâmes à nous lancer des blagues et des taquineries. Chaque rire rapprochait un peu plus nos regards. Les filles, un peu plus loin, nous regardaient étonnées. — « Le courant passe si bien entre eux ! » s’étonna Leane. — « C’est vrai que c’est plutôt étonnant », répondit Emma. J’adorais être amoureuse, et quand c’était le cas, ça se voyait immédiatement. J’avais déjà eu quelques relations, mais les filles ne m’avaient jamais vue aussi à l’aise et confiante avec un garçon… et pourtant, je ne le connaissais que depuis quelques heures. Nous montions les escaliers pour aller en cours de technologie quand mes pieds décidèrent de se prendre dans les marches et de me faire tomber. Alex me rattrapa. Nos regards se croisèrent et je sentis mon cœur battre de plus en plus vite. — « Tu vas bien ? » me demanda-t-il, toujours le sourire aux lèvres. — « Oui… merci », murmurai-je, un peu gênée mais heureuse. Je rentrais chez moi en marchant quand, d’un coup : DRING DRING. Une notification. Je regardai mon téléphone : Alex m’avait écrit. — « Salut, tu vas bien ? Tu fais quelque chose ce soir ? » Mes yeux s’illuminèrent. — « Ça va, et toi ? Non, je ne fais rien, pourquoi ? » Il ne répondit pas tout de suite. Une fois rentrée chez moi, toujours rien. À 19h, je commençais à me vexer quand ma mère m’appela : — « Peyton, ton ami est là ! » Je descendis, surprise. — « Mais ?! Qu’est-ce que tu fais là, Alex ? » — « Je m’ennuyais, tu me manquais, je suis passé te voir. » Je rougis. — « Tu montes ? » — « Attention, s’il se passe quoi que ce soit, tu ne pourras plus voir ma fille », prévint ma mère. — « D’accord », répondit Alex calmement. Dans ma chambre, je lui demandai tout d’un coup : — « Pourquoi tu es là ? Pourquoi tu ne répondais pas ? » — « Je voulais te faire une surprise. » Après une heure de discussions et de fous rires, Alex repartit. — « Envoie-moi un message quand tu seras arrivé ! » — « Promis. » Je me couchai à 23h, sans m’en rendre compte. Le lendemain, Emma et Leane me demandèrent : — « Pourquoi tu ne répondais pas ? » — « J’étais… occupée », répondis-je en souriant. Plus tard, j’entendis Mélissa se vanter : — « De toute façon, il tombera amoureux de moi. » Je sentis la colère monter, mais Alex arriva : — « Ça va, Peyton ? » La colère s’estompe quand je le vus. À la pause déjeuner, Mélissa tenta sa chance : — « Tu manges avec nous ? » — « Non, je mange déjà avec quelqu’un. » repondit Alex. Elle compris très vite de qui il parlait. Visiblement énervée, elle me fit un croche-pied. Alex me rattrapa. Encore. — « Je m’en charge », murmura-t-il, d’un ton sec Il s’approchât d’elle : -« ha tu a changé d’avis finalement ? » ricanât Mélissa Il lui chuchotât quelque chose . Mélissa resta sans voix. Je souris. Il venait de prendre ma défense. CHAPITRE 2: ALEX ( le landemain ) J’étais chez moi et je repensais au sourire de Peyton quand je l’ai défendue. Elle avait l’air si heureuse… Je me demandais bien pourquoi. Je veux dire, cette fille est parfaite. Je ne suis tout de même pas le premier à prendre la défense de cette merveilleuse fille, si ? J’attendais désespérément un message de sa part. Mon téléphone sonna. Enfin. — « Hey, tu vas bien ? Tu fais quoi ce week-end ? Je voulais te proposer de sortir avec Emma, Leane et moi . Et si tu veux tu peux ramener un ou deux de tes amis. Voilà, bisous. » Bisous. Elle m’a dit bisous. Je répondis : — « Salut, je vais bien et toi ? Je n’ai rien de prévu ce week-end et ce serait cool de sortir avec vous, mais tu sais que je ne me suis pas vraiment fait de potes ici, à part toi… » Elle répondit aussitôt : — « Oh, eh bien si tu veux, tu peux ramener un ami de ton ancien lycée, ce n’est pas dérangeant. » Je n’eus pas besoin de réfléchir longtemps avant d’appeler mon meilleur ami. — « Allô ? » — « Allô, tu vas bien ? » — « Oui, et toi ? » — « Ça va. Tu voulais me dire quoi ? » — « Ça te dirait de sortir avec moi et Peyton ? » — « Peyton ? » — « Tu sais, la fille dont je te parle presque tous les jours. » — « Ah, cette fille-là… Mec, je vais pas te mentir, j’ai la flemme de sortir. » — « Il y aura deux autres filles, et elles sont célibataires. » — « C’est à quelle heure ? » — « 16h, samedi. » J’envoyais un message a Peyton. —« du coup , j’ai invité mon meilleur ami. J’espère que ça vous va . » —« pas de soucis Alex. A samedis. » CHAPITRE 3 (Il y a des années) : Alex « Cette année, je veux arrêter de me laisser faire. » C’est ce que je m’étais déjà dit l’année dernière, en sixième, mais cette fois, j’y croyais vraiment. Enzo arriva. Je savais ce qu’il m’attendais. Mais je n’allais pas me laisser faire . Pas cette fois. Il prit mon carnet d’écriture. Il invita tout le collège a s’approchait de lui. — « Hé ho ! Tout le monde, approchez ! » Il criât ce que j’avais écrit sur cette fille : — « Cette fille me plaît… enfin, je crois. On ne se parle jamais, mais elle est magnifique. » Il éclata de rire. — « Alors comme ça, on est amoureux, le mioche ? » À ce moment-là, un élan de courage me prit. — « NON ! STOP ! J’en ai marre ! Laisse-moi tranquille, arrête de te moquer de moi ! » Il ricana. — « Oh, regardez-le… le môme veut jouer les héros. Je pense que tu as oublié à qui tu as affaire. » Il commença à me donner des coups de poing. Ma lèvre saignait. Je voyais trouble . J’étais incapable de faire quoi que ce soit. Je m’apprêtais à recevoir un deuxième coup quand, en ouvrant les yeux, je vis un garçon devant moi, me protégeant. J’aurais voulu lui dire d’arrêter, mais je n’eus pas le temps : je tombai dans les pommes. Je me réveillai à l’infirmerie, avec ce garçon assis à côté de moi. Je le reconnus aussitôt. Attends… C’est Cael. Cael, le garçon avec qui toutes les filles veulent sortir. Ce Cael-là. Je n’arrivais pas à comprendre. Comment ce garçon avait-il pu vouloir prendre la défense du mec ringard du fond de la cour A cette instant, c’était mon seul ami. CHAPITRE 4 : Peyton Je finissais de me préparer quand j’entendis sonner à la porte. — « J’ARRIVE ! » criai-je. J’ouvris la porte : Alex était là, accompagné d’un de ses amis. — « Bonjour, vous allez bien les gars ? » — « Ça va, et toi ? » — « Ça va. Je suppose que tu es Cael, je me trompe ? » demandai-je. — « Non non, c’est bien moi. » — « Peyton, je te présente mon meilleur ami depuis la cinquième », ajouta Alex. — « Enchantée. Les filles arrivent d’ici deux minutes. Vous voulez boire quelque chose ? » — « Non, rien, si les filles arrivent dans deux minutes », répondit Alex. — « Rien non plus, merci », ajouta Cael. La sonnerie retentit à nouveau. J’allai ouvrir : Leane et Emma étaient là. — « On y va ? » demanda Leane, pressée de partir. — « On y va », affirma Cael en se levant de sa chaise. Nous marchions devant les garçons quand je demandai aux filles : — « Vous en pensez quoi de Cael ? » — « Je sais pas, il a l’air cool », répondit Leane. — « Leane, fais pas genre, on sait qu’il t’a tapé dans l’œil », dit Emma d’un ton moqueur. — « Pas du tout », ronchonna Leane. — « Peyton, on peut s’arrêter dans ce magasin ? » demanda Alex gaiement. — « Bien sûr, après tout, on est là pour ça, non ? » répondis-je. Ils entrèrent dans le magasin, suivis de Cael, Leane et Emma. Moi, je restai dehors. Je ne voulais pas rentrer : mon ex y travaillait, et la situation était compliquée. — « Tu viens ? » demanda Alex. — « Heu… non, je vais attendre ici, ce sera mieux je pense. » Alex ressortit aussitôt, inquiet. — « Qu’est-ce qu’il se passe ? » — « Mon ex travaille ici… C’est délicat. On ne s’est jamais reparlé depuis, et… » Il me regarda un instant avant de dire doucement : — « On essaie ensemble ? » Il venait vraiment de me proposer de surmonter une étape difficile avec lui… ou je rêvais ? Il était parfait. — « Bon, d’accord. Mais tu restes avec moi, je ne veux pas me retrouver seule avec lui. » — « Promis. » CHAPITRE5:ALEX On entra dans le magasin quand Peyton me dit, à voix basse : — « Il est là », murmura-t-elle en essayant de ne pas croiser son regard. Je le reconnus immédiatement. Jason. Le mec que toutes les filles veulent et qui est un véritable fléau pour la communauté. Comment avait-elle pu sortir avec ça? — « Tu es sortie avec Jason Smith ? » demandai-je, surpris. — « Chut, ne crie pas, il pourrait nous entendre… Et oui, je suis sortie avec lui. C’était une erreur… » Comment une fille aussi parfaite qu’elle avait-elle pu tomber amoureuse de lui ? Sérieusement. Cette nouvelle me fit serrer les poings. — « Et qu’est-ce qu’il t’a fait pour que ce soit si compliqué aujourd’hui ? » — « Il… il… Il m’a trompée avec Mélissa. » La colère monta d’un coup. — « C’est vraiment un salaud. Te tromper, en plus avec Mélissa… Tu ne méritais pas ça. Toi, tu es parfaite. Lui, il est juste con. » Attends… Je venais vraiment de lui dire qu’elle était parfaite ? Mon cœur se mit à battre à mille à l’heure. J’espérais qu’elle n’avait pas trop fait attention à cette phrase, mais elle tournait en boucle dans ma tête, comme un CD rayé avec une seule chanson. Jason arriva vers nous sans même me regarder. — « Vous avez besoin d’un con— » Il leva les yeux et vit Peyton. Son expression changea aussitôt. — « Oh, salut Peyton. Tu vas bien ? » dit-il d’un air assuré. Je me penchai vers elle. — « Il est sérieux ? Il ose vraiment te demander ça ? » chuchotai-je. — « Ça va… et toi ? » répondit Peyton en me prenant la main. Elle m’a pris la main. Non, calme-toi Alex. Elle a juste besoin de réconfort. — « Ça va. Ça te dirait de prendre un verre avec moi demain soir ? » — « Je… je… » Je sentis qu’elle voulait répondre elle-même, mais si elle hésitait trop, il prendrait ça pour un oui. — « À ton avis ? » lançai-je d’un ton agacé. Peyton me lança un regard reconnaissant. — « Je ne t’ai pas adressé la parole, à toi », répondit Jason, froidement. — « Ne joue pas à ça avec moi. » — « Pourquoi ? Tu pourrais me faire mal, c’est ça ? Laisse-la répondre toute seule, d’accord ? Elle est assez grande pour ça. » Un élan de colère me traversa. Je lâchai la main de Peyton et m’avançai vers lui, plus déterminé que jamais. — « Ne t’approche plus jamais d’elle. C’est compris ? » Sans prévenir, il me gifla avec une telle violence que je sentis le goût du sang dans ma bouche. Je ne savais pas d’où ça venait, mais je saignais. Je refusai de me laisser faire encore une fois. Je fis un pas en avant et, sans réfléchir, je le giflai à mon tour, avec une force qui ne semblait même pas m’appartenir. — « ARRÊTEZ ! S’il vous plaît, arrêtez ! » cria Peyton en éclatant en sanglots. Jason ne semblait pas vouloir s’arrêter. Il continuait. Alors je décidai, moi-même, de mettre fin à cette bagarre. À ce moment-là, Leane et Emma arrivèrent en courant et entourèrent Peyton dans un câlin. Cael vint vers moi et me lança, inquiet : — « Mec… t’es sérieux ? Tu recommences ? » — « Il m’a provoqué. Trop provoqué », répondis-je, encore tremblant. Peyton sortit du magasin en sanglots. Quand elle me vit en sang, elle courut immédiatement vers moi. — « Ça va ? Pas trop mal ? » — « Non, ça va, merci… Et toi, ça va ? » Elle me regarda, les yeux remplis de larmes. — « Franchement, Alex… tu me déçois. Tu