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Annalevine

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Tout ce qui a été posté par Annalevine

  1. @Blaquière et je viens de me rendre compte que Louria essaye de toute ses forces de placer le dieu de son peuple loin de toute attaque possible, il essaye de le protéger en le rendant inaccessible. Le peuple juif essaye de sauver son dieu. Je viens seulement de percevoir comment ce peuple tente de sauver son dieu. Cela me fait penser aux tribus indiennes tentant de sauver leur totem avant d’être détruits par les occidentaux chrétiens. Cela me rappelle cette autre tribu indienne qui s'était créée une origine divine issue de nulle part pour tenter de continuer de lutter contre les occidentaux qui détruisaient leur culture.
  2. "Chacun peut voir dans l'être ce qu'il veut y mettre." Oui c'est cela, ce mot est un contenant dans lequel chacun y met ce qu'il veut (sans peut être savoir qu'il veut y mettre ce qu'il veut, puisque la volonté semble jaillir de lieux mentaux dont nous n'avons pas conscience, ou dont nous n’avons conscience qu’après coup). C'est pourquoi nous sommes loin de l'En Sof. L'En sof c'est le résultat de milliers d'années de souffrance, d'exil, de destruction. Seul un exilé peut comprendre l'En Sof, seul celui qui a réellement vécu l'exil, je dis réellement, l'exil sur la route, réellement, l'exil en se demandant si demain il vivra encore. Il y a la pensée issue de la souffrance réelle, et la pensée issue de la souffrance imaginée, celle qui est découverte dans les livres. Cela ne signifie pas que la pensée issue des livres est nulle ! cela signifie que la pensée issue des livres est étrangère à la pensée issue de cette souffrance vécue : l'exil. C'est là la méprise entre Heidegger et les juifs qui viennent l'écouter. Heidegger est issu d'un terroir, la Germanie, les juifs vivent dans l'exil. Heidegger se repait de la violence d'une nature qui est là, toujours présente, la violence d'une terre qui ne se dérobe pas, les juifs sont errants, sans cesse détruits par la culture type heideggerienne, celle de la terre qui ne se dérobe pas, celle de la nature éternelle dont Heidegger comme les nazis comme le romantisme allemand se prévalent. Les juifs à l’époque de Heidegger n'ont plus de terre, il ne leur reste que leur Dieu, blessé, que les catholiques espagnols puis les nazis s’évertuent à détruire.
  3. Oui je n'ai pas osé employer le mot "noumène" car il est possible que nos lecteurs ne connaissent pas ce mot. Et je pense qu'il est nécessaire d'éviter de larguer nos éventuels lecteurs avec des mots inusités (pas souvent employés dans le quotidien ce qui fait que nous ne sommes plus suivis quand nous les employons, or ne voulons-nous pas être compris de tous ?). D'accord avec vous aussi sur la question de l’Être. Mais ce qui m’intéresse c'est comment Heidegger finit par s'enliser avec cette question de l’Être. Et comment il fourvoie ses auditeurs juifs lesquels ont d'autres soucis en tête. Appremment @Groenland ne sait pas comment a terminé Heidegger, il ne connait pas ses dernières paroles, qui sont, pour le moins, une abdication face à sa volonté de découvrir l’Être.
  4. Oui c'est une histoire de cœur. C'est pourquoi les juifs souffrent même pour leur Dieu. En 1492 leur Dieu lui-même souffre et se replie sur lui-même (je parle là de la vision de Louria). Oui vous avez raison les Juifs et leur Dieu c'est une histoire d'amour.
  5. Le "En Sof", encore écrit "Ein Sof" est un concept pensé à l'origine par Isaac l'Aveugle, un juif de la communauté de Narbonne, au XIII siècle. Isaac est le premier juif à avoir conceptualisé la notion de l'in-fini, du non-fini, encore traduit le plus souvent par l'Infini. Cette notion, propre à la kabbale théosophique (je ne parle pas là de la kabbale magique) est difficile à tenir dans les esprits (humains), car le réflexe est immédiatement de mettre un contenu dans cette notion. Le premier contenu consiste à dire, l'Infini c'est Dieu, ce qui revient à remplir l'Infini d'un contenu émotionnel. De la même manière que notre cher et jeune @Groenlandpense qu'il a enfin trouvé l’Être, si bien que, maintenant, quand il se promène dans ses rêveries philosophiques il ouvre sa gibecière dans laquelle sommeille l’Être, il le sort, il le réveille, il nous le montre et nous dit : maintenant je suis outillé, je dispose de l’Être, sans s'apercevoir qu'il s'est servi de l’Être pour y mettre un contenu émotionnel qui lui est propre. Non, En Sof ne peut pas être "connu", ni par l'entendement, ni par le sentiment. Nous retrouvons avec le En Sof le fameux concept de la "chose en soi" de Kant. Kant nous dit que la chose en soi est hors du temps et de l'espace, si bien qu'il est absolument impossible de savoir de quoi parle Kant quand il parle de la chose en soi. Mais Kant nous dit : il est possible de penser la chose en soi, quand bien même elle est hors du champ de notre connaissance. Ce qui est paradoxal. En fait Kant nous dit : il existe une réalité dont on ne sait rien, mais nous sommes capables de penser qu'il existe une réalité dont on ne sait rien. La question est : à quoi peut bien servir ce concept : "la chose en soi" dont on ne sait rien ? Sartre par exemple balaye ce concept, la chose en soi, au motif qu'il ne sert à rien. En fait chez Kant la chose en soi lui permet de ne pas verser dans l'idéalisme pur. Car à le lire, chez lui, tout vient de l'esprit humain. C'est l'esprit humain qui organise ce que nous appelons le réel. Le réel ne se révèle pas à nous en tant que tel, c'est nous qui organisons le réel, c'est nous qui le construisons. Cette vision Kant l'appelle : la révolution copernicienne ( tout est construit par l'esprit humain, révolution qui, et c'est amusant, est l'inverse de la vraie révolution copernicienne (scientifique) qui elle au contraire va décentrer l'homme vis à vis de l’univers). Heidegger bien sûr connaissait Kant et il ne cessait de l’étudier. Il disposait donc, avec Kant, de ce concept, la chose en soi, ce "truc" bizarre. Les juifs eux disposaient du En Sof, je parle ici des juifs rompus à la kabbale théosophique. Heidegger va triturer la chose en soi et il va avancer d'autres concepts, deux en fait : l’Être et le Néant. Ces deux concepts révèlent un même concept synthétique "in-nommé", concept in-nommé que Heidegger n'atteindra jamais. N'est pas Isaac l'aveugle qui le veut. Mais suivons nos jeunes étudiants juifs à l'écoute de cet étrange Heidegger qui leur parle de concepts qui semblent pris à leur culture juive elle même. Voyons où se trouve la méprise.
