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Akhel

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  • Date de naissance 02/24/1987

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  1. Absolument, merci pour l'échange et excellente journée !
  2. Akhel

    le miroir

    Bonjour, Le miroir est une abstraction de la réflexion, au sens physique et psychique. Réflexion du "réfléchir", c'est à dire qui change de direction par rencontre avec une surface impénétrable. Tout comme la lumière se renvoie vers l’œil dans le miroir - ce qui n'est qu'un cas particulier de la réflexion, car cette lumière pourrait partir ailleurs, éventuellement vers l’œil d'un observateur qui me verra réfléchi - la pensée appliquée d'un sujet sur soi -même appartient à une réflexion psychique. Lire l'analogie dans le sens où la pensée sera lumière - sans connotation d'un éclaircissement ou éveil - et où la surface réfléchissante sera le soi/moi (concepts à ne pas confondre avec l'acception freudienne), en tant qu'objet impénétrable. Se regarder dans un miroir est donc être à la fois sujet et objet. Intéressant de remarquer que les deux, faisant racine dans une réalité commune, deviennent étrangers l'un à l'autre; le miroir prétend à deux choses : révéler l'un à l'autre, mais c'est seulement se savoir comme un objet expérimental, par exemple, tu apprends la forme de ton nez, la couleur de tes yeux, tu prends science de ces données avec plus ou moins d'exactitude; il en est pareillement pour les traits psychiques; conserver une distance entre l'un et l'autre, le sujet réfléchi à soi comme un objet est finalement un objet extérieur, il n'a aucun attrait à la vie intérieure. Paradoxalement, le miroir devient une alors une rupture, sortir de cette rupture reviendrait à fermer les yeux; sans fermer les yeux, on devient attaché à la forme (plastique ou plus généralement logique, les mathématiques ne sont par exemple qu'un langage descriptif dans lequel quelconque chose n'ayant pas forme (catégorielle) est inenvisageable), le savoir est par conséquence au mieux parfaitement descriptif (Wittgenstein, Kant), c'est à dire analytique. Mieux savoir la forme de votre nez, la savoir parfaitement, mieux savoir vos traits de caractère, ce qui vous rend jaloux, ce en quoi vous êtes perceptif, comment vous aimez être aimé. Tout ceci participe à un miroir, c'est utile, mais ce n'est pas une connaissance. Vous pouvez avoir des cartes parfaites de toute la surface de la Terre, mais si vous n'avez pas vécu un lieu, vous ne le connaissez pas : pour le vivre, il faut y aller. Connaître c'est explorer dans l'aveuglement qui suit l'absence d'une forme. C'est une proposition autour de la poétique du miroir. Excellente journée !
  3. Je suis également curieux de connaître quel régime de gouvernement vous semblerez bon !
  4. Bonjour, Les paradis fiscaux ne sont pas du ressort du peuple, un banquier n'est jamais le peuple. Il semble que vous prenez en totalité un pays, sans aucune typologie sociale, politique ou économique discriminante. Il faut aussi faire l'effort de concilier les réalités avec les idéaux, croire que la démocratie référendaire suisse est imparfaite parce qu'une bourgeoisie financière emploie ses lois pour enchaîner des classes objectivement incapables de s'en détacher dans le moment présent (par souci de survie) est appeler la facilité. Si les paradis fiscaux suisses vous font peur, attendez de comprendre les mécanismes de détournement utilisés par les détenteurs de capitaux en U.S.A et en France. Encore une fois : la Suisse est imparfaite, mais elle ouvre une voie. Quant à la "démocratie réelle" (qui n'existe pas et n'existera pas dans les cent ans à venir), elle suppose en préalable : Une majorité de la population avec une propension à démarche intellectuelle sceptique couplée à une propension à l'action politique active non violente; en gros, des gens qui lisent des livres aux lieux de regarder la télé et qui sont prêts à attaquer massivement des institutions défaillantes par une abstention coordonnée; Une majorité de la population qui se réserve entièrement le droit d'opérer sa politique interne et qui se refuse entièrement l'interventionnisme extra-territoriale dans l'affaire étrangère de tout genre; Une majorité de la population qui participera à hauteur du tiers de son temps à la chose politique locale et supra-locale; entendez ceci: chaque individu participera de 30% de son temps active à la vie politique, il participera à hauteur de 50% à la chose communale de tout genre; Etc. Je n'ai pas une théorie soutenue de la chose, non guère que je souhaite l'avoir, une telle théorisation serait futile. Il s'agit d'abord de prendre l'individu occidental et de le transformer en un individuum, doté d'un corps sain, d'une âme claire et d'un esprit affûté. Ce travail se fera dans une démarche spinoziste de recherche et de bienveillance, nul n'est maître, tous participent et grandissent. Une hiérarchie naturelle en ressortira qui est celle des archétypes supérieurs, non pas fondée sur le règne de la quantité mais sur une aristocratie de l'âme et de l'esprit. Mais tout ceci est futile à moins que le dominus imperium cesse d'appartenir à une caste dont l'essence est la multiplication des intérêts matériels. Un moyen de renverser cette caste est à présent de passer à la gouvernance entière du peuple. Ce n'est pas un gage de réussite, mais ça ne risque pas d'empirer l'état réelle de la politique. Il y a donc stratégiquement une visée qui peut passer par cette déclinaison tactique. Une autre solution existe dans l'héritage oriental hindou, mais elle n'est pas transposable en Occident, pour maintes raison qui appartiennent à un cheminement culturel et philosophique enraciné et qui n'est probablement pas altérable.
