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MartinL

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Tout ce qui a été posté par MartinL

  1. MartinL

    C'est quoi le sens de la vie ?

    Je pensais aux personnes qui adoptent un orphelin, ou aux soignants vraiment attentifs aux souffrances, physiques et psychologiques, des patients, en écrivant cela... Mais, quelle que soit la situation, il faut essayer de faire preuve de tact, de mesure.
  2. MartinL

    C'est quoi le sens de la vie ?

    C'est en effet le seul sens objectif de la vie...si l'on peut vraiment parler de sens... Un être humain naît, grandit, se reproduit, meurt; son enfant naît, grandit, se reproduit, meurt; et ainsi de suite. Le seul objectif est de perpétuer l'espèce, de même que le seul objectif de Sisyphe est de pousser son rocher, pour l'éternité. Notre instinct nous pousse à avoir nos propres enfants, malgré la multitude de moyens contraceptifs qui existent, malgré le risque qu'ils naissent malades, qu'ils tombent malades, qu'ils souffrent ou du moins soient malheureux; malgré tous les enfants qui existent déjà, attendant d'être adoptés, et ainsi qu'un rayon de Soleil perce les nuages noirs qui les enveloppent. La vie est donc vaine, mais il n'empêche: une fois que nous sommes nés, nous y sommes attachés, parfois malgré les souffrances, parce qu'elle est douloureusement éphémère. Personne n'a demandé à naître, mais quelle angoisse à l'idée de la mort ! à l'idée de disparaître, irrémédiablement ! (à ce sujet, voir, si vous le souhaitez, mon post dans le sondage avez-vous peur de mourir ?) Alors, autant essayer de mener une vie heureuse...et d'embellir celle des autres .
  3. MartinL

    Avez-vous peur de mourir ?

    Je voudrais pas crever Je voudrais pas crever Avant d'avoir connu Les chiens noirs du Mexique Qui dorment sans rêver Les singes à cul nu Dévoreurs de tropiques Les araignées d'argent Au nid truffé de bulles Je voudrais pas crever Sans savoir si la lune Sous son faux air de thune A un coté pointu Si le soleil est froid Si les quatre saisons Ne sont vraiment que quatre Sans avoir essayé De porter une robe Sur les grands boulevards Sans avoir regardé Dans un regard d'égout Sans avoir mis mon zobe Dans des coinstots bizarres Je voudrais pas finir Sans connaître la lèpre Ou les sept maladies Qu'on attrape là-bas Le bon ni le mauvais Ne me feraient de peine Si si si je savais Que j'en aurai l'étrenne Et il y a z aussi Tout ce que je connais Tout ce que j'apprécie Que je sais qui me plaît Le fond vert de la mer Où valsent les brins d'algues Sur le sable ondulé L'herbe grillée de juin La terre qui craquelle L'odeur des conifères Et les baisers de celle Que ceci que cela La belle que voilà Mon Ourson, l'Ursula Je voudrais pas crever Avant d'avoir usé Sa bouche avec ma bouche Son corps avec mes mains Le reste avec mes yeux J'en dis pas plus faut bien Rester révérencieux Je voudrais pas mourir Sans qu'on ait inventé Les roses éternelles La journée de deux heures La mer à la montagne La montagne à la mer La fin de la douleur Les journaux en couleur Tous les enfants contents Et tant de trucs encore Qui dorment dans les crânes Des géniaux ingénieurs Des jardiniers joviaux Des soucieux socialistes Des urbains urbanistes Et des pensifs penseurs Tant de choses à voir A voir et à z-entendre Tant de temps à attendre A chercher dans le noir Et moi je vois la fin Qui grouille et qui s'amène Avec sa gueule moche Et qui m'ouvre ses bras De grenouille bancroche Je voudrais pas crever Non monsieur non madame Avant d'avoir tâté Le goût qui me tourmente Le goût qu'est le plus fort Je voudrais pas crever Avant d'avoir goûté La saveur de la mort... Boris Vian Il n'y a rien à attendre de l'après-mort. Lorsque le cerveau s'éteint, nous n'existons plus. L'homme qui meurt dans ce poème en a conscience (comme, au fond, nous tous). Il énumère toutes les expériences qu'il aimerait vivre ou revivre, toutes les choses qu'il aimerait connaître, comme si cela pouvait retarder l'échéance. Il est même prêt à endurer la lèpre plutôt que de mourir! Puis, résigné, il veut au moins "savourer" la terreur qui monte en lui à mesure que l'instant fatidique approche, puisqu'elle lui prouve, justement, qu'il n'est pas encore mort ! Les religions qui promettent une vie éternelle offrent un espoir, un réconfort... mais bien faibles face à cette connaissance viscérale que chaque être humain a de sa propre finitude. Combien de Chrétiens prient justement pour que l'opération qui leur sauvera la vie se passe bien ! pourquoi n'acceptent-ils pas l'idée de mourir, alors qu'ils croient au Paradis ? Mais cette connaissance n'est somme toute pas un mal: acceptée, elle nous pousse à vivre plus intensément chaque bonheur simple qui nous est offert; nous aide à relativiser, à faire la part entre ce qui est vraiment important et ce qui ne l'est pas; nous contraint à vivre heureux, en toute circonstance, comme un devoir envers ceux qui ne sont plus, toujours trop tôt disparus.
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