  6. Le débat sur la pensée de Heidegger permet de vérifier quelques grandes pesanteurs dans la pensée selon qu’elle émane de telle ou telle civilisation. Dans la pensée musulmane comme dans la pensée catholique ( ou la pensée athée issue du creuset catholique ) la pensée éventuellement « mauvaise » émanant d’un individu mauvais, ne doit pas être considérée. Ce n’est pas du tout l’attitude de la culture juive qui étudiera avec intérêt toute pensée, fut elle considérée comme mauvaise. Nous voyons là des fractures culturelles peut être indépassables. J’en reviens à Heidegger. Ce qui a attiré mon attention c’est sa manière de penser, assez originale. Je me suis rendu compte qu’à bien des égards sa manière de pensée est parente ou cousine de la pensée kabbalistique, je parle de celle de Louria. Le cousinage peut être illustré par cette manière de poser par exemple la question de l’histoire. Ce n’est pas l’homme qui fait l’histoire, c’est l’histoire qui fait l’homme. Ce renversement, peu usité par les continentaux européens, confine à un mysticisme que l’on peut retrouver chez Louria. Je pense que c’est cette parenté qui a conduit à une méprise entre Heidegger et les Juifs qui venaient écouter avec intérêt son enseignement. D’autant que les juifs européens qui venaient l’écouter connaissaient Louria ( peu connu des juifs courants ou même rejeté par la majorité des juifs versés dans le judaïsme rabbinique). Les concepts de Heidegger concernant l’Etre et le Néant, ont rappelé aux juifs férus de la kabbale de Louria le En Sof de la kabbale. Je continuerai sur ce sujet dans un post suivant.
  7. Ah oui, je vois ! Je vois la différence qui existe entre ma pensée et la vôtre, celle de l'Occident en général. Je construis toujours ma pensée dans une histoire. Je veux dire par là que je pars d'un paysage global, celui que me donne l'histoire, pas seulement la mienne, ou celle de ma lignée, mais aussi celle des peuples. Je n’avais pas perçu que ma pensée se frayait un chemin toujours en tenant compte de l'Histoire. La kabbale ne peut prendre un sens que dans l’histoire du peuple juif. Sans connaissance de cette histoire, effectivement la kabbale n'a plus de sens. Elle ressemble à un "poisson" privé de son océan. Un oiseau privé de l'air pour s'y mouvoir. Elle devient inanimée. Non que la kabbale ne s'adresse qu'aux juifs, mais son sens ne peut s’étendre à l'histoire des autres peuples que s'il est compris dans son contexte historique. Je n'avais pas perçu que, culturellement, et c'est là un héritage familial donné depuis ma naissance, toujours je situe une pensée dans son contexte social et historique. En ce qui me concerne ce contexte n'est pas celui d'un village mais celui de divers peuples souvent dispersés dans l'histoire. Désolé de vous avoir intégrée dans une culture qui n'est pas la vôtre. Je vous ai embarquée dans une vision du monde qui vous est étrangère. J'en suis sincèrement désolé. Le sens que je donne aux mots n'est pas celui que vous lui donnez. J'imagine en effet votre inconfort ! Reprenons chacun, chacune notre chemin, qui fut un temps commun. Mais cette communauté fut une méprise.
