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Littérature japonaise et violences invisibles : quand les institutions se taisent
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans Littérature
Complètement d'accord. C'est les deux faces du même problème en fait. Soit la machine s'emballe et t'as aucun recours, soit elle bouge pas et t'as aucun recours non plus. Dans les deux cas c'est opaque et ça dépend de décisions prises par des gens qu'on ne voit jamais. Ce qui est particulier dans le milieu littéraire japonais c'est que personne n'a même besoin de "décider" formellement que tel comportement n'est pas condamnable. Il suffit que tout le monde fasse semblant de ne pas savoir. Pas de réunion, pas de vote, pas de mémo interne. Juste un silence collectif qui produit le même résultat qu'une décision explicite de classer l'affaire. C'est peut-être encore plus efficace qu'un dysfonctionnement judiciaire classique parce qu'il n'y a rien à contester. Aucune décision, aucun document, aucune porte à laquelle frapper. -
Littérature japonaise et violences invisibles : quand les institutions se taisent
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans Littérature
Tout ce que tu décris résonne, et c'est déprimant précisément parce que c'est juste. La question des revenus de l'œuvre je l'avais jamais formulée comme ça mais elle est cohérente. Tant que l'auteur continue à toucher des droits, que les éditeurs continuent à vendre, et que personne ne porte de conséquence concrète, le signal envoyé est : ça ne coûte rien. Pour revenir au contexte japonais, ce qui est frappant c'est que même à l'échelle mondiale, le milieu littéraire japonais reste particulièrement imperméable aux accusations. MeToo a touché le cinéma, la musique, la politique, le journalisme au Japon à partir de 2017-2018. Mais la littérature, le bundan, est resté quasi intact. Furui Yoshikichi, Inoue Hisashi : des témoignages publics existent, des noms ont été donnés, et ça n'a produit aucune réaction institutionnelle visible. Pas de déclaration d'éditeur, pas d'enquête interne, pas de retrait même symbolique. Pourquoi la littérature spécifiquement ? Le milieu est petit et très interconnecté, les éditeurs et les auteurs se connaissent depuis des décennies, et il y a cette mythologie du "grand écrivain" qui transforme les comportements en caractéristiques de génie plutôt qu'en fautes. La main de Dieu, comme on disait. La peur joue aussi comme tu dis, mais au Japon dans ce milieu précis c'est moins la peur physique que la peur de disparaître professionnellement. Parler c'est risquer de ne plus jamais être publié, invité, reconnu. Ce qui rend les situations actuelles encore plus opaques. -
Littérature japonaise et violences invisibles : quand les institutions se taisent
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans Littérature
Ouais Ghosn a fait découvrir ça à beaucoup de monde occidental. Taux de condamnation à 99% une fois inculpé, détention provisoire qui dure des mois sans accès correct à un avocat, aveux obtenus sous pression—c'est documenté depuis longtemps mais ça reste mal connu hors du Japon. Cela dit dans le cas dont je parle ici c'est presque l'inverse du problème. C'est pas que la justice s'emballe—c'est qu'elle bouge pas du tout. Personne n'est inculpé, personne n'est enquêté, les institutions font semblant que ça n'existe pas. Et les lois sur la diffamation servent surtout à faire taire ceux qui parlent plutôt qu'à protéger qui que ce soit. Le résultat pratique c'est le même : les gens ordinaires n'ont aucun recours utilisable. Juste par des mécanismes différents. -
Il existe une question que la critique littéraire japonaise pose rarement, et encore moins publiquement : que fait-on quand l'auteur qu'on admire est aussi quelqu'un qui blesse? Deux cas. Deux noms. Deux silences institutionnels presque parfaits. Furui Yoshikichi et "la main de Dieu" Furui Yoshikichi — l'un des grands noms de la prose japonaise d'après-guerre, publié et célébré jusqu'à sa mort—a été mis en cause pour des comportements de harcèlement sexuel répétés en milieu littéraire. L'autrice Yamazaki Naokola a écrit publiquement qu'il l'avait touchée à deux reprises lors d'un événement organisé par la revue Bungakukai en 2008. D'autres témoignages ont circulé. Ce qui est remarquable, ce