Déroute de l'équipe de France :
Nicolas Anelka le bouc émissaire parfait ?
On peut se poser la question, au vu des récents développements ce qu'on peut à juste titre appeler "la déroute des Bleus en Afrique du Sud", un psychodrame qui ressemble de plus en plus à un vaudeville. Nicolas Anelka dément avoir tenu les propos rapportés par l'Equipe, Patrice Evra le capitaine des Bleus en a après le "traitre" qui aurait vendu l'équipe à la presse, Jean-Pierre Escalettes offre des explications confuses lors de la conférence de presse de samedi en Afrique du Sud, et même Nicolas Sarkozy depuis la Russie y va de son commentaire sur la polémique¿ bien triste et pathétique spectacle que celui offert par l'équipe de France pour sa participation à la Coupe du Monde 2010. Retour sur un samedi 19 juin riche en révélations, mais surtout, au-delà de la controverse, une question qu'on s'est posé à Culturefemme : face à la débâcle des Bleus, Nicolas Anelka a-t-il été donné en pâture aux médias et au public ? Anelka, le bouc-émissaire parfait de l'échec d'un football français qui n'en finit pas de sombrer depuis quatre ans ?
Nicolas Anelka viré de l'équipe de France après son "va te faire enculer" à Raymond Domenech
Après le parcours calamiteux des Bleus en Afrique du Sud, les langues ont commencé à se délier, et l'ambiance délétère au sein de l'équipe de France était à la une samedi 19 juin, tout comme un joueur, Nicolas Anelka. C'était la première Coupe du Monde du footballeur de 31 ans, connu pour ses rapports tendus dans le passé avec la sélection de France. 11 mai dernier, il n'avait pas hésité à confier à l'AFP : "Je ne me suis jamais donné comme objectif dans ma vie, dans ma carrière de faire un Mondial", une phrase qui prend une autre ampleur ce samedi 19 juin, après son exclusion de l'équipe de France. Mais revenons au début de la polémique actuelle. Dans son édition du 19 juin, le journal sportif L'Equipe titre : "Le gros clash Anelka-Domenech", avec une couverture qui montre un photomontage de Raymond Domenech et de Nicolas Anelka barré d'un "Va te faire enculer, fils de pute", insulte que Nicolas Anelka aurait proférée contre le sélectionneur des Bleus lors de la mi-temps contre le Mexique jeudi soir. L'Equipe.fr écrit : "C'est la mi-temps de France-Mexique. Les Bleus rentrent au vestiaire. Le score est toujours de 0-0. Raymond Domenech reproche d'un ton ferme mais poli à Nicolas Anelka de ne pas rester assez en pointe, de trop "dézoner". Comme l'avant-centre conteste, le sélectionneur menace de le remplacer. C'est alors que fuse l'insulte (¿) 'OK, tu sors' dit alors Domenech à Anelka. 'Ouais, c'est ça...' conclut le joueur de Chelsea. C'est André-Pierre Gignac qui va disputer la 2e période. Ce que l'on avait pris pour un changement tactique a en fait été dicté par les circonstances, le gros clash dans le vestiaire." [1]
Dans la foulée des révélations de L'Equipe, la Fédération française de football (FFF) a annoncé le renvoi officiel de Nicolas Anelka de l'équipe de France. Le joueur, prié de
faire des excuses publiques au sujet de ses propos jugés "totalement inacceptables", a refusé d'obtempérer, d'où son exclusion, et son départ de l'Afrique du Sud. L'attaquant de Chelsea devrait rejoindre l'Angleterre dimanche, au terme d'une Coupe du Monde éclair et au goût amer. Lors de la conférence de presse de la sélection française à 18h45, Nicolas Anelka était absent, tout comme Raymond Domenech, les deux principaux concernés. A la place, on aura beaucoup entendu Jean-Pierre Escalettes le président de la FFF et Patrice Evra le capitaine des Bleus.
Certains joueurs Français auraient-ils le melon ?
L'attaquant de Chelsea ne serait pas le seul joueur de l'équipe de France dont l'attitude fait parler, si on en croit toujours L'Equipe, qui revient sur les cas Gallas et Ribéry. L'Equipe.fr relate ainsi le doigt d'honneur que William Gallas aurait eu à l'encontre d'un journaliste : "La scène se situe à la fin de la rencontre, dans la zone mixte où se croisent journalistes et acteurs des matches. Florent Malouda s'est déjà brièvement arrêté devant la caméra de TF1 pour quelques mots dépités. Au journaliste de la chaîne qui lui tend alors le micro, William Gallas préfère tendre son majeur". Le joueur aurait auparavant décidé qu'il ne parlerait aux journalistes qu'après le Mondial, une attitude qui n'arrange pas nécessairement la tactique de communication des Bleus. En ce qui concerne Franck Ribéry, l'article du site du journal sportif fait indirectement référence aux rapports entre le joueur du Bayern de Munich et Yoan Gourcuff, présenté ces derniers jours comme le mal-aimé de la sélection : "Quand Gourcuff [qui est entrain de répondre à des journalistes] aperçoit le milieu du Bayern Munich, l'image est saisissante : il évite de croiser son regard frondeur et se colle un peu plus contre la barrière pour le laisser passer comme le premier de la classe fait place au caïd du collège par peur de prendre une baffe derrière la tête."