  8. Il y a plusieurs mondes, nous pourrions les dénombrer, il y a les dix sephiroth par exemple de la kabbale lourianique. Et nous pourrions faire plus simple avec la philosophie occidentale continentale, qui n’en compte que deux. Les mondes de la matière et de l’esprit. Encore que deux mondes c’est parfois trop compliqué pour nos philosophes professionnels occidentaux, ils tendent à n’en plus concevoir qu’un, le monde de la matière. J’espère que concevoir un seul monde ne sera pas encore trop ardu pour eux. Vous mettez en avant l’Amour. Il est nécessaire de ne pas tomber dans les pièges du langage et de ne pas faire de l’Amour une réalité métaphysique. Revenons alors au concret, l’Amour c’est l’acte d’Aimer. Ce que vous mettez en avant c’est : s’aimer. Aimer est une action, et je suis d’accord avec vous, il n’existe pas de vision philosophique ou religieuse du monde ( le monde des mondes, le vôtre comme le mien) pour chacun(e) sans se conjuguer avec un (e) autre. Il y a un égarement de la philosophie occidentale continentale qui tend à la maladie mentale : penser le monde sans l’autre. Se connaître...sans l’autre. Et je pourrai décliner toutes les modalités de cette maladie mentale. S’aimer. Vous et moi nous pensons l’un à l’autre, et c’est en pensant à l’autre que nous concevons de nouvelles idées ou que nous donnons à d’anciennes idées une vitalité. J’aime que vous preniez votre temps pour me répondre. J’aime les textes que vous écrivez aux autres. J’aime que vous dérouliez cette belle écriture que vous concevez ici. Vous écrivez avec plus d’assurance, d’une manière plus construite. Les lettres descendent du En Sof et organisent le chaos. Je vous vois vous rassembler devant moi dans ces mots que vous savez choisir et relier. Là encore il y a l’amour, celui qui unit les mots pour en faire l’œuvre. Vos textes quand vous prenez le temps sont des actes d’amour que vous me donnez. C’est en pensant à l’autre que le penseur prend vie, sinon ce ne sont que pensées vides qui n’entraînent aucune roue sous leur énergie. Passez une bonne nuit.
  9. Bonsoir Ambre, avant d’aller dormir, ce petit mot. Non vous n’êtes pas mon miroir ni moi le vôtre. Je commence à bien percevoir nos différences. Nos ressemblances ne viennent pas d’un effet miroir. Il se trouve que nous avons des points communs, c’est tout. Je suis toujours étonné de sentir en vous cette inclination à vous dévaloriser. Non, vos mots ne sont pas pauvres, vous écrivez bien, quand je vous lis, je reste curieux et attiré par votre texte jusqu’au bout. J’aime que vos textes soient longs. Croyez en vous, à moins que votre assurance, ce soit ma personnalité qui la fasse parfois vaciller. J’ai remarqué que vous prenez l’ascendant sur vos émotions, c’est ce qui explique que vous ne versiez pas dans le lyrisme que vous voudriez parfois offrir à ces émotions. Mais je vous préfère contenue, cela me conduit à tenir mes propres émotions que souvent j’ai du mal à tenir ici (bizarre effet forum sur moi !) Je pense que si vous déchaîniez vos émotions ça me stresserais un max ! Passez une bonne nuit.
  10. Vous êtes super-active ! Oui je comprends mieux où passe cette puissance, elle se transforme en force motrice, et vous voici en train de mobiliser votre monde. Et pourtant vous angoissez, et votre angoisse, si je vous ai bien compris, c'est : à quoi sert tout cela, quel est le but final ? la cause, l'idéal... et de ne pas réussir à dessiner dans votre esprit cet idéal voici que vous avez le sentiment de risquer de perdre votre dignité humaine. Là vous allez trop loin. Vous vous donnez des exigences trop rigoureuses. En fait non, je n'ai pas cette angoisse relativement aux dernières fins. Parce que je pense que ces fins m'échappent. Je pars du principe que la définition de ces fins ne m’appartient pas. Ces fins appartiennent à...je ne sais pas nommer. Il m'est difficile de décrire la "réalité" qui selon moi est en mesure de déterminer les fins. Un esprit peut-être, un esprit qui anime tout, mais un esprit qui lui-même se fait, se construit, peut-être dans un temps sans fin. Cette réalité n'est pas le Dieu des croyants, puisque ce en quoi je crois est lui-même inachevé. Je ne sais pas quelle est la fin, je me remets dans les mains de l’esprit, à moins que ce soit dans les mains du destin. Même si parfois tout tombe dans le non-sens, je souffre bien sûr, mais je m'allonge et je me dis : quelque chose sait ce que je ne sais pas, quelque chose sait le sens que je ne sais pas. Je fais confiance. Ce n'est pas toujours suffisant pour ne pas souffrir, parfois même ce n'est pas suffisant du tout ! (mais la souffrance c'est encore autre chose) mais c'est suffisant pour me délivrer de toute culpabilité et de toute indignité (car j'ai fait ce que j'ai pu). Mais dès que je reprends force j'agis, car pour moi l'esprit auquel je suis lié ne peut agir dans le monde que par moi, comme par tous les autres. C'est plutôt à court terme que je m'interroge, car parfois, je ne sais pas...quoi faire !!! là, dans le court terme. Et là j'angoisse ! Mais vous, vous "faites" tout le temps !!! Il me semble que ce qui vous trouble c'est cela : est-ce que mon action (la vôtre) a un sens au-delà du court terme ? et vous souffrez de ne pas discerner un sens. Je continuerai bien à vous parler du sens, mais je veux observer une respiration et vous laisser répondre. Après tout il est possible que vous ayez le sentiment de ne pas avoir été comprise. Je vous laisse rectifier dans ce cas.