  5. Bonsoir, Je m'excuse j'avais oublié de mentionner que je suis nouveau, et j'aurai dû retracer toute la discussion alors que je me suis contenté de répondre à la question du fil sans suivre le cheminement des réponses. Quant à l'exploitation des faibles, je crois que la Suisse n'est pas la pire, ça dépendra largement de ce qu'on appelle exploitation des faibles. Classerons nous dans l'exploitation des faibles la réduction des opportunités sociales de la tranche inférieure de toute une société sur quarante ans ? Le verrouillage d'une représentativité isomorphe à la topographie sociale réelle (vous ne trouverez pas d'ouvrier parmi les sénateurs et députés) ? Alors je concède bien volontiers que la Suisse n'est rien d'une utopie, mais elle applique ce qu'il a de plus proche à la démocratie réelle. Certes, le peuple fera son chemin avant d'apprendre toute les bontés de l'âme qui lui feront droit morale autant que politique, et il y a dans le peuple du méchant et du vil, mais ce n'est guère mieux avec la représentation élective, laquelle double ces méchancetés d'une corruption. En Suisse, la démocratie est supérieure à celle des athénéens, elle pourra devenir meilleure lorsque le peuple Suisse s'y aura exercé quelque siècle. Du reste, la Suisse n'a pas encore attaqué des pays, ça change un peu des pays où un gouvernement décide d'aller bombarder un coin de la sphère sans demander au gueux quelle heure il est ! Mais à la fin, et pour revenir à Nietzsche - que vous avez évoqué -, le peuple a cela de nivelé, une simplicité qui peut déranger. L'hiérarchie n'a pas lieu d'être à moins d'être spirituelle, je vois que vous connaissez le Mahabharata, vous devez alors connaître que la représentation élective moderne est une inversion de l'hiérarchie spirituelle, elle s'effectue par le remplacement d'une aristocratie honnête par une bourgeoisie de l'argent, laquelle s'enfonce bien volontiers dans la boue et y emmène le peuple. A défaut d'avoir un Arjuna, le peuple mérite au moins de se prononcer sur son sort, sans la compromission du Māyā.
  6. Bonjour, Je ne suis pas monarchiste. J'explique qu'un régime politique contemporain a commencé par être post-monarchiste (révolutions historiques) avant de stagner sur des formes hybrides dont les limites sont évidentes. Aux années cinquante, le keynésianisme post-guerre couplé à des régimes monétaires non étalonnés et une circonstance géopolitique ont permis à une démocratie représentative d'être possible, aujourd'hui, le néo-libéralisme économique et les technologies d'informations confèrent aux citoyens un retour de conscience, laquelle conscience - même rudimentaire - permet d'attester les excès des dirigeants. Un mouvement naturel s'effectue vers le retour du peuple au centre de la décision (alors qu'il ne l'a été qu'épisodiquement jusqu'ici) et qui est clairement freiné par la "démocratie" hybride. Si ce régime hybride persiste dans son arrogance, il va de faite se transformer en un autoritarisme, lequel sera l'équivalent moderne d'une monarchie où le roi est une caste économique et politique. Si c'est juste pour avoir une oligarchie de l'argent, je préfère clairement une monarchie traditionnelle. Pour l'exemple j'ai mentionné la Suisse.
