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  1. rphbin

    Voyage dans le temps

    Oui, mais là, on parle de la totalité du monde et, comme je vous le demandais, si, du monde, tout n'a pas été découvert ou compris, la conscience (ou sa définition) a-t-elle quelque chose à y voir?
  2. rphbin

    Voyage dans le temps

    Je n'ai pas été clair en voulant préciser: "pour faire du classement, répartir du sens possible". Il ne s'agissait pas de ce que fait la conscience mais de son statut (donné par moi) de case vide, de son utilité comme concept. «Case vide», c'est comme pour dire: on fait fi de tout ce qui a pu être affirmé sur la conscience comme de ce à quoi on penserait spontanément.. Quand vous dites: «la conscience est ce qui du monde nous apparait, et comment il nous apparait», ne la définissez-vous pas de façon trop restrictive? Comment la conscience peut-elle savoir qu'il y a quelque chose du monde qui ne lui apparaît pas? Et qu'il ne serait pour elle que d'une certaine manière? Si, du monde, tout n'a pas été découvert ou compris, la conscience a-t-elle quelque chose à y voir?
  3. rphbin

    Voyage dans le temps

    Moi, j'avais déjà défini la conscience comme une interface entre expérience et mémoire. Conscience comme goulet d'étranglement. Le temps est-il cause, ce dont tout dépend, ou manière, le passage comme tel, «grain à grain»? Le sablier lui-même est-il une structure, une forme dont dépendrait l'ampleur du «tout» qui entre et le rythme du passage? En supprimant le temps, il n'y aurait plus rien, «ni le monde, ni notre conscience ni notre esprit». Ça peut se dire. Mais est-ce que ça se conçoit? Est-ce que ça s'imagine en quelque façon que le temps soit supprimé? Dans les mythes, peut-être, mais de façon symbolique, en mettant la rationalité de côté. Cette sorte de suppression radicale, je la verrais plutôt du côté de ce qui arrive quand il n'y a plus de conscience (quand on est mort...). Si plus de temps, «tout devient inerte». Mais cette inertie, ne dure-t-elle pas? Par exemple, le temps qui séparerait l'arrêt du temps de sa reprise possible et du retour du mouvement. Et si la suppression du temps n'est pas un évènement dans le temps, pourquoi l'inertie apparaîtrait-elle comme une conséquence? Si, de mon côté, j'ai assimilé temps et conscience, c'est parce que j'ai considéré que le temps lui-même correspondait au déploiement de la conscience, à son étendue, à sa portée. Qu'il n'y ait plus de temps, ou plus de conscience, c'est tout comme... On comprend le monde en y mettant du nôtre. Mais qui a fait le traitement de ce qui est entré puis est ressorti? Le temps lui-même? Par quel procédé se transforme ce qui entre pour devenir ce qui est "du nôtre"?
  4. rphbin

    Voyage dans le temps

    Si la conscience est la même chose que le temps, elle ne peut être «dans» le temps. Le temps ne contient pas la conscience pas plus qu'il n'y a pour elle d'au delà, de moins, ou d'ailleurs que le temps lui-même. Il s'agit ici en fait d'une définition de la conscience, qui ne saurait se placer face au temps, être autre que lui pour le poser à partir d'elle-même (alors qu'elle ne serait rien du tout sauf le statut qu'elle détiendrait d'être une conscience). Dans une telle vision des choses, le sujet ne joue aucun rôle. Quand une place lui revient, temps et conscience apparaissent alors comme des entités distinctes. C'est justement à partir d'une définition de la conscience telle que suggérée ici que le sujet peut commencer à être «envisagé». Je ne pense pas qu'on puisse affirmer que tout est «dans» le temps et en même temps «fait» de temps (sinon en précisant bien des choses). Pour ce qui est du temps dans le temps, est-ce qu'un livre d'histoire placé sur une étagère fait la même chose? Il faut voir ici la conscience comme une case vide (pour faire du classement, répartir du sens possible). Elle ne vit rien, n'est à l'initiative de rien, aucun être ne lui correspond. Elle est l'intérieur du temps et cet intérieur, c'est la composante du temps qui correspond à la distinction avant-après.
  5. rphbin

    Voyage dans le temps

    Mystère, Etre, Chose-même. Personnellement, j'ai décidé que Temps et Conscience étaient la même chose. Même si pas tout à fait. La conscience, c'est l'«intérieur» du temps. Il s'agit d'une conscience sans sujet. Il lui revient la prise en compte de l'avant et de l'après. L'«extérieur» du temps correspond pour sa part à la «durée», c'est-à-dire au temps des choses, à celui auquel je pense quand je vous demande sur quoi vous vous fiez pour anticiper. Cette assimilation temps-conscience est pour ma part le point de départ pour bien ordonner les questions et pour entretenir l'attitude correcte pendant qu'elles sont posées.
  6. rphbin

    Voyage dans le temps

    Un bon consommateur, bien assis dans sa voiture, ne se surprend de rien. C'est une loi bien connue. Et des voitures, il y en a !
  7. rphbin