n’aurais pas dû le frapper. Regarde-toi maintenant, tu es en sang. » Ces mots me firent l’effet d’un coup de couteau en pleine poitrine. — « Je sais… j’ai joué au con. Je suis désolé. Je ne voulais pas… Il m’a provoqué et… » Ma voix se brisa. Peyton éclata de nouveau en sanglots. Sans réfléchir, je la pris dans mes bras. Je pense qu’elle en avait besoin. Et, honnêtement… moi aussi. Peyton Quand je l’ai vu en sang, quelque chose s’est brisé en moi. Je ressentais de la peur, de la colère, de la culpabilité, un affreux mélange de toutes ces émotions. Je lui ai dit qu’il m’avait déçue, et je l’ai immédiatement regretté. Je savais qu’il allait déjà mal, mais une fois de plus, j’ai pensé à moi… uniquement à moi. Ses excuses m’ont plus brisée que les gifles qu’ils s’étaient échangées. Sa voix tremblait. Il ne cherchait pas à se justifier, il voulait juste s’excuser… pour moi. À ce moment-là, je n’ai plus pu me retenir. J’ai pleuré. Encore une fois, je me suis sentie nulle, faible, stupide et immature. Quand il m’a prise dans ses bras, je n’ai pas résisté. Au contraire, je me suis accrochée à lui comme si j’allais tomber dans le vide. Il ne s’était pas battu pour son ego. Il s’était battu pour moi. Alors j’ai enfoui mon visage contre lui. Je n’ai rien dit. Mais j’ai compris quelque chose. Même au fond du gouffre, même en sang, Alex était la personne qui me comprenait le mieux. CHAPITRE 6 : Peyton (Des années plus tôt) J’appréhendais le moment où je rentrerais chez moi. Mes parents se disputaient souvent. Trop souvent. Ce n’était jamais violent, mais ça me faisait mal quand même. Je rentrai chez moi. — « Salut papa, salut maman. Je monte dans ma chambre. » Je commençais tout juste à faire mes devoirs quand j’entendis : — « NON MAIS TU ES SÉRIEUSE LÀ ? TU CROIS PEUT-ÊTRE QUE JE NE TRAVAILLE PAS ?! » cria mon père. — « Mais moi aussi je travaille, monsieur », renchérit ma mère. — « Donc tu sais très bien que je n’ai pas le temps de faire le ménage et à manger ! » — « Oui, eh bien moi non plus ! » — « Non mais tu trouves toujours un moyen de le faire, je pense que c’est bon ! » — « Et notre fille dans tout ça ? Tu ne t’occupes jamais d’elle ! » — « Ça va, elle est grande. Elle n’a pas besoin de son “petit papa” tout le temps ! » — « Elle a neuf ans, alors si, elle a encore besoin de ses parents. » Je me sentais mal. Ils se disputaient à cause de moi. Je me sentait bête , nul et égoïste . Pour ne plus entendre leurs cris, je mis mon casque et lançai ma playlist. Puis, soudain… — « AAAAAAAH ! » J’arrachai mon casque et dévalai les escaliers à toute vitesse. Ce que je vis me glaça le sang. Ma mère était en sang, une plaie ouverte sur la joue. À côté d’elle, mon père pleurait, un verre cassé dans la main. Des éclats de verre jonchaient le sol. Un sifflement se lançant dans mes oreilles. Ma vision se troublâtes . Mes mais elles, elles étaient tremblantes . Je ne bougeais plus Mon père me vit et dit d’une voix tremblante : — « Va chercher le téléphone, s’il te plaît. » Je le haïssais — « Papa… pourquoi tu as fait ça ?! » criai-je. Je courus chercher le téléphone quand j’entendis sa voix derrière moi : — « Je suis désolé… Je ne sais pas ce qui m’a pris… je… » Ma mère bougeait a peine. Elle avait du mal a respirer. Chapitre 7 : Peyton — « Alex, tu sais, par rapport à hier… je suis désolée. C’est que, tu sais, j’ai… » — « Tu n’as pas à t’excuser. Je sais que tu as vécu des choses, et je ne veux pas te brusquer avec ça », dit Alex d’un ton doux. — « Alex, je peux te dire quelque chose ? » — « Oui, toujours », répondit-il calmement. — « Tu es la personne qui me comprend le mieux. » — « Je crois que tu l’es aussi… pour moi. » Cette histoire nous avait déboussolés séparément, mais notre connexion, elle, était restée intacte. — « Je ne veux plus jamais voir Jason », déclarai-je, la voix tremblante. — « Et moi, je ne veux plus jamais te faire revivre ça », avoua Alex, un peu confus. — « Bon, on a quoi comme cours ? » demandai-je. — « Maths. » — « Ah, mon cours préféré. » — « Pourquoi ? Je croyais t’avoir entendu dire que tu détestais cette matière. » — « Je suis à côté de toi. » Nous mangions tranquillement quand Jason s’approcha de notre table. Je me levai aussitôt, mais Alex m’attrapa doucement le bras. — « Jason arrive… je ne veux pas lui parler. » — « Reste avec moi. Je te promets qu’il ne se passera rien. » Je me rassis. Jason arriva. — « Salut Alex… tu sais, pour l’autre jour… je suis désolé », dit-il d’un ton maladroit. — « Merci. Maintenant, pars, s’il te plaît », répondit Alex calmement. — « Je voulais aussi te dire que… » — « Pars, s’il te plaît », ajouta Alex, toujours posé. Je relevai la tête et le regardai droit dans les yeux. — « Je ne veux plus te voir », dis-je sèchement. CHAPITRE 8 : Alex ( un mois plus tard) C’était samedi. J’avais invité Peyton chez moi pour qu’on teste un nouveau jeu vidéo. — « Bon, tu le lances ton jeu, que je te batte ? » dit Peyton, sûre d’elle. — « Oui, attends… Voilà, c’est lancé. » Quelques minutes plus tard : — « Ah, tu vois, j’ai gagné ! » — « Oui, tu es beaucoup trop forte pour moi », avouai-je en souriant. — « On regarde un film ? » proposa Peyton. Je me surpris à la regarder comme je n’avais jamais regardé personne. J’avais toujours trouvé Peyton belle… mais en réalité, elle n’était pas belle. Elle était magnifique. Ses cheveux blonds retombaient doucement sur ses épaules, et ses yeux verts me donnaient un étrange sentiment de sécurité. — « Hé ho… t’es là ? » — « Oui, pardon… Un film, ouais, super idée. » Quelqu’un sonna à la porte. — « J’y vais », dit Peyton. — « Ok, je choisis un film. » Quelques secondes plus tard, j’entendis des voix. — « Heu… Alex, viens s’il te plaît », appela Peyton. Je me rendis à la porte et je la reconnus aussitôt. Mon ex. Dans toute sa splendeur. — « Qu’est-ce que tu fais ici ? » — « Je sais pas… Je suis passée pour essayer de recoller les morceaux. » — « Attends, je te rappelle que tu m’as trompé avec ton meilleure ami. Et puis, de toute façon, je ne veux plus de toi. Je suis occupé… regarde. » Je tournai la tête vers Peyton. Elle avait l’air énervée. Serait-elle jalouse ? — « Ça va, Peyton ? » demandai-je. — « Je… je vais faire un tour », dit-elle brusquement en bousculant Samantha pour sortir. Elle était énervé. Je n’aimais pas ça . — « Je peux rentrer ? » tenta Samantha. — « Sors de chez moi et ne reviens plus jamais », dis-je, les larmes aux yeux. Elle partit. J’attrapai ma veste et celle de Peyton et sortis en courant. Je parcourus la ville sans la trouver. L’inquiétude monta. Je l’appelai. Dring… dring… Répondeur. Puis, soudain, je la vis. Assise dans un coin de rue, par terre, en pleurs. Je m’assis à côté d’elle. — « Dis-moi tout », murmurai-je. — « Cette fille… je ne sais pas… Quand j’ai su que c’était une fille avec qui tu étais sorti, je me suis énervée. Je ne comprends pas pourquoi je suis comme ça. Ça ne m’était jamais arrivé avant. Avec toi, je ressens tout plus fort… comme si… comme si… je ne sais pas. C’est bizarre. » Je pris une grande inspiration. — « Je crois que je ressens la même chose pour toi. J’ai l’impression que tu es la perfection. Je parle de toi à tout le monde, et si je pouvais, je resterais avec toi tout le temps. » — « Alex… » — « Oui ? » À ce moment-là, elle attrapa mon visage et posa ses lèvres contre les miennes. Ses mains étaient douces. Ses lèvres étaient… Cette fille était la personne la plus parfaite que je connaissait. Plus rien n’existait. Juste elle et moi . C’était le moment le plus magique de toute ma vie. J’avais envie de crier sur tous les toits. Elle recula aussitôt. — « Je suis désolée… je n’aurais pas dû… » — « Peyton. » — « Oui ? » — « Recommence, s’il te plaît. » Son visage s’illumina à ces mots. Elle s’exécuta. Un courant électrique parcourut tout mon corps Je ne voulais plus jamais être loin de cette fille. Chapitre 9 :Peyton ( le soir même ) Je n’avais pas réussi à dormir. Et si ça n’avait rien voulu dire pour lui ? J’hésitai à lui envoyer un message. — « Salut, ça va ? Dis-moi… est-ce que ce moment a vraiment compté pour toi ? » Non. Trop direct. J’efface. — « Salut, tu vas bien ? » J’envoie. Je reçus presque immédiatement une réponse. — « Oui, ça va, et toi ? » — « tu crois qu’on peut en reparler ? » — « Est-ce que ce moment t’a paru magique, à toi aussi ? » — « C’était le moment le plus magique de toute ma vie. » — « Ça me rassure… j’ai cru que tu n’avais rien ressenti. » — « Moi aussi. » — « On se voit en cours. » — « Oui. Je t’aime. » — « Je t’aime. » Parfait. Ce garçon était parfait. Mon cœur battait si fort que j’avais l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine. Mes copines arrivèrent au lycée et je leur racontai tout. — « Enfin ! Depuis le temps qu’on attendait que ça se passe », dit Emma. — « Vraiment, dès le premier jour on avait compris », ajouta Léane. — « Il m’a dit je t’aime… » dis-je, encore sous le choc mais heureuse. — « Il arrive, Peyton », chuchota Emma. — « Salut les filles », dit Alex en me regardant. — « Salut », répondis-je timidement. Il m’attrapa par la taille. Un frisson me parcouru. Il me ramena contre lui et m’embrassa lentement. Je n’arrivais pas a y croire . Puis il me murmura à l’oreille : — « Je rêvais de faire ça depuis très longtemps. » — « Alex… » Je l’aime. Putain, je l’aime. Et il m’aime aussi. Putain… je l’aime plus que tout au monde. CHAPITRE 10 : Alex ( 2 semaines plus tard) Peyton arriva, visiblement énervée. Je n’aimais pas quand elle était comme ça. — T’es vraiment un connard, dit-elle, plus en colère que jamais. — Pourquoi tu dis ça, Peyton ? demandai-je, perdu. — Jason m’a dit que tu avais commencé à me fréquenter juste pour rendre ton ex jalouse. Franchement, t’as que ça à faire ? Tu sais que ça pourrait me briser. Je ne comprenais rien. — Mais n’importe quoi ! Tu sais très bien que Jason veut tout faire pour nous séparer. — Ne rejette pas la faute sur lui, d’accord ? — Peyton… Elle éclata en sanglots. Je m’assis à côté d’elle. — Je te jure que c’est faux. — Je sais que c’est faux, d’accord… mais… — Mais ? — Je sais que tu finiras par me quitter. Je suis horrible comparée aux autres… et puis… il y a Samantha. Je sais que tu l’aime. Ces mots me fendait le cœur. Je détestais samantha. — Peyton, tu es la personne la plus parfaite que je connaisse. Je ne te quitterai jamais. Et puis , entre nous Samantha je ne peux pas me la voir. Je marquai une pause. — Par contre, je vais avoir une discussion avec Jason. Elle releva la tête, paniquée. — Alex, s’il te plaît, promets-moi de ne pas te battre. Je t’aime trop pour que tu te blesses. — Je t’aime aussi, Peyton. Mais je ne pouvais pas lui promettre ça. Je savais que ça finirait mal. — JASON, viens par là ! criai-je. — Quoi ?! — Pourquoi t’as dit ça à Peyton ? Tu veux vraiment lui faire du mal ? — Non. C’est toi qui lui fais du mal en la surprotégeant. — Arrête de lui parler, sinon… — Sinon quoi ? Hein ? ricana-t-il en me poussant. — Oh non, le héros ne veut pas se battre ? — Arrête. Ne joue pas au con avec moi. Il me poussa violemment à terre. — Et tu vas faire quoi