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  1. Bonjour, Je voudrais vous demander si vous connaissiez des livres ou des auteurs parlant de l'importance de la foi. Je ne parle pas de la foi en une religion particulière, mais du concept abstrait de la foi, que je définis comme une croyance invérifiable que l'on accepte et que l'on conserve. J'imagine que beaucoup de philosophes ont traité de ce sujet là. Ce que je voudrais, ce serait savoir ce qu'ils disent sur les raisons pour lesquelles avoir une foi - pour n'importe quoi : la vie en général, l'amour, le progrès, les autres - est essentiel pour vivre heureux et de façon non précaire. Je pense à la théorie du "mauvais génie" de Descartes : après tout, rien ne nous dit que ce que nous percevons est bien réel, et l'on pourrait très bien être un cerveau coincé dans une cuve provoquant chez nous des illusions. Le seul moyen de vivre est alors d'avoir la foi que ce n'est pas le cas, sans jamais pouvoir le prouver. Personnellement, j'ai foi en notre vouloir-vivre, déclaré absurde par Schopenhauer : je me dis qu'il existe au contraire un sens à la vie, je ne dis pas rechercher le bonheur ou quoi que ce soit, mais que si notre "vouloir-vivre" existe, c'est bien parce qu'il existe quelque chose que chaque être vivant recherche instinctivement et que nous finirons bien par trouver un jour, par l'évolution et par le progrès de la science. J'ai aussi foi en l'importance des nations, et en nos valeurs républicaines ; et j'ai beau raisonner, lorsque j'arrive au bout, à la première justification de mes convictions, ça coince, je suis piégé, parce que s'il n'y a pas de Dieu, il n'existe pas d'autorité suprême pour dire ce qui est bien ou mal, et il devient impossible de justifier quoi que ce soit (je sais que c'est discutable, mais le but est juste de vous expliquer pourquoi je pense que la foi est importante, étant donné qu'elle permet d'asseoir ses convictions sur quelque chose et de donner une impulsion initiale, précédant le raisonnement). Donc voilà, tout ça est pour moi juste une intuition un peu brouillonne, et c'est pour ça que je me tourne vers vous, en espérant que vous pourrez me donner quelques pistes bibliographiques et réflexives sur le sujet de la foi - et encore une fois, je ne parle pas de Dieu, mais si un philosophe utilise Dieu comme exemple pour parler du concept de foi et de son importance de façon abstraite, ça me convient aussi. Il y a un livre qui m'intéresse, celui de François-Xavier Bellamy intitulé Demeure, et qui parle de l'importance de la lenteur, de ce qui persiste à travers le temps. Ca me semble plus ou moins en phase avec mes convictions, et je me dis que ça pourrait m'éclairer, je ne sais pas ce que vous en pensez - mais plus largement, je suis ouvert à toutes les propositions de philosophes et d'essayistes, ou à vos propres pensées. Merci d'avance et j'espère que vous passerez une bonne soirée.
  2. Bienvenue sur ForumFr B3renger

    1. _RaY

      _RaY

      Bienvenue sur ForumFr B3renger :)