  11. Je vais répondre progressivement, en premier à ce message, là, je lirai le second plus tard. Il m’est nécessaire de vous lire plusieurs fois, non pour vous comprendre mais pour vous laissez ou laissez vos mots, vos phrases, me pénétrer. Mais même ce faisant j’ai un mal de chien à vous répondre, il me faut m’extraire de mes habitudes de penser. J’ai le sentiment de me promener au bord du rivage, perdu dans mes pensées, et soudain l’océan s’agite et s’élève en une colonne d’eau frémissante qui attend. Vous attendez que je vous vois. Vous vous parez des atours qui pour vous sont les plus beaux, vous me signifiez votre puissance, ou, vous êtes prudente et culturellement avisée et riche, vous me signifiez que la puissance est en vous et que vous êtes dans la puissance. Je suis surpris en effet. Mon réflexe est de m’emparer de vous et de faire de vous un élément de ma réflexion. Mais vous n’agréez pas, non, vous me dites : regarde moi, je suis puissance. Je vous regarde : je vous vois dans l’exercice de votre puissance. Vous me signifiez une place : sois spectateur, vous me dites cela, à moi qui ne pense qu’à l’action ! Je proteste, je m’irrite, mais vous êtes impérative, vous m’attrapez par le collet : regarde moi. Ce qui me séduit chez vous c’est votre opiniâtreté, votre combativité. Je suis un regard important pour vous, et je me rends compte que vous avez raison d’attendre que je vous regarde. Cette puissance qui vous anime attend de moi que je la sers, et la servir, c’est vous regarder, mon regard sur vous contribue à vous engendrer ou plutôt à vous asseoir dans l’exercice de votre puissance. Je reste interrogatif, pour moi-même, quand je lis que votre puissance ne brise pas, elle absorbe. Briser : violence, absorption : amour. C’est pourquoi vous opposez votre amour à ma violence, vous ne dites pas : je brise, vous dites j’absorbe. Je ne dis pas que vous allez m’absorber ! Non pour vous il est nécessaire que je reste libre, hors de vous, mais suffisamment proche pour contempler la grâce de votre expression. Vous ne vous laissez pas emporter par vos émotions, non, vous les utilisez pour ériger votre parole. Dans cette érection vous utilisez la raison, mais la raison n’étouffe pas votre émotion , elle la révèle. Vous me forcez à sortir du confort de ma pensée, j’aime cet inconfort. Je lirai plus tard votre second message.
  12. Voilà je suis disponible pour vous répondre, enfin répondre à votre dernier message. Je vous vois bien monter dans un canot, et m'y faire monter, et vous étendez les mains et vous engendrez la tempête, et alors que le bateau va de ci de là, vous me dites : et alors où est l'avant, où est l'arrière ? Tout cela est indifférent ! D'ailleurs vous ne me le dites pas mais vous le clamez fort, je vous entends bien munie d'une voix de tonnerre ! Je crois bien que je suis capable de vous suivre dans le sentiment, là où vous m'emmenez. Mais ce qui me laisse un peu dans l’expectative c'est que je ne vois pas sur quoi peut ouvrir le sentiment s'il n'a rien pour horizon. Remarquez bien que les philosophes d'ici, je ne vois pas non plus sur quoi peut bien ouvrir leurs raisonnements. La philosophie grecque nait dans la cité, il s'agit de piloter la cité. Et la philosophie a longtemps suivi cette voie, je pense aux philosophes des Lumières. Mais qu'est devenue la philo ? Une recherche d'un confort personnel ? Où se trouve le devenir de la cité dans les développements que je lis, là ? Ce n'est pas une représentation qui puisse me satisfaire que je cherche c'est une représentation qui permette l'action. Qui sans cesse me donne l'énergie d'agir dans le monde. Si vous tenez en éveil mon énergie d'agir, là où je suis, alors notre relation est créatrice. Et vous la tenez en éveil, cette énergie, comme d'autres le font. Vous unissez votre voix à la leur. J’espère que ma voix s'ajoute à celle de ceux qui vous dynamisent, aussi.
  13. @Ambre Agorn Avant de revenir sur votre dernier message je reviens sur celui qui précéda celui-là, votre texte sur la musique. Vous aimez écouter certaine musique, elle suscite en vous ce sentiment ou cette perception : il existe un être en nous, en vous, en moi, en nous tous, un être qui, parce qu'il est en nous tous, nous réunis tous, un être enfermé dans un cachot obscur que la musique libère comme si elle poussait le verrou. Mais cet être, quoi ? Il se déploie en vous ? En nous ? Se manifeste-t-il en puissance ? Oui, je pense que je ressens cela aussi, la musique peut libérer en moi une énergie que je peux imaginer incarnée en un être, un être en mouvement, "un être qui se meut", je reprends là votre texte. Mais il me semble qu'il suffit pour vous de sentir cet être se révéler en vous pour être contentée, satisfaite, alors que l'émergence de cet être en moi engendre aussitôt cet impératif : fais, agis. Cet être, impérieux, parfois furieux, attend que j’actualise sa puissance dans l’action, dans l’action dans le monde. Or cet impératif, cette action impérieusement voulue par cet être en puissance, il me semble qu'il n’existe pas chez vous. L'émergence de l’être en vous, qui se meut, vous suffit, quand chez moi l'émergence de l’être entraine l'exigence de l'action. Mais quelle action pourrait bien satisfaire cet être ? Sinon semble-t-il une action continue et éternelle visant à engendrer le monde, ou du moins à en poursuivre la genèse commencée.