maintenant ? Appeler ta maman ? — Arrête… — De toute façon, elle ne veut plus de toi. Et moi, je l’aime. On finira ensemble. Je sentis la colère me brûler de l’intérieur. — Non. Tu ne l’aimes pas comme moi je l’aime. Et à ce que je sache, elle est en couple avec moi, pas avec toi. Il commença à me frapper. Je ne bougeai pas. Je ne voulais pas déshonorer Peyton. Je tenais trop à elle. J’encaissai. J’avais mal. La moitié de mon visage était en sang. Je souffrais… mais j’encaissais. Dans ma tête, il n’y avait qu’elle. Peyton. Rien d’autre. — Alors ? On ne veut toujours pas se battre, hein ? Je me tus. Puis je vis Peyton arriver. Je relâchai un instant ma garde. — STOP ! JASON, ARRÊTE ! cria-t-elle en courant vers nous. Jason baissa sa garde une seconde. Une seconde suffisante. Je me relevai et m’enfuis. Peyton courut avec moi jusqu’à un banc. Elle observa l’ampleur des dégâts, le regard tremblant. — Il ne t’a pas raté… murmura-t-elle. — Viens, on va à l’infirmerie. CHAPITRE 11 Peyton Je me sentais mal. Pourquoi lui avais-je dit de ne pas se battre ? Maintenant, il était dans un état pitoyable. — Tu ne t’es pas raté, mon grand. Comment tu t’es fait ça ? demanda l’infirmière. — Ne vous inquiétez pas, répondit-il. — Ça te fait mal quand je fais ça ? — Oui… très, très mal… aïe… Il souffrait par ma faute. — Ce n’est pas normal, il faut que tu fasses une radio. — Quand ? s’inquiéta Alex. — Je pense qu’on va y aller maintenant. J’appelle ta mère et on y va. — Je peux l’accompagner ? demandai-je. — Je n’ai pas le droit de t’emmener, mais les cours finissent dans trente minutes. Tu viendras après, d’accord ? — Je n’ai pas le choix, je suppose… — Je t’aime, Peyton, dit Alex au moment où je devais partir. — Je t’aime encore plus, lui chuchotai-je. Je remontai en cours d’histoire quand Emma me demanda : — Il va bien ? — Il part à l’hôpital… je stresse trop, meuf. — Tu m’étonnes… tu iras le voir après. — Oui… vous viendrez avec moi ? demandai-je, gênée. — On sera toujours là pour toi, tu sais, ajouta Leane. Putain, tout est de ma faute. Je me déteste. La sonnerie retentit. Je courus hors du lycée avec Leane et Emma. Nous arrivâmes à l’hôpital et nous nous rendîmes à l’accueil. — Je viens voir Alex Yves. — Vous êtes ? Je vous rappelle que seule la famille est autorisée, dit la dame de l’accueil. — Je… je suis sa sœur, improvisai-je. — Chambre 306. Je pris l’ascenseur jusqu’au troisième étage. Chambre 306. Chambre 306. Elle est là. J’entrai. Je vis Alex assis sur son lit. — Tu vas bien ? demandai-je. — Ça va, répondit-il. — Et ton bras ? — On attend les résultats. — J’ai eu tellement peur, avouai-je. — Il ne faut pas. — Tout est de ma faute, je m’en veux tellement… — Ce n’est pas de ta faute. C’est ce connard de Jason. CHAPITRE 12: Alex J’étais avec peyton dans les couloirs. j’avais des bleus et des plaies partout. J’entendis quelqu’un dire : — Putain… il l’a pas raté, le pauvre. J’avais envie de disparaître. — Ça valait le coup au moins ? ricana Jason. Je vis Peyton se retourner. — Tu ne touches plus jamais ni à lui ni à moi. Tu as détruit suffisamment de choses, dit-elle fermement. Jason reprit son chemin comme si de rien n’était. Nous nous éloignâmes du couloir et Peyton s’adossa contre un mur. — Merci, dis-je. — Pourquoi ? — Pour tout à l’heure. D’habitude, c’est moi qui prends ta défense. Elle baissa les yeux. — Alex, je ne veux plus que tu te battes pour moi. Je veux juste que tu restes, murmura-t-elle. — Je resterai, répondis-je sans hésiter. Elle me prit la main. — Ça fait mal ? — Un peu, avouai-je. Elle posa sa tête sur mon épaule, et tout autour de nous disparut. Puis elle releva la tête, attrapa mon visage et m’embrassa. Ensuite, elle prit ma main et commença à marcher. Je ne savais pas où elle m’emmenait, mais je voulais bien être n’importe où tant que j’étais avec elle. Elle m’amena dans un endroit du lycée que je n’avais jamais vu : une petite pièce, isolée des autres. — Je viens souvent ici quand je ne vais pas bien… quand je suis triste, énervée ou jalouse, m’avoua-t-elle. — Et tu es jalouse de qui ? On est en couple, je te rappelle, dis-je d’un ton moqueur. — Des autres filles à qui tu parles d’un peu trop près à mon goût, répondit-elle. — Je t’aime, dis-je simplement. — Je suis amoureuse de toi, dit-elle. Ces mots me comblèrent de bonheur. CHAPITRE 13 Peyton Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu me donne autant d’importance? Tu sais ça me fais du mal quand tu souffre pour moi Alex je ne veux pas te perdre pitié ne fais plus ça , je t’aime trop , ne parle plus a Jason même si il te provoque, ignore le , pèse a nous notre amour nos câlins, nos rires, nos pleures, c’est la première fois que j’aime vraiment quelqu’un alors s’il te plait ne me fais pas de mal Alex acquiesça lentement, sans dire un mot. Puis il s’approcha et me prit dans ses bras. Je m’accrochai à lui comme si tout pouvait encore m’échapper. Son cœur battait fort contre le mien, et pour la première fois depuis longtemps, je respirai vraiment. Il posa sa main dans mes cheveux, doucement, comme s’il avait peur de me briser. — Je suis là, murmura-t-il. — Reste… soufflai-je. Il resserra son étreinte, et dans ce silence-là, je compris que, malgré tout ce qu’on avait traversé, nous étions encore ensemble. — Je te promets de ne plus te faire de mal, dit Alex à voix basse. Je secouai la tête, les larmes aux yeux. — Non… je veux que tu arrêtes de te faire du mal. Pense à toi. Je t’en supplie. Nous ne parlions plus. On se regardait simplement. Alex posa son front contre le mien, prit ma main dans la sienne, me fixa droit dans les yeux, et, d’un souffle presque inaudible, il murmura : — Je te le promets. On resta comme ça un long moment, quand Alex chuchota : — « On va l’avoir, notre putain d’histoire d’amour. » — « J’en suis sûr, » répondis-je. À ce moment précis, j’y croyais plus que jamais. CHAPITRE 14 : PEYTON Quelques semaines plus tard Il ne s’était rien passé depuis deux semaines et tout allait pour le mieux entre Alex et moi. On était en train d’y arriver… C’était un mardi, pendant la pause de midi. Alex devait aller faire des photocopies. J’étais avec Emma et Léane, en train de discuter, quand Jason arriva. — Qu’est-ce que tu fais ici ? dis-je, agacée. — Tu peux venir ? Il faut que je te parle de quelque chose d’important, dit Jason. — Il est sérieux ? demanda Léane, énervée. — C’est bon les filles, laissez-moi dix minutes. — Ok, dit Emma en partant. — Tu l’aimes ? dit-il sans crier, calmement, un sourire en coin. Je ne répondis pas. — Tu ne voudrais pas qu’il lui arrive quelque chose… Ma gorge se noua. Impossible de dire un mot. — Moi, je m’en remettrais très bien, continua-t-il. Lui… pas sûr. Mon cœur s’emballa. — Mercredi. J’espère pour lui que tu m’apprendras que vous n’êtes plus ensemble. Il repartit, comme s’il ne venait pas de menacer Alex. Mon Alex. Je retournai m’asseoir et je sentis les larmes coulaient de plus en plis vite . Pourquoi maintenant ? Je ne veux pas le quitter… mais je ne veux pas qu’il souffre non plus. Mes mains tremblais, mon cœur aussi Tout se bousculait dans ma tête : la haine envers Jason, la tristesse, l’amour, l’incompréhension, l’inquiétude. Un méli-mélo d’émotions insupportable. Léane et Emma revinrent. — Qu’est-ce qu’il se passe, Peyton ? demanda Emma. — Il t’a dit quoi, ce salopard ? Je vis Alex revenir. Quand il m’aperçut en pleurs, il se mit à courir. — Qu’est-ce qu’il y a ? — RIEN ! Laissez-moi tranquille ! criai-je avant de partir. Je m’enfermai dans les toilettes. Je ne voulais pas avoir à faire ce choix. Pourquoi Jason voulait-il nous faire subir ça ? Quand je ressortis, encore les larmes aux yeux, je vis Alex assis seul. — Ça va ? me demanda-t-il dès qu’il me vit. — Non, avouai-je en m’asseyant à côté de lui. — Les filles m’ont dit que Jason t’a parlé. Explique-moi, s’il te plaît. — Il veut que je te quitte… sinon il s’en prendra à toi, murmurai-je. — Pff… tu crois vraiment qu’il me fait peur ? ricana-t-il. — Tu ne comprends pas. Il a dit qu’il allait te défoncer. Il l’a dit avec un calme digne d’un tueur à gages. — Peyton… ⸻ Alex Quand Peyton m’expliqua, je compris. Je compris qu’il ne plaisantait pas. Je ne veux pas qu’elle me quitte. Je l’aime trop pour ça. Jason n’avait donc rien d’autre à faire que nous détruire ? Je le haïssais. — On pourrait lui faire croire que nous ne sommes plus ensemble, proposai-je. On se verrait quand il ne serait pas là. — Je… je ne pense pas que ça fonctionnera, murmura Peyton. Il sera au courant. Je ne sais pas comment, mais il finira par l’apprendre. — Je te jure que non, Peyton. On pourrait essayer, non ? — Non. Il n’est pas bête, Alex. Il sait très bien ce qu’on est capables de faire… Sa voix tremblais et la mienne étais coupé . Je vis dans ses yeux l’hésitation. Et la peur. — Peyton… s’il te plaît. Pas maintenant. — Peyton, non… pitié. CPITRE 15 : ALEX Quand j’ai accepté d’aller chez Peyton ce soir-là, je pensais qu’on allait essayer de régler le problème. — Tu ne comprends pas, Alex. Je n’ai pas le choix, dit Peyton. — Mais si, tu as le choix. — NON, JE N’AI PAS LE CHOIX, ALEX ! cria-t-elle. — MAIS POURQUOI ? surenchéris-je. — Sinon, il va te briser. — Et alors ? Ça te change quoi, à toi ? Hein ? Dis-moi ! — Quand il te brise, il me brise aussi, répondit-elle, à bout. — MAIS EN ME QUITTANT, TU ME BRISES AUSSI, PUTAIN ! Elle ne m’avait jamais vu comme ça. Moi non plus. — Mais putain, je t’aime, Alex ! — Mais moi aussi ! — Alors tu devrais me comprendre, souffla-t-elle. — NON, JE NE COMPRENDS PAS. Tu veux me quitter alors que tu m’aimes, juste pour éviter que je prenne un ou deux coups ? — Parce que je tiens à toi. Je ne veux pas que tu te blesses. Combien de fois je vais devoir te le dire ? Mon souffle se coupa. Je voyais trouble. Je comprenais. Elle faisait ça pour me protéger. Putain, je suis tellement con. Depuis le début, elle me disait qu’elle m’aimait… et moi, comme un connard, je pensais qu’elle voulait m’abandonner. — Je suis désolée… j’y suis obligée. Par pitié, ne m’oublie pas. — Je ne pourrai jamais t’oublier. Mon cœur lâcha. Je fermai les yeux. Les larmes montèrent. Je tremblais. Ça y est. On n’était plus ensemble. Je sentis soudain une chaleur m’envelopper. J’ouvris les yeux. Peyton était là, en larmes, en train de m’enlacer. Je pris son visage entre mes mains, déposai un baiser sur son front. — Arrêtons de nous faire du mal. Je sortis par la porte. Je courus. Je courus comme jamais. Comme si la haine pouvait me rattraper. Comme si je devais fuir mes pensées. Je m’arrêtai brusquement et frappai un casier de toutes mes forces. Pour Jason. Pour cette rupture. Pour la douleur que ressentait Peyton. CHAPITRE 16 : PEYTON Le lendemain — Alors, tu n’as rien à m’annoncer ? demanda Jason. Je baissai les yeux. — Heu… si. Alex et moi, ce n’est plus… on n’est plus ensemble. — Je peux voir ton téléphone ? — Pourquoi ? — Prête-le-moi. Je me fis toute petite. — Ok… Je lui tendis mon téléphone. Il le prit calmement. Trop calmement. — Tiens donc… qu’est-ce que je vois ? Je ne répondis pas. — C’est le numéro de ton