  7. La Suisse est ce qu'il y a de plus proche. Du demeurant, ça reste un idéal. Mais c'est un idéal qui sert d'indication, car il éclaircit l'abus linguistique qui sous-tend une définition idéologiquement minée du mot "démocratie". Je ne suis pas spécialement pro-démocratique, il est clair toutefois qu'il faut soit 1) pousser la démocratie à sa conclusion naturelle (définie par l'idéal que j'ai explicité) soit 2) se rabattre sur un régime plus traditionnel et cohérent (monarchie). Ces régimes dits intermédiaires sont des biotopes à toutes une caste de politiciens de seconde strate dont le QI moyen ne suffit pas à rédiger un rapport, leur unique mérite consiste en un vague talent servant à se placer aux bords des flux financiers - et je suppose là que je ne perds aucunement à taire une notion évidente.
  8. Le peuple est hétéroclite: il l'est. Que son hétérogénéité rende difficile la prise de décision, je conçois. Qu'en stipule une indécidabilité du peuple par son hétérogénéité, c'est alors admettre qu'il ne peut décider. Objectivement, un groupe de plus de trois individus ne convergera jamais ou difficilement. Le problème n'est donc pas strictement numérique, l'échelle politique sur une société quantifiée en millions admet par le bon sens qu'on ne décidera que sur des questions de portance très large. Si le propos est par contre que le peuple ne peut pas décider quelconque question, fût-elle tactique ou stratégique, alors il est plus cohérent de rester sur un régime monarchique, les responsabilités y sont claires du moins par la lenteur des rotations des gouvernants. La démocratie, dans l'acception courante, ne décide même pas du vœu majoritaire. Je prends le cas de la France : 51% du électeurs ne décident pas. Si vous parlez du régime démocratique dans la théorie philosophique de la politique, alors les variantes sont nombreuses, on n'est dans aucune. En occident, les régimes sont à présent libéraux ( économiques et politiques ) sur des questions mineurs et interventionnistes sur les questions critiques. Je n'attribuais pas au peuple une âme dans ce contexte, c'est un propos que je peux tenir mais que je n'ai pas tenu ici. Me suis-je mal exprimé ? Possible. Mais je voulais en tout cas évoquer l'émancipation individuelle comme voie d'émancipation collective. Les attributs que j'ai mentionnées sont tributaires d'un individu. Si un représentant prend les décisions, vous n'êtes plus en démocratie, vous êtes en délégation démocratique. Un mandat, même juridiquement, s'annule dans les cas où le mandat était déployé abusivement. Dans le cas du gouvernement, le mandat a pleinement affiché ses limites. La démocratie est ceci : la référendaire sur tout sujet que le peuple veut se porter à sa propre attention, si le peuple fait l'impasse, une administration exécutive se charge de liquider les ordres des jours, le peuple doit être capable de solliciter un référendum à volonté, faute de quoi on passe de l'administration exécutive (avec ou sans représentation élective) vers une gouvernance oligarchique plus ou moins diluée selon les cas - sans connotation trotskiste du mot oligarchie, tenir le sens littéral.
  9. Bonjour, Bien désolé de persister, mais ce n'est pas la faute à l'élite, l'élite participe sans doute à perpétrer le tort, mais c'est bien le peuple qui signe et valide. Il y a toujours un moment où j'ai vu les gens se dire "oui, mais...", loin de moi l'idée de suggérer une razzia à la Robespierre, mais croire à présent que des représentants élus représentent, ça la fait plus. Les gens ont un instinct pour ce qui sent bon ou mer****, l'objectif est de ressaisir une quantité de pouvoir et de renégocier la configuration politique. Je ne crois pas qu'on pourra faire sans des élus, mais un niveau d'implication avancée est devenue à mon sens nécessaire pour rectifier les dérives d'un système ou l'aliénation est devenue chef-mot. Je suis d'accord que ça passera ultimement par la culture et l'éducation, mais la force motrice initiale appartient à l'âme humaine, en ce qu'elle a de si primitif d'un penchant vers la justice.