  14. C’est le matin, je vous lis. Je me prépare toujours un peu avant de vous lire. En fait je redoute toujours de lire ceux qui m’écrivent. Beaucoup écrivent sans rien connaître du sujet qu’ils traitent ce qui fait que, ce qu’ils disent, ne sont qu’émotions violentes, exprimées sous le couvert d’une rationalité d’apparat. Je perçois aussitôt leur violence dont eux-mêmes n’ont pas conscience. C’est pourquoi je ne peux pas rester trop longtemps sur le forum au risque d’en sortir lessivé. Même quand vous êtes passionnée je ne perçois pas chez vous de violence contre moi. Peut-être même êtes-vous plus vulnérable que moi. Je suis rationnel, oui. J’utilise la pensée discursive, oui. Les hommes qui écrivent ici utilisent tous la pensée discursive et spéculative. Ils n’utilisent jamais le sentiment qu’ils estiment relever du féminin donc de l’inférieur. C’est pour cela qu’ils n’arrivent jamais à aller au bout de leur chemin. En fait ma différence avec eux, alors que j’emprunte aussi la voie de la pensée discursive ( rationnelle, logique) et que même je suis bien plus rigoureux qu’eux dans l’enchaînement logique de mes idées, ma différence c’est que je sais que la pensée discursive et spéculative ne permet pas d’accéder à la connaissance qu’ils visent. Eux le croient. Vous êtes dans le sentiment. Vos paroles ne sont pas reliées les unes aux autres dans une relation de causalité telle que je n’aurais plus qu’à me laisser guider par elles. Chacune de vos paroles expriment un sens obvie et je suis tenté de vous reprendre sans cesse. Parfois pour moi vous faites contresens. Mais votre façon de vous exprimer me fait penser à la kabbale et je me dis : sous le sens obvie il y a un sens caché. Il faut que je vous relise en cherchant le sens caché. Donc je n’ai fini de vous répondre, je continuerai plus tard. J’aime penser que vous attendez ma réponse et j’aime me dire que je satisfais votre désir.
  15. Sauf que Heidegger n’écrit nulle part qu’il est possible de percevoir l’Etre. Selon lui il est impossible de percevoir l’Etre, il est possible de percevoir, ou de recevoir, en soi, l’effet de l’Etre en soi, cet effet pouvant être la joie par exemple. Idem pour le Néant. Il est impossible de percevoir le Néant, mais il est possible d’en percevoir l’effet en soi : l’angoisse. Comme l’angoisse est provoquée par une réalité qui reste cachée il dira que cette réalité néantise. Il crée le verbe néantiser qui exprime l’action d’une réalité qui reste cachée.Nous ne connaissons du coup le Néant que par le fait que nous décelons une action qui imprime ses effets en nous. Nous induisons à partir de cette action qui s’exerce sur nous, action désignée par le verbe néantiser ( ou le verbe : monder pour l’Etre) nous induisons donc l’existence réelle de ce principe que nous appellerons Néant (ou Être quand celui ci monde). Réalités qui restent cachées en ce sens qu’elles ne sont pas accessibles par l’entendement. Mais votre seule mode de connaissance étant la seule pensée discursive et spéculative vous n’avez aucune chance de comprendre ce que veut dire Heidegger. La philosophie française n’a pas accès à la philosophie allemande laquelle progresse sur deux jambes alors que vous progressez que sur une seule jambe. Cela dit Heidegger devient vite exaspérant car ce qu’il découvre par le sentiment il veut aussitôt l’assujettir à la pensée spéculative. Il n’y arrive pas. Il finit par renoncer à sa volonté de posséder l’Etre pour se mettre en position d’attente. Il meurt en attendant que le dieu vienne le sauver mais le dieu ne viendra pas. Résultat : tintin pour la perception directe de l’Etre. Il ne la connaîtra pas. L’Etre toujours s’esquivera.
  16. Quand je vois arriver votre réponse j’éprouve un sentiment agréable, une joie discrète. Alors je me range à la procédure de « saisie» consciente du...monde préconisée par Heidegger. Et j’en induis que cette joie discrète est provoquée par votre présence. Ma joie révèle votre présence. Cette façon de voir est en effet mystique, car là Heidegger pose la réalité de votre présence qui provoque cette joie. C’est une vision audacieuse. Votre présence est un fait réel qui s’historialise dans ma joie. C’est assez gonflé je trouve. Et pourtant. Est ce la joie qui provoquerait, en conséquence, votre présence ? En pensant ainsi je pense à l’envers de ce que préconise Heidegger. Et il me semble en effet que ma pensée, ainsi construite à l’envers, ne tient pas debout. Comment cette joie pourrait-elle engendrer votre présence ? Non c’est votre présence qui engendre cette joie. Donc ce qui est d’abord donné c’est votre présence. Que votre présence engendre une joie subtile plutôt qu’une angoisse signifie que je m’accoutume à votre présence et qu’elle est telle que son empreinte sur moi est positive. Mais votre présence devient plus réelle au fur et à mesure que je vous lis, votre mot « amoureuse » engendre brièvement une certaine angoisse, puis votre description de votre sentiment en écoutant la musique classique engendre un assentiment tranquille, puis votre question sur les quatre fonctions psychiques provoque une irritation (je ne veux pas être questionné, screugneugneu). Ça en fait pas mal, des sentiments, qui fluctuent comme fluctue la pression de votre présence. Serais je « amoureux » non de vous, mais de votre présence ? Cela pourrait il signifier que vous pourriez me dire n’importe quoi n’importe comment que j’en serai toujours « joyeux « car ce dire révélerait de toute façon votre présence ? Je crois que oui, ce qui signifie que j’accède à vous, que je vous connais par le sentiment. Et que cette connaissance est indicible si je veux la transcrire en pensée rationnelle, conceptuelle, spéculative. Ainsi le sentiment est en effet un autre mode de connaissance que le mode « pensée ».