ex. Il me rendit le téléphone. — Supprime-le. — Je suppose que j’y suis obligée… — Ça dépend, répondit-il simplement. Je regardai l’écran. Le prénom d’Alex brillait encore. J’étais obligée. Alex ne comprendrait pas. Mais j’étais obligée. Mon doigt trembla quand j’appuyai sur supprimer. Une seconde. Puis plus rien. J’éteignis le téléphone aussitôt et le glissai dans ma poche. La colère montait. Les larmes aussi. Jason partit sans rien dire. Sans rire. Avec ce sourire étrange, qui voulait tout dire… et rien à la fois. J’avais besoin de crier. Besoin d’extérioriser. — AAAAAAAAAAAAAH ! Tout le monde me regardait. Mais honnêtement, je m’en foutais. Je respirais enfin. J’en avais besoin. Je l’avais fait. Il allait me manquer. CHAPITRE 17 : Alex Je ne supportais plus de ne plus lui parler. Ça devenait invivable. Je vivais avec cette impression d’être surveillé en permanence par Jason. On ne s’était pas parlé depuis trop longtemps. Trop longtemps. Je ne vivais plus. Plus de musique, plus de télé. Juste moi… et ce vide qui ne me quittait jamais. Dans les couloirs, je ne pensais à rien. Je m’y étais habitué. Je l’aperçus au loin. Jason. Je détournai le regard, rasai les murs, et un léger tremblement secoua mes mains. — Hey, attends, Alex. — Quoi ? dis-je, la tête baissée. — Pour Peyton. Sans rancune. Et il repartit, trop vite. Trop loin. Cette fois-ci, c’en était trop. Mon corps brûlait de tension et de colère. Puis je croisai Peyton. La pression retomba. Elle me regardait. Elle était belle. Trop belle. Nos yeux se fixèrent. J’eus peur que Jason nous ait remarqués. Pendant ces dix petites secondes, j’eus l’impression de revenir à la vie. Et puis… Plus rien. Le vide. Seul, à nouveau, avec ce silence glacial et ce vide constant qui m’engloutissait. Je voulais que ça s’arrête. Pour de bon. CHAPITRE 18 : Peyton J’étais censée me préparer pour le lycée, mais impossible pour moi de me lever après que Jason m’a envoyé ce message : — « La prochaine fois, évite de le regarder. Il pourrait se faire de faux espoirs. » Je n’avais même plus le droit de regarder la personne que j’aimais. Plus le droit de vivre. La peur se voyais de plus en plus dans mes yeux Comment pouvait-il savoir ? J’arrivai au lycée. Je vis Jason. Il m’interpelle . — « Je vois tout, Peyton. Absolument tout. » Mes mains tremblaient. Mon souffle devint de plus en plus court. Je voyais de moins en moins bien, je n’entendais plus que des bruits sourds, étouffés. Je m’assis. Je posai mes mains sur ma tête. Je ne supportais plus cette pression constante. Jason me surveillait en permanence. De loin, je vis Alex. Il ne me voyait pas. Il était devenu vide. Sans âme. Plus d’émotions. Il ne parlait plus à personne. C’était de ma faute. Je regrettais tellement. Et en même temps… s’il ne m’avait pas quittée, il aurait été blessé. Je vis aussi Jason. Il regardait Alex de loin. Je le sentais. Il allait se passer quelque chose de pire. CHAPITRE 19 : Peyton Le self était bruyant. Trop. Je m’assis sans vraiment savoir où regarder. Puis je le vis. Nous ne nous étions pas cherchés. Mais nous nous étions trouvés. Il ne souriait pas. Il ne bougeait pas. Nos regards se croisèrent. Une seconde. Deux. Alors je le sentis. Jason. Je ne le voyais pas. Pas encore. Mais je savais qu’il était là. Je coupai le regard. Puis je le reposai sur Alex. Il me regardait toujours. Autour de nous, les rires continuaient. Bruyants. Trop. Alex détourna les yeux. Il ne se passait rien. Ou presque. Je vis Jason. Il me regardait. Fixement. Trop fixement. Il souriait. Mon cœur s’emballa. Je regardai Alex. Il fit de même. Puis nous détournâmes les yeux en même temps. Et tout redevint comme avant. Le vide. Juste le vide. CHAPITRE 20 : Peyton Trois jours plus tard J’allais quitter le lycée quand Jason s’approcha. — « Tu sais, je vous ai vus faire », dit-il, sûr de lui, en souriant. — « Faire quoi ? » Il se tut une seconde. Puis reprit son sourire. C’était une seconde de trop. Trop tard, j’avais compris. — « Ne fais pas l’ignorante », dit-il. — « Mais nous n’avons rien fait. » Il repartit déjà. — « Fais attention à toi. » Je rentrai chez moi. — « Maman, je suis rentrée. » — « Viens cinq minutes, s’il te plaît », dit-elle. Mes mains devenaient moites. Je ne lui avais rien dit de ma rupture. — « Oui… qu’est-ce qu’il y a ? » — « J’ai invité Alex ce soir. » — « Heu… ah… bon ? » — « Oui… tu es contente ? » — « Heu… ouais. Il vient à quelle heure ? » — « Il est déjà dans ta chambre. » Chaque marche que je montai était un supplice. Mon cœur se serra. J’ouvris la porte. Il était là. Assis. Je devais respirer, mais c’était difficile. — « Pourquoi tu as accepté ? » demandai-je, énervée. — « Tu voulais que je lui dise quoi ? » répondit-il. — « Je ne sais pas… tu savais que ça allait être compliqué, non ? » Nos regards se croisèrent. ⸻ Alex Elle détourna les yeux aussitôt. — « Peyton… je ne supporte plus… je ne vis plus. » — « Si seulement tu savais… » — « Quoi ? Si seulement tu savais quoi ? » m’impatientai-je. — « Il nous a vus… dans le couloir… au self. » — « Comment ? » — « Je ne sais pas… je ne comprends pas. Mais aujourd’hui, rien ne s’est passé, si ? » — « Non. » Je levai la tête. — « Alors… il ne sait pas. » Je compris. Il devine. CHAPITRE 21 PEYTON Cela faisait plus d’un mois que je ne pouvais plus parler a Alex . Je ne supportait plus , j’étais de plus en plus fatigué d’être controlé en permanence. Ce soir la , je craquât Mes poings se serraient , mes dents aussi Mes jambes ne pouvaient plus bouger Les larmes roulaient et se multipliaient a toute vitesse sur mes joues Je voulais crier . Encore . Alors j’essaya : Rien, rien ne sortait de ma bouche. Je respira 2 minutes , sans rien faire Mon sweat était trempé de larmes Mon téléphone n’étais pas loin , j’avais encore le papier sur le quelle il avait inscrit son numeros . J’hésitas , Puis me décida Je pris le bout de papier dans le tiroir de ma table de chevet. Je composa le numéros . J’appela Il décrochât presque aussitôt -« allo Alex, désolé de t’appeler je sais qu’il est tard » il ne parlait pas « je….je sais que c’est compliqué , mais la je sature ,je deviens….. je deviens folle » pas un mot « je sais que je n’aurais pas du t’appeler , mais la… je vais pas bien Alex. » rien « je sais que tu souffre, mais…. Si seulement tu pouvais venir…. C’est délicat » il raccrochât Ça y est , Il ne ressent plus rien J’avais trop attendue Je jetas mon téléphone par terre ,ainsi que mon coussin et ma couette. Je retrouvas la force de me lever pour partir les reprendre juste après . Je me rallongeais , sur le point de m’endormir quand Un bruit Un bruit provenant de ma fenêtre , Je tournais la tête , Il étais la Il ne m’avais pas oublié Je me levas pour lui ouvrir Il entras Un sourire parcourut son visage , Ce qui entrainas le miens aussitôt -« merci, merci beaucoup » soufflais-je -« je ne pouvais tout de même pas te laisser dans cette états , surtout quand je sais ce que tu ressent » Il ressentait la meme chose Je m’assis , il fit de même Mes mains sont moites . Il tremble, Moi aussi -« tu sais , je ne crois pas pouvoir rester plus longtemps a vivre comme ça » m’annonça Alex -« je ne compte plus rester les bras croisé» avouais-je Alex prit ma mains dans la sienne , Elles étaient aussi moites que les miennes Ça me rassurais -« on y arrivera » dit-il -« j’en suis sur » CHAPITRE 22 : ALEX Le lendemain, On avait décidé de se rejoindre une heure plus tôt devant le lycée pour pouvoir se mettre d’accord sur le déroulement de cette première journée “contre” Jason. J’étais assis, je l’attendais. Je l’aperçus au loin : elle courait, sûrement par peur d’être en retard. Elle s’assit à côté de moi. — Alors ? On fait comment ? demanda-t-elle. — Nous avons plusieurs possibilités : une, ne pas se cacher pour déstabiliser Jason et lui prouver qu’il ne nous fait plus peur ; ou deux, encore se cacher, voir ce que fait Jason et passer à l’action demain, proposai-je. — J’opterais pour l’option 1, Jason nous fait peur, mais il ne faut pas qu’il le sache. Ce moyen me paraît le plus approprié à la situation, dit-elle. — Tu as sûrement raison. Par contre, on ne s’occupe pas de Jason, on profite. Ça faisait longtemps… et puis si jamais il vient nous parler… on saura quoi faire. — C’est vrai. On profite. Le lycée ouvrit ses portes. On entra. Il était vide. Peyton me prit la main. Un courant électrique me traversa. On s’arrêta. Elle me regarda. Ses yeux m’avaient tellement manqué. Elle passa ses bras autour de mon cou. Je posai mes mains sur ses hanches, l’attirai vers moi et l’embrassai. Ses lèvres avaient toujours le même goût. — J’avais oublié que t’embrasser était si agréable, souffla Peyton. Je souris. — Pas moi, murmurai-je. Elle souriait à son tour. Elle posa son front contre le mien. Nous étions si bien l’un contre l’autre que nous ne vîmes pas le temps passer. La sonnerie retentit. Déjà. Je remarquai Jason au loin. Je me collai alors à Peyton. Il nous vit. Il ne réagissait pas. CHAPITRE 23: JASON Je les vis ensemble, collés. Je ne laissais rien paraître, mais je ne comprenais plus. Voulaient-ils tester mes limites ? Je ne savais pas à quoi ils jouaient. Cela avait le don de m’exaspérer. Pour l’instant, je ne comptais rien faire. Je regardais. J’écoutais. Alex me fixait. Il m’examinait. Mais de toute évidence, il l’aimait. Il l’aimait plus que je ne l’aimais. Et elle l’aimait plus qu’elle ne m’aimait. Je serrais mes poings. J’avais chaud, trop chaud. Ce type-là m’énervait. Cette fille… je l’aimais. Ma tête était en surchauffe. Mes mains étaient moites. Peyton me vit. Elle me regarda avec un regard… non. C’était sûr. Elle ne m’aimait pas. Elle me haïssait. Je ne supportais pas l’idée que cette fille aime ce garçon. Toutes les autres filles semblaient vouloir de moi, sauf celle dont j’avais vraiment envie. Elle a toujours été différente. Lui, il était certainement plus parfait, plus gentil que moi. Mais elle ne le méritait pas. J’étais mieux. Physiquement plus beau, plus fort, plus populaire, plus stylé. J’étais tout ce qu’une fille cherchait chez un mec. Un homme. Lui, c’était un gamin. Je lui avais fait du mal. Je comprenais… mais je ne pouvais plus abandonner. C’était trop tard. Chaque souffle brûlait ma gorge. Chaque son me rendait un peu plus abasourdi. Chaque battement de cœur me rendait un peu plus fébrile. Je ferais tout, absolument tout pour la récupérer. CHAPITRE 24 : Peyton Je rentrais chez moi, accompagnée par Alex. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie aussi bien. Enfin une journée tranquille. Peut-être même un peu trop tranquille. Jason ne nous avait même pas adressé un regard de toute la journée. — « Alex, tu ne trouves pas ça bizarre ? » — « De quoi ? Que Jason ne nous ait même pas regardés ? Si, très bizarre. » — « Oui, mais je veux dire… pourquoi il ne veut pas que nous soyons en couple ? » — « Il est sûrement amoureux de toi. » — « Non, ce n’est pas possible… enfin, ça m’étonnerait. » — « Tu ne te rends pas compte que tu es parfaite. Ce serait logique qu’il t’aime. » — « Arrête, Alex », dis-je, un peu gênée. — « Non, je te jure que c’est vrai. » On continuait la route quand : — « Oh non… » souffla Alex. — « Hé, toi là ! » cria Jason de loin. — « Qu’est-ce que tu veux ? » — « Salut Peyton, tu vas bien ? » demanda-t-il. Je ne répondis pas. Je tremblais. Non. Pas encore. Pitié. — « Laisse-la, s’il te plaît, Jason », prévint Alex. — « Toi, ne commence pas. Tu sais ce qu’il pourrait t’arriver. » — « Non, les garçons, s’il vous plaît, arrêtez ça », demandai-je. — « Oh ok, Peyton. Toi, on se reverra plus tard », dit Jason. Il repartit. On ne parlait plus pendant… Pendant… Pendant trop longtemps. On arriva devant chez moi. — « Tu rentres ? » proposai-je à Alex. — « Non, désolé, ma mère m’attend. » Il ne voulait pas me faire peur, mais je savais. Je savais que Jason l’attendait plus loin. Alex a cru que je ne l’avais pas vu. Mais si. Je m’inquiétais pour lui. S’il se battait, ce serait trop. Je passai la porte. — « Maman, je monte ! » — « Peyton, je sors avec des copines ce week-end. Je dormirai à l’hôtel. Si tu veux, tu peux inviter des amies à la maison. » — « Oh, ok super maman, amuse-toi bien ! » — « Oh, tu peux bien sûr inviter Alex… mais ne faites pas de bêtises », ricanât-elle. Un rire m’échappa. J’appelai Léane. — « Allô ? » — « Ouais, ça va ? » — « Ça va. Tu veux venir passer le week-end chez moi ? Ma mère n’est pas là. » — « Oh désolée Peyton, je pars chez ma mamie. Je ne peux pas. » — « Pas de souci. Je vais demander à Emma. D’ailleurs Léane… » — « Oui ? » — « Je suis désolée. Je ne vous ai pas vraiment calculées ces temps-ci. J’étais un peu à bout. » — « Pas de souci meuf, on te comprend. On sera toujours là pour toi, ok ? » — « Ok. Merci encore, et bon week-end. » J’appelai Emma. — « Allô meuf, ça va ? Tu fais quoi ce week-end ? » — « Allô ! Ça va et toi ? Je pars dans le sud avec ma mère, pourquoi ? » — « Oh… non, pour rien. » — « T’es sûre ? » — « Oui, oui. Au fait, désolée, je n’ai pas trop été présente en ce moment. » — « Pas de souci, on comprend. Bon je te laisse, il faut que je parte. » — « Bisous. » Bon… alors j’appelle Alex. J’espère qu’il va pouvoir. Ça nous ferait du bien de se retrouver. Ça sonne. Il ne répond pas. Je le rappellerai après. Je sais qu’il est sûrement avec Jason en ce moment. CHAPITRE 25: Alex — « Tu m’épuises. Pourquoi tu nous infliges ça ? » dis-je. — « Laisse-moi parler, ok ? Alors, tu vas aller la quitter, sinon… » — « Sinon quoi, hein ? Dis-moi ! Qu’est-ce que tu vas faire, gros con ? » Il se tut une seconde. — « Ah, j’ai compris. Tu es amoureux d’elle, c’est ça ? Et maintenant tu es jaloux de moi. » — « Oui. Oui, je l’aime. Et elle ne te mérite pas. Tu n’es qu’un gamin. Pas assez bien pour elle. Elle est parfaite. Toi, tu es… » — « Je suis quoi ? Hein ? Parce que je suis presque sûr qu’elle te déteste. » Je m’approchai. — « Oui, elle est parfaite. Mais elle a besoin de quelqu’un qui la comprend, qui la fait rire, qui lui donne de l’affection. Moi, je suis là pour elle. Toi, tu n’es qu’un égoïste. Un menteur. Un type incapable d’aimer autrement qu’en possédant. Et dans tous les cas… elle te déteste. Tu comprends ça ? » Il baissa les yeux. — « Non… ce n’est pas vrai… je… je… » Il éclata en sanglots. — « Je ne suis pas tout ça… Et elle finira par m’aimer. J’en suis sûr. » — « Non. Elle ne t’aimera pas. » Il releva la tête. — « NON ! » cria-t-il. Mon téléphone vibra. Peyton. Je la rappellerai après. — « Bon, je te laisse. Ma petite copine m’attend. » — « NON. C’est ton ex. Elle t’a quitté. » — « On ne s’est jamais dit que c’était fini. » — « Arrête de te mentir. » Il pleurait encore. Toujours plus fort. Je partis. Je rappelai Peyton. — « Salut toi… ça va ? » Elle pleurait. — « Hé… tu vas bien ? » — « Oui… pourquoi je n’irais pas bien ? » — « Tu fais quelque chose ce week-end ? » — « Non… je suis libre. » — « Tu veux venir chez moi ? » — « Tout le week-end ? » — « Oui. » — « J’arrive. » Je courus. Devant chez elle. J’entrai. Je montai. Sa chambre. — « Salut, ma belle. » — « Salut. » — « Pourquoi tu pleurais ? » — « J’ai cru que tu t’étais battu avec Jason. » — « Non. Juste des mots. » Je souris. Elle aussi. — « Pourquoi tu es toute seule ce week-end ? » — « Ma mère part. Léane et Emma ne peuvent pas venir. » — « Donc je suis une roue de secours ? » — « Exactement. » Elle m’embrassa. Le meilleur depuis longtemps. — « Tu es exceptionnelle », murmurai-je. — « Je sais », répondit-elle en souriant. — « Alors, on fait quoi ? » — « Ciné ce soir ? » — « Grave. » — « Et demain, on pourrait aller en ville… et peut-être passer chez Cael. Il est d’accord. » — « Comment tu as eu son numéro ? » — « Je l’ai croisé l’autre jour. » — « Et pour dormir ? » — « Je prendrai la chambre de ma mère. Tu resteras dans la mienne. » — « D’accord… » — « Bon, je commande à manger et on file au ciné. » — « Parfait. » CHAPITRE 26: Peyton On allait au cinéma, en marchant côte à côte. — « Et… il t’a dit pourquoi il ne voulait pas qu’on soit en couple ? » — « Il m’a dit qu’il était amoureux de toi… » — « Ah… » Je n’y croyais pas. Une chose est sûre : je ne sortirai jamais avec lui. On arriva devant le cinéma. — « Bon, tu veux regarder quoi ? » demanda Alex. — « Tu choisis. » — « Un film d’action ? » — « Ça me va. » Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais stressée. Mes mains tremblaient légèrement. Alex attrapa ma main, comme s’il l’avait senti. Comme s’il ressentait la même chose. On entra dans la salle. On s’assit. Le film commença. Je sentais une présence. Une sensation étrange, lourde. Comme si quelqu’un nous observait. Je fis abstraction. Le film avançait. La fin devenait triste. Trop triste. J’étais sensible aux films. Je pleurais. Je posai ma tête sur l’épaule d’Alex. Le générique se lança. On se leva. Il était là. Peut-être une coïncidence. Ou peut-être pas. — « Alex… il est là. » — « Oh non… » Il me prit la main et m’entraîna vers la sortie. Mais une main attrapa mon poignet. Je me retournai. Jason. — « Salut Peyton. Tu es encore avec lui ? Tu mérites mieux, tu sais. » Silence. — « Jason, on en a déjà parlé », dit Alex. — « Ferme-la. » Je regardai Jason droit dans les yeux. — « Alex, mon cœur, tu viens ? On y va. » — « Oui. » Je sentis la mâchoire de Jason se contracter. Il ne disait rien. Mais il bouillonnait. On sortit. On marcha vite. Puis on se mit à courir, sans trop savoir pourquoi. L’air frais me fit du bien. Je me mis à rire. Alex aussi. On s’assit un peu plus loin, à l’écart. — « Tu es belle quand tu souris », murmura-t-il. Je rougis. — « On rentre ? » — « Comme tu veux. » On marcha jusqu’à chez moi. Dans ma chambre, je m’assis sur mon lit et pris mon pyjama. — « Si tu veux te changer, tu peux aller dans la salle de bain. » — « D’accord. » Je me changeai. Je pris mon temps. Quand je sortis, je pensai qu’il aurait fini lui aussi. J’ouvris la porte. Il était torse nu. Je restai figée une seconde. — « Je… je suis désolée… Je pensais que… » Je refermai la porte, le cœur battant. Je m’allongeai sur mon lit et attrapai un livre pour faire semblant de lire. Il entra quelques minutes plus tard et s’assit au bord du lit. — « Je vais aller dans la chambre de ta mère. » — « Non. » Ma voix était plus ferme que je ne l’aurais voulu. — « Reste avec moi. » — « Tu… tu es sûre ? » — « Oui. Je ne vois pas le problème. » Mon cœur battait vite. Trop vite. CHAPITRE 27 : ALEX Je me glissai sous la couverture. Peyton me regardait. Silence. Mon cœur battait fort. On s’embrassa, un peu plus longtemps que d’habitude. Mes mains glissèrent de son cou à son dos. Je sentis son souffle chaud contre ma peau. — « Non, Alex… je ne peux pas. » — « À cause de Jason, c’est ça ? » — « Oui. » Silence. J’entendis des sanglots. — « Alex, j’en ai marre… On ne peut rien faire. J’ai peur en permanence. » Je la pris dans mes bras. Je la serrai doucement jusqu’à ce que sa respiration se calme. Jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Je repensais à Jason. Je resserrai mes bras autour d’elle, presque inconsciemment. ⸻ Je me levai tôt. Peyton dormait encore. Elle était belle. Je descendis dans la cuisine et commençai à préparer le petit déjeuner. Quelques minutes plus tard, elle arriva. — « Ça sent bon… qu’est-ce que tu fais ? » — « Je prépare le petit déjeuner. » — « Ça a l’air délicieux. » — « Merci. » Je lui servis son assiette. On mangeait tranquillement. Le téléphone de Peyton sonna. — « Allô, ça va ? » dit-elle en mettant le haut-parleur. — « Ça va, et toi ? Finalement, je ne vais pas chez ma mamie. Problème de transport. Ça tient toujours pour ce week-end ? » — « Heu… Alex est chez moi du coup. Mais cet après-midi on va en ville, tu peux venir si tu veux. » — « Oh oui, grave ! Vers quelle heure ? » — « 15 h 30 chez moi. » — « Parfait. » — « Ah, d’ailleurs, il y aura aussi Cael, le pote d’Alex. » — « Le… le pote d’Alex ? Cael ? Le Cael ? » bafouilla Léane. — « Oui, Cael », ricana Peyton. Elle raccrocha. — « C’était Léane ? » demandai-je. — « Oui. » Elle riait. — « Pourquoi tu ris ? » — « Je crois qu’elle apprécie plutôt bien Cael. » — « Ah… je vois. En même temps, aucune fille ne l’a jamais trouvé moche. » — « C’est vrai… » Mon cœur se serra. Un léger pincement. Je savais qu’elle ne l’aimait pas. Mais l’idée me dérangeait quand même. — « On le rejoint où ? » demandai-je, un peu plus froid que je ne l’aurais voulu. — « Il vient ici », répondit Peyton. Elle me regarda. — « Pourquoi tu es comme ça tout d’un coup ? » — « Non, rien. » Elle s’approcha. — « Alex… tu sais très bien que je te trouve plus beau que lui. » Je souris, un peu rassuré. — « Tu es parfait », ajouta-t-elle. Et malgré tout… je ne pus m’empêcher de penser que la perfection ne protège pas de tout. CHAPITRE 28: PEYTON On sonna à la porte. J’allai ouvrir. Cael et Léane. Léane était toute rouge. Sûrement à cause de Cael. — « Salut », lança Cael. — « Salut, entrez », proposai-je. Alex se leva. Il souriait… un faux sourire. Je l’avais vexé. Je m’en voulais. — « Meuf, viens deux secondes, il faut que je te dise un truc », dit Léane. Nous allâmes dans la cuisine. — « Je… je… je crois que j’aime bien Cael », bafouilla Léane. — « Ça, je savais. Mais vous ne vous êtes presque pas parlé. » — « Euh… à vrai dire, on s’était échangé nos numéros et on s’est beaucoup parlé. » — « Mais c’est trop bien, meuf ! » — « Oui, grave… mais… » dit Léane. — « Mais ? » — « J’ai peur que ce ne soit pas réciproque », lança Léane. — « Laisse les choses se faire naturellement. » — « Tu as sûrement raison. » On retourna dans le salon. Les garçons rigolaient. Alex avait retrouvé son sourire. — « D’ailleurs, Cael… avec les filles ? » commença Alex. Léane et Cael s’échangèrent un regard furtif. — « Je crois que je suis en flirt avec une fille », continua Cael en regardant Léane. Léane sourit. Moi aussi. — « On y va ? » demanda Alex. — « On y va », affirmai-je. Notre complicité était de retour. Cael et Léane marchaient un peu devant. Ils riaient pour rien. Alex marchait à côté de moi. — « Tu sais… » Il me regardait tendrement. — « Pour Cael… je sais que tu ne l’aimes pas. Avec lui, tu n’es pas comme tu es avec moi. » — « Je suis juste comme ça avec