    Voyage dans le temps

    Oui mais, pour anticiper, vous vous fiez au temps que prennent les choses. Ce temps n'est-il pas objectif? N'est-il pas une réalité qui ne dépend pas de vous (mais dont vous dépendez par contre)? Le temps ne question, auquel les phénomènes sont soumis, est fixé une fois pour toutes, pour chaque choses dont les conditions, les propriétés sont les mêmes. Ce serait la variable "t" des scientifiques. Certains disent qu'on peut s'en passer. Oui? Non? Faut-il en passer par les raisonnements pointus des scientifiques pour se faire une idée de la question? Et, si oui, il faudrait les comprendre, ce qui n'est pas à la portée de grand-monde. (Si la "mousse de spin" vous intéresse, allez voir...) Je vous cite ici un argument d'Etienne Klein ("Les tactiques de Chronos") qui ne semble pas aller dans le sens de ce que j'essaie de dire ici puisqu'il parlerait de la réalité du temps indépendamment du changement (de quelque phénomène que ce soit): «... pour que le monde se maintienne, il faut bien qu'un temps soit là qui, en s'écoulant, le fasse durer. Même si, dans ce monde, plus rien ne se passe, même si plus rien ne bouge, le temps, lui, demeure actif pour continuer à le faire être. Il est l'artisan de sa persévération: à chaque instant, c'est lui qui tient le «maintenant» par la main pour lui faire traverser le présent. Son arrêt véritable signifierait donc non seulement l'immobilisation de toute chose, mais aussi l'interruption immédiate du présent, c'est-à-dire la disparition de tout ce qui existe. [...] Dès lors que «quelque chose» est là, il y a nécessairement du temps, même si dans ce «quelque chose» nulle dynamique ne semble à l'œuvre: dans un univers statique, de glace ou de mort, le temps reste ce renouvellement du présent sans chose qui change.» Je ne crois pas que cela vous agréerait. Plus loin, il avance une preuve: «Si l'on voulait résumer les choses en quelques phrases, on dirait ceci: l'existence, aujourd'hui démontrée, de l'antimatière est la preuve matérielle (ou plus exactement «antimatérielle») du fait que le temps existe, que c'est un sens unique qui ordonne les événements conformément à ce qu'exige le principe de causalité.» Même remarque: qui comprendra suffisamment la démonstration à part les scientifiques eux-mêmes et quelques férus de science?
  8. rphbin

    Voyage dans le temps

    Vous attrapez un ballon. En principe, vous n'avez touché qu'au ballon. Mais, dans un certain sens, vous avez aussi touché au temps. Sinon, comment expliquez-vous qu'il se soit trouvé entre vos mains au moment précis où vous l'attendiez là? Les expériences scientifiques n'obtiennent leur validité que selon leur prédictibilité. Comment se fait-il que les phénomènes, indéfiniment, se conforment, docilement, au temps que ça leur prend pour s'accomplir. Cette docilité, c'est celle qui permet d'élaborer des théories comme celle du Big Bang, c'est-à-dire de reconstituer des événements qui se situeraient dans un passé aussi lointain que 13,799 ± 0,021 milliards d'années (eh oui, science et précision sont indissociables; c'est ce que permet, comme ce à quoi condamne, la docilité en question…). Et puis, si le temps n'existe pas, pourquoi en tient-on compte? Que nomme-t-il au juste? Pourquoi ce mot reste nécessaire? Vous dites: «cela ne prouve pas qu'il existe quelque chose comme le temps». Mais pourquoi le temps aurait-il besoin de preuve pour que son existence soit admise?
  9. rphbin

    Voyage dans le temps

    Vous déclarez que cette chose n'existe pas. C'est tout? Si je déclare le contraire, est-ce que ça a la même valeur? De toute façon, je ne relie pas le temps au changement mais à la répétabilité et à la prévisibilité.
  10. rphbin

    Voyage dans le temps

    Moi, je vous dirais, rapidement, comme ça, que dès que vous affirmez que le temps n'existe pas, c'est comme si vous affirmiez que la réalité n'existe pas. Mais si vous "croyez" qu'il y a une réalité (si, par exemple, vous comptez là-dessus pour décider de ce que vous ferez de votre journée), le temps, en tant que temps, aura droit de cité au même titre.
  11. rphbin

    Voyage dans le temps

    Je ne répondrai pas directement à votre question, même si spontanément je vous dirais oui. Je vous renverrais plutôt au texte qui ouvre ce sujet (qui est à prendre comme une grille), quand il est parlé du temps à l'échelle d'une société (troisième paragraphe): «La diachronie renverrait, pour sa part, à ce qui, au sein d'une société, la rend explicable et orientée.» C'est juste pour faire ressortir ici comment l'expérience de l'historien se situerait par rapport à la façon diverse dont le temps est vécu par nous. J'ajouterais quand même quelque chose sur le rapport entre passé et voyage dans le temps. Si le temps n'est pas qu'une simple idée, ou qu'un concept à décortiquer, s'il peut apparaître en tant que tel, disons dans sa «corporéité», ou dans son atteignabilité, c'est parce qu'il y a le rappel (acte volontaire qui, en dernière analyse, renvoie à la réalité du corps), qui retrouve et, par ce biais, tâte ou palpe ce qui «se situe» ou «a existé» dans le temps. C'est ainsi qu'il y a, naturellement, voyage dans le temps et que s'éprouve de cette façon le temps comme tel.
  12. rphbin