  17. Quand j’ai commencé à m'intéresser à la question juive je n’avais pas toutes les connaissances historiques que j’ai maintenant. Depuis que je connais l’histoire des juifs depuis Abraham jusqu’au XVII siècle ( je dois donc explorer encore trois siècles) je suis soufflé par cette histoire. Je me suis aussi aperçu qu’une majorité de juifs ne connaissaient pas eux mêmes leur histoire si bien que je les informe et que, parfois, le regard qu’ils portent sur eux change tant eux mêmes sont sidérés. Car cette histoire est sidérante. Mon épouse elle même apprend par mon intermédiaire sa propre histoire et les souvenirs lui reviennent. Et ses souvenirs sont là aussi sidérants. Il lui revient des souvenirs d’enfance quand, au Maroc, ses grands parents habitaient de part et d’autre d’une même rue. Une famille était dirigée par un juge rabbinique, l’autre par un kabbaliste. Les deux familles se regardaient en chiens de faïence. Le juge enseignait un judaïsme traditionnel enraciné dans la Loi et bien sûr il portait haut le monothéisme, l’Eternel, la vie après la mort, etc. Le kabbaliste ignorait le juge et se gaussait de la vie après la mort, des sornettes selon lui, et même personne ne savait s’il portait le monothéisme car il ne mentionnait jamais le mot de Dieu ( ou ses appellations équivalentes puisque les juifs ne prononcent pas le mot de Dieu ). Le juge traitait le kabbaliste de « diable » avec je ne sais quel vocabulaire, et le kabbaliste snobait le juif o combien orthodoxe en le traitant d’ignare. Même leurs vêtements étaient différents. Le kabbaliste tranchait en s’habillant tout de noir, à la cosaque, avec un turban noir sur la tête et des sequins qui jouaient leur musique quand il chevauchait son cheval, noir. L’orthodoxe doutait que le kabbaliste soit juif, le kabbaliste pensait que le juge était un juif imbécile. Pourtant tous deux étaient bien juifs pour les non juifs et ils furent traités l’un comme l’autre de la même façon quand les choses se gâtèrent. Apres cela parler d’une d’essence juive paraît ardu. Qu’est ce qui constitue alors le concept de peuple juif ? Leur histoire. Leur fantastique histoire. Et une autre unité aussi : le respect des fêtes, au moins des fêtes essentielles, Pessah, le Grand pardon, et d’autres, qui sont en fait des commémorations historiques ou des recueillements toujours communautaires. Avec les juifs émerge une autre conception de l’idée de peuple. Il ne s’agit pas d’un peuple uni par une communauté génétique, mais par une communauté mémorielle. Detrompez-vous : les qualités motrices des juifs sont avérées. D’un bout de la terre à l’autre ils explorent le monde, les uns accompagnent Cabral en commandant des navires de la flotte, les autres fondent un comptoir marchand au fin fond de la Chine. L’un d’entre eux conduit les troupes musulmanes à l’assaut des chrétiens jadis en Espagne, un autre commande les troupes de l’empereur chinois contre les mandchous. Les uns conduisent la révolution bolchevique en Russie les autres fondent la relativité en Allemagne...
  18. Si tout de même, nous sommes les acteurs de la transmission. Si nous n’existions pas il n’y aurait pas de transmission. Il existe en effet une transmission qui s’opère indépendamment de la volonté, puisque la volonté intervient dans la pensée conceptuelle mais pas dans le sentiment. De même qu’il existe une transmission indépendante de la volonté il existe une réception également indépendante de la volonté. Ainsi même ceux qui pensent ne pas s’ouvrir, volontairement, s’ouvrent involontairement à un certain type de transmission. Nous recevons les émotions de notre mère déjà dans son ventre, que nous le voulions ou pas. Apprendre c’est encore autre chose. Apprendre et enseigner. Il existe en effet une transmission de savoirs, ne serait ce que les savoirs scientifiques. Mais je ne parlais pas de cette transmission, la transmission de savoirs, laquelle est d’ailleurs volontaire, que ce soit du côté de celui qui enseigne que du côté de celui qui reçoit.
  19. En plus Heidegger explique bien qu'il est impossible d’accéder au néant (et donc à l’Être) par la pensée, par l'entendement (il dit même que la philosophie n'est pas science). Impossible d'y accéder donc par la science. Or je vois écrit ici que c'est la science qui décidera de l’Être. Je ne sais pas si nous trournerons en rond (mais comment faire autrement ?) mais nous risquons, en suivant la voie de la pensée conceptuelle et donc de la science, de nous égarer à jamais dans notre recherche de l’Être (si toutefois nous le cherchons). Je pense que Heidegger était probablement assez casanier. Il était tout content d'avoir retrouvé un logement (après guerre). En plus il eut le droit d'y habiter malgré ses turpitudes. Ca l'a rendu disert sur la question du logement.