toi. » Il sourit, vraiment. Il passa son bras autour de mon cou. Mon cœur battait plus vite. Pas de peur. De joie. Je me sentais bien. — « Ça vous dit qu’on sorte tous les quatre ce soir ? » demandai-je. — « Oui, j’aimerais trop ! » dit Léane. — « Je suis partant », dit Cael. — « Moi aussi », dit Alex. — « On se trouve tous une tenue sympa alors », dit Léane. — « Oui », ajoutai-je. — « On est obligés ? » demanda Cael. — « Oui », répliqua Alex. Je ralentis. Je sentais quelque chose d’étrange. Mon souffle s’accéléra. Je tournai la tête. Personne. Alex me rapprocha de lui. Il l’avait ressenti, lui aussi. CHAPITRE 29: ALEX — « On va dans ce magasin ? » proposa Léane. — « Il a l’air d’avoir de belles robes. » — « Oui, vas-y », répondit Peyton. On entra. Les filles regardaient, et moi aussi, étonnamment. Il y avait de belles chemises qui pourraient très bien m’aller. Peyton avait choisi une robe qui lui plaisait visiblement. Elle entra dans la cabine pour l’essayer. Je m’approchai pour jeter un œil. Elle sortit, toujours habillée comme avant. — « Tu ne l’essaies pas ? » m’interrogeai-je. — « Si, mais tu ne la verras pas avant ce soir. » Je souris. La voir joyeuse et solaire me faisait du bien. Mais je voyais encore un peu de pression dans ses yeux. Je choisis une chemise et un pantalon noir et les essayai sans les montrer à Peyton. Tout le monde avait trouvé sa tenue. On marcha dehors. La complicité entre Cael et Léane était évidente. Ils allaient bien ensemble. — « Bon, qu’est-ce qu’on fait ? » demanda Cael. — « Je propose un goûter », dit Peyton. — « Et après, retour chez Peyton pour un jeu vidéo ? » proposai-je. — « Oui, de fou ! » dit Léane. — « Je suis partante », ajouta Peyton. — « Super », conclut Cael. On trouva un vendeur de glaces avec terrasse et on s’assit. On commanda nos glaces et on riait. Alors que l’on retournait chez Peyton, je ressentis encore une présence… mais il n’y avait personne. Je pris la main de la fille que j’aimais. On arriva chez Peyton. On joua à la console pendant deux heures. — « Il est déjà 18 h 30, il faut se préparer », dit Léane. — « Oui, on se retrouve ici à 19 h 30 », dit Peyton. On se prépara. Je choisis ma tenue avec Cael. — « Voilà », dis-je. — « J’espère que les filles seront belles, vu le temps qu’elles passent à se préparer. » — « Peyton est toujours belle. » — « C’est vrai, Peyton est une œuvre d’art », plaisanta Cael. Un petit pic de jalousie me reprit. Je me ressaisis. — « Très drôle », répondis-je, gêné. — « Cael, tu aimes Léane ? » — « Heu… je crois, mais ce n’est pas réciproque. » — « Tu devrais le lui dire ce soir. » — « Elle a l’air de t’apprécier », ajoutai-je. — « Tu trouves ? » — « Oui. » On sortit de la chambre et je vis Peyton. Elle était magnifique. Sublime. Robe noire au-dessus du genou, moulante juste ce qu’il faut. Cheveux bouclés, talons et collants transparents. Tout en elle me coupais le souffle. CHAPITRE 30 : Peyton Alex me regardait. Moi aussi. Il était beau , une chemise noir qui sublimait ses muscles et un pantalon noir aussi qui retombait légèrement sur ses chaussures. Il était magnifique , honnêtement , je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi beau que lui. Leane regardait Cael d’un regard… elle était follement amoureuse. On marchaient , Alex était collé a moi en me tenant par la taille, tandis que Cael et Leane hésitaient a se prendre la main. Je regardais derrière moi , je sentais quelque chose . Encore. On entra dans un bar . On s’asseyait. La musique était forte. Je me retournais , encore. Personne . Cael invita Leane à danser, il lui chuchoter quelque chose a l’oreille. Leane répond clairement un -« moi aussi » que je réussi a lire sur ses lèvres. Nous aussi , on dansait. Enfin , moi pas vraiment. Je surveillais autour de nous. -« Peyton , arrête » dit il d’un ton trop sérieux -« quoi » demandais je -« tu fais semblant , mais je le vois, tu a peur. » Silence -« je te jure qu’il n’est pas la. Profite de ta soirée. D’accord ? Tant que je suis la tu es en sécurité. Je te jure que s’il te fais du mal…» -« nous , s’il nous fais du mal » -« s’il nous fait du mal je te jure que ce serait la dernière fois qu’il se battra de toute sa putain de vie » -« Alex , on avais dit qu’on arrêtais ça » -« il n’est pas la Peyton. Je te le jure » -« merci » -« je t’aime » Leane arriva vers moi , en courant. -« meuuuuuuffff » -« ouiiiiiiii » -« il… Cael m’a dit… il m’a dit qu’il m’aimait. » -« NON! C’est vrai? Putain meuf je te l’avais dit » -« mais oui meuf » -« vous êtes ensemble du coup ? » -« je crois » -« tu crois ? » Elle me regardait un sourire en coin -« NON , vous vous êtes embrassé ? » Elle opine -« Non j’y crois pas » -« moi non plus » -« je suis trop heureuse » Cael parlait avec Alex. Leurs regards se croisèrent. Leane court vers lui , prends son visage entre ses mains et l’embrasse . Je les rejoignit . -« ils s’aiment » -« oui » Il m’approcha de lui et m’embrassa , longuement. Je lui chuchote a l’oreille: -« je suis la pour toi moi aussi » CHAPITRE 31 : PEYTON On était mercredi. Je n’avais plus de nouvelles d’Alex depuis qu’il était parti de chez moi dimanche soir. Il n’était pas venu en cours. Il ne répondait ni aux appels ni aux messages. Lundi, Jason était arrivé avec plein de blessures. Alex se serait battu ? — « Meuf, meuf, ça va ? » chuchota Emma. Je sortis de mes rêveries. — « Heu oui, oui, je suis là, désolée », dis-je. — « T’excuse pas, meuf. » — « Je suis un peu ailleurs en ce moment. » — « Il va bien, t’inquiète pas », ajouta Léane. — « Oui… enfin ça, on n’en est pas sûres. » La sonnerie retentit. Je pris mon sac et sortis de la salle en courant. Je cherchais Jason. Il était là. — « Salut, Jason. » — « Salut, Peyton. » Il fuyait mon regard. — « Tu… tu as vu Alex ces derniers jours ? » Il se tut quelques secondes. — « Heu non, pourquoi ? » — « Tu es sûr ? » dis-je plus fort que je ne le voulais. — « Heu… si, je l’ai vu… » Il ne me regardait plus. — « Quand, où et pourquoi ? Vous avez fait quoi ? » — « Heu… dimanche soir. Je… il voulait qu’on parle. On a discuté, juste discuté. » — « Juste discuté ? Tu en es sûr ? Et pourquoi il n’est pas là depuis trois jours ? » Il reprit confiance en lui, trop à mon goût. — « Oh, pourquoi il n’est pas là ? Je ne sais pas. » Il dit cela calmement. Trop calmement. Je glissai contre le mur pour m’asseoir. Les larmes coulaient sur mes joues. — « Il est où, Alex ? Ne plus me répondre… Alex ne ferait jamais ça. Mon Alex n’est pas comme ça. » Jason sourit. Un petit sourire en coin. — « Qu’est-ce que tu as fait ?! » Je pris mon sac et sortis du lycée. Je courus jusqu’à chez moi. Je pris mon téléphone. J’essayai de l’appeler. Répondeur. Une deuxième fois. Répondeur. Je descendis les escaliers à toute vitesse. Je pris mon manteau. Je courus. J’arrivai devant chez lui. Je sonnai. Il ouvrit la porte. Un cri de soulagement m’échappa. — « Alex ! » — « Peyton… » Il était un peu blessé. Non. Il était trop blessé. Un bleu sur la joue, des plaies sur tout le visage. — « Tu… pourquoi tu n’es plus au lycée ? » — « Je suis désolé. » — « Il t’a fait quoi, ce salaud ? » — « Il ne m’a rien fait. » Il n’osait pas me regarder. — « Alors pourquoi tu es dans cet état ? » — « Ne t’inquiète pas pour moi, d’accord ? » — « Il t’a fait quoi, putain ?! » criai-je. Mes mains se crispèrent et tremblèrent. Je sentis les larmes envahir mes yeux. J’éclatai. — « Il t’a fait quoi ? Alex, dis-moi la vérité ! » — « Tu sais… dimanche soir, j’étais énervé. Je l’ai croisé en rentrant chez moi. J’en avais tellement marre de te voir apeurée. » — « Non, Alex… ne me dis pas que tu… » — « Peyton, je ne veux plus te voir comme ça. J’en ai marre. » — « Mais Alex, tu ne m’as même pas prévenue. Tu imagines ce qu’il s’est passé dans ma tête ? Alors qu’en plus, c’est toi qui l’as provoqué. Tu te rends compte de la peur que j’ai eue ? Et pourquoi ? Parce que je t’aime. Et si tu continues à te battre et à te faire du mal comme ça, j’aurai toujours peur. » — « Mais putain, tu comprends pas… je t’aime. Je veux juste qu’il arrête de te briser. » — « Alex… moi aussi, je veux qu’il arrête. » — « Laisse-moi le calmer. Après ça, je te promets que j’arrêterai tout ça. Ok ? » — « D’accord… mais promets-moi de ne pas te faire de mal. » — « Promis. » Il m’enlaça. — « Tu rentres ? » — « Je vais rentrer… mais on se voit demain. » — « À demain, Peyton. » — « Je t’aime. » CHAPITRE 32 : Peyton Le lendemain, j’allai voir Jason. — « Pourquoi tu l’as laissé faire ? » — « Il t’a dit quoi, ce salaud ? » — « Bah… ce qu’il s’est passé. » — « J’en étais sûr… il t’a tout raconté. Putain, on s’était mis d’accord pour ne pas qu’il te le dise. Putain de merde… » À ce moment-là, je compris qu’Alex m’avait menti. — « Oui… il m’a tout dit… » balbutiai-je. Je partis directement voir Alex. — « Alex ! » — « Oui ? » — « Pourquoi tu m’as menti ? » — « Quoi ?! À quel sujet ? » — « À propos de Jason. » — « Je… désolé. Il m’a demandé de ne pas te le dire, sinon il te ferait du mal. » Silence. Je soupirai. — « Désolé, Peyton. » — « Je ne peux pas toujours être un prétexte pour que tu me caches des choses, Alex. » — « Je sais… » — « Je… je ne te comprends pas. Tu me dis que tu m’aimes, mais tu ne me racontes pas tout. Et si… si tu continues à me mentir, on n’avancera jamais. Et c’est toi le premier à dire qu’il faut qu’on se dise tout… » — « Je suis désolé. Je n’ai pas réfléchi. Je ne veux pas te perdre, c’est tout. » — « Mais putain, tu dis ça à chaque fois qu’il se passe un truc. C’est trop facile, Alex. » — « Au contraire, Peyton… c’est trop compliqué. Tu le sais très bien. » — « Alex… je t’attire plus de mal que de bien. » — « C’est faux. Jason attire le mal. Toi tu es… tu es… » — « Tu vois, Alex. Tu ne sais même pas ce que tu ressens envers moi. Tu crois que je t’aide, mais c’est tout le contraire. Je sers uniquement à t’attirer des ennuis. Avoue-le. » Il me regarda quelques secondes sans parler. — « Mais bien sûr que oui, Peyton ! Oui, à cause de toi j’ai plus de problèmes. À cause de toi je souffre. Mais je m’en fiche ! C’est pour toi. Je t’aime. » — « Non Alex… tu ne m’aimes pas. Ce n’est pas possible. Je ne fais que t’attirer des problèmes. Alors arrêtons de nous faire du mal comme ça. » — « Peyton… je… » Il s’approcha de moi et tenta de prendre mes mains. — « Ne me touche pas ! » Son regard devint vide. Ma vu se brouilla , je clignais des yeux , mes les larmes coulaient — « Je… » souffla-t-il. Je courus jusqu’aux filles. — « Emma… Léane… » dis-je en pleurant. — « Peyton, ça va ? » s’inquiéta Léane. — « Non… je… je suis une idiote… Qu’est-ce que j’ai fait ? » — « Il se passe quoi ? » demanda Emma. Ma gorge était nouée. Plus rien ne pouvait en sortir. Je tentai de leur expliquer, sans succès. Mais elles avaient compris. Elles me connaissaient suffisamment. — « Bon… alors je propose que vous veniez chez moi ce soir. Ça ferait longtemps qu’on n’a pas fait une soirée entre filles », proposa Emma. — « D’accord… » réussis-je à lâcher dans un sanglot. CHAPITRE 33 : ALEX Je rentrai chez moi. Je m’assis sur mon lit et m’allongeai, fermant les