n'est pas le geste lui-même. C'est la réponse qu'une victime aurait reçue d'un éditeur de grande maison : pensez que c'est la main de Dieu. La main de Dieu. Pas la main d'un homme qui touche sans consentement. Pas un acte à nommer, à refuser, à signaler. Une grâce. Un privilège. Cette formule dit tout sur le fonctionnement du bundan—ce milieu littéraire japonais qui a ses dieux, ses rites, et ses victimes silencieuses. Les institutions n'ont pas réagi. Les maisons d'édition ont continué à publier. La critique a continué à célébrer. Et les femmes concernées ont continué à devoir choisir entre parler et rester dans le milieu. Inoue Hisashi et la violence domestique Le cas d'Inoue Hisashi est différent dans sa forme, similaire dans sa structure. Dramaturge majeur, figure du théâtre progressiste japonais, lauréat du prix Naoki—son ex-femme Nishidate Yoshiko a témoigné publiquement de violences conjugales sévères sur plus de vingt-cinq ans. Sa mère lui aurait dit après le divorce : si tu étais restée, il t'aurait tuée. Inoue était en même temps connu pour ses engagements pacifistes et anticonstitutionnalistes. La contradiction n'a pas semblé déranger grand monde. Ses œuvres continuent d'être jouées. Komatsua-za, la compagnie qu'il a fondée, continue d'exister. Ce n'est pas une attaque contre son œuvre. C'est une question sur ce que les institutions choisissent de voir. Le schéma Dans les deux cas : Les témoignages existent, publics, vérifiables Les maisons d'édition n'ont pas commenté Les médias mainstream ont traité ça comme une affaire privée ou pas du tout Les œuvres circulent normalement Ceux qui ont parlé ont parlé seuls, souvent tardivement, souvent dans des espaces marginaux Ce n'est pas une exception japonaise. Mais il y a quelque chose de particulièrement net dans la manière dont le bundan transforme le silence en culture. Le prestige littéraire fonctionne comme une immunité. Plus l'auteur est "grand", moins les institutions bougent. Et aujourd'hui ? Ce schéma ne s'est pas arrêté avec la génération Furui ou Inoue. En ce moment même, une controverse similaire se développe autour d'un auteur contemporain de science-fiction et de yuri, publié par plusieurs grandes maisons. Des témoignages ont circulé sur X—où circulent des discussions impliquant de jeunes femmes décédées ou présentées comme liées à l’affaire. L'auteur a nié. Les éditeurs n'ont rien dit. Les médias n'ont pas couvert. Les discussions restent fragmentées entre archives et comptes supprimés. Le fil de discussion est ici : https://www.forumfr.com/sujet1011155-controverse-autour-dun-auteur-japonais—le-silence-des-institutions-ça-vous-parle.html Je ne dis pas que les situations sont identiques. Je dis que le silence institutionnel, lui, se ressemble d'une décennie à l'autre. Ce que ça pose comme question La critique littéraire a longtemps aimé séparer l'homme de l'œuvre. C'est une position légitime à certains égards. Mais elle devient problématique quand cette séparation sert surtout à protéger les institutions qui publient, distribuent et récompensent—et à laisser les victimes se débrouiller seules dans des espaces informels. La main de Dieu. C'est une belle formule pour décrire comment un milieu transforme l'impunité en mysticisme. Je ne sais même pas si la question est de savoir si les œuvres “méritent” d’exister ou non. Elle est de savoir ce que ça coûte, et à qui, quand personne ne dit rien.
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Controverse autour d'un auteur japonais — le silence des institutions, ça vous parle ?
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans International
C'est ça, elle avait une présence en ligne assez documentée—Pixiv, X, SKIMA entre autres. Les profils sont publics et souvent cités dans les discussions : Pixiv : https://www.pixiv.net/users/15183978 X: https://x.com/kumeyuru SKIMA : https://skima.jp/profile?id=115767 Le problème c'est que la plupart des recoupements ont été faits par des internautes à partir de ces éléments-là, ce qui explique pourquoi tout reste aussi contesté. Des traces publiques, oui—mais l'interprétation qu'on en fait, c'est autre chose. Je préfère ne pas aller plus loin que ce que les sources permettent de dire. -
Controverse autour d'un auteur japonais — le silence des institutions, ça vous parle ?