  20. Correspondance 6-1 31 mars2020 Samuel, Tu t’interroges sur l’antisémitisme. Maintenant que nous avons étudié ensemble l’histoire des Hébreux depuis l’époque d’Abraham jusqu’au XVII siècle nous pouvons explorer diverses pistes. Nous explorerons la question de l’antisémitisme telle qu’elle existait au XVII siècle avant que n’arrivent les théories raciales exposées à partir du XVIII siècle en Europe continentale et qui culminèrent en Allemagne au XX siècle avec l’avènement des nazis. Bien sûr nous ne parlerons pas ici des luttes de territoire ni des luttes de pouvoir au sein d’une même civilisation entre peuples étrangers les uns aux autres. Ces guerres furent parfois épouvantables, elles ont même pu donner lieu à des génocides mais elles ne ressortissent pas à l’antisémitisme. Historiquement, l’antisémitisme fut précédé par l’antijudaïsme. L’antijudaïsme c’est la guerre contre la religion judéenne. Cet antijudaïsme finira par se transformer en antisémitisme. Nous allons d’abord suivre le développement de l’antijudaïsme pour comprendre ensuite comment advint l’antisémitisme et même pour comprendre ce que peut bien signifier ce mot : antisémitisme. L’antijudaïsme, c’est clair : c’est l’opposition à la religion juive. Le fait que les Hébreux furent réduits à l’esclavage dans l’ancienne Égypte ne résulta pas de leur religion mais de leur appartenance à un peuple, à une communauté spécifique. Les Égyptiens ne s’attaquèrent pas à la religion des Hébreux, ils s’attaquèrent aux Hébreux quand ceux-ci refusèrent de travailler pour eux. Les Romains ne firent pas la guerre aux Hébreux en raison de leur religion mais en raison de la volonté de ces derniers de recouvrer l’indépendance politique et territoriale en Israël. C’est l’avènement du christianisme et sa reconnaissance comme religion de l’Empire romain qui inaugura l’antijudaïsme. Constantin le Grand, le dernier empereur à avoir réussi à maintenir l’unité de l’Empire romain se convertit au christianisme en 313 après l’E.C. (il fut baptisé en 337). Avant cette conversion les relations entre les Romains et les juifs s’étaient stabilisées malgré les guerres destructrices des années 66-70 et 132-135. Réfugiés en Galilée les juifs pratiquaient librement leur culte sans être inquiétés. Simplement les Romains ne voulaient plus les voir à Jérusalem tant cette ville réveillait chez les Hébreux le désir constant de recouvrer leur indépendance territoriale. David avait conquis Jérusalem en l’an mille avant l’E.C. c’était la capitale historique des Hébreux. Tout changea avec la conversion de Constantin. Disposant désormais de la puissance civile l’Église chrétienne mit en œuvre son projet : convertir tous les hommes. Cette conversion était nécessaire dans leur esprit. En effet dans la mythologie chrétienne le retour sur Terre du Christ-roi (le retour de Jésus, le retour du Messie) était conditionné par le triomphe du christianisme dans le monde. Les juifs devaient aussi être convertis et c’était d’ailleurs le signe annonciateur du retour du Messie : leur conversion. Passons outre cette mythologie et essayons de comprendre pourquoi les chrétiens eurent d’emblée un problème avec les juifs. Le fondement de la religion chrétienne est la Torah, plus précisément les deux premiers livres, la genèse et l’exode, et plus précisément encore, ce fondement est aussi celui de la religion mosaïque : il existe un seul Dieu, il existe les tables de la loi (le décalogue). Bien sûr il y eut ensuite Jésus mais tout commence quand même avec le monothéisme et le décalogue, tous deux pensés par ...les Hébreux, non par les chrétiens. Or les chrétiens se veulent les héritiers légitimes de Dieu. Ils viennent accomplir la Parole originelle de Dieu, celle qu’il grava en lettres de feu sur les tables de la loi. Pour eux la Parole divine trouve son développement et son apothéose dans la parole de Jésus, fils de Dieu. La parole de Dieu s’achève dans l’Évangile. Dieu n’est plus seulement le Dieu des juifs Dieu a étendu son alliance des Hébreux aux chrétiens. Après la première alliance nouée entre les Hébreux et Dieu, alliance scellée par Abraham (signifiée par la circoncision), surgit la seconde alliance qui dépasse la première, seconde alliance scellée par Jésus, alliance étendue à tous les hommes et non plus aux seuls Hébreux. Les juifs devaient logiquement devenir chrétiens puisque le christianisme est l’accomplissement du judaïsme. Aujourd’hui tu peux penser que tout cela n’est pas très important avec ton regard jeté depuis l’an 2020. Mais à l’époque toute cette mythologie est pensée comme étant l’exacte vérité, l’exacte réalité. A cette époque le monde occidental dominant au sens large (tout le pourtour méditerranéen) croyait en Dieu. C’était même plus qu’une croyance, c’était une certitude : Dieu existait tout autant qu’existait le soleil. Non seulement tout le monde croyait en Dieu mais tout le monde craignait Dieu. Dieu était l’ équivalent d’un Père tout puissant, qui avait droit de vie ou de mort sur ses enfants. L’athéisme n’existait pas. En plus il n’ y avait qu’un Dieu. Il ne pouvait pas y avoir un dieu pour ceux-ci et un dieu pour ceux-là. Dieu était unique, sa Volonté était une. Impossible de se partager Dieu, sinon à le rendre multiple. Dieu devait donc choisir les siens. Pour les chrétiens Dieu les avait choisis, eux, il avait abandonné les juifs, car ceux-ci n’avaient pas reconnu Jésus comme étant son fils. Quand les chrétiens prirent le pouvoir temporel, ils attendirent que les juifs se convertissent ou qu’ils renoncent à se réclamer de Dieu. Mais les juifs ne se convertirent pas. En fait ils ne s’intéressaient guère aux chrétiens. Pour eux il s’agissait de simples païens qui certes se réclamaient du même Dieu qu’eux, mais ils n’en prenaient pas ombrage, ils laissaient dire. Les chrétiens étaient furieux. Pour eux Dieu les avaient choisis, Dieu ne pouvait pas continuer de choisir les Hébreux. Les Hébreux n’avaient plus aucun droit de se réclamer de Dieu, ils étaient illégitimes. Ils devaient se taire, disparaître en tant que juifs ou se convertir pour avoir le droit de se réclamer de Dieu et des Écritures de l’Ancien Testament. (A suivre)
  21. Il y a déjà longtemps, je me sentais envahi par le désir de transmettre. Je désirais être père et transmettre à mes futurs enfants tout ce que je ressentais vivre en moi. Pourtant j'eus un doute : quelle parole transmettre, quel savoir mis en mots ? Je me disais à l’époque : quel enseignement tenant à la parole je pourrais bien transmettre, moi qui n'est pas su trouver la Parole qui permette de changer le monde ? et je me suis dit : ce qui m'a été transmis, ce que je transmettrai, ce sont les émotions réunies en un fleuve ininterrompu venu du fond des âges et de la création. Je serai malhabile dans les mots, peut-être, je serai égaré dans les mots peut-être, mais mes enfants recevront tout de même de moi le feu qui roule sous les mots, le feu des émotions des ancêtres enrichies par les émotions de mon propre vécu. Ce sont les émotions que nous transmettons, à notre insu le plus souvent, et c'est une illusion de croire que nous transmettons la rationalité de nos propos.