yeux. Mon corps se contracta. Ma mâchoire trembla légèrement. Les larmes coulaient abondamment sur mes joues. Je n’avais rien laissé paraître de la journée. Alors, je lâchai prise. Je ne comprenais pas son choix. Ça ne me dérangeait pas de souffrir, tant que c’était pour la fille que j’aime. Je ne m’étais jamais battu pour quelqu’un… et je ne comptais pas le faire pour une autre que Peyton. Trop triste pour agir, je finis par m’endormir. Le lendemain, je reçus un message. Peyton. J’ouvris mon téléphone, entrai dans notre conversation : — Message supprimé Mon cœur s’emballa. Que voulait-elle me dire ? Je me préparai rapidement, attrapai mon sac et pris le bus. Je m’assis à côté de Léo, un garçon avec qui je parlais parfois. Je n’étais pas sûr qu’on soit vraiment amis, mais il semblait solitaire. — « Salut », dis-je. — « Salut, ça va ? » répondit-il. — « Oui, et toi ? » — « Tu n’es pas triste de ta rupture avec Peyton ? » Je fis semblant de ne pas être affecté. — « Non. » Bien sûr que si. Peyton me manquait déjà, plus que je ne voulais l’admettre. Le trajet se passa en silence. Le bus s’arrêta, je descendis et entrai au lycée. Et là, elle était devant moi, avec Leane et Emma. Je restai figé, incapable de respirer. C’est à ce moment précis que je sus : c’était elle. Je voulais qu’elle soit avec moi pour toujours. Ne plus la toucher, ne plus l’embrasser, me donnait la nausée. Je ne tiendrais pas longtemps avant de craquer. — « Ça va, mec ? T’as l’air bizarre », demanda Léo. — « Heu… oui, ça va », répondis-je d’une voix presque inaudible. Tous les bancs étaient pris, sauf celui à côté de Peyton et ses amies. — « Tu es sûr de vouloir t’asseoir là ? » s’inquiéta Léo. — « Oui, oui… et puis ça te donne l’occasion de parler à Emma », répondis-je. Léo aimait Emma depuis la 5°. Mais il ne pense pas que ce soit réciproque Nous nous assîmes, et je tentai de discuter avec Léo, mais mon attention était entièrement sur Peyton. Un garçon que je ne connaissais pas arriva à côté d’elle. — « Salut toi », lança-t-il, un sourire confiant sur le visage. Grand, brun, musclé, avec de légères taches de rousseur… il avait l’air sûr de lui. — « Salut, ça va Harry ? » répondit Peyton. Mon sang bouillait. Je respirais difficilement. Léo me parlait, mais je n’écoutais pas, concentré sur Peyton et ce garçon. — « Ça va, mec ? » demanda Léo. — « Oui, ça va… arrête de me demander ça toutes les trois minutes ! » m’énervai-je. — « Désolé », dit-il, baissant les yeux. — « Non… pardon, excuse-moi. Je sais pas ce qu’il m’a pris. » La sonnerie retentit. Je montai les escaliers pour l’anglais, ma matière préférée… mais pas aujourd’hui. Peyton était devant moi, seule, et moi à côté de Léo. — « Hello, everyone », dit la prof pendant que tout le monde s’installait. Peyton sortit ses affaires, tout comme moi. Harry arriva et s’assit à côté d’elle. — « Ça te dérange si je m’assois là ? » — « Non, vas-y. » À la moitié du cours, Peyton riait avec Harry. Léo me demanda : — « Ça ne te dérange pas qu’elle soit comme ça avec lui ? » — « Non… elle fait ce qu’elle veut. On n’est plus ensemble de toute façon. » Bien sûr que ça me dérangeait. Mais je ne pouvais pas le montrer. Je devais rester calme. Elle ne bougeait plus. Elle ne riait plus. -« et puis… tu n’est plus avec Alex , si ? » demandât Harry a Peyton Elle ne répondit pas , elle me regarda , furtivement. CHAPITRE 34 : PEYTON — « Et puis… tu n’es plus avec Alex, si ? » me demanda-t-il. Je ne pouvais plus rien dire. La chaleur envahit mon corps, mes mains se crispèrent, je n’entendis plus rien. Alex… Il… Est-ce que j’avais bien entendu ? Il a dit que… qu’on n’était plus ensemble. Je n’y croyais pas. Il n’aurait jamais dit ça habituellement. Je me déteste. Et si… et si depuis le début il faisait semblant ? C’est vrai… maintenant que j’y pense, je lui ai présenté ma mère, lui non. Je lui ai tout raconté de mon passé, lui non. Non, ce n’est pas possible. Il m’aime. Enfin, je crois. Il me l’a dit plusieurs fois. Et si ce n’était pas sincère ? Il n’a même pas essayé de me parler aujourd’hui. Après tout, moi non plus. Peut-être qu’il pense que je ne l’aime plus. Mais putain… mais si je l’aime, il devrait le savoir ! — « Est-ce que tu l’aimes encore ? » tenta Harry. — « OUI, oui je l’aime, plus que tout. Je l’aime plus que je ne m’aime », pensai-je si fort que je l’aurais crié en plein cours. Je me tournai vers Alex : — « Je t’aime. » Il me regarda, tendrement, si tendrement que j’eus envie de l’embrasser. Je m’attendais à une réponse… Silence. Il réfléchissait. La prof d’anglais voulut m’exclure du cours, mais n’osa pas vraiment. Il lança un regard vers Léo, qui hocha légèrement la tête. Puis il me regarda à nouveau. Un regard mystérieux, profond. — « Je… je… putain, Peyton, tu sais que je t’aime. Je ne veux que toi. Je ne pense qu’à toi. Je vis pour toi. Tu… tu es faite pour moi. » La prof d’anglais sembla attendrie pendant dix secondes, puis dit : — « Peyton, Alex, vous sortez dans le couloir. J’ai deux mots à vous dire. » Je me levai, suivi d’Alex. Nous arrivâmes dans le couloir. — « On va se faire démonter », ricana Alex. — « Mais vraiment », ris-je. La prof arriva et ferma la porte. — « Écoutez les enfants, vous vous aimez, vous êtes clairement faits l’un pour l’autre. OK ? Mais par contre, vous ne devez pas interrompre mon cours comme vous l’avez fait. D’accord ? » — « D’accord », répondit le garçon de mes rêves. — « Oui », dis-je, sans le lâcher des yeux. Nous nous dirigions vers la cantine. On allait manger avec Leane, Emma, Léo et Harry. Tout le monde parlait, riait. Enfin presque tout le monde, parce qu’Alex était devenu froid. Pourquoi ? Aucune idée, mais je pense qu’il va lui falloir du temps. Certes, il ne parlait plus, mais il me regardait… Et quand il me regardait comme ça, je ne parlais plus moi non plus. Je le regardais et je souriais bêtement. Quand on eut fini de manger, on alla s’asseoir à une des tables extérieures. Il faisait froid, mais il y avait trop de bruit sous le préau. — « J’ai super froid », dit Emma en regardant Léo. Emma est amoureuse de Léo depuis la 4e. Elle ne pense pas que ce soit réciproque. — « Tiens », dit Léo en mettant sa veste sur les épaules d’Emma. Emma rougit légèrement. Léo aussi. — « Merci. » La joie commençait à revenir sur le visage d’Alex. Mais Harry revint… et la colère reprit sa place. Alex me regardait comme s’il me détestait. Mon cœur se serra. CHAPITRE 35 : ALEX — « Et si on sortait tous ensemble après les cours ? En plus on finit plus tôt aujourd’hui », proposa Harry. — « Oui, pourquoi pas », dit Leane. Peyton me regarda comme pour avoir une confirmation. Je ne pouvais plus voir ce mec sans être énervé. Je ne pouvais plus voir Peyton avec lui. — « OK », dirent Léo et Emma en même temps. — « Peyton, Alex ? » demanda Harry. — « Oui, je serai là », confirma Peyton. — « Mouais », murmurai-je. Je ne voulais pas la laisser seule avec lui. Nous nous posâmes tous ensemble en terrasse. C’était long. La voir rire avec lui m’exaspérait. Tout le monde riait à une blague que Léo avait faite. En plein fou rire, je demandai : — « Et sinon, un ciné, ça vous dit ? » Tout le monde se demandait pourquoi je proposais ça maintenant. — « Oui, grave », dit Harry. Je me levai de ma chaise, suivi par tout le monde. Nous arrivâmes au cinéma. Peyton s’assit entre Harry et moi. On avait opté pour un film d’horreur. Le film passait, mais je ne le regardais pas. Je vérifiais juste que Harry et Peyton n’aient pas de contact. Peyton sursauta, elle bougea sa main. Ça y est, elle allait enfin reprendre confiance en moi. Mais elle attrapa la main de Harry. Harry souriait. Pas moi. Leurs mains restèrent liées, longtemps. Mon corps était lourd. Mon sang bouillonnait. Les pensées se bousculaient dans ma tête. C’en était trop. Je me levai. Je quittai la salle et m’assis sur une des chaises d’une terrasse au hasard. Je laissai les larmes couler. Ma haine envers Harry s’accentua. Et bizarrement, je ne voulais pas voir Peyton. Je vis Leane sortir. Elle s’assit à côté de moi. — « Hey, pourquoi tu es parti comme ça ? » dit-elle calmement. — « Je… Elle ne m’aime plus. » — « Alex, elle t’aime. Harry est un de ses amis, c’est tout. » — « Alors pourquoi elle lui a pris la main quand elle a eu peur ? J’étais là, moi aussi. » — « Oh… je suis désolée, Alex. » Je n’avais jamais autant pleuré de toute ma vie. Emma sortit, elle aussi. Elle arriva vers nous. Leane lui expliqua. — « Alex, Peyton t’aime plus que tout. Elle a peur. » — « Mais peur de quoi ?! Je fais tout pour la protéger. » — « Elle a peur de te perdre », ajouta Leane en baissant les yeux. — « Elle a peur de me perdre, mais elle me quitte. Ce n’est pas logique. » — « Elle le fait pour que tu arrêtes de te battre. » — « Même si on n’est plus ensemble, je continuerai de me battre pour elle. » — « Si j’étais toi, j’en parlerais avec elle. Dis-lui tout ce que tu penses à propos de Harry, de Jason… et puis d’elle aussi. OK ? » — « J’essaierai. » Nous rentrâmes dans la salle. Peyton pleurait à cause du film. Je m’assis à côté d’elle. Et je la pris dans mes bras. Le film se termina. Léo et Emma repartirent ensemble. Harry et Leane repartirent chacun de leur côté. Tandis que Peyton et moi restions là. — « Tu veux qu’on aille chez moi ? » proposa Peyton. — « Heu… il faut que je rentre chez moi, ma mère m’attend. Mais une prochaine fois », dis-je d’un ton un peu froid. — « J’suis pas étonnée », murmura Peyton. — « À part si tu veux vraiment parler, tu peux venir chez moi », dis-je d’un ton énervé. — « Non, non, c’est bon. » CHAPITRE 36 : PEYTON Les jours passèrent et je n’osais pas trop parler à Alex. Il m’avait seulement regardée une ou deux fois. Je n’osais pas non plus parler à Harry, par peur d’en vexer un des deux. J’étais chez moi, je lisais, quand tout à coup mon téléphone sonna. Alex. — « Il faut qu’on parle. » Mon cœur se serra. Mes mains tremblaient. — « Tu peux venir quand tu veux. » — « Je suis là dans 10 minutes. » — « Ok. » Mon rythme cardiaque s’accéléra. J’étais paralysée. Le temps passa vite… trop vite. J’entendis ma mère parler : — « Oh, bonjour Alex », dit-elle d’un ton enjoué. — « Bonjour madame, je peux monter ? » ajouta-t-il d’un ton froid. — « Oui, vas-y », répondit-elle. Il monta les escaliers. Chaque marche qu’il montait résonnait un peu plus fort dans ma tête. Il toqua à la porte. Il entra. Je n’arrivais pas à déterminer ses émotions. Sûrement un mélange d’amour, de haine et d’agacement. L’atmosphère était tendue et lourde. Un long silence s’installa. Si pénible qu’Alex n’osait pas me regarder. Il n’osait pas faire de bruit. Il semblait presque retenir sa respiration. — « Bon alors… heu… » — « Oui ? » Sa respiration s’accéléra. Mon cœur battait. Sans m’en rendre compte, je jouais avec les fils de mon pull. — « Je… je ne sais pas vraiment comment te le dire… » — « Tu peux tout me dire. » — « Je sais… » Il regardait ses pieds. — « Écoute Peyton… je pense qu’il faudrait qu’on s’arrête là. Tu aimes Harry et… » — « Mais non ! Je n’aime pas Harry ! Je t’aime, toi ! » — « Et je ne peux plus supporter