  10. Bonjour, Je suis personnellement dans une tranche socio-économique qui plane au-dessus de Hadès et ses méandres, je n'ai eu vent des G.J qu'à partir du moment où la ligne-bus joignant mon lieu de travail et mon appart était interrompue. Entre Nietzsche, Rousseau et Hobbes, je me faisais une idée trop subtile de la démocratie; je l'imaginais comme un équilibre de forces entre des individus, des publics, des Etats, des unions d'Etats, bref, la totale : un espace que gouverne des lois anthropologiques, économiques, politiques, etc. Rajoutez à ça un petit zeste de stochastique, ce bordel passe de la difformité tragique à la difformité apprivoisable, tant bien que mal, pour le bien de tous. On peut objectivement avoir un haut QI et être bête comme une chèvre, les choses sont bien plus simples, il suffit de parler aux gens: Ils veulent vivre dignement; Ils crient pour ne pas être déconsidérés, lorsqu'on te traite de plébéiens, que tu réitères les bonnes volontés, que ça ne converge jamais, oui tu râles; Lorsqu'un ministre de l'intérieur fait une herméneutique d'un non-fait, ne s'excuse pas et se trouve soutenu par le gouvernement, on est dans le nec plus ultra. Par contre, le "Peuple" paye aussi de ses fautes, pour sa paresse - car oui il trime, mais il faut maintenant qu'il se saisissent et apprenne à se responsabiliser politiquement - et le dépôt non remboursable de sa souveraineté au comptant d'une fantaisie verbeuse. C'est certes compliqué, mais parler de démocratie lorsque "Décider" ne se traduit pas par "Agir" c'est risible. Mais surtout, voici des gens qui manifestent et qui sont traités comme des criminels, un jour ils cesseront de manifester; on verra comment une société se fait paisible lorsqu'elle est en guerre civile.
  11. Akhel

    La tradition...

    Bonsoir, Je tiens à préciser que je suis agnostique par rapport à la question de l'opposition tradition/modernité, ne tenant parti pour aucune, il me semble important de ce préciser. Mes observations tiennent à une série de réflexions généralisantes, donc assez ironiquement scientifiques puisqu'elles procèdent d'une première réduction simplificatrice. Certes, les choses sont toujours bien plus compliquées, hybrides et parfois barbares (c'est à dire résilientes à une conceptualisation claire). Maintenant, concernant vos remarques: "la société moderne n'est pas anti-traditionnelle": vous suggérez sans doute la tolérance qui règne, du moins par le principe, dans l'imaginaire collectif des adhérents de cette société. Le principe ne se transpose que difficilement sur les réalités, car la tradition a sa force agissante qui façonne le réel, le ritualise et l'englobe ; gardez donc à l'esprit que je ne fais l'apologie ni du moderne ni du traditionnel, tenez donc que le moderne s'oppose au traditionnel pour sa survie. Le moderne évolue dans une société en transmutation, acceptant une modification rapide. En l'espace de trente ans, une génération se verra fortement décalée de celle qui la précédait; dans un monde traditionnel, les générations sont en parfaite continuité. C'était mon propos; Vous n'avez pas pour pilier le scientisme, la société moderne l'a. L'expert en toute matière quantifie, même l'anthropologue regarde les peuples passés par ce qu'ils en transpire de phénoménologique. La philosophie moderne est en passe totale d'être analytique ou post-moderne, l'économie est pratiquement néo-libérale ou ultra-libérale sur toute la sphère occidentale, quelques rares exceptions se font ci ou là avec une corrélation parlante où existe un socle traditionnel qui y survit. Je ne parle pas de la culture médiatique, il est évident que le film d'aujourd'hui ne peut aucunement prétendre à autre sujet qui ne soit dans la lignée moderniste ou post-moderniste; toute critique qui parte d'un socle traditionnel est perçue comme une menace, et elle doit l'être, non par suprématie morale de la chose, mais simplement parce que un vraie individu ligné dans une tradition ne peut exister dans une société moderne, tout comme un vrai individu moderne ne peut exister dans une société entièrement traditionnelle; La société moderne est instable, je spécule peut-être, j'extrapole ou filtre les cas; j'avoue que c'est un point sur lequel j'ai plus l'intuition que la preuve, aussi, je crois que le seul moyen de savoir est de regarder l'évolution d'une société moderne dans les grandes temporalités. Ceci étant dit, sur les trois-cents ans où la modernité a pris effet, nous avions les plus grandes guerres de l'humanité, les plus grande famines mais aussi les plus grands progrès matériels. Excellente soirée
  12. Akhel

    Vos expériences d'écriture

    Bonjour, J'ai brièvement fait le détour de la chaîne youtube, intéressant, je vous en remercie !