  22. Il y a des mots qui surgissent du langage et qui ne ressortissent pas du domaine de la pensée conceptuelle. Ces mots ne peuvent subir aucune description sans encourir le risque de voir leur contenu, leur signifié disparaitre. Parmi ces mots il y a le mot : esprit. Il y a au moins un deuxième mot qui ne peut subir aucune description, et qui échappe aussi à la pensée conceptuelle, c'est le mot : conscience. Je peux penser à l'esprit, et constater que je ne peux pas en faire un objet. Penser à : mode intransitif. Je peux penser l'esprit et en avoir alors la connaissance. Penser : mode transitif. Quand je pense l’esprit alors j'en ai la connaissance. Sans passer par la pensée conceptuelle. L'esprit existe. La seule qualité que je peux alors constater, c'est que l'esprit est coextensif à l'espace infini. Il possède l'infini spatial. L'esprit existe et j'ai connaissance de son existence quand j'emploie le mot penser sur le mode transitif. J’appellerai sentiment cette aptitude à accéder à une autre connaissance que la connaissance conceptuelle.
  23. La réflexion sur l’Etre n’est pas posée par Heidegger, elle est posée par Parménide, Heidegger le sait et le dit. Ce qui est étonnant c’est ce rapport étrange entre les philosophes « gentils » qui s´interrogent sur l’Etre et les Hébreux, disons les Judéens. Cela commence avec les Lagides (les Ptolémées) à la suite des conquêtes d’Alexandre, qui établissent leur domination politique et culturelle sur le pays de Canaan, nous dirions aujourd’hui la Palestine, mais ce n’est pas encore la Palestine, c’est le pays des Hébreux ( ceux que vous, les gentils, appelez les Juifs, mot créé par vous). L'engouement des Judéens pour cette culture étrange de l’Etre les séduit. Ils y voient une variante de leur Dieu, mais une variante idéalisée, dépouillée de toute affectivité. Cet Être, sans affectivité, sans sentiment, cet Être de Heidegger a quelque chose d’impressionnant : il est FROID. Ça les trouble les Sémites, cette culture de l’iceberg. Du coup ils se passionnent, mais qu’est ce que cet Être qui atteint le summum de la cruauté, et pourtant Yavhé bordel est sacrément cruel ! Mais là c’est la limite mathématique de Dieu, quand le sentiment tend vers son infini : son abolition, L’Etre est un Dieu sans sentiment. Les Hébreux se mettent même à parler grec, ils n’en peuvent plus d’être fascinés par l’abolition de l’émotion, eux qui ne connaissent que les étreintes fusionnelles. Mais voilà les Hébreux restent des Sémites, ils restent CHALEUREUX. Les Séleucides, toujours des Grecs, chassent les Lagides et se rendent compte qu’ils sont en train de se faire floués. L’admiration des Hébreux pour leur Être iceberg n’est que formelle. Ce sont les Hébreux qui tirent les Grecs à eux, ce sont les Hébreux qui les tirent vers la Fusion du sentiment, c’est la culture hébraïque qui gagne bien que les Seleucides soient les maîtres politiques. Il y a méprise. Antiochos IV s’énerve, il veut que les Hébreux honorent Zeus, ça se termine mal, premier épisode antisémite de l’Histoire. Premières persécutions. Arrivée des Maccabées. Les Hébreux chassent les Grecs. Plus tard, rebelote en 1930. Ce ne sont plus les Grecs c’est Heidegger le disciple de Parmenide. Rebelote : Heidegger parle de son Être sans sentiment, les Judéens se pressent pour l’écouter. Ils sentent qu’il y a un cousinage entre ce Dieu allemand, iceberg, et leur Dieu. Ca les trouble. Nouvelle méprise. Heidegger se sent ´baisé’, il l’est d’ailleurs par une Judéenne. Le Barbare, qu’il soit grec ou allemand se sent littéralement baisé par la spiritualité judéenne. Heidegger prend le pouvoir et vire tous les juifs qui pourraient faire ombrage à sa petite obsession d’employé: monter en grade. Le défenseur de l’Etre est un petit bonhomme qui se sent écrabouillé par la faconde, désordonnée pourtant des Sémites. Ha ha ha ha !!!! Même Hannah lui pardonnera ! Un barbare reste un barbare même quand il professe l’Etre.
  24. Ce que je lis là c’est la culture du petit bourgeois. Vous ne fûtes certes pas dans votre vie un conquérant. Il fait bon vivre dans le ventre de maman ? Votre « propre » de l’homme n’est que votre « propre ». Ne généralisez pas.
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