  3. Chers forumeurs, J'étais ce matin en train de réfléchir et d'écrire sur l'échec de ma précédente relation amoureuse et à ses raisons, afin d'en tirer peut-être des leçons pour l'avenir, quand j'ai réalisé quelque chose. Pour contextualiser, l'un des points d'achoppement les plus importants de notre relation était qu'elle était polyamoureuse et que je ne l'étais pas. Nous avons commencé notre relation en couple libre, - ce qui me faisait souffrir et que je n'acceptais qu'à contrecoeur, mais ce n'est pas le sujet - jusqu'à ce qu'elle finisse par rompre son autre couple pour que nous ayons tous deux une relation monogame. Elle n'appréciait pas vraiment cette situation et me le faisait sentir, en sous-entendant que j'étais trop jaloux, que la monogamie était malsaine parce qu'elle venait du manque de confiance en soi et qu'elle était possessive. On a finalement rompu pour d'autres raisons, mais ce problème a pas mal empoisonné notre relation sur le long terme. Cela m'a fait penser que l'un des aspects les plus problématiques de cette discorde était pour moi que je n'arrivais pas à justifier philosophiquement, éthiquement et intellectuellement la monogamie. Au fond de moi, je sentais qu'elle avait raison, que son argumentation était irréfutable ; si je voulais que l'on soit monogames, c'était bien parce que je voulais la garder pour moi, rien que pour moi, et que c'était en partie parce que je manquais de confiance en moi, et qu'autrement j'aurais pu accepter une relation polyamoureuse, parce que j'aurais pu être plus ouvert, moins dépendant, moins jaloux. Je ne suis pas ici pour débattre de la monogamie ; ce que je veux dire, c'est que j'avais fini par ressentir qu'elle avait moralement raison, que si tout le monde était polyamoureux tout irait beaucoup mieux dans le monde et que les relations seraient de manière générale beaucoup plus saines. Et que, malgré ça, je n'ai jamais eu vraiment l'intention d'accepter un couple libre et je ne le veux toujours pas aujourd'hui : il y avait contradiction entre mon incapacité à justifier philosophiquement mes actes et mon incapacité égale à m'en empêcher. Cela m'a parfois amené à paniquer, et à émettre des demandes déraisonnables, qui revenaient pratiquement à d’une part admettre que c’était mal et d’autre part à exiger d’obtenir satisfaction quand même, comme preuve d’absolue fidélité indépendamment de ce qui était bien ou mal. De manière générale, j’ai besoin de me sentir rassuré quant à mes relations et de savoir que je pourrais compter sur leur soutien en vertu de notre amitié/amour et pas du bien-fondé de mes actions, mais aussi parce que je déteste sentir que ce que je fais est moralement injustifiable, ce qui me pousse à fabriquer une forme de légitimité reposant uniquement sur mes besoins ; c’est-à-dire d’adopter une conception du monde où un acte serait moralement justifié à partir du moment où il répond à un besoin. Si je devais formuler ma position en une phrase, dans le cadre de ma relation avec les autres, ce serait probablement : « je sais que ce que j’attends de toi est moralement injustifiable, mais je veux que tu le fasses quand même par amour pour moi', que tu ne considères pas qu’il s’agisse d’un compromis temporaire et que tu n’essaies jamais de me faire changer d’avis, parce que je veux que ma simple volonté et mes besoins te soit suffisants pour que tu considères qu’il s’agisse de raisons légitimes à l’accepter. Je veux que tu te dises « C’est mal, mais il en a besoin, alors je vais le faire et je l’accepte complètement.'' ». ». Je sais que c’est tordu, mais je sais aussi que les actes dont je parle renvoient en fait à des comportements, comme la monogamie ou la consommation de biens produits à partir d’une exploitation injustifiée, qui sont partagés par quasiment toute l’humanité. Ce qui pose problème et qui est malsain est uniquement 'mon attitude par rapport à ces actes, ma façon de les conceptualiser comme immoraux et de vouloir les accomplir quand même''. Parce que j’ai une conscience aigüe de ce qui est bien et mal, probablement plus que les autres, qui ont la chance de vivre innocemment, dans le sens où ils font du mal sans s’en rendre compte et obéissent à leurs névroses sans s’en rendre compte. Moi, je m’en rends compte, et contrairement aux autres personnes à en être conscientes, je n’essaie pas de changer mon comportement. Je continue donc d’agir comme tout le monde, sauf que je m’en sens coupable, tout en m’agitant furieusement pour essayer de me légitimer à mes propres yeux, ce qui n’est possible qu’en adoptant un système philosophique légitimant une forme d’égoïsme, l’autre alternative étant d’accepter d’être un être mauvais, ce qui est cependant beaucoup trop douloureux. Je répète que je ne fais rien de plus que la plupart des gens. C’est ça, le pire : je suis par mes actes quelqu’un de tout à fait quelconque. C’est juste que les autres ne se rendent pas compte du mal qu’ils participent à propager. Et est-ce que je crois au fond de moi que la monogamie est mauvaise et qu’un système polyamoureux généralisé serait plus sain, sans jalousie ni frustration ? Oui. Est-ce que j’ai la moindre attention d’accepter une relation libre ? Non. Et ça s'applique à plein de domaines. J'ai conscience que consommer est mal, que je participe à un système oppressif qui repose sur l'exploitation des pauvres à l'autre bout du monde, je me dis parfois même que la gauche woke a raison en parlant de racisme systémique ; je trouve moralement injustifiable de tuer des animaux pour les manger, - étant donné qu'il existe des alternatives - j'ai conscience de mon impact très négatif sur l'environnement, etc... et pourtant, je ne peux ni ne veux m'arrêter. Pour résumer, j’aimerais pouvoir continuer de mal agir sans me sentir coupable et en étant pleinement accepté par les autres pour cela. Avec une morale ressemblant à : « Fais du bien quand tu le peux et quand tu en as envie, mais ne te prends-pas trop la tête et pense d’abord à tes besoins, tu en as le droit. ». Ce que je vous demande, ce n'est pas de m'aider à devenir quelqu'un de meilleur, qui serait capable de s'améliorer sur tous ces points. J'ai envie de penser à moi en premier. Ce que je voudrais, ce serait trouver une philosophie qui me permettrait de ne pas changer de comportement tout en ayant une légitimité morale et philosophique cela. Je sais que la morale chrétienne est par exemple fondée sur le pardon de la faiblesse de l'homme, mais qu'elle est conditionnée par un désir sincère de s'améliorer, ce qui n'est pas mon cas, en tout cas pas pour certaines choses. Je ne veux pas dire que je suis un monstre ; juste que je n'ai pas la moindre intention de devenir vegan, polyamoureux, ou d'arrêter de consommer. Et que je veux arrêter de me sentir illégitime à cause de ça. Comme ça, je pourrais dans le même temps me justifier auprès des autres, et leur demander leur soutien en vertu de cette philosophie et de leur amour pour moi plutôt qu'en vertu de ce qui est objectivement bon pour les autres. J'ai très peu de connaissances en philosophie, mais je pense que je peux y trouver une solution, peut-être chez Nietzsche, peut-être chez quelqu'un de complètement différent, je ne sais pas. Est-ce que vous avez des pistes à me proposer ? En espérant que vous passiez une bonne journée. P.S : l'exemple de la monogamie est davantage un moyen d'entrer dans le sujet qu'une question que je veux aborder sur le fond ; je n'ai pas l'intention d'arrêter la monogamie et je voulais juste donner un exemple pour montrer un cas où je sens être immoral sans avoir l'intention de changer. En gros, est-ce qu'il existe une philosophie justifiant le fait de vivre en pensant d'abord à ses besoins, sans aller jusqu'aux libertaires (je précise en outre que je suis pour un Etat fort et, dans une certaine mesure, conservateur, pour les valeurs républicaines et le patriotisme surtout) ?
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