  13. Bonjour, J'ai souvent l'habitude de noter des pensées et réflexions sous forme aphoristique, j'ai toutefois débuté un récit qui prend la forme d'un livre, qui s'alimente depuis maintenant cinq mois. Je n'avais nullement l'intention de disposer ce récit à un projet si compréhensif, ressemblant d'abord à une nouvelle puis évoluant au delà, vers le roman; il est vrai que je ne suis aucunement littéraire, d'abord : je lis très peu de littérature, ensuite : je ne me destine pas à écrire de la littérature. Le récit devait consister en une série de conversations philosophiques, il a soudainement pris une tournure après l’avènement des gilets jaunes. Ce qui allait être des conversations réservées à une intériorité se transposa radicalement sur une question d'extériorité, timbrée du social, du politique, de l'historique etc. Pour le moment, j'ai deux parties, j'en vois venir aux moins deux autres. La première s'est écrite toute seule, je devais même me freiner pour ne pas déborder. Il s'agissait de l'intériorité d'un homme d'un archétype royal. La seconde questionne la question du peuple, c'est bien là que j'ai dû prendre mon temps pour essayer d'écrire honnêtement et en dehors des préjugés. A présent, je me sens de plus en plus capable de comprendre le phénomène, à me le représenter, à trouver le ton, à trouver les bons rythmes, à créer les caractères de point de vue ou ceux secondaires, etc. Ceci reste toutefois dans une démarche totalement autodidacte, je ne veux pas apprendre à écrire professionnellement, du moins dans un premier temps. Mes questions, pour ceux qui ont entrepris des projets d'écriture, préférablement prolongés, d'une échelle de travail prenante et qui ont éventuellement publié : Doit-on contenir le livre, au sens d'en concevoir un schéma, un devenir auquel on adhère ? Est-il par contre préférable d'écrire et laisser les étapes et les fins s'installer à leurs guises ? Le livre est sur un ton légendaire, il ressemble à un récit mais est en effet une symbolique qui entretient un arrière-plan philosophique. Devrais-je rendre cette arrière-plan plus apparent ou au contraire, devrais-je le taire et le laisser se trahir ? Ma peur est que l'aspect narratif ne devienne trop imposant, au point de cacher la nature du projet. Dans un an ou deux, lorsque le livre sera terminé, devrais-je le conserver, le travailler et le raffiner, ou devrais-je essayer de le publier et avoir les retours immédiatement ? Merci et excellente journée !
  14. Akhel

    La tradition...

    Bonjour, Selon vous, la tradition constitue t-elle un moteur au développement de la société, puis de l'individu... ou bien est-elle frein ? Excellente question à laquelle je m'attache par une réflexion prolongée et récurrente. L'objet de la tradition est l'Ordre. Contenir les pulsions, les forces vitales, les mouvements historiques, les modalités d'expressions, tenir le Chaos en dehors du domaine de la vie (sociale, notamment). La tradition, prise à son degré le plus anobli, ne contrôle pas mais ordonne; prise à ses degrés les moins anoblis, elle contrôle, s'investit dans la structure statique au détriment d'une structure organique. Vous avez évoqué la continuité de la tradition, c'est là un constat de la manifestation historique de l'organicité de cette tradition. Par delà la simple transmission, la tradition est probablement aussi une qualité inhérente à la société humaine, car même si l'on rompt la transmission, le résultat de la tradition s'assurera par un moyen génératif inhérent dont les critères donnerons une société hiérarchique et solidaire, visant à la fois la maximisation des libertés individuelles à un point d'équilibre stable ou elles ne peuvent être maximisées sans causer l'effondrement de la structure - tel point d'équilibre est optimal mais pas ultime. La transmission évite, à mon sens, d'entrer dans des phases chaotiques. Je rajouterais que l'équilibre étant stable, il se retrouve - se redécouvre - à moins qu'une force magnifique et perpétuellement agissante ne l'entrave. Ce que j'insinue ici est strictement relatif à la société dans de échelles grandes de temps. Par ailleurs, la tradition n'est pas tributaire de l'individu, à moins que ce dernier n'affecte la tradition en y contribuant. La modification ou l'apport d'un individu à la tradition ne sont par ailleurs jamais substantiels; les schémas de l'organisation traditionnelle sont quasi-universels, quasi-invariables, elles sont à l'individu ce qu'est l'esprit aux cellules du corps. Le corps étant une unité physique, telle l'est en un sens une société humaine, mais ce qui maintient l'unité des cellules n'est pas seulement les réactions bio-chimiques, c'est aussi un sentiment d'unité qui émane de la