tout ce qu’il se passe. On n’est pas faits l’un pour l’autre. On s’attire des problèmes. Je te brise le cœur autant que tu brises le mien. » Mon cœur se brisa. La tristesse commença à me submerger… Mais la colère prit le dessus. — « Je… je ne peux pas croire ce que tu es en train de dire… » — « Peyton… » — « Tu veux dire que depuis le début tu ne m’aimes pas ? J’en étais sûre. Tu fais semblant depuis tout ce temps ? Et pourquoi tu as fait ça ? » Il me regarda droit dans les yeux. — « Mais si. Je t’ai toujours aimée. Là n’est pas le problème. Avoue juste que… que nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre. » — « Ok. Dis-moi pourquoi. » — « Parce que… enfin… » — « Tu vois ? Tu n’en sais rien. » — « Mais… je… » — « Sors de ma chambre. » Il me fixa tristement. La colère ne s’estompait pas. — « Sors de ma chambre !!! » criai-je. Il resta figé. Il ne bougeait plus. — « SORS DE MA PUTAIN DE CHAMBRE !!! » Il me regarda, effrayé. Il sortit. Mon sang bouillonnait. Mes poings étaient serrés, plus que jamais. Je pris un coussin, le posai sur mon lit et je le frappai. De toutes mes forces. Jamais je n’avais été aussi énervée de toute ma vie. Je croisai mon regard dans le miroir. Les cheveux en bataille. La peau rouge. La mâchoire serrée. Un monstre. J’étais un monstre. Mon regard me glaçait le sang. Je m’assis sur mon lit. Je repensai au regard d’Alex. Je suis ignoble. Infâme. Je me fais penser à Jason. Non. Je ne veux pas être comme lui. — « NON ! » criai-je dans ma chambre. CHAPITRE 37 : ALEX Je rentrais chez moi. Elle m’a regardé d’une manière… Elle m’a fait tellement peur. Je ne supporterai sûrement pas cette rupture, mais j’en suis probablement obligé. Notre conversation passait en boucle dans ma tête. Sans jamais s’arrêter. Mes jambes lâchèrent. Je me retrouvai au sol. Je m’assis. Dépité. Je pleurais. Je restai ici, au sol, pendant au moins trente minutes. Je vis une ombre passer devant moi. — « Hey Alex, ça va ? » dit une voix qui m’était familière. — « Tu veux venir chez moi ? Une soirée entre mecs ? J’invite Léo si tu veux. » Je levai la tête. Harry. Harry ? — « Je… Harry ? » — « Oui ? » Quelque chose me disait qu’il fallait que j’aille avec lui. — « Je peux venir ? » — « Bien sûr. » Il m’aida à me relever. Nous marchions. Personne ne parlait, mais c’était étonnamment agréable. Nous arrivâmes chez lui. On entra. — « Tu peux t’asseoir, je commande une pizza. » Je m’assis. ⸻ La soirée passa. C’était agréable. On rigolait. — « Alex, je peux te poser une question ? » — « Oui. » — « Pourquoi tu pleurais ? » Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais maintenant une entière confiance en lui. — « Je… j’ai quitté Peyton… mais elle a très mal réagi. » — « Oh… et pourquoi tu l’as quittée ? » — « On s’attire trop de problèmes. On n’est pas faits l’un pour l’autre. » — « Ah… je trouvais que vous alliez super bien ensemble. C’était l’amour fou, non ? » — « Oui, mais… » Il comprit que je ne savais pas vraiment. — « Et c’est quoi, mal réagir ? » Je lui expliquai tout, dans les moindres détails. — « Oh… je n’imaginais pas Peyton comme ça. Ça ne lui ressemble pas trop. Pourtant je pense la connaître. » Je ne sais pas pourquoi, mais il m’avait énervé. — « Non ! Tu ne la connais pas ! » m’énervai-je. Je m’attendais à une mauvaise réaction de sa part. — « Tu as sûrement raison. » Il était gentil. Trop gentil. — « Désolé… je ne sais pas ce que j’ai. » — « Ne t’inquiète pas Alex. Je sais que ce n’est pas facile. » — « Merci. » — « Tu peux me faire confiance. Tu peux tout me dire. » — « Harry… je suis désolé d’avoir été froid avec toi. J’avais peur que tu me prennes Peyton. » Je fis des guillemets avec mes doigts. — « Tu n’as pas à t’excuser. J’aurais sûrement réagi pareil. » Je me remis à pleurer. Il me prit dans ses bras, comme si nous étions amis depuis toujours. Je me calmai. Je changeai de sujet. — « Et… d’ailleurs, c’est quoi ton nom de famille ? » — « Smith. Pourquoi ? » Je ris. — « Pourquoi tu ris ? » — « C’est drôle. Tu as le même nom de famille que Jason. » — « C’est normal. C’est mon frère. » — « Ah… et tu es au courant ? » — « De quoi ? Par rapport à toi et Peyton ? Oui. Je sais que mon frère est un con. Il est gentil dans le fond, mais il est très très… » — « Il veut tout pour lui. » — « Oui, voilà. Et il est prêt à tout pour l’avoir. Surtout si c’est une fille. » — « Et… tu as déjà été attiré par Peyton ? » — « Mmmh… non. Sûrement pas », dit-il d’un ton moqueur. — « Pourquoi sûrement pas ? » — « Disons que je ne suis pas… je n’aime pas les filles… ça ne te dérange pas ? » — « Oh non, pas du tout. Mais je suis idiot… je me suis empêché de te parler, d’être ami avec toi. Peyton aurait pu me le dire. » — « Oh, mais personne n’est au courant. » — « Ah… » Il me faisait confiance. Entièrement. ⸻ La soirée avait repris son cours. On entendit des pas dans les escaliers. Jason. Jason. Non. Pas Jason. Il s’approcha de son frère. — « Depuis quand tu es ami avec lui ? » — « Depuis que j’en ai envie. Tu ne vas quand même pas me dire ce que je dois faire. » — « Je t’ai déjà dit de ne jamais t’approcher de lui. » — « Peut-être. Mais je m’en fiche. » — « Tu quoi ?! » cria Jason en levant la main. — « TU NE CONTRÔLES PAS TOUT, JASON ! » — « OK… tu veux jouer ? On va jouer. » Il le regardait… — « Non ! Jason, je ne veux pas jouer avec toi ! » cria Harry. Jason mit un coup à son frère. Pas un coup anodin. Un vrai coup. — « STOP JASON ! » Jason me jeta un regard glacial. Puis il remonta dans sa chambre. ⸻ — « Tu veux qu’on aille chez moi ? » — « Oui », murmura-t-il. ⸻ — « Tes parents ne disent rien ? » demandai-je. — « Il le fait quand ils ne sont pas là. » — « Oh… » Nous étions chez moi. — « Et toi… pourquoi tes parents ne sont pas là ? » — « Mon père m’a abandonné quand j’avais dix ans. Et ma mère passe sa vie au travail. Elle est là seulement un week-end sur deux. » — « Oh… je suis désolé. Peyton ne m’en avait jamais parlé. » À ce moment-là, je pris conscience que je ne lui avais jamais rien dit de mon passé. — « Elle ne le sait pas. » Elle m’a tout dit à propos d’elle. Moi, jamais. Je n’y crois pas. Je comprends maintenant pourquoi elle a dit : « Tu ne m’aimes pas, je le savais. » Je ne lui ai jamais rien dit. CHAPITRE 38 : PEYTON 3 jours plus tard Je ne sortais plus de chez moi. Je restais dans ma chambre. Cette fois, je savais que nous étions séparés pour de bon. Il l’a dit. Il a dit que nous n’étions pas faits l’un pour l’autre. Quand il m’a dit cela, j’ai ressenti comme une haine envers lui. J’avais envie de l’insulter. Jamais je n’avais été aussi énervée de toute ma vie. Ce jour-ci, j’étais tellement énervée que je ne voulais plus me renfermer pour lui. Je me préparai : pantalon baggy, haut moulant. Cheveux bouclés. Gloss transparent. Plus jolie que jamais. J’arrivai au lycée, plus déterminée que jamais. Emma et Leane parlaient à Alex. Quand elles me virent, elles accoururent vers moi. — « Salllluuuutttt, tu vas bien meuf ? » demanda Emma. — « Mouais… et toi ? » — « T’es sûre que ça va ? » s’interrogea Leane. — « Pourquoi vous lui parlez ? » dis-je d’un ton volontairement froid. — « Bah… ça te pose un problème ? » demanda Emma, intriguée. — « Bien sûr que ça me pose un problème. Vous parlez toutes les deux à un mec qui vient de me briser le cœur. » m’énervai-je. — « Comme si toi tu ne lui avais pas brisé le cœur peut-être. » renchérit Leane. — « C’est lui qui m’a quittée et qui m’a dit que nous n’étions pas faits l’un pour l’autre. » — « Figure-toi qu’on lui a beaucoup parlé pendant ces trois jours et qu’il nous a dit tout ce qu’il pensait vraiment de toute cette histoire. Bien sûr que tu lui as brisé le cœur. » ajouta Leane. — « Mais qu’est-ce que je m’en fous de ce qu’il pense ! Vous savez quoi ? Retournez avec lui, vous ne méritez pas mieux de toute façon. » dis-je d’une voix plus forte que prévu. — « C’est vrai que tu nous mérites vachement, avec tout ce qu’on a fait pour toi… » chuchota Emma. — « Oui c’est ça, retournez avec ce con ! » Elles repartirent. Un coup de poignard me traversa le ventre à l’instant où je vis Alex accompagné de Samantha (la fille que je ne peux plus supporter depuis LA fameuse soirée) assis sur un banc, à côté de l’antenne utilisée pour la radio du lycée. Ils rigolaient. Trop. Trop proches. Trop à l’aise. Trop connectés. Trop parfaits. Une colère m’envahit. Une colère plus que violente. Tellement violente que je n’étais plus vraiment moi-même. Je me dirigeai vers Jason. Alex me regardait. Quand il comprit que j’allais vers lui, Alex posa un regard insistant sur Jason. Jason me regardait. J’étais devant lui. J’hésitai. Puis je vis Alex à côté de Samantha. Je le regardai droit dans les yeux. Je passai mes bras autour de la nuque de Jason. J’approchai ma tête de la sienne. Son souffle effleura ma peau. Pire sensation depuis longtemps. Mais j’étais si énervée que je ne le remarquai même pas. Je l’embrassai. Je me reculai et regardai Alex. Il était… Je ne savais même pas ce qu’il était. Mais il se leva, pas brusquement, calmement. Jason me regarda, me fit un clin d’œil. Puis je repartis. Je m’assis sur un banc et je regardai Alex. Il se dirigea vers Jason. Il lui dit quelque chose. Puis il retourna s’asseoir. Il continua sa conversation avec Samantha. Son attitude m’insupportait. Je crois que je le regardais mal. Il m’a vue. Il a directement détourné le regard. CHAPITRE 39 : ALEX 3 jours que Peyton n’était pas venue au lycée. Leane et Emma étaient restées avec moi. Peyton arriva, plus déterminée que jamais. Les filles se précipitèrent vers elle. Elles s’embrouillèrent. Je ne la reconnaissais plus. Elle n’était pas comme ça, habituellement. Je parlais avec Samantha. Je savais que ça allait déranger Peyton et lui faire du mal. Ce n’était pas mon intention… mais je voulais qu’elle comprenne que c’était terminé. Quand Peyton me vit avec elle, son visage se décomposa, puis se crispa. À ce moment-là, je voulais qu’elle comprenne. Alors j’ai ri plus fort. Je me collai à Samantha. On était presque fusionnels. La colère frappa le visage de Peyton. Ses mains se crispèrent. Elle avança d’un pas déterminé. Je ne savais pas où elle allait. Elle me regardait droit dans les yeux. Mais j’ai vite compris qu’elle se dirigeait vers Jason. Alors je le regardai. Pas elle. Lui. Et je le détestais. Elle le regarda, droit dans les yeux. Elle hésita. Puis elle nous regarda. Elle passa ses bras autour de son cou. Mes mains se crispèrent. Mon souffle s’accéléra. Elle l’embrassa. Elle me regardait. Je lui jetai un regard. Je ne sais pas quelle émotion j’ai transmise à travers ce regard. Je me levai. Jason lui fit un clin d’œil, puis elle partit. Je m’approchai de Jason. Puis je lui chuchotai à l’oreille : — « Tu sais… elle ne t’aime pas vraiment. Alors prends soin d’elle. » — « Sinon quoi ? » dit Jason d’un ton hautain. — « Sinon… tu pourrais souffrir », ajoutai-je en partant. Je m’assis à côté de Samantha. On riait. Peyton me regardait. Je l’ai vu. J’ai détourné le regard. PS: dites moi ce que vous en pensez .
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