Pour le capitaine des Bleus Patrick Evra, "le problème ce n'est pas Anelka" mais le "traitre" qui se cache parmi les Bleus
Après l'exclusion de l'équipe de France de Nicolas Anelka, la sélection française a tenu une conférence de presse samedi à 18h45, conférence où on a vu un Jean-Pierre Escalettes confus dans ses explications, et un Patrice Evra tendu dans ses réponses aux journalistes. Alors que certains médias se demandent si cette conférence de presse avait vraiment lieu d'être, le capitaine des Bleus n'a pas manqué de dire qu'il y avait un "traitre" dans l'équipe de France, et que c'est ce traitre qui aurait dû être éliminé.
Selon Evra qui a défendu Anelka, la presse française n'a pas fait son travail. Pour le capitaine des Bleus, très à cran contre un journaliste qui signalait que la presse justement avait été mise à l'écart des Bleus, Patrice Evra a répondu que "la presse ne fait pas son job en mettant des insultes" et qu'elle n'était pas mise à l'écart puisqu'elle a "un ami intime" au sein des Bleus. Pour Evra : "le problème, ce n'est pas Anelka. C'est le traitre qui est parmi nous." Pour le footballeur, Nicolas Anelka, présenté comme "quelqu'un de doux", "aime l'équipe de France malgré ce qui se raconte de droite à gauche." Patrice Evra a aussi affirmé lors de cette conférence de presse, que les propos rapportés par le journal L'Equipe n'étaient pas exactement ce qu'Anelka aurait tenu. De son côté, Jean-Pierre Escalette a souligné "l'attitude digne et noble de Nicolas Anelka qui a accepté sa sanction sans discuter. " Toutefois, le président de la FFF n'a vraiment pas convaincu en essayant d'expliquer pourquoi Nicolas Anelka avait été exclu.
Anelka ou la responsabilité partagée
Après la débâcle de l'Euro 2008, Raymond Domenech, dont le peu de communication a toujours été pointé du doigt par les médias, avait été maintenu en place par la FFF, et l'équipe de France a ces derniers temps rarement brillé par l'entente cordiale qui serait la sienne. Au vu des décisions prises ces quatre dernières années par les uns et les autres, la fédération de football comprise, l'épisode Anelka ne satisfera que ceux qui cherchaient un bouc émissaire, et tout de suite. Le joueur de Chelsea est certes connu pour son mauvais caractère, les propos qui lui sont prêtés traduisent un manque de respect évident envers le sélectionneur national, mais la cabale qui semble s'annoncer sur lui, au point d'en faire l'épicentre des problèmes d'une équipe de France qui en a plusieurs, ne peut qu'interroger. Comme l'écrit cet internaute sur le site Lemonde.fr (Sports) : "Voila ! C'est fait. Et maintenant les français sont contents, quelqu'un a payé pour la déroute de l'équipe en Afrique du Sud. Le bouc
émissaire à été trouvé et livré à la vindicte populaire. Cela va calmer un instant la jacquerie et orienter les débats vers l'effronté Anelka. Raymond va respirer un peu et tout rentrera dans l'ordre. Le désarroi d'un peuple envers son équipe est adouci. C'est la France." (eric d. à 18h03). Autre commentaire relevé par Culturefemme : "Anelka est inexcusable. Et il va jouer le bon fusible, quand c'est la TOTALITE du management de la FFF qui mérite d'être débarquer à commencer par son Président et Legraet, qui ne savent gérer que le fric. Une honte nationale, et une base de comparaison avec l'étranger qui devient insoutenable, malheureusement pas que sur le terrain. Dans l'équipe comme dans les structures, place à du sang neuf, et définitivement orienté vers l'avenir, et non pas le système de profit individuel." (zoe a. à 18h00)
Nicolas Anelka dément les propos qui lui sont attribués dans L'Equipe
Après son exclusion de l'équipe de France de football, Nicolas Anelka s'est pour la première fois exprimé sur France Soir, et dément les propos qui lui sont attribués, même s'il reconnaît avoir eu une discussion houleuse avec le sélectionneur. Au sujet de l'insulte qu'il aurait proféré à l'encontre de Domenech, Nicolas Anelka déclare : "Je tiens à préciser que les mots qui sont sortis dans la presse ne sont pas mes mots", continuant : "J'ai eu certes une discussion houleuse avec le sélectionneur mais elle s'est déroulée dans le secret du vestiaire, entre le coach et moi, devant mes partenaires et le staff (¿) Je ne sais pas à qui cela peut faire du bien de répandre de telles choses mais certainement pas aux Bleus. Mon but n'a jamais été de déstabiliser l'équipe de France, une institution que je respecte." L'attaquant de Chelsea aussi confié aussi accepter son exclusion de l'équipe de France, et leur a souhaité bonne chance.
Laurent Blanc, le prochain sélectionneur des Bleus, a un énorme chantier devant lui !
Source : l'équipe.fr