psycho-spiritualité, faute d'une telle unité, une corps bien nourri et sans maladies s'effondre. Parler donc de tradition c'est parler de pérennité. Le schéma "progressionnel" (je sais, le terme n'existe pas) n'y rentre pas. La société ne se développe pas, ce qui s'y développe sont des aspects faciaux : on saura mieux faire des installations de production énergétique, on saura mieux soigner des malades, on saura nourrir les nombres avec facilité et sans grand travail, mais l'expérience psychologique et spirituelle reste détachée de cette sphère de progrès. Les hommes n'évoluent pas, du moins pas aux échelles de temps qui permettront de juger d'un progrès pouvant soustraire à la société la tradition. La société moderne est anti-traditionnelle, elle a pour pilier le scientisme (qui est un empirisme doublé de la méthode scientifique) et la téléologie progressiste d'un paradis matériel (ça converge, vers l'abondance). C'est une société instable. Tout ceci est à comprendre à l'échelle sociale, car dès lors qu'on passe à l'individu : la donne change complètement. L'individu est compliqué et complexe mais moins compliqué et complexe qu'une agrégation d'individus. Au final, l'individu est soit parfaitement surface, soit parfaitement profondeur. Pour creuser cette profondeur, un individu sera obligé de se détacher tôt ou tard des moyennes, s'établissant dans l'une des figures archétypales (héro, saint, roi, etc.). La tradition avait le pouvoir de hiérarchiser les individus sur des critères spirituels, psychologiques et matériels - dans cet ordre. La modernité (qui est mouvement perpétuel avec quelques rares stases) part sur une priorité inverse des critères : matériels, psychologiques et spirituels. Une société moderne peut au mieux prétendre à une stabilité sous-optimale (nous avons progressé sur beaucoup d'aspects mais avons régressé sur beaucoup plus d'autres). Elle est par contre adaptée à des typologies d'individus, ceci a deux effets majeurs: - la domination des typologies adaptés par des écarts extraordinaires, - l'adaptation des typologies dominées en stratégie de survie, par une effacement psychologique et un remplacement psychologique.
  15. Bonjour, Votre proposition est intéressante, mais je dirais qu'elle part sur une confusion: La démocratie repose sur la chrétienté : que la démocratie survienne suite à l'ère chrétienne n'indique pas forcément ceci, il y a un trait saillant qu'est l'idée commune d'une égalité entre les hommes, mais la démocratie (moderne) est un nivellement absolu par lequel tous les citoyens se valent, or la chrétienté ne dira pas ceci, car elle admet une hiérarchie (comme il en est souvent pour toute les traditions dites primordiales). Je dirai sans doute que la chrétienté est plus proche de l'esprit démocratique que l'hindouisme, mais elle y est difficilement assimilable. C'est d'ailleurs une déduction légèrement mal placée car la démocratie est une pratique de gouvernement (un régime, avec des variantes) et non une idéologie. L'idéologie qui sous-tend les démocraties modernes sont dans l'ordre du matérialisme, de l'économisme et d'une philosophie sociale positiviste. La chrétienté repose sur la dichotomie le bien-mal (manichéisme), sur une hiérarchie de valeurs commune et partagée, elle adhère irrévocablement à cette hiérarchie de valeurs et rejette tout ce qui ne s'y conforme pas; il n'est nullement mon but de dire que la chrétienté est "dépassée", "mauvaise" ou "décadente", il s'agit de dire ce qui est. Ce en quoi Nietzsche rejette le christianisme est plus profond : il y a là la remise en cause d'un héritage platonicien, duquel il veut sortir vers un héritage héraclitéen. Il est à ce titre remarquable que la figure christique n'est jamais attaquée chez Nietzsche, que seul la doxa est attaquée. Nietzsche irait même jusqu'à admettre que la chrétienté était une passage nécessaire à l'Europe tumultueuse pour se pacifier, mais que la persévérance d'une notion de l'être ontologique est à contre-pied de son approche vitaliste. Nietzsche adresse une élite, non pas au sens bourgeois mais aristocratique, une catégorie de personnes ayant une abondance du cœur, de l'esprit et du corps. Il ne noue pas avec les communs. Il renoue avec une tradition greco-romaine que le christianisme a -selon lui- aliéné. Je comprends votre point de vue, je crois toutefois qu'il correspond à la recherche de points de convergence entre deux façons de vivre très différentes. C'est intéressant, mais c'est probablement peu probant. Par ailleurs ce n'est pas pour avancer mon point de vue, j'ai essayé de faire la comparaison à la lumière de ma compréhension des deux sphères, mon opinion est différent.
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