    Voyage dans le temps

    L'agrément du voyage dans le temps, ce n'est pas de se retrouver dans toutes sortes de présents seulement datés différemment (1234, 2043 ou 12345678) mais de l'explorer dans ce qu'il est lui-même avec son esprit. Ça ne coûte rien mais demande tout de même un peu d'imagination. H.G. Well fait voyager des gens dans le temps mais pas une seconde ne pénètre lui-même dedans...
  13. rphbin

    Voyage dans le temps

    Il me faut le reconnaître, ce texte n'inspire pas. Comme azad2B l'a noté: «l'affiche n'était guère aguichante !» Tant pis. À propos de l'entreprise de penser au temps, vous vous dites d'une part d'accord avec moi (qui ne tente rien n'a rien...), comme si elle en valait la peine, mais jugez d'un autre côté que, pour vous, tout est déjà dit puisque le temps n'existe pas. Dois-je comprendre que c'est ici que s'arrête votre réflexion là-dessus?
  14. rphbin

    Voyage dans le temps

    Vous affirmez que «personne n'a de réponse à la question "Qu'est-ce que le temps ?"». Cela signifie-t-il que cette question est sans réponse? Que c'est par définition une question qui ne peut pas être posée? Ou encore, comme azad2B me l'a déclaré, qu'il est présomptueux de simplement en discuter alors qu'une «foule de brillants esprits» s'y sont déjà essayés? Je pense pour ma part qu'un peu de naïveté est utile pour se mettre à penser au temps et que la possibilité d'y donner par soi-même un sens valable, de le définir d'une façon qui soit satisfaisante pour soi ne doit pas être exclue d'emblée (sinon, quel est l'intérêt d'y penser?). C'est dans cet esprit que j'ai introduit mon sujet dans ce forum. Comme je l'ai expliqué dans ma réponse à l'intervention de Niou, le texte que j'ai présenté au début est à voir comme «un outil pour penser au temps de la façon la plus globale possible». La prétention de ce texte, c'est que le temps y tient tout entier, qu'il en est tenu compte de façon exhaustive. Son intérêt (prétendu) est d'offrir cette exhaustivité comme point de départ en vue d'inspirer. Comme expliqué à Niou: «il serait d'abord à prendre comme une suite de mots suggestifs dont l'agencement compte plus que le sens précis auquel ils renverraient. Son intérêt est avant tout dans sa capacité d'inspirer.» Le langage est en effet indispensable pour se mettre à tenir compte du temps puisqu'il faut que chacun soit d'abord inséré dans une histoire de lui-même, histoire qui elle-même repose sur les possibilités (propriétés) du langage, c'est-à-dire sur l'avènement de la narration et du récit (comme forme). Mais cela ne répond pas à la question: à quoi se rapporte le sujet pour trouver que le temps passe plus ou moins vite? Vous invoquez le cerveau pour rendre compte de la faculté de se repérer dans le temps. Je vous demande: pensez-vous que le cerveau sert à quelque chose quand vous constatez que deux choses se produisent en même temps? Par exemple, pendant que vous regardez un film, que le son est synchronisé avec l'image, ou que la parole correspond au mouvement des lèvres (même, ou à plus forte raison, quand il ne s'agit pas de la même langue, comme dans le cas d'un film américain avec voix françaises...). Si on met en rapport cerveau et temps, que pensez-vous du fait que du simple assemblage de particules, de leur agencement et de leur interaction (ce qui, en bout de course, donne le cerveau à l'oeuvre), du temps puisse se mettre à être pris en compte?
  15. rphbin

    Voyage dans le temps

    Vous parlez de condition psychique et de subjectivité. Mais quelle que soit cette condition, il faut bien que le sujet se rapporte à quelque chose pour trouver que le temps passe plus ou moins vite. Je vous demande à quoi? Pour ce qui est de Heidegger, j'ai eu à m'y référer sur ce forum en répondant à une de vos interventions (celle du 02/07/2019) quand j'ai tenté de rendre compte des composantes du sujet selon moi. J'avais écrit: «Ce moi, je l'ai fait correspondre au Dasein de Heidegger, alors qu'au Je, j'ai fait correspondre l'"être-jeté"...». L'autre part du sujet, c'était le Soi, que j'avais fait correspondre à «la part animale de l'homme». Pour ce qui est de "Etre et temps", je ne sais si vous avez lu la traduction de Martineau disponible en ligne. Si ça vous intéresse, j'ai aussi celle de Vézin en PDF.
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