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans International
Honnêtement je ne suis pas sûre de tout suivre, mais si je comprends bien l'idée—que l'indétermination elle-même peut être exploitée délibérément—c'est pas faux comme angle. Dans le cas dont je parle ici je ne sais pas s'il y a une main qui orchestre quoi que ce soit. Ça ressemble plutôt à un vide que personne ne comble, et les gens remplissent comme ils peuvent. Mais le point sur le "terrain fertile au doute" je le retiens. C'est peut-être exactement pourquoi ça reste aussi inconfortable à suivre. -
Controverse autour d'un auteur japonais — le silence des institutions, ça vous parle ?
Loup_Noir_99 a répondu à un(e) sujet de Loup_Noir_99 dans International
Oui, mais dans ce cas précis il y a surtout des éléments très fragmentés en ligne, sans enquête journalistique ni validation institutionnelle pour l’instant. C’est justement ce vide entre bruit en ligne et réponse institutionnelle qui m’intrigue. -
Bonjour à tous. Je poste depuis le Japon et je ne sais pas trop si c'est le bon endroit, mais j'ai besoin d'un regard extérieur sur quelque chose qui me trotte dans la tête depuis plusieurs semaines. Ce qui se passe Il y a en ce moment des allégations qui circulent sur les réseaux sociaux japonais concernant un auteur de science-fiction et de yuri — publié par plusieurs grandes maisons d'édition japonaises. Ça a commencé avec quelqu'un qui a posté sur X pour parler d'une amie proche décédée. Cette personne affirmait que son amie avait eu une relation avec cet auteur. Elle a précisé explicitement : ce n'est pas une accusation formelle. Puis elle a supprimé son compte. Des archives existent. Séparément, d'autres discussions relient le même auteur à une jeune artiste aspirante morte en 2022. Les gens travaillent à partir d'un essai personnel qu'il a publié et de chronologies reconstituées. C'est contesté. Non vérifié. Je sais. L'auteur a tout nié publiquement. Il a dit avoir consulté des avocats, signalé l'affaire à la police de Tokyo, et prévenu que la diffusion continue de ce qu'il considère comme de fausses informations pourrait avoir des conséquences juridiques. Aucune enquête. Aucun article de presse. Les éditeurs n'ont rien dit. Les grands médias japonais n'ont pas couvert l'affaire. Ce qui me reste en tête Deux jeunes femmes sont mortes. C'est là où je bloque. Peut-être qu'il ne s'est rien passé. Peut-être que je manque d'éléments importants. Je ne sais vraiment pas ce qui s'est passé et je ne prétends pas le savoir. Mais tout ça se joue via des posts supprimés, des captures d'écran, des comptes anonymes — pendant que chaque institution qui pourrait théoriquement réagir ne fait... rien. Et le risque juridique de parler ouvertement au Japon est bien réel. La loi sur la diffamation ici est assez stricte pour que même partager une expérience personnelle vous expose. Alors les gens se taisent. Ou ils postent et suppriment. Et ça reste là. Ni résolu. Ni disparu. Ma vraie question Est-ce que vous avez déjà vu ce genre de situation — où des allégations sérieuses existent, les institutions gardent le silence, et le seul endroit où ça se discute ce sont des canaux informels où tout le monde a aussi peur de parler ? Comment vous interprétez ce genre de "zone morte institutionnelle" ? Je ne cherche pas un verdict sur l'auteur. Juste à comprendre comment d'autres personnes lisent ce type de situation. Je continue à suivre ce qui se passe. Je reviendrai peut-être si ça évolue. Sources principales : Article de fond (historique / contexte culturel sur la fiction et le yuri dans l’édition japonaise) http://www.concatenation.org/news/news4~26.html#yuri Analyse et commentaire critique sur la situation dans l’édition yuri japonaise (Erica Friedman / Okazu blog) https://okazu.yuricon.com/2026/03/08/a-scandal-in-yuri-publishing-important-statement/ Contexte supplémentaire (discussion en ligne / non vérifié) : Discussions et compilations d’éléments circulant sur des forums anglophones, notamment Kiwi Farms (à considérer comme des discussions non vérifiées et spéculatives, sans statut de source journalistique) https://kiwifarms.st/threads/allegations-circulate-online-regarding-japanese-sf-writer-writer-denies-claims-and-reports-police-involvement.244972/
